CHAPITRE onznsMiE
d'innombrables soldats en eussent emporté une gnmde partie en Navarre, en Aragon et dans d*antres pays ou ils s'étaient retirés sans prendre les ordres du roi. Des pièces d'or anx légendes des Almora vides (Morabetbyns)) des Almohades et des Merjrnites, des barres d'or préparées pour battre monnaie , de l'argent monnayé, des colliers et des bracelets du même métal, des bijoux, des pierres précieuses, des épées et des cimeterres garnis d'or et de pierreries, des éperons d'or et d'ai^ent émaillés et ornés de rubis et de saphirs, des habits d'or et de soie, des tentes de soie et de brocart, composaient cet inestimable butin dont quelques parties figurent encore aujourd'hui à l'Armeria real de Madrid, sans compter les captifs de haut parage dont on se promettait de riches rançons. Telle était la quantité d'or et d'argent recueillie par les chrétiens, que la valeur de ces métaux baissa d'un sixième
et que la fameuse défaite en fut la conaéquence. n dit aussi que la mémoire de. cet érénement passa en proverbe. On rapporte, ajoute-t-ll, que jamais encore infortune semblable à celle-ci n'était arrivée aux musulmans : — Quarum casus postea' in proverbium abiit. Infortunium alterum huic simile Mahometanis nunquam accidisse fertur (in Casiri, 1. c). — Ainsi que Gonde, Casiri lit par erreur, dans le manuserit de TEscurial, le lundi 7 de djoumada-elrakherf pour le Itmdi 9 de djoumadcHtlr avDol (30 octobre 1340). C'est là en effet la date certaine de la bataille de Tariia. Mal rapportée par la chronique d'Alfonse, dont la plupart des dates ont souffert de graves altérations de la part des copistes, elle est fixée par un grand nombre de diplômes, entre autres par un privilège d'Alfonse en date du 23 juin 1341, qu'on peut voir dans la Historia de S. Agustin de Salamanca, p. 225, où il est dit que l'année da triomphe de Tarifa n'expirerait que le 30 octobre suivant, et par un autre priviiége conservé aux archives de S. Millau de la Cogulla, dociunent plus précieux encore, donné par Alfonse en Segobia cinco dias andados de octtibre era de 1382 aHos. n a pour conclusion : — Feruan Martinez de Agreda ( teniente lugar de los prlvilegios rodados, por Fernando Rodriguez, camarero del rey, é camarero-mayor del infante D. Pedro^ Su b\jo primogenito heredero), lo mandd facer por mandado dd rey en el ano quarto quel rey D. Alfonso vendd al poder de Albohacen^ rey de Marruecos, é de Fez, é de Sujulmega, é de Tremeza, é al rey de Granada, en la bataUa de Tarifa, que fue â 30 dias de octubre, era de 1378 afios, é en el ano quel sobtedlcho rey gand à Algecira de losMoros, en 32 ano s quel sobredicho rey D. Alfonso regnd. — Enfin, l'église métropolitaine de Tolède a célébré dès l'origine et célèbre encore tous les ans l'anniversaire de cette bataille, par une fHe commémorattve, le 30 octobre.
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17B HISTCMRB D'CSFAGRE.
iioii-«eulemeDt en Espagne, mais encore en Franee, à Avignon et à Paris ^. Âlfonse de Castille fit rassemUer tontes ees richesses dans UB palais de Séville , les pièces monnayées et les maftières métalliques d un côté, les selles, les freins, les éperons et les bijoux de l'autre. Il fit rassembler tous les prisonniers de marque, attachés avec des cordes, dans la cour de ce pallds, et pria son beau-père, le roi de Portugal, d'y choisir ce qui lui plairait le plus. Celui-ci prit quelques armes, des freins et des éperons d'or, mais il ne voulut rien de plus, ije Castillan insista, mais en vain pour qu'il prit une partie de l'argent et de l'or monnayé; il n'accepta sur ces ingtanocB qne quelques captifs, parmi lesquels figurait on des fik d'Aboul-Hassan. Avec cela le Portugais s'en reloorn» dass son pays, couvert de gloire, et le Castillan l'accompagna jus^ ques à Gazalla de la Sierra.
Le bruit de la victoire du Salado retentit dans le monde. €e triomphe décisif des armes chrétiennes eut potrr premier effet d'affaiblir ralliance des Arabes andàlousieos et des ]attsulBia9& d'Afrique. Les uns et les autres s'accusèrent do mafivnis smcoès de la bataille, mais l'accusation n'était foDdée que d'un côté. On peut inférer effectivement, de divers indices^ que les Grenadins ne soutinrent pas le coinbat avec toute l'énei^e qui eût pu empêcher on du moins qui eût pu atténuer la défaite. L'émir de Marok avait pris position si^r un tertre, selon l'usage, avec son alfanèque (pavillon de campagne) et le Ecran ouvert detvaat lui. Il y avait parmi ses défenseurs quelques-uns des principaux chevaliers de Grenade, qui, tandis que les belliqueu^t Zénètes de sa garde el les Touariks porteurs du latsam, se faisaient tuer pour protéger V atrium de son carap,rabandonnèrent et battirent
1 Tanto fue çl aver que fue Uevado fuera del feyno, que en Paris, y ea AvinoBy y en Valenda, y en Barcélona, y en Pamplona, y en Est^ y en todos estos lugaiiM, h9x6 el oro y la plata la $e$ta parte menoç de como valia ai^Uai (dur, M ray D. Alonso el XI, c. 256).
GBAPiTius ourabni. 179
préçipitanuneat en retraite ¥era AJgésiras^ aYant mène que tout fût désespéra.
Après s*étre reposé quelques jours à Séville, le roi de CastUIe sougea à («ire , des dépouilles de rennemi et 4e ses propres fermas, uoe part pour le père des fidèles, qui sié* geait alors à Avignon. U envoya le rieo-hombre Juan Mar- Upe^ de Leyva k Benoît XII. Leyva arriva à Avignoa dans les premiers jows de 1 341 . Il apportait au Saintf*Père, outre '«)Pgt''q|U9(re bannières masoboanes prises aux ennearis après leur défaite, la grande bannière de Gastille qu'Âlfonse anat toujours eue près de lui dans la glorieuse journée du détroit, et Iqi axpeuait le ctiev^l tm \eqwl le roi auaU eombattu 4 Tarifa, équipé eoBune il Fétail le jour même de hi bataille, eou^ert d'un riche caparaçon formé de mailles d*acier brunies et dorées, et fixées sur une pi^ca d'étoffe de ^oi^ lï0«ge, ^\w la aeUe en forme de fauteuil, et Fétrier large el court, dont les chrétiens avaient emprunté la mode aux Arabes. Tenaient ensuite cent des plus beaux <$bevaux pri^ à r^j^uenû, et antAUt de pri^onoiera riebemrat Têtus Bumant oes chevaux en lesse. De la selle de chacun des chevaux, peiidaient une épée et up bouclier d'uicier dç fa^* brique ^ie^iue. Avertis d^ leur arrivée, les ciardinaiix et la fottle dlère»! au-devaut de Martinez à deux Heues de distance d'Avignon. Arrivé devant le pape, Leyva s'agenouilla à ses pieds, et lui fit hommage des présens qu'AIfon^e lui envoyait en signe visible de sa victoire. Benoit descendit de sa chaire apostolique, et, prenant dans ses mains l'étendard royal de Gastille, entonna avec des larmes de joie le Vexilla régis prodeunt : Fulget crucîs mysierium, etc.; les cardinaux et le clergé poursuivirent l'hymne sacré jusqu'au bout. Le jour suivant, le pape ordonna qu'on rendît des actions de grâces au Tout-Puissant, fit faire des processions, accorda des indulgences, célébra la messe en personne, et prêcha
avec éloquence, comparant la victoire du Salado à celle que
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remporta David sur les Philistins. Tl mit aussi dans un juste parallèle le présent que lui faisait le roi de Gastille avec celui qu'Àntiochus envoya, dans une occasion semblable, au souverain pontife Siméon en témoignage de son respect pour le souverain sacerdoce. La bannière du vainqueur Alfonse et les dépouilles du vaincu Aboul -Hassan furent appendnes par son ordre à la cbapelie pontificale, pour en conserver k mémoire aux âges futurs, et le peuple célébra ce nouveau triomphe de la croix par des illuminations et des feux de joie ^
^ Partae de Saracenis Granatensibus et Africanii victoriae jam a nobis mémoratse gloriam Çhristo rdaturus Alfonsus CasteUae rex, iUius in terris mario spolia anno a virginis partu quadragesimo primo supra millesimum trecentesimum indictione nona traiismisit, dequibus memiDit Hispanicarum renim scriptor bis verbis : Avenionem equi centum gladii parmœque e corio totidem e preda Maurica Bénédicte Pontifici missa iunt : qwxtuor Prœterea et vigenii Mauriea signa , equus vexUlumque Régis quibus in prœlio tous ercrty aUa. leiva legcUus, (is in pontiflcis literis Joannes Martini dicitur), a^t^uanfo spatip a cardinalibus obviis eœceptus, Pontiflcis voce, cum sacris de more esset operatus, Alfonsi régis laudes maximo principum hominumque concursu celébratœ sunt, Deaxa yicU Albohaceni victorisque Alfonsi signa pontificio saœilo fuisse ad secuturam setatum memoriam testatur bis verbis MS. Yaticanum : Hujus papa temporibus dominus Alfonsus rex Hispaniœ contra regem Marrockiœ conssrtoprœUo triumphavit et in signum victoriœ idem rex vexiUum suum do' mino papœ misit quod usque hodie in capeUa papœ AvenUmensi conserwOur.