‹ Histoire d'EspagneChapitre 26 sur 108 · CHAPITRE douzixmb · texte numérisé non relu

CHAPITRE douzixmb

mondaiaes ; les hommes couraient dans les roes comme des foDs, se jetant à la tête des eaux de senteur, se lançant des oraDges et d'autres fruits ; des troupes de jeunes garçons et de danseuses parcouraient les rues avec des danses bruyantes : il proscrivit ces désordres, et ordonna qu'on célébrât ces fêtes par d'honnêtes réjouissances, par une parure propre et brillante appropriée à l'état de chacun, par des fleurs et des parfums aromatiques en l'honneur des pâques ; qu'on s'occupât è aller aux mosquées^ à visiter les pauvres, les infirmes et les s»ges, et à distribuer des aumônes chacun suivant ses facultés, et pour en tirer plus d'avantage, il faisait réunir Tasadaka ou aamène de chaque cité ou hameau, soit en argent, soit en nature, en pain, en grains ou en fruits, et la faisait ensuite dis^ tribaèr par deux ou plusieurs personnes de confiance ; et » Taumône était fort abondante, on mettait le grain en dépôt pour le distribuer aux pauvres et aux orphelins, pour racheter les captifs, pour réparer les mosquées, les fontaines, les routes et les ponts, et autres passages difficiles ou pénibles. Il défendit que les processions pour avoir de la pluie se fissent dans les rues, parce que les rues ni les places ue sont des lieux de clémence pi d'adoration, et il ordonna que dans les temps de sécheresse ou de manque d'eau, où la procession paraîtrait nécessaire, on allât dans les champs avec beaucoup de dévotion et d'humilité demander à Dieu, à plusieurs reprises, le pardon de ses péchés. Il fit lui-même, à cet effet, la prière suivante: « Compatissant seigneur Allah, tu nous » as créés de rien, et tu connais nos fautes ; par ta bonté, » Seigneur , daigne ne nous point détruire ; ne regarde » point nos péchés, ne consulte. Seigneur, que ta bonté » et ta clémence, car tu n'as pas besoin de nos services. » Seigneur, use de pitié envers les créatures innocentes, les » animaux faibles et les oiseaux du ciel qui ne trouYcnt » pas de quoi manger ; regarde la terre que tu as créée et ses » plantes flétries par le manque d'eau. Seigneur, ouvre-leur

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» tea dmix, rend»-kiur tes etax, rends^levr tes vente ^ len- T^ Yoifr4ear tes bontés pour rafraiehir, arroser et iriTifier la » terre morte ainsi que les plantes qui la^coairrent; donne la « nourriture a tes créatures, afin que les infidèles ne disent » point que tu n'écoutes pas tes croyans. Bois-nous dément » el Hûséricordieux , car tu es compattesànt par - dessm » tout, Seigneur^ et nous t'adorons, et nous croyons en toi . » et nous espérons de toi le pardon de nos fautes et un remède 9 à nos besoins. »

U défendit aussi les réunions de diverses familles en veiDées noctiÉrnes dans les mosquées, et aux femmes de feîre des neo- ▼aines sans leurs nmris , à moins que ce ne fût avec d'aaferes femmes ou avee des hommes de ceux avec lesquels elles ne peuvent se marier, tels que leur père, leurs frères, leurs ondes ou leurs neveux. Il no voulait point qn*il fût permis aux jeunes filles d*aller à des neuvaines , non plus que de suivre ni d'accompagner des enterremens. Il ordonna qu'on n'enterrât personne avec un linceul de soie, ni d'argent, ni d'or, mais que le corps fût seulement enveloppé dans une pièce de toile blanche par dessus la chemise, après avoir été bien lavé et parfumé de bonnes odeurs. II ordonna qu'il n'y eût à cette opération d'autre femme que l'épouse, la mère, la nourrice ou la hala du défunt, que l'on ne fit point de cris ni d'éclats de voix, et qu'il n'y eût point de pleureuses louées pour manifester des sentimens et des regrets qu'elles n'éprouvaient point. Il défendit que des éloges du défunt fussent faits par personne, et voulut seulement que le faki, ou la personne la plus honorable du cortège, levant les mains au ciel, et le visage tourné du eâté de la kibla, dit v « Allah hou Akbar! » Louanges à Dieu, qui tue et ressuscite ! La grandeur et » la puissance appartiennent à Dieu, et il est^puissant par » dessus toutes choses. Seigneur, bénis Mahomet et ceux • de Mahomet; aie compassion de Mahomet et de ceux de » Mahomet* Seigneur, il fut ton serviteur; tu Tus créé et

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* mcmm, et la le f easnsditere» ; ta sais son secvet «t sa sano^ » tifieatioa. Noos venons te pri^ pour oe movt, Seigneur; » noas nous approchons de toi, car ta es^oomblë d^hoiniaages* V Seigoear, secours-le dans Tépr^ive de la feese, sauT^le ' des peioesdcidjihaBnan. Seigneur, pardonnerai ethonove » 8a demeure , élargis sa fosse , nettoie ses taches et ses pé«*

> diés;<loDne-hû une demeufe meilleure qœ sa deacDre; » doiine«tkii une compagoie moilleore queeeUe qu'il a. Sei^ » gneur, s'il fut hon, rends son repos plus doux^ et 8*il esl » trai qu'il faillit à te servir , pardonnerai ses fastes et ses » péchés, car tu es compatissant et puissant par - dessuB

> tontes ohoses. Seigneur, affei^nûs sa langue et donne^lai du » courage au t^nps de la question de sa fosse; ne le réprouve » point, Seigneur, et ne Faccuse pas de ce dont tu sais qu'il

• n'avait pas le pouvoir de se défendre. Pardonne-lui, Sei^ » gaeur, pardonne-lui; ne lui refuse pas ta misérîcoide, et » ne le prive pas de ta récompense. »

Anssitôt après avoir dit trois fois: • Allah houAkbar ! » on devait dire : « Seigneur Allah, pardonne à nos vivaas et à » nos morts, aux présens et aux abseoe, aux grands et aux

> petits, aux hommes et aux femmes, car tu connais nos desn. » tinées ; nous avons l'espoir que ta miséricorde laissera pas* » ser nos fautes. Seigneur Allah, augmente la bonté de celui » qui a fait le bien, et pardonne ses péchés à cdoi qui a fait » le mal. Seigneur Allah, défends^nous et donne«nous da » courage dans la fosse, délivre-noua des peines da djihan- » nan , et aecorde^nous une heureuse fin de nos jours. »

En jetant le mort dans la fosse, Timam devait dire : « Sei<*

> gneur, notre frère retourne à toi ; accueille- le, Seigneur , » et coavrC'^le de ta miséricorde. »

Il défendit d'écrire la question avec la réponse de la fosse et de l'enterrer avec le défunt, ainsi que de lui mettre à la tète ou sur la poitrine des versets bénis et des talismans. Dana les fêles natales instituées pour nommer solennellement les neiiveaax«4iés, dws les noces et les autres fêtes de

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famille il permettait qa'il y eût des danses, mais réglées et décentes \ qae les walimas on festins fassent somptueux , mais il y défeifdit rigoureusement Tasage da vin, et ia présence des mimes et des baladins, diseurs de bonne aventure, qui faisaient régner la licence en ces sortes de fêtes. Il amé» liora la police de la cité et établit des maîtres de quartiers, et un maître spécialement préposé aux ventes et à la surveillance des marchés. Il régla que Von barrerait et fermerait la nuit les divers quartiers de la ville, et qu'il y aurait dans chacun des rondes nocturnes, et des heures fixes pour fermer et pour ouvrir les portes, de même que pour les portes principales de la dté.U composa aussi des ordonnances sur la guerre et la garde des frontières, ainsi que sur la disposition et Tordre des expéditions. Il prononça la peine de mort contre les cayaliers qui fuiraient devant les ennemis quand ceux-ci ne seraient pas deux fois plus nombreux que les musulmans, à moins que ce ne fût par Tordre de leurs généraux, lesquels connaissent les secrets. et les stratagèmes de la guerre, et quand il convient d'attaquer et quand il convient de se retirer du combat. Il défendit aux campéadors et aux almogavares, ainsi qû*à tous les autres gens de guerre, de tuer, sous quelque prétexte que ce fût, les enfans, les femmes, les vieillards débiles, les infirmes, non plus que les moines menant une vie retirée, sauf quapd ils seraient pris les armes à la main et aidant les ennemis de leurs bras.

Il ordonna que les dépouilles et le butin provenant des algarades musulmanes sur les terres des chrétiens fussent répartis également et avec justice, et les vivres distribués avec ordre, suivant Taucien usage: aux cavaliers deux parts, au fantassin une. Quant à ceux qui travaillaient dans Tarmée, Témir les récompensait à sa volonté d'après les rapports des généraux. A celui qui se fesait musulman dans une ville on forteresse conquise, il voulut qu on restituât tout ce qui lui appartenait, et si la distribution en était déjà faite, qu'on loi en remboursât le juste prix. Il défendit que les fils de famille

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