CHAPITRE TREIZIÈUB
15 janvier 1352; le privilège qu il expédia, le 20 février, en faveur du chapitre {cavildo) de Gastro-Xeriz, et surtout Tacte par lequel il donna, le 20 mars, une nouvelle sanction très explicite et très nette en faveur de don Fadrique son frère, grand-maître de Santiago, au privilège jusque-là mal observé que Ferdinand lY, son aïeul, avait accordé an grand-maitre D. Juan Osorez, portant affranchissement, pour tous les vassaux de Tordre, de la moitié des services et subsides (servidos é pedidos) auxquels ils étaient tenus envers le roi i.
Ce fut pendant le séjour de Pierre à Yalladolid pour la tenue de ces certes, que Marie de Portugal et Àlbuquerque songèrent à le marier.
Quoiqu'il n'eut guère en ce moment que dix-sept ans, il avait été fiancé déjà , du vivant de son père Alfonse, à Jeanne, fille du roi d'Angleterre Edouard III. Jeanne était tout enfant. C'était alors l'usage des rois et des grands de préparer ainsi de loin, par des traités, le mariage de leurs fils et de leurs filles, longtemps avant qu'ils fussent nubiles. Mais la future reine de Gastille était morte de la peste à Bordeaux, au commencement de rannée» et il fallut chercher pour Pierre une épouse d'un autre côté ».
Edouard avait eu si fort à cœur le mariage de sa fille avec l'héritier de la couronne de Gastille et de Léon, que, dans les négociations à cet effet, il alla jusqu'à charger ses ambassadeurs d'offrir soixante mille livres sterling pour la dot de Jeanne, somme considérable pour le temps (équivalant à environ quatre millions trois cent vingt mille francs d'aujourd'hui). On voit toutefois, par sa correspondance à cette occasion, qu'il voulut réduire plus tard cette somme, sans
^ Voyez Salazar, Casa de Lara, 1. 1, p. 335; Herrera, Historia del Gonvento & s. AugusUD de Salamanca, p. 120 ; et le Bullario de Santiago, p. 321. 2 Rymer, Fœdera, ad ann.
Vin. 17
258 HiBXOiRE d'espàgne.
doute par crainte de ne ponvoir la payer, et qn'il sollicita Àlfonse de Ini accorder en tont cas un certain temps pour l'acquitter, se fondant sur les dépenses considérables qn*il était obligé de faire pour soutenir la guerre contre ses ennemis. Il était alors, en effet, an plus fort de sa guerre aTCC la France, guerre qull avait commencée dès 1336, en soutenant la révolte des Flamands et en revendiquant, les armes à la main, le titre de roi de France qu*il prétendait Ini appartenir comme petit-fils, par sa mère, de Philippe-le-Bel. Ce fut , comme on sait, dans le cours de cette guerre désastreuse que Philippe de Valois fut défait à Grécy (le 26 août 1346), et que son compétiteur lui enleva, le 3 août 1347, après un siège d'onze mois et quelques jours , la ville de Calais, dont les Anglais restèrent maîtres jusqu'en 1558.
Edouard n'avait plus de fille à donner à Pierre, et Ton ré* solut d'aller lui chercher femme en France ; on y envoya, comme ambassadeurs à cet effet, don Juan de las Bnelas, évéque de Burgos, et don Alvar Garcia de Albornoz, qui, ayant vu les filles du duc de Bourbon Pierre I^'', cousin da roi de France, demandèrent li^ main de Blanche ' sa fille,
1 Voici la généalogie de Blancbe, (toablemeBt arrière petite-fiUe de saint looU.
BISAlBUX. aïeux. PKBE^,
Robert, comte de\
Clermont. {^"^l^^ ^*^ <*«« ^^\
N i Bourbon. i
Béalriît de Bourbon. ; f Pierre 1er, juc dc^
Jean II, comte de\ t Bourbon.
..,^**^'^*\ ! Marie de Hainaut. /
Philippe de Luxem- i ■ manche
bourg. ) (de
Philippe m , roi de ) [ Bonrboa.
France.
Isabelle d'Aragon',
sa les femme.
Gui de Ghatillon,
Charles de Valois.
sa l'e femme. / \ Isabelle de Valois la
Jeune. /
comte de St-Paul. \ Mafalde de St Paul. Marie de Bretagne. ;