‹ Histoire d'EspagneChapitre 33 sur 108 · CHAPITRE TREIZliEBIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZliEBIE

sœor de la reine leaane de Bourbon, femme de Charles ¥. Cette aûssion et peut-être même le départ d'Espagne eurent lien en 1351 ; mais le eontrajk de mariage ne fut signé qu'en juillet de Tannée suivante. Il y fut assigné une dot de trois cent mille florins d'or. Les fiançailles se firent sur parole d'après les pouvoirs conférés à cet effet par le roi de GastîUe à ses ambassadeurs, il les ratifia ; mais diverses circonstances retardèrent fatalement l'arrivée de la princesse française en Espagne.

De Yalladolid le jeune roi passa, vers la fin de mars 1352, à Qudad-Bodrigo, où le roi de Portugal Alfonse TV avait fait inviter sa fiUe et son petit-fils à se rendre. Albuquevqqe avait préparé et pressé cette entrevue, dont il espérait tirer parti pour lui-même. Pierre arriva le premier au rendezvous, et se logea dans le faubourg de la ville, qui était alors très grande, et Alfonse lY fut reçu dans la ville même, et installé dans le palais du roi. Us se virent et eurent là leurs eonfârences; nn traité d'alliance y fut signé, et Alfonse de Portugal donna, ditK>n, de sages conseils à sa fille et' à soq petit-fils pour le bon gouvernement de leur royaume ; il reeottoianda surtout à Pierre, et ceci fut le point capital de ces conseils, de vivre en bonne intelligence avec ses frères con^ sanguins, s'il ne voulait pas voir ses états continuellement agités par des troubles domestiques, et opéra ainsi, par sa haute médiation, la réconciliation apparente, la réconciliation officielle et politique, si l'on veut, du fils légitime d' Alfonse XI avec le fils naturel du même Alfonse XI, le eomte Henri de Trastamare ^

Henri avait été, par un arrangement particulier ménagé en sa faTCur par son père, institué héritier d'un rico-ome des Astuf ies, célibataire ou sans enfans, D. Bodrigo Alvarez de las

^ On écrit indifTéremment Trastamare ou Transtamare. Tras est la forme espa» pagnole; traru, la forme latine originaire. Nous a?ons adopté la première, <iui est celle de la Chronique et des actes du temps.

Âstarias, seigoear de Noreûa et de Gijon, auquel Alfonse avait donné, pour les transmettre au fils d'Éléonore, les seigneuries de Cabrera, de Ribera, de Lemos et de Sarria avec le titre de comte de Trastamara. D. Rodrigo Alvarez de las Astnrias était mort, et Henri était allé chercher naturellement une retraite dans les Asturies; comme le dit un historien, mnô d siAceder d estos regnos: il était là dans ses domaines, dans ses états. Lorsque de Séville il passa dans les Asturies, il était donc déjà « conde de Trastamara, Lemos y Sarria, sefior de Iforefia y Gijon, etc. » Et c'était dans cette dernière ville qu'il s'était retiré et établi avec sa femme Jnana Manuel, fille de D. Juan Manuel. Le bruit de la mort de Garcilasso et de la violence du roi l'avait effrayé, et non-seulement Tavait empêché de paradtre aux cortès de Valladolid, mais l'avait fait se retirer en Portugal, où il avait été bien accueilU par Alfonse IV. Alfonse invita Pierre à donner à Henri quelques marques de bienveillance et la confirmation expresse de tons ses titres et de toutes ses possessions, afin qu'il en pût user sans scrupule et avec le bon plaisir du roi son seigneur. Pierre y consentit, et Henri retourna, en effet, dans les Asturies, rentré en grâce auprès du roi, sans cesser cependant de se défier de son caractère et de celui de D. Juan Alfonse d^Albuquerque son favori, dont il se tint éloigné prudemment, sachant de quoi celui-ci était capable'.

A la suite de cette entrevue du roi de Castille avec Alfonse de Portugal, son aïeul, à Giudad-Rodrigo, le roi de Castille passa en Andalousie pour y avoir raison d' Alfonse Ferrandez Coronel, qui avait dédaigné ou cru devoir s'abstenir, par prudence, de se rendre aux cortès de Valladolid. Pierre savait de plus que Coronel n'avait cessé de remplir d'hommes et de munitions de guerre ses châteaux et ses villes d'Andalousie et de Castille, particulièrement son château et sa ville d'Agoi-

^ Chr. del Rey D. Pedro, afio ii, c. 20.

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