CHAPITRE TREIZDSMOI
noQs avons, et s*en venait vers la Gastille, ponrsait notre chroniqnenr, don Tello son frère, fils du roi don Àlfdnse et de doua Léonor de Gnzman, était dans la ville d*Aranda de Doero qui était sienne. Et quand il sot que le roi venait, il eut grande peur de Ini, et avec son mayordome^mayor Pierre Baiz de Yillegas, qui se trouvait en sa compagnie, ils partirent d'Aranda, et, se dirigeant vers l'Àragon, ils rencontrèrent et enlevèrent la rema < qui de Burgos se rendait à la foire d'Alcala de Hénarès, chargée de riches objets de toutes sortes; et don Tello passa à Montagudo, qui était à lui et est frontière de TAragon : et dans la suite nous conterons ce qui fut de lui ». »
Ayant appris sur ces entrefaites avec certitude, en arrivant en Gastille, que le comte Henri de Trastamare, depuis son retour de Portugal, n'avait cessé de fortifier Gijon, Pierre marcha dans cette direction et assit bientôt son camp devant la place 3.
Le comte n'osa pas attendre le roi à Gijon, et il avait cherché un refuge dans les Asturies, sur une montagne très escarpée appelée Monteyo, où il demeura tout le temps que le roi fut à son camp devant Gijon. N'ayant point d'argent, le comte payait ceux qui le servaient avec les bijoux que sa mère, prisonnière à Séviile, avait donnés à doua Juana Mannel au moment de son mariage avec son fils. La comtesse (fille, comme on sait, de don Juan Manuel et de sa seconde femme doua Blanca, fille de don Juan Nuûez de Lara) s'était
* Troupes d'ânes, de mules, de mulets, de chevaux attachés à la queue les uns des antres. Jumentorum iigmen,
2 Gronica del Rey Don Pedro, Ibid., c. 4.
' Un privilège qu'il accorda à la ville de Briones, à son retour des Asturies, sert à déterminer à peu près la date de cette expédition ; elle dut avoir lieu dans le courant d'avril ou de mai, et en tout cas antérieurement au 26 juin 1352; l'acte dont nous parlons porte en effet la date du 26 juin 1390 de l'ère d'Espagne ( Voir Geronimo Gudiel,.Compendio de algunas historias de EspaSa, y espedaUnente de la Csmilia de los Glrones, p. 68.)
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retirée à Monteyo ai^ec son mari, et attendait là les événe** siens <.
Cependant) le roi était h peine depuis quelques jours à ee siège, que ceux qui tenaient la place pour Henri, sons ks ordres de Pedro Garillo , capitulèrent et firent houunage an roi, à la condition qu'il pardonnerait au comte, celair ci a'engageant de son côté à ne se faire ni de Gijon ni 4'aucune autre forteresse de son apanage une occasion de guerre. Ce traité fut fait par le commandant de Gijon, Pedro Carillo, au nom du comte Henri ; et Henri, qu'on en instruisit dans sa retraite de Monteyo, revint aussitôt à Gijon et confirma le traité par une déclaration écrite ou serment {pleyio) , que Pedro Carillo s*empressa de porter au roi, déjà parti des Âsturies. Carillo avait avec lui à Gijon, entr'autres chevaliera distingués, Pero Ferrandez Quexada ¥ttrtado Diaz de Mendoza, et plusieurs écuyers asturiens des domaines de Henri ^.
^ E el conde non qiiisd atênder alH en G^on, é pusdse en Astarias en unamoDtafia muy fuerte que dedan Monteyo, é alH se defendid. E daba el conde sueldo â los que con él eran joyas muy nobles de piedras é aljofar que le diera su madré dona Leonor en SevUla quando estaba presa, por quanto non ténia dlneros.
2 Henri sanctionna ces conditions par Pacte suivant, qu'il rendit en cette occasion, acte très important et qui jette le plus grand jour sur les hommes et sur les situatioiis du temps : — Sepan, y est-il dit, quantos esta carta vieren como yo Don Enrique, fijo del muy noble Rey Don Âlfon , conde de Trastamara, de Lemos é de Sarria, é seîior de Norena é de Cabrera é de Rivera. Por que vos el muy alto, é muy noble, i mttcho honrado Seîior Rey Don Pedro de Castiella, por me facer bien, tovistei por bien de me otorgar las petlciones que vos envie pedir, sefialadament que perdonastes à mi, é à todos los que conmigo fiieron en facer esta guerra, de todos los maleficios que hayamos fecho fastaqui. Et otrosi que mandastes dar é lomar â nii, é à la condessa Dona Jhoana mi muger, todas las beredades que nos fuenm tonadas dopMi que el dicho Rey mlo padre, que Dios perdone, flnd, acâ, asi viHas, é eastiaoa,é casas Alertes é tierras lianes, et nos mandastes degembargar â Ordu&a, é Valanaeda, é Sancta Olalla, é Izcar. . . . Otorgastes de facer que Doiia Leonor, é Diego Perd Sarmiento su $jo nos latian cartas de flrmeza dello, é tendrien de vos por juro de heredat A CastaSeda, en enmienda de lo que y avien de a ver por herenela de D« . Ferrando, padre de la dicba Dona Leonor. Et otroal me quitastes (me fltes abandon, me restituâtes) vos, é la muy noble Reyna mi adfiova nMrtP» nadratodod
CHAPITBE TRWZIiam. 371
Notons ici en passant un fait qni anra la pins grande in^ fluence sur la suite de la yie et de l'histoire de Pierre. Ce fut dans ce iroyage, en se rendant à Gijon ponr en faire le siège, qu'il vit pour la première fois ', une temsde qni devait jouer un si grand rôle dans sa vie entière ; il prit, dit simplement la chronique {tomô), à Saut Fagund (Sahagun), où il s'arrêta quelques jours, Maria de PadiUa, personne très belle et très jeune, élevée dans la maison d'Isabelle de Meneses, femme de D. Jaan Alfonse d'Albuquerque, et qu6 Joan Ferrandez de Henestrosa son oncle, frère de doâa Maria Gonzalez sa mère, amena là au roi, à ce que tout porte à croire, exprès pour ce qui« arriva^. La chronique va plus loin : « Et tout cela eut lieu, dit-elle, par le conseil de D. Juan Alfonse de Âlbuquerquc, suivant ce que plus avant
mu^le que yo avie de Dona Leonor mi madré. Et otrosi otorgastes de facer â Dolia Maria, é Dona Inès que me cumplan de derecho en razon de Trigueros, Âzueros, é Rueda. Et otrosi confirmastes todas las donaciones quel dicho Rey mio padre me did de qualquier cosas , sin condicion alguna. Et otrosi otorgastes de me librar, é mandar librar que tenga de vos en tierra cierta para de cada aîio ciento é ochenta mil maravedis en logares ciertos. Et otrosi que fué la vuestra voluntad et otorgastes, quel testamento de Don Ferrando mio bermano que lo librase un letrado de Castiella é otro de Portogal; é si estos letrados non se acordaren en uno à lo librar, que lo librasedes vos, por que yo oviese cumplimiento de derecho. Et otrosi por que otorgastes que rogariedes é mandariedes â Don Jhoan Alfon, que la demanda que ha contra mi sobre la herencia que fué de Don Rodrigo Alvarez por Dona Isabel su muger, que lo ponga en manos del Rey de Portogal, para que lo libre entre nos. Et otras mercedes que me otorgastes, aquellas que vos envie pedir,. . . etc. — Cet acte singulier, qui ressemble si fort à un acte notarié ou sous seing privé mettant fin plutôt à une contestation d'affaires qu'à une lutte de passion ou d'honneur, est daté de la Puebla de Gijon, le 26 juin, an de l'ère 1390, et signé : — Yo el Condb. Pelicer (Informe de la Casa de los Sarmientos de Yillamayor, fol. 26) en avait vu l'original, portant un cachet de cire pendant, timbré aux armes du comte, savoir deux lions au haut de Vécu, et un château au bas, et pour orle huit escaques de vero9 et huit chèvres.
'^ C'est-à-dire, à ce que tout indique, en mai ou avril (plutôt ce dernier) 1352.
3 E en este tiempo, yendo el Rey à Gijon tomd à dona Maria de Padilla, que era una donoella muy ferraosa, é andaba en casa de dofia Isabel, muger de D. Juan Âlfonso de Âlbuquerque, que la criaba. E traxogela â Sant Fagimd Jitam Ferrandez dé Henestrosa su tio, ete.
272 HISTOIRE d'espagiïe.
noos dirous. » Tenons ponr certûn sealement ici, que le roi la prit, et prenons acte de la date, qai importe à la suite de notre récit '.
Pierre se rendit de Gijon à Yalladolid, et apprit là qae D. Tello son frère, avec Pero Baiz de Yiilegas son majordome, après qu'ils earent enlevé la recoa de Burgos qai passait par Aranda, ville de D. Tello, s'en étaient allés à Montagudo, ville appartenant également à D, Tello, sur la frontière de TAragon ; que D. Tello s'était rendu près du roi d'Aragon, et que Pero Ruiz était demeuré à Montagudo avec des compagnies d'hommes d'armes, d'où il faisait des coarses sur les terres du roi. Le roi marcha d'abord sor Aranda, qui le reçut sans résistance ^. Cependant Fuente- Duefla, qui appartenait à D. Tello, et Monox (sans doute Muôoz) qui appartenait à Pero Ruiz de Villegas ( que èra (te Pero Ruiz de Villegas)^ dans le voisinage d'Aranda , refusèrent de recevoir le roi, et il les assiégea ; elles résistèrent quelques jours, puis capitulèrent. Le roi n'y fit aucune exécution, à en juger par le silence de la chronique. Il allait ensuite marcher sur Montagudo, lorsque Pero Ruiz lui envoya faire sa soumission, si l'on peut donner ce nom à une espèce de traité de puissance à puissance par lequel il s^cngagea à cesser de faire la guerre aux terres du roi, à conditiou que celui-ci s'éloignerait de Montagudo, et ne l'y viendrait pas assiéger. Le roi accepta, pressé qu'il était d'aller châtier Alfonse Ferrandez Coronel dans Aguilar, d'oti ce riche-homme et ceux qui étaient avec lui faisaient de grands dommages par toute la terre d'Andalousie. Avant de s'y rendre toutefois, et d'y rejoindre à Cordoue cette Maria de Padilla avec laquelle il venait de passer deux ou trois
^ E todo esto fué de D. Juan Alfonso de ÂU)uquerquey como adelante dirémos. 2 11 y était le 14 septembre de cette année 1352, comme il appert par la oollfi^ mation d'un mayorazj^o, citée parD. Alvarode Ulloa Mémorial, fol. 34.
GHAPITRB TRECZliMB. 273
mois, et qu'il y avait envoyée comme pour faire avec elle le siège d*ÂguiIar, le roi entra dans Soria, et là vinrent à loi des messagers de Pierre IV, roi d'Aragon, avec la mission de renouveler Tancienne alliance des deux couronnes, telle que le roi Pierre d'Aragon l'avait eue avec le roi Alfonse*père du roi de Gastille, et de le pripr de pardonner à D.Telio. Le Castillan se prêta volontiers aux désirs de l'Aragonais, et pour assurer l'ancienne paix à des conditions nouvelles, on convint qu'une conférence aurait lieu entre D. Bernard de Cabrera pour le roi d'Aragon et D. Juan Alfonse d'Albuquerque pour le roi de Gastille, à Tarazona, où les deux plénipotentiaires dressèrent et signe-* • rent en effet un traité, pour l'un et l'autre royaume, le 4 octobre de cette année. Il y fut stipulé, entr'autres choses, que les deux rois regarderaient et traiteraient comme amis ou comme ennemis les amis et les ennemis l'un de l'autre, et qu'ils pardonneraient réciproquement, le roi de Gastille à D. Tello, et le roi d'Aragon à D. Ferdinand son frère '.
Une réflexion nous frappe ici : tous ces ennemis, ce fils légitime d* Alfonse, ces princes, ces frères, fils de l'adultère, ces maîtres et seigneurs dont les historiens monarchiques parlent avec un si profond respect qu'on les prendrait pour des hommes considérables et agissant dans la plénitude de la science et de la puissance humaines, ce roi qui va être père, ce comte, qui se révolte et se soumet, tout en rêvant déjà peut-être qu'il sera roi, étaient presque des enfans : le plus âgé des fils d'Éléonore n'avait pas vingt ans, le fils de Marie de Portugal en avait à peine dix-huit. Mais poursuivons notre récit.
Gela fait en Gastille et sur les frontières d'Aragon, Pierre
^ Zorita rapporte dans tous ses détails ce qu'oD ^réta dans cette conférence de Taraxona (Anales de Aragon, 1. vin, c. 49), le 4 octobre 1352, c'est-à-dire à une date postérieure au retour de Pierre &k Andalousie.
vm. 18
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partit pour FÀndalonsie, où D. Alfonse Ferrandez Coronel, et ceux qui étaient a^ec lui dans Âgnilar, faisaient en ce moment une très \ive guerre à ceux que le roi avait laissés sur cette frontière pour les contenir, si bien qu'ils avaient fait prisonnier dans un combat le chef des troupes royales, Men Bodriguez de Biedma, coadjuteur ou évéque {cabdillo) de révécbé de Jaen, que le roi avait fait commandant de la frontière {que el rey dexara por frontero). Pierre apprit à Soria ce redoublement d'hostilités, et aussi que D. Juan de la Gerda, gendre d' Alfonse Ferrandez, était parti d'Âguilar où d'abord il était avec D. Alfonse Ferrandez son beau-père, fit était passé dans le royaume de Grenade et dans le Marok pour y chercher des secours. Il arriva en Andalousie, et aussitôt alla mettre le siège devant la ville d*Aguilar, le 2 ou le 3 octobre de cette année. On dirigea contre elle toute Tartillerie de siège alors en usage, on creusa des mine$ au pied des murailles ; mais tout fut inutile. La place résista d'abord à toutes les attaques, non sans perdre pour** tant, à chaque assaut, quelque brave défenseur : ainsi fat tué, entr'autres, d'un coup de pierre lancée par un engin, Juan Ëstebanez de Burgos, qui avait été un des plus intimes favoris du roi Alfonse XI et son chancelier privé, et que la persécution avait forcé de chercher là un refuge près de Goronel contre la prétendue justice du roi.
Quatre mois durant Aguilar tint bon contre tous les efforts du roi. Située au bord du rio Cabra, Tun des affluons du Xénil, sur une hauteur au penchant de laquelle, au nord et an sud, s'étend une partie de sa population actuelle, l'ancienne Aguilar de Don Gonzalo devait, avec ses fortifications de fabrique mauresque puissamment restaurées par Goronel, présenter alors Taspect d'une place imposante et de difficile accès, et l'on conçoit ^ans peine, à la voir telle qu'elle est et à l'imaginer telle qu'elle devait être au xiv^ siècle, qu'elle ait pu arrêter plusieurs mois même une armée royale.
I^ 9Jiége Avait wm tralD4 en loogaear. On dtait à la fia de janvier 1353, J'aligne d'être tenu çn écbec gi longtçmpsy le roi ordonod de faire joner tontes les mines et dç tenter un assaut général.
Le jeudi 1^*^ février on mit le feo aux fascines dont on avait rempli une mine profondément creusée au pied des murailles, et une grande partie du mur s'écroula* Beaucoup d*bal>itans da la ville en sortirent et vinrent se mettre à la merci dn roi- Les troupes du roi ne purent cependant pénétrer dans la ville ce jour-là; mais, le lendemain veu" dredi 2 févriery tout fut prêt pour Vexidium. Ayala raconta avec dçs détmlis dramatiques cette prise d'Agoilar e( la mort dv seigneur qui la défendait contre le roi. Gomme les trou«pes du roi allaient se mettre en marche pour prendre poa^ session de la place, un ancien et très grand ami d'Alfonge Ferrandez, Gutier Ferrandez de Tolède y entra seul, et rencontra Coronel à cheval, cherchant à ranimer le courage des giens et à faire mettre de nouvelles barrières pour arrê-* ter les troupe^ du roi. Mais laissons parler Âyala :
« Et Gutier Ferrandez dit à don Alfonse Ferrandez Coronel: «Compère mon ami, combien il me peine de (a querelle que vous avez soulevée! »£t don Alfouse Ferran*dez lui répondit : « Gutier Ferrandez, croyez-vous qu'il y ait quelque remède? » — «lin vérité, je ne le pense pas, lui répondit Gutier, dans l'état où sont les choses. » Et don Alfonse dit : « Pour moi, j'y vois un remède. » — <^ Lequel, don Alfonse? »-^ Et celui-ci reprit : « Gutier Ferrandez mon amiy le remède que j'y vois, c'est de mourir aussi bravement que je pourrai comme chevalier. » — Et il' s'arma â*un gambax, d'une cuirasse et d'un heaume, et il alla ainsi ouïr In messe, et étant dans l'église un de ses écuyers vint lui dire : « Que faites- vous, don Alfonse Ferrandez? On entre dans la ville par la brèche du mur qui est tombé, et déjà don Pedro Estebanea Garpeatero, commandeur de Ga-
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latrava, j est entré avec beaucoup de gens d*armes. » Et don Alfonse Ferrandez répondit : « Quoi qu*il en puisse être, je commencerai par aller voir Dieu. » Et il demeura tranquille jusqu'au moment où le prêtre éleva le corps de Dieu ; puis il sortit de Téglise et vit que les gens du roi étaient déjà entrés dans la ville, et se retira dans une tour, armé comme il était. Là vint le prendre Dia Gomez de Tolède, chef des écuyers du corps du roi. Et quand don Alfonse Ferrandez le vit, il lui dit : « Dia Gomez mon ami, pouvez-vous me mettre vivant en la présence du roi mon seigneur? » Et Dia Gomez dit: «Je ne sais si je le pourrai faire; mais soyez assuré, don Alfonse, que je ferai tout mon possible pour cela. » — «Eh bien! menez-moi avec vous, Dia Gomez mon ami, et dites à vos hommes qu'ils fassent ce qu'ils pourront pour préserver mes enfans qui sont en ma maison, et empêcher qu'il ne leur advienne mal. » Il âescendit alors de la tour et fut pris aussitôt et désarmé sauf de son gambax ^, et il fut en cet état mené au roi par deux écuyers du corps du roi, nommés l'un Ferrando Diaz Calderon , et l'autre Alfonse Ruiz de Torices, sur l'ordre de Dia Gomez de Tolède. Ils rencontrèrent, chemin faisant, Alburquerque, qui, le voyant ainsi fait, lui dit : « Quelle querelle avez-vous soulevée sans raison, étant si bien venu et considéré dans ce royaume? » Et don Alfonse Ferrandez lui dit : « Nous sommes en Castille et vous savez ce que l'on dit communément : Castille fait les hommes et Castille les perd. Je l'avais souvent entendu dire, et ma destinée n'a pas été d'échapper à ce malheur, et je vous demande en grâce de me faire donner aujourd'hui cette même mort que j'ai fait donner, au même jour et à la même heure, à don Gonçalo Martinez d'Oviédo, maître d'Alcantara. » 11 avait été chargé, en effet par Alfonse XI, de
^ Espèce de caban ou de justeaucorps de feutre, à capuchon.