CHAPITRE TREIZIBlfB
diaire d'un chevalier des terres da comte, appelé Juan Gonzalez de Bazan, qai était venu passer trois mois à sa cour, à'Torrijos, et qai avait sa ménager Talliance des Padilla avec les deax fils d'Éléonore, D. Henri et D. Tello, avec l'agrément da roi <.
Néanmoins il exigea gaelgues marques de soumission. Ce même jour (jour de Tarrivée de Pierre non loin du bourg de Cigales), dit Ayala non-seulement témoin oculaire, mais acteur dans cette scène, comme on va le voir, ce même jour le roi vit courir devant les compagnies du comte, les rangeant en bataille, un chevalier revêtu des insignes de Tordre de la bande ronge fondé par Alfonse XI, et il demanda qui c'était; quelques-uns le reconnurent, et lui dirent que c'était Pero Garrillo.Ces insignes consistaient en une Jarge bande de tabis rouge avec une bordure d'or. Pierre lui envoya aussitôt un de ses pages, appelé Pedro de Âyala (lequel n'était autre que notre chroniqueur en personne)^. Ce page était chargé de dire à Pero Carrillo, que, n'étant pas vassal du roi, ifn'avait pas le droit de porter la bande rouge, ordre qui n'était conféré qu'à un très petit nombre d'hommes choisis, d'en-
* Trataban ya con el Conde» sabiendolo el Rey, contra Don Juan Alfonso
E era el que traia estas pleytesias entre ellos un Caballero que era del Conde, é décianle Juan Gonzalez de Bazan, é avia estado antes desto très meses en la oorte del Rey trayendo todas estas pleytesias sabiendolo el Rey.
^ Le chroniqueur don Pedro Lopez de Ayala était alors très jeune et page de Pierre (doncel) , il se trouva plus tard aux conférences de Tejadillo avec ceux qui favorisaient la reine dona Blanca ; néanmoins il ne fut pas de ceux qui accompagnèrent D. Henri hors de Caslille. Il servit Pierre, jusqu'à ce que Henri fut de retour dans le royaume et se fut appelé roi. Lorsque Pierre sortit en fugitif de Sévttle» il fut du petit nombre des chevaliers qui l'accompagnèrent (voir la Chronique, p. 404), et il ne l'abandonna point jusqu'à ce que la plus grande partie des cités, des villes et des chevaliers se fût séparée de son obéissance ; il n'embrassa enfin le paru de Henri que lorsqu'il le vit proclamé roi par la nation presque tout entière. Depuis lors il garda fidélité à Don Henri, comme auparavant il l'avait gardée à Don PierK, sans qu'aucune particularité porte à concevoir qu'il eût aucun motif de haine contre ce roi, dont les défenseurs ont eu peu de raison de l'appeler l'ei
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tre le» ptemters el les pins grands du royaume, ayant qoatité de vassaux du roi oa de son fils atné héritier delà couronne, et non d'aucune autre façon ; el le page du roi arriva devant Pero Carrillo, et lui dit tout ce que le roi Tavait chargé de lui dire. Et tout aussitôt Pero Carrillo tira de dessus lui les insignes qu'il portait^ et s'adressant au page: « Dites à mon seigneur le roi, que quand Aboul Hassan, roi de Benamarin, assiégait la ville de Tarifa, le roi don Alfouse SOS père m'ordonna d'aller me mettre pour la défendre parmi les autres nobles et bons qui a'étatent mis dans eette ville; et une nuit nous eûmes un combat avec les Maures qui voulaient entrer par une porte basse de la ville, laquelle était tombée sous les ooups redoublés de leurs engins , et dans le combat de cette nuit mourut le seigneur des Montagnes-Lumiiieuses (de los Montes ^Ghros), qui était un chef puissant d'entre les Maures et avait là J)eaucoup de vassaux. £t, à quinze jours de là, mon seigneur le roi doo Alfonse, m'envoya cette soubreveste, de ses propres habits, et Tordre de porter la bande; depuis lors je l'ai eue; mais dorénavant je ne la porterai plus sans la permission du roi , puisque cela ne lui plait point. » Il lui disait cela en parlant la face tournée du côté où était le roi, lequel parut contant de voir Pero Carrillo tirer de ses épaules si promptement la bande rouge d' Alfonse. Il n'y avait presque entre eux que le petit ruisseau dont nous avons parlé, et ils étaient flî près les uns des autres qu'ils se voyaient distinct^oient ^.
Le jour s'avançait, et quoique D. Juan Alfonse fî^tout ce qui était en lui pour que le roi en vint aux mains, ce jour- 14, avec le comte, faisant remarquer que le soir approchait
^ Que tan cerca estaban los iinos de los otros que se velan bien. — C esta régla, alonte le chroniqueur, se guardd siempre en la Orden de la Vanda en las cortes de los Reyes de Castiilâ, que orne que non fuese vassallo del rey, 6 de su lUo heradero, non tratlese Vanda.
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et que le comte l'entretenait en ees pourparlers poar atteîn-^ dre la naît et pour fair, cependant le roi ne aoahaitait ni n'avait la volonté expresse de Tattagaer^ on a vu pourquoi. Att contraire, il envoya, en qualité de messagers au comte, D. Alvar Garcia de Albornoz, grand^officier du gobelet (eopero-moyof) de la princesse Blancbe qui allait être sa femme, et Sancbo Sancbez de Bojas, son dief des arbalétriers, par lesquels il liù fit dire que s'il voulait venir avec son frère, aceompa^Hiés seulement de quelques 'chevaliers, ils seraient bien reçus l'un et l'autre. Ce qui eut lieu, en effet, p«r lest conseils de Jokan Gonzalez de Bazan qui, ayant longtemps séjourné à la cour dvk roî, et par ses relations avec les Pa*dilla, connaissait en ce moment la sincérité de ses intentions. L'un et l'autre quittèrent leur armure; autant en firent trente chevaliers environ de leur parti, et tou& ensemble s'en vin-* rent ainsi désarmés et à pied par devers le roi qui les reçut achevai. Tous cens qui étaient avec lui étaient pareillement achevai et armés, et aucun ne mit pied à terre; seulement ils formèrent la baie pour donner passage au comte et à don Tello, et les deux frères baisèrent le pied et ensuite les mains du r(H, qui descendit alors de cheval et entra avec eux dans l'hermitage près duquel il les avait reçus <• Là le comte dit au roi : « Seigneur, don Tello mon frère et moi,* et les chevaliers qui sont avec nous, et au nom de tous les autres qui marchent avec nous, nous venons à votre merci ; et si plus tdt nous ne l'avons fait, ce ne fut point pour n'a^ votr pas eu la volonté de vous servir, mais uniquement par l'apfarébeusion où nous étions de certaines choses qu'on nous avait dit vous avoir été suggérées contre nous par qnelquesiiQs de vos favoris. £t maintenant, seigneur, que nous sommes venus à votre grâce, dorénavant faites de nous et des nôtres ce que vous aurez pour agréable; nous nous mettons^
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noas et les nôtres,* en votre pouvoir et en votre grâce. » Le roi lui répondit : « Comte frère, je me réjouis fort aujourd'hui de votre venue et de celle de D. Tello mon frère et de tous les vôtres à ma merci ; et je vous ferai, à vous et à eux, des grâces telles que vous soyez tous contens. » Et cela fait, le roi remonta à cheval et fit donner des chevaux au comte, à D. Tello et aux chevaliers qui avec eux étaient venus, et leur commanda d y monter; et tous ensemble avec lui retournèrent à Yalladolid avant la nuit, ce qui plut à beaucoup et déplut à quelques-uns. Les mécontens de cette affaire étaient D. Juan Alfonse d*Albuquerque et ceux de son parti, comme la suite des événemens le prouvera. Néanmoins ils soupèrent cette nuit tous ensemble avec Albuquerque, et ce dernier fit même assez bien sa cour à celui que, peu d'heures auparavant, il s'était efforcé de perdre, cherchant maintenant à gagner son amitié. Pierre, d ailleurs, avait demandé et obtenu des gages de soumission des deux fils d'Eléonore, et il ne leur donnait point gratuitement toutes ces marques d'intérêt. Il avait réclamé d'eux, dans les pourparlers de Cigales, des otages qui lui répondissent de la reddition prochaine d'un certain nombre de forteresses dont il leur contestait la possession à titre légitime et qu'ils avaient promis de lui rendre, et ils s'exécutèrent là-dessus de bonne grâce. Sept chevaliers furent aussitôt livrés comme otages, choisis entre les principaux de leur parti, savoir : Per Alvarez Osorio, Pero Carrillo, Pero Buiz de Yillegas, Gonzalo Bernai de Quiros, Juan Buiz de Yillegas le Chauve, Ferrand Alvato de Nava et Garcilasso de la Yega, fils de ce Garcilasso de la Yega que nous avons vu tuer à Burgos. Ce dernier était ud enfant. Tous .sept ils furent mis au pouvoir de D. Juan Alfonse de Benavides, alguacil-mayor du roi, pour être gardés par lui jusqu'à (parfaite restitution des châteaux usurpés ^
^ J'ai tenu à rapporter dans presque tous ses détails ce curieux épisode qu'Ajala