CHAPITRE TBEIZIEIIB
à requérir dn roi de Portugal, au nom du roi de Gastille, leur seigneur.
' Le roi de Portugal les avait laissé s'expliquer librement; mais il avait écouté Albuquerque avec une faveur marquée, disant qu'il lui paraissait avoir raison, au moins jusqu'à plus ample informé. On ne voit point qu'en considération de sa parenté avec les deux parties intéressées, il promit, comme le dit Ferreras, de faire en sorte que tout s'accommodât à l'amiable, ni qu'il ait congédié les ambassadeurs castillans en les chargeant de dire à son petit-fils qu'il passerait à Estrémoz, où ils pourraient s'aboucher ensemble pour terminer cette affaire. Il dit seulement qu'il voulait sur tout ceci envoyer ses messagers au roi de Gastille son petit-fils '.
Là même, au rapport d'Ayala, les messagers du roi de Gastille énoncèrent avec chaleur devant le roi de Portugal les griefs de leur seigneur contre Albaquerque, et s'éleva entre les deux partis une sorte de rixe qui un moment fit craindre qu'ils n'en vinssent aux mains. C'est du moins ce que l'on peut comprendre du récit du chroniqueur. Albuquerque trouva un chaleureux défenseur dans le maître des chevaliers de Santiago de Portugal, D. Gil Ferrandez de Garvallo ; d'autres chevaliers castillans, venus aux noces avec l'infant D. Ferrand d'Aragon, prirent parti pour les envoyés du roi de Gastille, si bien qu'on craignit qu'il n'y eût du bruit, dit Ayala;mais le roi s'interposa, et leur ordonna à tous de demeurer tranquilles; ce qu'ils firent^.
Les ambassadeurs du roi de Gastille s'en retournèrent d'Évora vers leur seigneur, et se rendirent près de lui à Gaseres, tandis que toute la cour, les nouveaux mariés, le roi de Portugal, la reine Béatrix sa femme, Tinfant D. Pierre
^ Dixd â los dichoâ mensageros, que Don Juan Alfonso se ponia en razon , segund à él parescia; é que el queria enviar sus mensageros al Rey de CastiUa su nieto sobre todo esto.
2 Peroel Rey de Portogal mandd à todos que estoviesen quedos ; é asi lo ficieron.
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lear fik, ^ la reine dona Maria leur fille, qiiittaient Évore^ avec toas ceux qui y étaient Tenus pour les fêtes da mariage; le roi Pierre d* Aragon avait rendu à son frère Tinfant D. Femand, marquis de Tortose, tous ses biens à Toccasion de ce mariage, et toute sa nouvelle famille raccompagna jusqu'à plusieurs lieues d'Evora.
Albuquerque s'était arrêté avec le roi de Portugal à Estrémoz, ville de la frontière de Portugal, à douze lieues environ de Badajoz, et non loin de ses propres états, lorsque un moine de l'ordre de Saint-François, Fray Diego Lopez de fiibadaneyra, qui était confesseur du comte D. Henri et maître en théologie, y vint de Badajoz, secrètement chargé de traiter avec Albaquerque de la part du comte et du grandmaître D. Fadrique. Suivant la chronique du comte Pero Niûo, Albuquerque aurait provoqué lui-même ces conférences ; elle raconte en effet que, comme les deux frères étaient occupés, pour réduire le petit état d' Albuquerque dont la ville et le château de ce nom étaient le centre, à le faire entourer d'une muraille de tapiée, Albuquerque se rendit seul, une nuit dans leur camp, les surprit sous leur tente, et leur persuada de se détacher du roi, dont ils n'avaient à espérer que la trahison et la mort '. Ayala se borne à dire que Fray Diego Lopez vint à Estrémoz pour proposer à Albuquerque l'alliance des deux frères, ou, en d'autres termes, un pacte d'amitié en vertu duquel ils s'entr' aideraient et entreraient tous ensemble en Gastille. Les pourparlers de l'ancien ministre de Pierre avec l'envoyé des deux frères, aumônier du comte D. Henri, furent tenus secrets , Albuquerque ne voulant pas que le roi de Portugal en connût l'objet, de peur qu'il ne s'y opposât; et il fut convenu que D. Juan Alfonse aurait une entrevue avec D. Henri et le grand-maître son frère pour la confirmation de tout ce qui avait été arrêté
* CronicadelCondePero Niîio,ircpart.,c. 2.