‹ Histoire d'EspagneChapitre 50 sur 108 · CHAPITRE TBEIZlàlU. 3J · texte numérisé non relu

CHAPITRE TBEIZlàlU. 3J

entw eox, et que cette entrevue aurait lieu snr les bords da rio Gaya (en Biba de Gaya), dit la chronique, entre Yelves (Elvas) et Badajoz.

L'acoord fait, et comme les deux frères se disposaient à se vendre au lieu du rendez-yous, ils jugèrent prudent, avant de quitter Badajoz, de s'assurer de la personne de Juan Garcia de Yillagera, frère de Marie de Padilia, commandeurgénéral de Tordre de Saint-Jacques en Gastille, et l'un des trois lieutenans que le roi avait laissés sur les frontières d' Alboquerque ; mais, gardé peu étroitement, il put s'échapper deux jours après avoir été arrêté ; ce ne fut toutefois pas lui qui apprit au roi la ligue d'Albuquerque et des fils d'Éléonore, soit qu'il fût mal informé du lieu où était le roi, soit qu'il crût devoir se rendre d'abord près de sa sœur, en ce moment publiquement trahie par son royal amant. Les confédérés se virent en Biba de Gaya ; Albuquerque compta deux cent mille maravédis à ses noui^eaux alliés pour subvenir aux frais de la guerre, et livra à leur lieutenant, Pero Buiz deYillegas, le château d^Albuquerque et les châteaux de Gobdesera, d*Azagala et d'Alconchel pour leur sûreté commune ^

Les nouveaux confédérés étant encore dans Albuquerque, D. Alvar Ferez de Gastro y arriva; il venait voir D. Juan Alfonse d'Albuquerque son ami. Ils l'instruisirent de tout, et l'engagèrent à déterminer Tinfant D. Pierre de Portugal, avec lequel il était au mieux, à se prêter à leurs projets : il était petit-fils légitime de Sancho-le-Brave, roi de Gastille, pîar sa mère doua Béatrix, fille de Sancho et de dofla Maria de Molina ; qu'il y consentît, et ils élèveraient la voix pour le faire roi de Gastille. D. Alvar se chargea d'en parler à l'infant D. Pierre, et celui-ci goûta la proposition. Inès de Gastro n'avait pas encore été tuée et fût devenue ainsi reine de Gastille. Mais le fait ne put être caché au roi de Portu-

Por que (odos fuesen seguros de se guardar verdad.

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gai; le projet lui déplut, et il envoya aussitôt vers Vinfant D. Pierre, pour l'en dissuader, ses messagers, savoir un chevalier et un maître ès-lois, Ferrand Gonzalez Gogomino, et maître Juan de la Leyes, qui étaient de son conseil et ses favoris; ils conférèrent avec Tinfant de Portugal et lui persuadèrent de ne faire aucune réponse à D. Alvar Perez de Gastro de laquelle pussent être contens ceux qui sur ce fait l'avaient envoyé entretenir ^

Tout ceci avait lieu quelques jours après le mariage de l'infant d'Aragon à Évora, et la reine douairière de Gastille étant encore en Portugal, où elle s'était rendue avec la permission de son fils pour voir le roi Alfonse son père, et assister aux noces de sa nièce, fille de l'infant Pierre son frère. Elle eut peur que son fils ne la soupçonnât d*ètre entrée dans la ligue d'Albuquerque et du comte , parce qu' Albu'querque était son parent et qu'elle lui avait toujours voulu du bien ; et, pour détourner ces soupçons, elle résolut de s'éloigner du théâtre où cette ligue s'était formée. Elle prit en conséquence, au rapport d'Ayala, le chemin de Souches (Arronches), chemin de Portalègre ; et s'arrêta là quatre jours, incertaine sur ce qu'elle ferait, tandis que les deux frères avaient leur entrevue avec Albuquerque dans le château de ce nom. Il faut lire dans Ayala le curieux chapitre où il rend compte du retour de Marie de Portugal en Gastille. Le titre même de ce chapitre est curieux; il porte : a Gomment la reine doua Maria, mère du roi D. Pedro, craignit que le roi son fils ne la crût partie contractante au traité d'alliance du comte et du grandmaître avec D. Juan Alfonse, et comment elle agit^. »

« En ce temps-là, dit-il, partit la reine dona Maria de Portalègre où nous avons dit qu'elle s'était arrêtée, et elle ne

^ E tiraronle de facer respuesta alguna à Don Alvar Perez de Castro de que fuesen contentes los que este fecho le enviaron acometer (Ghr. del Rey D. Pedro, ano Y, c. 8 ).

* C'est le 9e de la v» année.

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