‹ Histoire d'EspagneChapitre 55 sur 108 · CHAPITRE TRKIZmMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRKIZmMK

roi y avait placé, et'qui bientôt y fut rejoint par son frère rin&nt D. Juan. Le comte D. Henri et Àlbnqnerque se portèrent sur Bobreda près de Fuente Againaido , et passèrent ensemble le fleave Tormes, entre Alba de Termes et Salamanque.

« Et les infans d'Aragon, qui avaient été mis à Salamanque de la part du roi, poursuit Ayala, ne youlurent point combattre contre eux, quoiqu'ils eussent de nombreuses troupes sons leurs ordres, et aucuns disaient qu ils étaient entrés en négociation avec les confédérés pour s'entendre avec eux, comme depuis ils le firent, et que c'était pour cela qu'ils demeuraient inactifs. » Albuquerque et le comte purent ainsi traverser librement le pays, entre Salamanque et Toro, où était le roi, passer le Duero entre Zamora et cette dernière ville, et cantonner leurs troupes dans un bameau à quatre lieues de Zamora, appelé Montamarta, d'où ils firent pendant huit jours des courses de pillage dans les campagnes environnantes, et enfin se rendre à los Barrios de Salas, où Albuquerque fut près d'un mois, y attendant D. Ferrand de Castro qu'il avait envoyé avertir de son arrivée. Le comte D. Henri l'y laissa seul pour aller chercher des gens de pied dans ses domaines des Asturies; moins d'un mois après il y fut de retour; ce fut là que vint s* unir à eux D. Ferrand de Castro, et tous les trois s'y concertèrent pour porter la guerre plus avant en Castille, et rassemblèrent pour cela leurs forces à los Barrios de Salas '.

Dans le temps même que les trois premières tètes de la ligue préparaient ainsi leurs forces, le roi, après son expédition contre Gea et Grajal de Gampos, se rendit à Tolède, pour marcher de là contre Ségura, à l'effet d'y réduire son frère

* E los infantes de Aragon, que estaban en Salamanca por fronteros de la parte del Rey, non quisieron pelear con ellos, maguer tenian muchas mas companas; é algunos decian que traian sus fablas para se avenir, segund se ayioieron despues, é que por tanto non quisieron pelear.

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D. Fadrique, (pA Tavait soulevée au oôm de ia ligue d'Àl* buquerque. Pierre s'arrêta quatre jours à Tolède, et y doima Tordre à Juau Ferrandez de Hinestrosa, son camarero-mayor, oncle de Marie de Padilla, d'aller chercher à Àrévalo la reioe Blanche de Bourbon sa femme, et de l'amener de là, à Tolède, pour l'y faire garder à Tue dans FAlcazar.

Le bruit de cet ordre , donné par le roi l'avaut-Teille de son départ de Tolède pour Ségura , se répandit promptement dans la ville, et la plupart des chevaliers de Tolède fle prononcèrent contre cette arrestation, tenant à déshonneur que leur cité fût choisie pour prison de la ^une reine. Quelques chevaliers de la cour du roi s'en montrèrent euxmêmes méoontens, et eurent là -dessus des oonférenoes avec ceux de Tolède, et tous ensemble cherchaient par quel moyen ils pourraient mettre empêchement à l'exé* cution de cet ordre : on parla de ne pas laisser partir Hinestrosa, et beaucoup opinèrent qu'on le tuât. Il y avait alors à Tolède un très-grand nombre d*hommes de guerre rassemblés, et plus de sept cents chevaliers l'habitaient; cependant, ils ne donnèrent pas suite à ce dernier projet, de peur que ce meurtre, accompli en présence du roi, n'amenât quelque collision sanglante, et ils en ajournèrent Texécotioii au temps où Hinestrosa conduirait la reine Blanche à Tolède, en l'absence du roi.

Le roi partit pour Ségura le quatrième jour, emmenant avec lui le plus qu'il put de chevaliers et d'écuyers de la ville, tandis que Hinestrosa allait chercher la reine à Arévalo, d'où il ne tarda pas à la ramener à Tolède avec ses gardiens d'Àrévalo, qui pouvaient passer plutôt pour ees fidèles serviteurs: Tévêque de Ségovie D. Pero Gomez Godiel et Tel Gonzalez Palomèque, tous deux de Tolède. Ils s'étaient attachés à Blanche dans l'exercice même de la dure commission qu'ils exerçaient près d'elle de la part du roi, et furent, près de leurs parens et amis de Tolède, les premiefs instiga-

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tdurs d'im pronaûciûmento en faveaf de la pmttB priBonnière cottronnée. Tout en entrant dans la ^ille, Blanehe de Bourbon demanda à faire ses oraisons dans l'église de Sainte-Marie qui se trouvait sur son passage, et dès qu'elle y fut entrée, refusa d'^en sortir, con miedo que avia de prisim d de muerte, dit la ehronique-, et tout cela avait eu lieu par le conseil de révéque de Ségovie et de ceux qui étaient venus avec elle d'Arévalo. Juan Ferrande» d'Hinestrosa la pria en grâce de vouloir bien se rendre en son palais, l'aleazardu roi, oii elle trouverait une très bonne habitation < ; mais elle ne le voulut pas faire, et Hinestrosa n*osa pas la faire sortir de l'église oMitre sa volonté, car il était, dit Ayala, bon chevalier, soigneux et mesuré, outre qu'il avait peur de ceux de la cité, car il voyait bien que tous étaient mécontens de l'emprison-* nement de la l'eine. C'est pourquoi, quand il se fut assuré de l'intérêt général et passionné qu'inspirait la reine aux Tolédans, il jugea convenable, avant d'aller plus loin, d'en instruire le roi. Il quitta Tolède, averti peut-être de ce qu'on oiéditait contre lui, alla trouver Pierre devant Segura, et lui raconta tout ce qui s'était passé à Tolède depuis son départ, ccMument Blanche de Bourbon, à son arrivée, s'était réfugiée dans l'église de Sainte-Marie et n'avait plus voulu en sortir, et comment il n'avait rien osé faire sans son ordre * à l'égard de sa femme, et le pria d'ordonner sur cela ce qui serait de sa grâce. A quoi le roi répondit qu'il irait lui- * même à Tolède et ferait ce qui conviendrait le mieux^l son service sur ce point ^.

Depuis plusieurs jours déjà Pierre se voyait arrêté devant Segura, place forte et bien défendue, et où le grand-maître était exk ce moment renfermé.

Segura avait un alcayde dans une position exceptionnelle.

t Que qnisiese ir al Alcazar del Rey, é suyo, ca ténia alli muy buena posada. 3 Cronica del Rey D. Pedro» afio y, c. 19.

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C'était le Gommandeur D. Lope Sanchez de Bendafia, originaire de Galice, et qui fut depuis commandeur major de Gastille. Le roi en arrivant le fit sommer de lui livrer le château de Segura et de Vj accueillir, en raison de l'hommage qu'il lui avait fait pour ledit château. D. Lope Sanchez de Bendana était dans ]e même cas que ce commandeur que nous avons vu livrer le château de Montiel au roi, pour rester fidèle au serment qu'il lui avait prêté, tout en se dévouant de son corps au grand-maître, son seigneor et son ami. Mais Bendana ne l'imita point en ceci. Sur la sommation du roi, il parut avec une chaîne au cou sur les murailles, disant que le grand-maître, son seigneur, qai était là avec lui, lui avait fait mettre cette chaîne au cou parce qu'il se défiait de lui, et que pour cette raison il n'était pas en son pouvoir libre d'accueillir le roi dans son château. Et le roi, dit notre auteur, fut fort en colère de cela, voyant bien que c'était là une feinte, et que le commandeur D. Lope Sanchez de Bendaûa s'entendait en ceci avec son grand-maître. Les troupes royales engagèrent aussitôt tin combat aux barrières de la ville avec celles de D. Fadrique; mais elles furent repoussées, et le roi, ne pouvant s'emparer aisément du château de Segura ni de la ville , selon sa coutume d abandonner les entreprises difficiles, laissa des troupes contre son (rère autour de Segara et retourna en Gastille. II ne se rendit point d abord à Tolède, comme il l'avait annoncé, pour y faire mettre Blanche oans rAIcazar. Voulant avant tout satisfaire sa vengeance contre le grand-maître, il partit de devant Ségara, oÎL il laissa D. Fadrique, et «vint à Ocana, y fit assembler les chevaliers et les frères de l'ordre de Saint -Jacques qui étaient avec lui, et leur ordonna de déposer Fadrique, et de nommer à sa place D. Juan Garcia de Yillagera, frère de doua Maria de Padilla, « quoiqu'il fàt, marié et bâtard. » Ge qui fut fait. Goup d'état religieux

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