‹ Histoire d'EspagneChapitre 59 sur 108 · CHAPITRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIEME

veurs. Paul donna à Albaqaerqae du poison dans un sirop, dont celui-ci mourut, et depuis le roi tint parole, et donna à maître Paul de grands biens, et entre autres une terre de la valeur de cent mille maravédis, aux environs de Se ville, et le nomma son comptable major (contador major) <.

Cette mort fut moins fatale à la ligue que le roi ne se Tétait promis; tous les vassaux de D. Juan Alfonse jurèrent de demeurer avec son corps au service dés autres seigneurs confédérés, et de ne point l'enterrer qu*on n*eût mené à fin Tentreprise coqimencée ainsi que lui-même Tavait ordonné sur son lit de mort. Et dans toutes leurs assemblées, ils le supposaient vivant, et Buiz Diaz Gabeza deYaca, qui avait été son fidèle majordome major, parlait en son lieu?.

Cependant, le grand- maître D. F|^rique, qui était à Tolède, ainsi que nous Tavons dit, dès qu'il sut que les infans d'Aragon, le comte D. Henri, D. Tello, D. Ferrand de Castro, D. Juan Alfonse d'Albuquerque, D. Juan de la Gerda, et les antres riches-hommes et chevaliers s'étaient réunis et tai^ saient cause commune, résolut, avec Tassentiment de la reine dona Blanca, et de Tavis des habitans de Tolède, d'aller se joindre à eux. Il apprit en route, à Guadarrama, hameau du Béai de Manzanarès (il parait que c'était alors le nom qu'on donnait à la campagne qui s'étend au nord de Madrid), comment était mort Albuquerque à Médina del Campo, et en fut très chagrin. Fadrique menait avec lui six cents- hommes de cheval, et beaucoup d'argent qu il avait trouvé (ou pris) à Tolède, dans les maisons qu* j possédait D. Samuel el Levi. La reine Blanche l'avait chargé aussi de porter à ces seigneurs

^ E envid tratar con el dicho maestre Pablo que dièse hiervas à Don Juan Alfonso é que él le heredaria, é le £aria mucbas mercedes : é el ffsico fizolo asi, é did las hiervas à Don Juan Alfonso en un jarope, de que morid. E despues, etc. ( Cronica del Rey D. Pedro, ubi supra, c. 27).

* E cada vez que facian estos senores su cons^o fablaba en lugar de Don Juan Alfonso Rui Diaz Cabeza de Vaca, que fuera su mayordomo major.

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ligués pour sa eaose toat l'argent qu'elle ayait pa rénnir. Et les seignears, dit Ayala, qui étaient pour lors à Médina dans ce dessein, et auxquels \int se joindre le grand-maître de Saint-Jacques D. Fadrique, étaient l'infant D. Ferrand d'A* ragon, marquis de Tortose et seigneur d'Albarracin; l'infant D. Juan son frère; le comte D. Henri; D. Tello son frère; D. Ferrand de Castro ; D. Jùan de la Gerda; et enfin les compar gnies et les vassaux de D. Juan Alfonse d'Albuquerqae, avec le corps de leur seigneur, que celui-ci mourant leur avait fait jurer de porter toujours devant les bannières des grands vassaux en révolte, jusqu'après la victoire.

Le grand-maitre les rejoignit dans Médina del Gampo, et tous ensemble résolurent d'envoyer de nouveau des messagers au roi, qui ^tait passé de Tordesillas à Tore au commencement de novembre. Ils choisirent, pour lui porter l'expression des griefs et lui réitérer les vœux de la ligne, Pero Garrillo, fils de Gomez Garrillo de Mazuelo, Juan Gonzalez de Bazan, et Pero Gonzalez de Aguero. Il y avait à Toro, près du roi, quelques chevaliers qui connaissaient et aimaient beaucoup les nouveaux venus, et qui, à leur arrivée, voulurent les emmener dans leurs demeures pour leur faire honneur, et ils se disputèrent à qui les aurait. Ferrand Alvarez de Tolède voulait emmener avec lui Pero Garrillo, qui était son ami; et Alfonse Jufré Tenorio, qui ne voulait pas de bien audit Ferrand Alvarez, voulut emmener de son côté ledit Pero Garrillo, et le lui enleva. Et sur cela se prirent de paroles Ferrand Alvarez et Alfonse Jufré, si vivement qu' Alfonse Jufré fut sur le point de donner de sa dague audit Ferrand Alvarez. Il s'éleva là-dessus un tumulte assez grand; Juan Alfonse de Bena vides, justicia mayor de la maison du roi, qui était parent d'Âlfonse Jufré, lui vint en aide avec Pero Gonzalez de Mendoza ; d'autres aidèrent Ferrand Alvarez de Tolède : de ce nombre fut Gutier Ferrandez de Tolède, et à lui se joignirent d'autres chevaliers en

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assez grand nombre. Men Rodrigaez Tenorio, frère d'Alfonse Jufré, et Juan Alfonse de Benavides, furent blessés; un neveu de Gutier Ferrandez de Tolède fut tué. Et à la suite de ce combat se séparèrent de la cour du roi, et passèrent dans le camp des seigneurs confédérés, Juan Tenorio, repostero*mayor du roi, Men Bodriguez Tenorio et Alfonse Jufré Tenorio, ses frères, parce que le roi s'était montré ce jour-là partisan du combat de Gutier Ferrandez de Tolède, et ils eurent peur de demeurer près du roi. £t dès que ces chètaliers se furent séparés du roi, il donna la reposteria-mayor, qu'avait Juan Tenorio, à Gutier Ferrandez de Tolède, et Talgnacilazgo, qu'avait Alfonse Jufré Tenorio, à Suer Telles de Meneses, parent dudit Gutier Ferrandez de Tolède '.

Ce tumulte apaisé, Pero Garrillo, Juan Gonzalez de Bazan et Pero Gonzalez de Aguero, au nom des seigneurs réunis à Médina del Gampo, parlèrent au roi, et lui dirent que leurs seigneurs les envoyaient à lui avec des lettres de créance (et ils les lui présentèrent), pour lui dire certaines choses touchant son service; et le roi leur dit qu'il lui plaisait de les ouïr. Ils lui exposèrent alors les vœux de leurs seigneurs re-* lativement à la reine Blanche sa femme, à Marie de Padilla et à ses parens : ils pressèrent le roi de mettre Marie dans un couvent en France ou en Aragon; et, quant à ses parens, qu'il les comblât de faveurs {que les ficiese merced en a/), mais que ni lui ni le royaume ne se gouvernassent plus par leurs conseils, etc. ; c'était tout ce qu'il avait à faire : tous aussitôt, seigneurs et chevaliers, reprendraient leur service auprès de lui, etc. ^.

Après que ces chevaliers envoyés par les seigneurs au roi

^ Cronica del Rey D. Pedro , ano y , chapitre 29 , intitulé : — Comment les seigneurs qui étaient dans Médina envoyèrent leurs messagers au roi, et du combat qui eut lieu dans Toro entre quelques ctievaliers.

' Quel pedian por merced que quisiese tornar à la dicha reyna su muger, é traerla coDsigo como debla, é poner en un monasterio en Francia 6 en Aragon monja à la dicba dona Maria de Padilla, etc.

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lai eareot dit tout ce qui leur était ordonné ', le roi lenr répondit qae ces raisons qu'ils lui avaient dites de la part de ceux qui les envoyaient vers lui, étaient trop longues pour qu'il pût y répondre aussitôt, et qoe, sur toutes ces choses, sa volonté était de voir les infans, le comte, le grand-maître, D. Tello, D. Ferrand de Castro, D. Juan de la Cerda, et les autres grands et chevaliers qui étaient dans leur compagnie ; qu'il croyait que tout s'arrangerait dès qu'ils seraient avec lui et qu'il leur aurait parlé. Et il fut convenu que cinquante seigneurs et chevaliers du parti du roi conféreraient avec cinquante seigneurs et chevaliers des confédérés. Le jour fat pris et le lieu désigné. Tous, des deux côtés, devaient être armés de cuirasses, d'almofares, de quexotes, de canilleras et d'épées; mais aucun d'eux ne devait porter de lance, saof le roi et Tinfant D. Ferrand d'Aragon. £t ces trois chevaliers, qui étaient venus avec cette mission au roi, dès qae tout fut convenu, revinrent vers les seigneurs qui les avaient envoyés, à Médina del Gampo, où ceux-ci étaient restés, et leur contèrent toute la réponse que leur avait faite le roi, et comment sa volonté était qu'ils se vissent, eux et lui, cinquante de chaque côté. Et aussitôt ils partirent de Médina del Gampo et vinrent' dans la campagne de Toro pour être plus près du roi, et ils prirent là leurs quartiers de cette manière : à Morales, le comte D. Henri et le grand-maitre D. Fadrique son frère; à Sant Boman de Ornija, l'infant D. Ferrand d'Aragon et son frère l'infant D. Juan ensemble avec D. Ferrand de Gastro et D. Juan Alfonse d'Albuquerque mort, dont les vassaux menaient partout avec eux le corps qu'ils ne voulaient point enterrer, répète encore ici Ayala, qu'ils n'eussent mené à fin Tentreprise commencée, ainsi que leur seigneur mourant l'avait ordonné ; ledit corps était en

^ Le chapitre d'où ceci est tiré est intitulé : — Comment répondit le roi anx messagers que les seigneurs lui envoyèrent, et comment ils convinrent qu'ils se Terraient avec le roi (Cronica del rey D. Pedro, ano y, c. 31).

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ee lieu de Sant Roman de Ornija placé dans Téglise, où on le veillait la nait avec des cierges; enfin, D. Tello et D. Jaan de la Gerda avaient pris leurs logemeos à Siete-Iglesias.

L'entrevue eut lieu entre Toro et Morales, dans un lieu appelé Tejadillo, à une demi-lieue de Tun et de l'autre. Ils 7 vinrent à cheval, armés tous de cuirasses, avec des cha* peaui de fer, et ceints de Tépée ; mais aucun d'eux ne portait la . lance ni n avait de page à cheval, si ce n'est, d'an côté, le roi, et de Tautre, l'infant D. Ferrand d*Aragon, qui en avaient chacun un, portant leur lance et leur casque; et tous avaient des devises à leurs armes. Les chevaliers qui se trouvèrent là de chaque côté furent, du côté du roi, dit littéralement Ayala, ces cinquante :

Premièrement le roi D. Pedro, et avec lui, dans Tordre suivant, D. Diego Garcia de Padilla, grand-mailre de Galatrava ; D. Garci Ferrandez Manrique, adelantado-mayor de Gastille ; D. Pero Nunez de Guzman,adelantado-mayor de Léon; Juan Alfonsé de Benavides, justicia-mayor de la maison du roi; Juan Ferrandez de Hinestrosa, camarero-may or du roi ; Pero Gonzalez de Mendoza; Gutier Ferrandez de Tolède, alcade-mayor de Tolède; Pero Suarez de Tolède, son frère ; Ferrand Garcia Duque; Diego Gomez de Tolède, notaire-mayor du royaume de Tolède ; D. Garci Alvarez de Tolède, et Ferrand Alvarez, son frère ; Ifiigo Lopez de Orozco ; Gutier Gomez de Tolède ; Pero Suarez de Tolède le Jeune ; Suer Perez de Quinones; Juan Rodriguez de Gisneros ; Ferrand Sanchez de Tovar ; D. Juan Rodriguez de Sandoval ; Sancho Sanchez de Rojas, et Juan Martinez de Rojas, son fils; Inigo Ortiz de las Guevas-, Rui Perez de Soto; Pero Alvarez Osorîo ; Ferrand Gutierrez de Sandoval, et Dia Gomez de Sandoval ; Diego Gutierrez de Zavallos ; Pero Gomez de Porras le Vieux, et Suer Martinez Glavero d'Alcanlara; Ferrand Buiz Giron, et Alfonso Tellez Giron ; Lope Rodriguez de Yillalobos; Pero Ferrandez Quexada, et Rui vin. 24

3*76 HTSTOIRE D'ESPAGTfE.

Martfoez de Solorzano ; Lope Garcia de Porras ; Ahar Gonzalez Moran ; Gomez Ferez de Porras ; Juan Sanchez de Ayala; Men Rodrigaez de Senabria; Juaa Alfonse Giron; Martin Alfonso Tello; Garcia Ferrandez de Villodre; Gomez Carrillo,fils de Pero Ruiz Carrillo ; Pero Gonzalez Orejon ; Gonzalo Gonzalez de Lucio ; Diego Ferrandez de Cordone, alcayde des pages de la cour ; Rodrigo Rodriguez de Torqnemada; Men Rodriguez de Biedma; Juan Ferrandez de Tovar , et un page du roi qui portait sa lance.

Et de l'autre côté, ceux qui tenaient le parti de la reine Blanche, qui se virent avec le roi dans le susdit lien de Tejadillo, étaient : l'infant D. Ferrand, marquis de Tortose, seigneur d'Albarracin,et TinfantD. Juan, son frère; D. Henrique, comte de Trastamare; D. Fadrique,son frère, grandmaitre de Santiago, et D. Tello, son frère, seigneur de Bis^ caye, de Lara et d* Aguilar ; D. Ferrand de Castro ; D. Juan de la Cerda, et D. Alvar Perez de Castro; D. Alvar Nunex de Guzman, commandeur-major de Léon ; D. Lope Sanchez d^ Bendana, commandeur-mayor de Castille; Pero Carrillo; D. Ferrand Perez de Ayala ; Diego Perez Sarmiento ; Pero Ruiz de Villegas ; Andres Sanchez de Grez ; Suer Tanez de Parada; Ferrand Yanez de Sotomayor; Pero Gonzalez de Aguero ; Rui Gonzalez de Castaûeda ; Karchidiacre D. Diego Arias Maldonado; Sancho Ruiz de Rojas;Jitan Rodrigoez • de Villegas ; Gutier Ferrandez Delgadillo ; Sancho Sanchez de Moscoso ; Alvar Rodriguez Daza ; Juan Remirez de Guzman ; Rui Diaz de Rojas ; Pero Ferrandez de Velasco; Juan Alfonso de Haro ; Rui Diaz Cabeza de Vaca ; Furtado Diaz de Mendoza ; Pero Ruiz de Sandoval ; Alfonso Gomez de Lira; Gonzalo Sanchez de Ulloa ; Lope Perez de Moscoso ; Juan Martinez de Huelgue, frère de Santiago, commandeur d'Aïhange; D. Ramon de Rocafull; Ferrand Sanchez de Bojas; Diego Gutierrez Calderon ; Gomez Manrique de Uruôuela; Altar Rodriguez^ de Bendana, commandeur de Montemolin ;

CHAFITBE TKBiakiÊt. 371

Ferraod SanebeE Manoel, petit-fils de D. Jaan Manael; Gomes Cafrillo de Quintana ; Pero Ferrandez de Villagrandè; Ferrand Alvarez de Escobar; Alvarl)ia2 de Escobar; Juan: de Herrera -, Dia Sancbez de Terrazas ; Ferrand Alvarez de Nava; Gonzalo Bernai de Quiros, et un page de l'infaùt D. Ferrand, (Jui loi portait sa lance, son casque, et menait son chcA^al ; ce dernier page était Pedro de Ayalû, fils de Fernan Perez de Ayala '.

Arrivés à Tejadillo, tons mii*ent pied à terre et saluèrent \è pol j et Gutier Ferraûdez de Tolède, son i'épostero-mayory prîl en son nom la parole, et leui^ dit : que le roi voyait avec beaucoup de regret, séparés de M, d'aussi grafûds éei* gâears et d'aussi bons ebevaliers que ceux qui étaient là ; que, bietf quHte alléguassent pour raison de letfr alliance U ecnoAmie du roi envers la reine dona Blanca , le rot savait bieo qulls étaient mus par un autre motif, et mécontens d'autre chose, spécialement de voir en si grande faveur près de lui les parens de do&a Maria de Padilla et c(uelqoed autres favoris ; qu'ils ne devaient pas tenir cela pout merveille; cai^ toujours dans le monde on avait vu les rois et les princes avoir ainsi pour favoris qui bon leur avait semblé ; que, cependant, le roi voulait bonoi^er et traiter favorablement tous ceux qui dépendaient de son royaunië, particulièrement les grands et les chevaliers qui lui faisaient présentement requête, et que, s'il y avait dans son royatime et dans sa maison quelques hauts emplois^ qui letfr appârfinsseut, il les leur donnerait, et leui^ ferait beaucoup d'aùti^d grâces et faveui^. Mais <J[u'ils tenvoyasseùt ées nombt*euses troupes qu'ils menaient à leur éuite et qui dévastaient le royaume; qu'il était messéant de faire un si grand bruit d'armes aotour de la {personne du roi; et quaàt à ce qu'ils

i B im doneél del infante Don fernando ciue levaya su lanza, é su yelmo, é un esA>d11o, é era Pedro de Ayàla lljo de Fernan Ferez de Ayala (aîio v, c. 32).

disaient de la reine do&a Blanca, que le roi renverrait chercher, la mènerait avec lui comme sa femme, et Thonorerait comme il le devait. Gutier Ferrandez termina en disant qu'en considération de la nature de leurs devoirs envers le roi, il leur disait cela de sa part ; et, se tournant vers lui : « Seigneur, lui demanda Gutier Ferrandez, n*est-ce pas que vous m*avez ordonné de leur parler ainsi, et de leur faire de votre part cette requête? » £t le roi dit : « Oui. »

Sur cette ouverture, les infans et les seigneurs s'assemblèrent de leur côté en conseil, et décidèrent que, puisqu'un chevalier avait parlé pour le roi, un chevalier parlerait pour eux, et non aucun d entre eux. £t ils ordonnèrent à D. Ferrand Ferez d'Âjala, qui était un chevalier sage et de grande raison, de dire pour eux leur réponse. Ils retournèrent làdessus où était le roi, et D. Ferrand Ferez lui parla ainsi en leur nom : « Seigneur, les seigneurs et les autres richeshommes et chevaliers vos vassaux ici présens, et qui, sur votre appel, sont venus ici vers vous, vous prient premièrement de vouloir bien leur pardonner d'être venus armés devant vous à cette entrevue ; s'ils y sont ainsi venus, c'est avec votre permission, selon que vous le leur avez accordé par une lettre signée de votre nom et scellée de votre sceaa privé; car tous ceux qui sont ici vous reconnaissent pour leur roi et seigneur naturel, et vous doivent servir. Mais ils voudraient que vous fussiez tel, dans le gouvernement de votre royaume et de votre maison, que vos vassaux n'eussent point à avoir crainte de vous. Et quoique Gutier Ferrandez de Tolède, seigneur, ait dit en votre nom, de ces seigneurs qui sont ici et des autres riches-hommes et chevaliers vos vassaux qui marchent unis pour la cause de la reine dona Blanca, votre femme, qu'il n'en est pas ainsi, et que seulement ils ne se tiennent pas pour satisfaits de quelques-uns de vos favoris; avec un humble respect de votre royale gran* deur, seigneur, ils répondent à cela que véritablement leur

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