CHAPITRE TREIZIEME
intention est de vous demander en grâce d'honorer la reine dofia Blanca, votre femme, comme vous le devez, et que le furent les autres reines de Castille, et que vous la meniez, avec vous comme votre femme légitime ; et ceci ils vous le demandent en grâce, comme une chose éminemment juste, et bonne et nécessaire pour tous. Car, seigneur, vous savez que quand vous vous mariâtes avec la reine doua Blanca, votre femme, à Yalladolid, vous appelâtes par vos lettres tous ceux qui sont ici, et d'autres grands de votre royaume, aux lieux où vous étiez, pour assister à votre mariage avec ladite reine; et, par votre commandement, le jour de vos noces, ils baisèrent la main à la rdne doua Blanca comme à leur reine et à leur souveraine. Et ils pensent que si vous, seigneur, l'avez depuis quittée et fait conduire à Tolède, ça été pour accomplir votre bon plaisir, et par le conseil de dona Maria de Padilla et de ses parens , mais contrairement à ce que vous deviez faire, et à voire propre préjudice. Quelquesuns de vos vassaux, en effet, à qui cela ne plut pas ni ne parut bien, ayant montré leur chagrin que vous ne fissiez point en cela ce qui était votre devoir, vous en témoignâtes une grande colère, qui ne tarda pas à se traduire en actes; car, parce que plusieurs, à Yalladolid et ailleurs, avaient pensé ainsi, vous vous tournâtes contre eux, suivant votre bon plaisir : vous fîtes emprisonner et déposer de sa dignité le grand-maitre de Galatrava D. Juan Muûez de Prado, qui fat depuis tué .étant au pouvoir des parens de doua Maria de Padilla, et vous chassâtes du royaume D. Juan Âlfonse d'Albuquerque, à qui vous ôtâtes toutes celles de ses terres que vous pûtes lui prendre, quoiqu'il vous eût envoyé pour otage son fils D. Martin Gil, le seul fils qu'il eût. Et parce que vos favoris vous ont donné de tels conseils, et continuent de vous en donner de semblables, tous les seigneurs et chevaliers ici présens devant votre grâce, et ceux qui, n'étant pas venus ici, pensent comme eux, sont dans une crainte continuelle de
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VOUS, et se soi));, pour cette raison, retirés de votre eenr. DqqC) seigi^eur, troavez bon, d'abord, qu'ils voas supplient de mettre en sûreté la reine votre femme, notre souveraine, et de la traiter comme elle doit Tètre, selon qu'il est de votre devoir et de votre hon^eur de le faire. D'autre part, que ces seigneurs et chevaliers soient en sûreté dans votre royaufne ^t dans votre maison , et vous puissent servir : ils sont, quant à ^ux, tous prêts à le faire, £|insi qu'ils le doivent, et cqmme c'est rais.Qp, car vous êtes fiotre roi et notre seigneur naturel. » Il ajouta quelques autres raisons encore à celles-là ; puis finit par demander qu'à cause de la difficulté de tout régler sur place en ce moment, le roi voulût bien dçmner à quatre clievaUers ses pleins poqvaire pour s'eii^ndre avec quatre chevaliers que les seigneurs o^oi^ seraient de leu^ côté et investiraient de leurs pleins pouvoirs poi;iir décider tous les points en litige des deux parti -, et ledit D/i f errand Ferez de Ayala decpauda, en terminant aux sei- Çnei^rs qui étaient là, et qui l'avaient chargé de répondre potur e^x, s'ils lui avaient ordonné de parler ^psi; et ils, direct tous : « Oui. » Sur quoi le roi dit qu'il lui plaidait qu'il en fût ainsi fait, qu'il choisirait quatre chevaliers de son côté pour s'entendre avec les quatre du leur. £t aussitôt ou se sépara ; le roi retourna vçrs Toyco, et les seigneurs vers les lieux où ils avaient pris leurs qi^artiers en arrivant. Telle fut cette entrevue de Tejadillo. qui n'amena aucun r^nltat; car le roi, rentré dans Tojro, ne tint point ce qu'il avait promis, et, au lieu de nommer le^ quatre amial^Ies oomppsiteurs. à la décision desquels il s'en remettrait, fit asses ccmpaître qu'il n'agissait pas de bonne foi en essayant de dÂ\iser la ligue par des promesses et des faveurs ^feirtes à 9^ prinçipai|x chefs. Il échoua , et les> seigneurs , ayaqit perdu touti^ espéirance de réussii* par les v(4es p^aâ^ifiq^no», ne çQipptère^t plus^ que sur la fo^ce poui^ contiiiÛQdce et m&Uii le roi.