‹ Histoire d'EspagneChapitre 61 sur 108 · CHAPITRE TREI^BME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREI^BME

CepefidoBt {'fairer approchait. Les vivres cômmetiçaieift à manquer à Morales, à Sant Boman et aux autres lieux où s'étaient èantonués les confédérés, et ils résolurent de passer devant Toro et de gagner les c&mpagnes de Zamora^ où tout se trouvait en abondance, et où ils pourraient commodément attendre Theure d'agir. Ils se réunirent tous à cet effet dani Morales, et, le jour suivant, passèrent devant la ville de Toro où était le roi. Et les chevaliers et écuyers, vassaux de D. Juaa Alfonse, qui étaient nombreux et bons, portaient le eorp» de leur seigneur D. Juan Alfonse, et quand tous les seigneurs forent devant la ville de Toro, tous mirent pied à terre, et prirent eux-mêmes le corps de D. Juan Alfonse sur une civière couverte d'un drap d'or, et le passèrent ainsi sons les murs de Toro, à la vue du roi. Pierre n'avait avec lui en ce moment que huit cents hommes à cheval, tandis que les confédérés en avaient jusqu'à cinq mille, sans compter un nombre considérable de gens de pied. Ils allèrent prendre gîte, ce jour-là, dans un village voisin de Toro, appelé Gonteros^ et dans les campagnes environnantes. Ce même jour, le roi partit de Toro, emmenant avec lui environ cent chevaliers castillans et chevaux-légers^ et s'en fut à Urueûa^ où était doua Maria de Padilla. Il l'y avait laissée avec quelques-uns de ses parens, parce que la ville était très forte. Et dans cette même nuit, lesdits seigneurs étant à Gonteros et aux environs où ils. campaient pour partir le lendemain et s'en aller vers la terre de Zamora, selon ce qu'ils avaient résolu, à l'heure de minuit survint un messager de la reine doua Maria, mère du roî, avec des lettres d'elle par lesquelles elle leur mêxt^ dàit qu'aussitôt nprès leur passage devant Toro, le roi en était parti et s'était rendu à Urueila, où était Maria de Padilla^ e qu'ils fussent certains que le roi n'avait aucun aouci d'exé* cuter rien de ce qui avait été convenu entre lui et eux dans les eatrevues de Tejadillo; ce dont elle avait beaucoup de OiÈgtïh. Geta étant, ^'elle les priait de venir tous près d'elle

à Toro, dont elle lenr ferait ouvrir les portes; pensant qne lorsque le roi les saurait tous réanis et elle avec eux, il se rendrait peut-être à la raison et reprendait sa femme la reine dofla Blanca ; qu*ils ne missent à venir ni incertitude ni lenteur ; que s*ils agissaient d'une autre manière elle serait dans un grand péril près du roi son fils, lorsqu'il saurait qu'elle leur avait écrit pour les appeler près d'elle. Et les seigneurs eurent de ces lettres une très grande joie, et tous aussitôt partirent et revinrent vers Toro, de sorte qu'ils y arrivèrent à la pointe du jour. Les portes leur en furent I ouvertes , et ils allèrent voir la reine dofla Maria qui leur fit

I assigner à tous de bons logemens dans la ville. Ils envoyè-

I rent aussitôt vers la reine doîia Éléonore d'Aragon, mère des

I infans, vers la comtesse doua Juana , femme du comte D.

Henri, et vers dona Isabelle de Meneses, veuve deD. Juan AHonse d'Albuquerque, qui étaient restées à Montalegre, pour qu'elles vinssent à Toro où ils étaient ; et elles y vinrent I aussitôt, et tous se trouvèrent ainsi réunis dans Toro ; et

dès qu'ils y furent, tous de concert, de l'avis de la reine dona j Maria, mère du roi, et de la reine dofla Éléonore d'Aragon,

écrivirent au roi pour le prier de rentrer dans Toro-, là, lui mandaient-ils, seraient facilement aplanies entre eux toutes les difficultés qui divisaient en ce moment le royaume. £t, par l'ordre des reines et des seigneurs, furent chargés de porter I leur lettre au roi, à Uruefla, D. Juan Bodriguez de Sandoval,

qui était un chevalier en qui le roi avait la plus grande confiance, et un autre chevalier du comte D. Henri, qui se nommait Juan Gonzalez de Bazan ; ils arrivèrent près du roi, et lui dirent toutes les raisons que les reines dona Maria et dofla Éléonore et les seigneurs qui étaient dans Toro les avaient chargés d'exposer devant lui ^

* Voyez le chapitre 88 (afio ▼) de la Cronica del Rey D. Pedro : — Comment I& infante d'Aragon Don Ferrand ei Don Juan, et le comte Don Enrique, et les autm

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