‹ Histoire d'EspagneChapitre 63 sur 108 · CHAPITRE TBEIZIEBaS · texte numérisé non relu

CHAPITRE TBEIZIEBaS

plus avant tous le verrez.» Hais cette version est contredite par la chronique d'Ayala, qai met positivement D. Ferrand de Castro parmi les confédérés qui demeurèrent à Toro près de la reine-mère. Le départ du roi remplit de surprise et de crainte sa mère et tous ceux des confédérés qui n'étaient pas dans le secret. Les autres, c'est-à-dire ceux qui s'étaient secrètement engagés avec lui, dissimulèrent ou feignirent, ce qui est, dit Ortiz, toute la science des cours '.

Arrivé à Ségovie, le roi envoya demander à Toro sa chancellerie et ses sceaux qu'il y avait laissés, par nne lettre à sa mère dans laquelle déjà perçait la menace : si on refusait de les lui renvoyer, il saurait bien trouver de l'argent et du fer pour en faire d'autres. On les lui renvoya avec ses chanceliers et ses notaires ^.

« Ceci fait, dit Ayala, c'est-à-dire, à ce qu'indique la place qa^occupe ce chapitre dans sa chronique, au commencement de janvier de l'année suivante 1355, la reine doua Léonor et les infants ses fils partirent de Toro, et s'en furent vers la ville de Roa, que le roi devait leur donner ; et sur-lechamp il la leur fit livrer. Et de là aussitôt les infants s'en furent vers le roi; car tous les lieux et tous les emplois qu'il leur avait promis dans Toro pour quils vinssent vers lui, il les leur avait fait livrer. Pareillement, s'en fut vers le roi don Juan de la Cerda, et le roi lui fit livrer Gibraléon selon ce qu'il lui avait promis. Et don Alvar Ferez de Castro fut vers le roi, qui lui fit donner Salvatierra sur le Miûo, en Galice. Et Pero Ruiz de Villegas fut vers le roi, et il lui donna l'adelantamiento-mayor de Castille, qu avait don Garcia ferrandez Manrique, auquel fut donné en dédomma-

^ La Reyna de Aragon Doîia Leonor, é sus fijos los infantes non fideron muestra Dinguna que les placia de la parlida del Rey, porque era su tralo encubierto faita n^. — .... DIsimulaban 6 fingian, que es toda la dencla de los palacios.

2 E 8& non, que sopiesen que él podria hUn ayer plata é fierro para foeer otroi

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399 «wmM DwwAQia.

geme&t lu lieateDance des bittes d'AIgéaûras. Diego Pem SarmieBto 8*eD fut aussi près du roi, qai lui donna tolieai que ci'dessuB nous avons dit qu'il lui avait promis. Le grand* Biaitre dou Fabrique, dès qu'il vit comment les choses allaient, tint conseil avec la reine dofia Maria et avec le comti dou Enrique, son frère, et s'eu fut vers Talavera, qui tenait pour lui, et où il avait lajssé des troupes à lui. Le comte doa Enrique resia à Toro avec la reine dona Maria mère da roi; don Ferrand de Castro, avec sa femme dona Juana, qu'il avait épousée à Toro selon ce que nous avons dit, sea fut en Galice, et don Tello se renJit eu Biscaye, laissant quelques*uus de ses chevaliers dans le Rioja, en un lien à lui nommé Trepiana. Et ainsi depuis lors il commença à y avoir grande division entre ces seigneurs '. •

Cest aiusi que successivement arrivèrent à Ségov'eles infants d'Aragon, leur mère, et les autres confédérés gagné» ou vendus au roi. Il y fit venir Marie de Padilla, et la ligne resta désunie et quasi dissoute. Quelques nouveaux chevaliers vinrent lui offrir leurs services; mais bien peu lui apportéreut des armes et de 1 argent. '

Pierre ne demeura que peu de jours à S^ovie, et se lear dit bientôt à Burgos, où ii réunit un semblant de corlès, oa ajuntamiento de Fijos^d'Algo, et de quelques bonuMS des villes, comme parle Ayala (des villes voisLaes sans doute, ear il n'eut pas eu le temps de les convoquer toutes à y envoyer des représentans). Les infants d'Aragon y sidèrent, et il se plaignit de ant tous d avoir été pris et retenu à Tore, en quelque sorte comme prisonnier; il iuvila rassemblée à Taider à faire rentrer sous son obéissance la reine sa nière, qui avait été comme Tàme de tout ce qu*on lui avait fait à Toro, et à réduire par la force, s il était nécessaire, le ewnte D. Henri, D. Fadrique, grand-maître de SantiagOj^el D.Tello,

^ Croniet dd Rey D. Pedro, «noTi, c. 1.

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tm trèteê^ tàmi qué D. Fétratid de CàMM, <}tii Iw ftl^hièAt encore la guerre. It demanda num quel((ue{^ êutMidte et 06 contingent d boitinies de guerre, et tous, dit Avala, dirent qu'ils renverraient, et le firent en effet. Après quoi, rasf^urd et ne respirant que vengeance, il f^e rendit à Médina del Cainpo, désignée comme point de rai^sembUment à différeos corps destinés au siège de Toro. Il arriva à Médina del Campo l'avantveille du dimatiche des Rameaux (fin mars I3â5}, et y fit iiieontineot tuer dans son palais, à 1 heure de la sieste, PeroBuitde Villegas, adelantado-mayor de Castitle, Sancbô Buisi de Bojas, et on écoyer de Pero Hui2 de Villegas, appela Martiti NuOez de Aratidia ; il fit arrêter Joan tlodnguez dé Cîdtieros et Suer Peret de Quiftones, mais il ise contenta dé leur ôter leDrs charges et de les envojer prisonnier^ au éhâteau de CaslroXerlt, leur faisant grâce provisoiremetit dé ii tir» Il donna l'adclantanirento de Castitle, ()u*avait Perd ttuif de Tillegas, à Diego Ferez Sarmlenio, et la charge de portéglaive^ quatait Suer Ferez de Quifiones, à Gotîta\o Êoiiialei de Lueio< Il n'y avait pas quatre mois qtie Pierre avait ûùtïhé «se deut grands offiees aut deut titulaireiâ qu il Véttait d'éd dépouiller, et dont it faisait ainsi tuer ruti et elbprisontléif Vautre, sans autre fofme de prôc^s. Il assembla ensuite soli armée, et marcha avec elle de Médina del Campo éotittè M mère^ le eomte D. Henri et les autres chevaliers de la ligue qui étaient demeurés à Toro. Il attnqoa en arrivant tés faubourgs du c6té de Santa* Maria de la Yega, et engorgea ûil combat aui barrières avec les confédéré!^, dans lequel fut tué, parmi les siens, Fërraod Bniz Giron. Le frère de celui-ci, Alfoiise Tellez Giron, denanda au roi les biens et les favcttt'ê doBt jouissait le défunt ; le roi les lui refusa, et Alfonàé Tetlez^ quatre jours après, passa à la ligue et fut reçu dané Toro avec trente chevaux. On dirait le jeu, le Va^et-vlent méprisable de ees cbeft parlementaires, qui, par âmbitlôil déplie, paMttt du tmip du ministère ett camp de Popposi-

388 HISTOIRE d'espaghe.

tion avec les voix de leurs amis; ce qui ne se Yoit,.da reste, que là où les emplois et les avantages sociaux dépendent da chef de TÉtat, c'est-à-dire dans les pays où le gouvernement, dit faussement représentatif, fonctionne entravé d'un roi. Hinestrosa trompa, dans le même temps, la reine-mère et le comte en leur promettant, s'ils voulaient accepter quatre chevaliers à lui en otages et le laisser aller parler an roi, d'en obtenir un bon accommodement. Ils le laissèrent sortir libre de Toro sur cette promesse, et il passa au camp du roi. Mais, soit mauvaise foi, soit impuissance à agir sur le roi, Hinestrosa ne fit pas faire un pas à la paix , ni ne se souvint des otages laissés qu'il abandonna au hasard de leur fortune. Ces otages se nommaient Diego Gutierrez de Zaballos, Inigo Ortiz de las Guebas, Pero Gomez de Porres le Vieux et Juan Diaz de Gaduerniga. Les trois premiers, parens d'Binestrosa, avaient figuré à l'entrevue de Tejadillo parmi ceni du roi. La reine-mère, ne voyant point revenir Hinestrosa, les mit en liberté et leur permit d'aller au roi ; mais Tun d'eux, Juan Diaz de Gaduerniga, indigné de cet abandon, ne le voulut point, et resta dans Toro au service de la reine et da comte. G'est encore Ayala qui nous fournit ce curieux détail. Le moyen âge respire tout entier dans sa belle et carienfle chronique. Là on trouve des témoignages continuels dn désordre des mœurs , des manques de foi des princes et des chevaliers. C'est un témoin qui, dans un exact et tranquille récit, nous révèle l'état des mœurs, la condition de» diverses classes, Tétat des esprits, le degré des lumières.

Tolède tenait toujours, et plus que jamais en ce moment, pour la reine Blanche de Bourbon, et le roi, suivant son habitude d'inconstance et d'agitation, après être demeuré quelques jours dans la banlieue de Toro, en quitta le siège pour marcher sur Tolède. Ge mouvement pouvant mettre en péril le grand-maitre D. Fadrique, qui s'était rendu à Talavéra avec ses compagnies, le comte son frère partit de Toro

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