CHAPITRE xaBiziiacB
Pierre fit le même jour tuer à Tolède, sar la place pabliqae et lai présent, Ferrand Sanchez de Rojas, Alfonse Gomez, commandeur de Otos, de Tordre de Galatrava, et vingtdeui hommes bons de la population plébéienne. £ntre les condamnés était un orfèvre âgé de quatre-vingts ans. Au moment où il allait recevoir la mort, un de ses ûls, âgé de dii-huit ans, supplia le roi de le faire mourir à la place de son père, et de mettre celui-ci en liberté. Il le fit faire ainsi; mais, dit Ayala, il aurait plu à tout le monde que le roi n*eût fait tuer aucun des deux, ni le père ni le fils. Pareillement le roi ordonna de tuer quatre des meilleurs chevaliers de Tolède, Gonzalo Melendez, Lopede yelasco,Tel Gonzalez Palomèque et Pero Diaz, son frère, mais on ne les tua pas tout de suite; ils furent d'abord arrêtés et envoyés dans le château de Mora; les deux premiers ne tardèrent pas à y périr, les deux autres, qui étaient frères de pères différens, périrent plus tard à Aguilar del Gampo, où on les transféra. L'évêque de Siguenza fut aussi envoyé* à Aguilar del Gampo, où il resta longtemps prisonnier, sous la garde de Gonzalo Gonzalez de Lucio '.
De Tolède le roi partit pour Guenca, à ce que tout indique dans le courant de ce même mois, tant il se dépêchait en toutes choses. Guenca, comme nous Tavons dit, s'était prononcée pour la reine Blanche, et D. Alvar Garcia d'Aïbornez avec D. Ferrand Gomez son frère y élevaient D. Sancho, l'un des fils du fea roi Alfonse et d'Éléonore de Guzman. Le roi avait donc un double intérêt à réduire cette place, s'il pouvait du même coup s*emparer de son frère naturel. La place toutefois était forte et de difficile réduction, et Pierre s'arrêta dans un hameau qu'on appelle Javega, à nne lieue de Guenca, et il fut là une quinzaine de joues; il entra de ce point en négociation avec D. Alvar Garcia et
^ GroDica dd lUy D. Pedro, aik> vi, c. 11.
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D. Vta^rmd Qùnm son frère; le impê M intut^dâfl p6ur assiéger Cuenca en forme, dans un moment où un autre in*" Wrèt rappelait au bord du Duero, celui d'y aller combattre le comte, le grand-maître et D. Pero Estevanez Carpentero, qoi de Talavera s'étaient allés enfermer dans Toro avec la reine-mère, d'où ils faisaient une vive guerre à toute la contrée ; et ce fut pourquoi le roi fit avec les chevaliers qui étaient dans Guenca un traité par lequel ils s*engagèrent à ne point loi faire la guerre, à la condition que lui-même n'entrerait pas plus avant sur les terres de la ville. La vérité est que, trouvant les habitans plus unis que ceux de Tolède, et certain que la place se défendrait avec la dernière 'obstination, il û'osa pas en venir à la violence, ni attaquer one place si forte, et qu'il reçut à composition le même D. Alvar Garda d'Alborno2, qu*il eût probablement fait mettre à mort s'il Tcùt tenu entre ses mains <•
Ce traité fait, le roi partit de Taldea, voisine de Cuencd, où il s'était arrêté, et envoya Ifiigo de Or02do, Perd Gontnkt de Me^do^a et d'autres chevaliers à la ville de Sanéta Olalla à la garde des frontières de Talavera, où le comté et le grand-maitre avaient laissé de nombreuses compagnies. Et le roi s'en alla à Ségovie, et ensuite à Oterdesillas, et de là à Toro, ou plutôt vers Toro, où, comme nous vetiong de le dire, le comte D. Henri, le grand-maître D. Fadriquc et D. Pedro Estevanez Carpentero, « grand-maître, comme îl s'appelait, de Calatrava, parce que beaucoup de frères, reçus dans l'ordre par son oncle le grand -maître D. Juan Nufiez, l'avaient élu pour grand-maître depuis que la ligue s'était formée, et qui était très bon chevalier, » étaient en Ce
^ Rizo, dans THistorki de Cuenca, y. 69, dte la cédille favorable fu'oelrayft Pierre à tous les citoyens de Cuenca, et parlicuUèpement à Alvar Garcia, Gaid Alvarez, Fernand Gomez, et Gomez Garcia, tous de la famille des Albomoz. U dit qu'cUe tilste dans les archives de cette ^Uie.
mosMiit avtc la mne-«ère, près 4e taq«eUe ils a'éliiMt Nudos de Teltvere peu après Jear retraite de Tolède; ils avaient à Toro, t«it de leurs chevaliers et bommes d'armes que de cearx qui étaient restés dans celte dernière ville près de la reine Maria, environ mile deux cents chevaux et beaucoup de gent de pied. Us y étaient venus sur Tappel même de Marie de Portugal , mère da roi, après rentrée de eel«i-ci à Tolède. Elle leur aurait rnvoyé dire, au rap^ port d'Ayala, que, puisqu'elle les avait accueillis une pre* mière fois déjà dans cette ville de Toro, et s'était perdue pour eux auprès 4a roi son ftls, elle les priait maintenant de venir à son secours, car si le roi arrivait avant eux à Toro, comme on le lui avait annoncé, elle serait dans un grand péril. Et eox, dès qu'il eurent reçu ses lettres^ aussitôt se rendirent à Toro avec tout ce quHIs avaient pa réunir d'hommes à cheval et à pied« Le roi vint d'Otrrde^ sillas à Castro-Mufto^ qui est a trois lieues dé Toro, y ras** Sembla tontes ses forces, et avec elles se présenta devant Toro et fit sommer la place de se rendre; mais aucun de ceux qui y étaient ne voulut se fier à Itti. Il restait à la reino-mète un nombreux parti encore; il y avait dans Toro auprès d'ellOi outre le eomfe, le grand -maître et D« Pedro Este venez Carpentero, dont nous venons de parler, qui étaient les trois chefs principaux de la ligne en ce moment, Ruî Gonzalea de Gastaneda, Alfonse Tellez Giron, le Portugais favori da Marie de Portugal, Martin Alfonse Tello, qui Tavait ac« compagnée quand elle était revenue de Portugal deux ana auparavant, et des chevaliers et écuyers nombreux et boas de toutes les parties de TEspagne, yélevant, comme c» Ta dit, à douze cents chevaux, et à un nombre beaucoup plus considérable de gens de pied. Et ceux qui gardaient les barrières se battirent avec les gens du roi, et il y eut des hommes morts de Fun et de Fautre côté, mais il ne mourut ce jour-là aucun homme de marque. Le roi s'en
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retourna à Gastro-Mano, et ensuite, après huit jours, de Tautre côté, aux hameaux de Pozo Antigo, de Yez Manran et de Bezames, dont il détruisit et rayagea les vignes et les moissons ; mais il n y put rester parce qu'il n'y avait pas d'eau pour son armée, sauf une citerne. Il partit de là, laissant à Pozo Antigo D. Juan de la Cerda, fils de D. Louis, et D. Pero Munez de Gazman avec des gens d'armes. Et le roi fut tendre une ambuscade à ceux de Toro contre le chemin de Zamora, mais il ne sortit personne de la ville, et il ne pot combattre avec eux ; il s'en retourna à Pozo Antigo, et de là s'en vint à un hameau de Toro, appelé Morales, et là trouva de l'eau pour une partie des siens. Et des autres troupes à loi qui là étaient avec lui, il envoya trois cents hommes d'armes à Saut Roman de Ornija, et d'autres dans d'autres hameaux autour de cette banlieue. Et deux jours par semaine, il se présentait avec les siens devant Toro, et faisait combattre les siens avec ceux de la ville aux barrières '.
« Comment le roi partit de Morales, et fut à Yalderas, et la fit combattre, et ne la put prendre ; et comment il y retourna une autre fois, et la prit; et comment il combattit Bueda^ »
Étant le roi à Morales, près de Toro, on lui envoya dire que les chevaliers et écuyers qui tenaient pour le comte dans la ville de Yalderas, de la tierra de Campos, faisaient beaucoup de dommages dans toute la contrée autour d'eux. Et le roi partit de Morales avec nu certain nombre de compagnies, laissant à Morales 1 infant D. Ferrand, son cousin, D. Juan de la Gerda, Juan Ferrandez de Hinestrosa, son camarero-mayor et son favori, le grand-mattre de Galatrava D. Diego Garcia de Padilla, D. Juan Alfonse de Benavides, Gutier Ferrandez de Tolède, et beaucoup d'autres cheTaliers
* Cronica del Rcy D. Pedro, aSo vi, 12.
* WA.J ano VI, c. IS.