CHAPITRE TREIZIÈME
à la garde des frontières de Toro ; et le roi s'en fut à Valderas, et la combattit, et ne la put prendre, et s'en revint à Morales. Et de là à quinze jours il prit une plus grande ballisterie, et fut une autre fois sur Yalderas, et la combattit, et la prit. Gomez Manrique, qu'on appelait d'Urunuela, qui était capitaine de la place, Pero Ferrandez de Villagrand, Pero Ferrandez de Viliacarlon , Juan Ferrandez de Ferrera, se réfugièrent dans un petit château qu'il y avait, et firent demander au roi qu*il mit saufs dans Toro ceux qui là voudraient aller, et pardonnât et fit grâce àceux qui avec lui voudraient demeurer. Et le roi y consentit : quelques-uns furent à Toro, et d'autres se mirent à la merci du roi. Cela fait, le roi partit de Yalderas, et fut à Bueda, une très bonne Tille qui est dans la province de Léon, laquelle tenait pour le comte D. Henri, et que, par Tordre du roi, tenait assiégée D. Pero Nunez de Guzman , adelantado-mayor de la province de Léon; et le roi la fit combattre, et ne la put prendre, en raison de la vive résistance que lui opposèrent Alvar Diaz de Escobar, Ferrand Alvarez de Escobar son fils, et les autres chevaliers et écuyers du comte D. Henri qui étaient chargés de sa défense <.
« Gomment le roi sut que le comte D. Henri était parti de Toro pour la Galice ; et d'autres choses qui arrivèrent en ce temps. »
Étant le roi D. Pedro sur Rueda, il eut nouvelle commentle comte D. Henri était parti de Toro, et était allé en Galice se joindre à D. Ferrand de Castro. Et les uns disaient que le comte était parti de Toro pour aller se joindre à D. Ferrand de Castro, qui était en Galice, pour presser celui-ci de faire la guerre, afin que le roi abandonnât le siège de Toro; et les autres que c'était pour ne pas être lui-même assiégé, et qu'il en avait toujours agi ainsi : à Gijon, par
^ CroDlca dcl Rcy D. Pedro, ano vi, c 13.
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exemple, où il ue voulut pas attendre le roi. Et le roi, dès qu'il sut que le comte était parti de Toro, partit de devant Rueda, et vint à Morales, et y tint conseil sur ce qu'il avait à faire, et un moment il fut près de laisser des troupes à Morales contre Toro, et de s'en aller, lui, en Galice, où étaient le comte D. Henri et D.Ferrand de Castro; il fit même disposer à cet effet le village de Morales et faire des cavas et des cadahalsos pour y laisser des compagnies, tandis qu'il irait en Galice; mais depuis il fut d'avis de ne point partir de Morales, et de ne point abandonner la contrée où il était, {
jusqu'à ce qu'il eût pris la ville de Toro et que ceux qui la défendaient fussent venus à sa merci. I
Gomme, en cetteannée, le roi était à Morales, près de Toro, il lui naquit à Tordesillas une fille de dona Maria de Padilla, à laquelle on donna le nom d'Isabelle, qui se maria depuis avec Mosen Aymon (Edmond, fils du roi Edouard d'Angleterre, qui fut plus tard duc d'Yorck) <. En même temps il apprit comment son cousin D. Juan d'Aragon avait pris par capitulation Trepeana, lieu de D. Tello son frère, qui était sorti de son service, et comment s'étaient remis à sa merci Pero Ferrandez de Velasco, Gonzalo Alfonse Carrillo de Quintana, Pero Gonzalez Carrillo son fils, et quelques autres qui étaient dans la ville de Trepeana pour le service de D. Tello. Et le toi envoya dire à l'infant D. Juan d'Aragon, qu'il fût vers Sancta-Gadea, qui est une ville du senorio de Biscaye, et que de là il fit la guerre à ï). Tello. Et l'infaut D. Juan le fit ainsi, et fut vers Sancta-Gadea ; mais il ne s'éloigna pas de cette ville et de sa banlieue , n'osant s'aventurer à entrer en Biscaye, en raison de ce que celte terre est très forte. Et dans ce même temps entrèrent des compagnies de Finfant
^ Pierre-leCniel avait ainsi d^à, de Marie de Padilla, à la fin de cette année IS55, trois filles, savoir :
lo Béatrix, née à Cordoue, en janvier 1353 ;
2« Constance, née à Castro-Xeriz, en juillet 1354 ;
3® Isabelle, née à Tordesillas, en août ou septembre 1355.