‹ Histoire d'EspagneChapitre 67 sur 108 · CHAPITRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIEME

D. Joan à Gordojuela, qui confine avec les Incartaciones de Biscaye, qui tenaient pour D, Tello : la terre y est* très boisée; et les compagnies de Tinfant étant à cheval, les gens de pied des Incartaciones coururent sur eux et les battirent. En cette année, une seconde fois Tinfant D. Juan envoya des chevaliers et des écuyers vassaux du roi et siens contre la Biscaye, et ils entrèrent à Ochandiano, près de Dnrango, et ils trouvèrent là Juan de Âbendaîio, un che- Talier de Biscaye, qui tenait pour D. Tello, avec plusieurs compagnies; et ceux qui à cheval allaient pour le service de Tinfant D. Juan furent défaits et quelques-uns tués : car la terre est, comme on Ta dit, très fourme d arbres, et de très rade accès pour les gens à cheval '.

Nous voulons maintenant vous raconter, dit ici Ayala, quelques incidens qui se passèrent dans la maison du roi en ce temps. Il advint qu'en cette année, le roi D. Pedro étant dans Taldea de Morales, qui est à une lieue de Toro, un jour, comme il jouait aux dés et qu'un de ses officiers tenait près de lui des corbeilles avec des doblas, le roi dit que tout son trésor était celui-là, lequel pouvait s'élever à mille doubles en or et en argent, et n'en avait point d'autres.

Le roi étant à Morales, près de Toro, comme nous l'avons dit, eut nouvelle de la mort de D. Ferrand Ferez Ponce de Léon, grand-maître d'Alcantalra, et ordonna aux frères de Tordre qui là avec lui étaient de prendre pour grand-maitre D. Diego Gutierrez de Zavallos, qui était un grand chevalier, à qui le roi voulait beaucoup de bien. Et les frères le prirent, non de bonne volonté toutefois, d'autant plus que ledit D. Diego Gutierrez n'était pas frère de leur ordre. Cependant, sur le commandement du roi, ils le prirent pour maître, n'osant faire autrement ; et ceci eut lieu le dimanche 1 3 septembre. Peu après le roi sut comment Dia Sanchez de

^ Muy esquiva por la gente de cabaUo (Cron. del Rey D. Pedro, aiio vi, c u; .

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Terrazaset Jaan de Herrerason frère, et d'autres qui étaient dan&PaleDzuela, avaient tué D. Juan Rodriguez de SandoYal, qui était par Tordre du roi f rontero de Palenzuela, et comment ils Tavaient fait tomber dans une embuscade en un lieu appelé Monte de Wegredo. La chose était arrivée de cette façon : D. Juan Bodriguez de Sandoval étant dans un lieu à lui appelé Quintana de laPuente, quelques coureurs détachés de l'embuscade vinrent Ty insulter; il sortit sur ces coureurs ;ceax de l'embuscade alors coururent sur lui : il fut poursuivi JQ8ques à Quintana de la Puente, et on le tua à la porte du lieu ; car ceux qui se réfugièrent les premiers à Quintana en fermèrent la porte, et D. Juan Rodriguez ne put entrer, et là, à la porte, ils tuèrent d*abord son cheval, et ensuite Ini. Et le roi envoya ledit D. Diego Gutierrez, qu'il venait de faire faire grand-maître d'Alcantara, avec une bonne compagnie d'hommes d'armes qu'il avait à sa solde, comme frontero de Palenzuela, et le mit dans l'aldea de Quintana, à ce qu'il semble, à ses dépens, si Ton en juge par un acte do temps <. Il n'y était que depuis peu de jours, lorsque le roi lui envoya dire qu'il vint aussitôt à lui, qa'il le mandait pour certaines choses concernant son service. Diego Gutierrez laissa à Quintana, avec sa compagnie, le grand-commandeur d'Alcantara D. Pero Manuel Feyto, et Sancho Manuel, petitfils de D. Juan Manuel, et cousin dudit grand-maitre da côté des Castaneda ». Et le graqd-maître vint au roi : mais parce que quelques parens de dona Maria de Padilla ne loi voulaient pas de bien, pour certaines raisons de palais, ils

^ Alonso Ferez Martel, vassal du roi, alcade-mayor de SévUle, et do2a Estefanu Mate sa femme, selon acte fait à Quintaaa de la Puente, le 26 octobre, remirent en prêt au maître d'Alcantara don Diego Gutierrez de Cevallos^ cousin de doôa Estefania, cent mille maravédis de trois deniers, pour payer la solde due à ceux qui étaient, au camp devant Toro et à Quintana de la Puente, fronteros de PalenziieU. Voyez Pelicer, Mémorial.

* Les Castaneda étaient alliés aux Juan Manuel par les femmes. Zurita (Emniendas) conjecture que la mère de Sancho Manuel le Jeune (d Mozo), dont il est ici

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