‹ Histoire d'EspagneChapitre 68 sur 108 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

avaient tourné l'esprit du roi contre lui ; et aussitôt qu'il arriva au roi, le roi le fit arrêter; et cela eut lieu le mardi 10 no> vembre ; en sorte que D. Diego Gutierrez ne demeura pas plus de cinquante-huit jours en son état de grand-maître. Et dès qu'il fut prisonnier, ils le livrèrent à Juan-Alfonse de Benavidès , alguazil-mayor du roi , et il l'envoya à l'alcazar de Zamora qu'il gardait pour le roi. Mais peu de jours après que ledit grand- maitre eut été mis prisonnier à Zamora, Juan Ferrandez de Hinestrosa, camarero-mayor du roi , le demanda au roi, parce qu'il était son parent, et le tint prisonnier dans une maison à lui appelée Saut Pedro de la Zarza, et ensuite fit en sorte Juan Ferrandez de Hinestrosa que D. Diego Gutierrez s'enfuit de prison , et s'en fut en Aragon. Et aussitôt que D. Diego Gutierrez fut prisonnier, le roi, venu lui-même devant Palenzuela , ordonna de faire grand-maître d'Alcantara le Clavero d'AIcantara, qu'on appelait D. Suer Martinez, qui était Asturien. Ainsi tout devait se faire à sa volonté ^.

Le roi D. Pedro partit de Morales, qui est à une lieue de Toro, où il était demeuré, selon que nous avons dit, deux mois et demi^ : premièrement parce qu'il n'y avait pas d'eau et qu'il ne pouvait entretenir l'armée -, secondement parce que la ville de Toro n'avait pas maintenant autant de

question, femme de Sancho Manuel, fils de D. Juan Manuel, était fille de Rui Gonzalez de Castaneda, de qui D. Juan tint si grand compte quand il se sépara du service du roi don Alfonse de Castille, qu'il le mit et le fit figurer seul nominativement dans son acte de séparation après ses deux fils : — E ovo este acuerdo 07 martes 80 dias del mes de Junio, quefué en la Era de 1374, que despidiese natura à mi, é à Sanclio Manuel mio fijo, é à Roi Gonzalez de Castaneda, é à todos los mios ^os, é mios vassallos.

^ Cronica del Rey D. Pedro, ano yi, c. 10. — Torres y Tapia, Cronica de Alcântara (t. n, p. 80), nous apprend cette particularité curieuse que la mère de Pedro Lopez de Ayala, dona Elvlra, était fille de Diego Gutierrez de Zavallos. Notre chroniqueur nous parle là, par conséquent, de son propre aïeul maternel.

* Il était revenu à Morales vers le 5 juillet; il faut placer par conséquent nécessairement la naissance d'Isabelle à Tordesillas, entre le 5 juillet et le 20 septembre 1355.

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troupes qa*aa commencement quand le roi y Tint, car les uns 8*en étaient allés avec le comte D. Henri en Galice, et les autres s'en venaient chaque jour au roi, d'autres étaient morts dans les combats. Le roi, par toutes ces raisons, résolut de s'approcher davantage de la ville de Toro, et il ne le put faire par aucun autre côté, si ce n'est par le côté des jardins situés contre le pont de la ville qui est sur le Duero. Il assit là son camp dans le mois de septembre de la même année, y plaça aussitôt beaucoup de machines de guerre, et fit faire diverses constructions de siège (cadahalzos) sor le pont de Toro et sur toute la ligne du Duero.

Étant le roi dans le camp des jardins près Toro, selon ce que nous avons dit, les siens eurent plusieurs combats avec ceux de la ville, et on tua là Juan Diaz de Gaduerniga, et d'antres qui étaient de la ville de Toro. D'un autre côté, le roi ent nouvelle comment D. Juan Garcia de Yillagera , frère de doua Maria de Padilla, que le roi avait fait grand-maltre de Saint-Jacques, étant allé par la terre de Tordre, en était venu aux mains avec D. Gonzalo Meiia Comendador-mayor de Castille , et avec Gomez Carrillo fils de Rui Diaz GarrUlo, entre Tarancon et Ucles ; et que ceux-ci l'avaient vaincu et tué dans la mêlée. La mort de D. Juan Garcia de Yilla* géra eut lieu le 27 de novembre de cette année. Le roi eut de cette nouvelle un très grand chagrin; mais il ne fit nommer personne à la grande-maitrise de Saint-Jacques alors, pensant, sans doute, qu'il pourrait en faire bientôt l'objet d'un traité avec le grand - maître D. Fadrique, son frère, qui était parmi ceux de la ville de Toro.

Trois jours avant la mort de Yillagera, le 24 novembre de cette année (1355), était arrivé près du roi, an «arap des Jardins de Toro, comme on l'appelait, le cardinal Guillaume de Judice, cardinal de Sainte-Marie en Cosmedin, lequel venait, en qualité de légat du pape Innocent YI, avec la mission d'enjoindre au roi de vivre bien avec sa femme Blanche de

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