CHAPITRE ownims
secours à Bon- Aria, « tant de cayalerieettantd'aatreB^eBs, et tant de tendes et tant de galères, qne ceux qui étaiest dans le efaâteao se tinrent pour morts et firent dire à la commane de Pise de les secourir promptement, sans qaoi ils ne pouvaient plus tenir. Les Pisans, sachant les grandes forces que le seigneur roi d'Aragon y avait envoyées, regar-» dërent toute leur affaire coanoe perdue, et pensèrent que d^ormais, loin d'avoir aucune possibilité de sauver Je chA« tean, ils devaient au contraire se trouver fort heureux si le seigneur roi d'Aragon les laissait vivre en paix dms la eité de Pise. Ds envoyèrent donc des gens munis de pleins pouvoirs Ters le seigneur roi d'Aragon. Ces messagers vinrent à Barcelone, oii ils trouvèrent ledit seigneur roi; et là ils le supplièrent très hninblemeût, lui et le seigneur infant, qu'il leur plût de leur pardonner ce qu'ils avaient fait contre eux, promettant de lui rendre le château de Gagliari et t<mt ce qu'ils avaient encore dans la Sardaigne.
« Ledit seigneur roi et ledit seigneur infant leur aeeor* dèrent leur demande et signèrent la paix avec eux, sous la condition qu'ils lui rendraient immédiatement et absokiment le château de Gagliari et tout ce qu'ils possédaient en Sardaigne. Le seigneur roi, de son côté, voulut bien leur accorder la lEavrar de commercer dans toute la Sandaigne et par tous les pays qui lui appartenaient, sauvemmt et 8Ûr&m^t , sauf par eux toutefois à payer les péages , leudes et droits imposés ou à imposer parle seigneur roi. Il leur fut aussi permis d'avoir des consuls et lieutenang dans les cités du seigneur roi, ainsi qpie les Catalans en ont et devaient coq*tinuer à en avoir dans la cité de Pise. »
Les officiers du roi d'Aragon prirrat possession du château en son nom, et « quand lesdits officiers furent entrés, le noble En Béranger Carros et les autres gens du seigneur roi hissèrent sur la tour de Saint-Pancrace un grand étendard royal aux armes dudit seif^ieuir roi, et ensuite, sur chacuoe
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des tours, ils placèrent de petits penons royaax. fit, par one faveur particulière de Dieu, au momeut où lesdits étendards et peuoHS furent hissés sur lesdites tours, il ne faisait pas on souffle de vent ; mais, dès qu'ils furent arborés, le vent tourna au garbin (vent d'ouest, de Tarabe algarbi), le plus beau garbin du monde, qui s'en vint enfler gracieusement toutes les bannières et tous les panonceaux ; et ce fut le plus beau coup d'œil qui fût jamais pour ceux qui veulent du bien à la maison d'Aragon, mais bien triste pour leurs adversaires. On entonna à grands cris force lam Domino ; et il y avait au dedans tant et tant de Catalans, et au dehors tant et tant de Sardes en y joignant ceux de Bon-- Aria, tous répondant à la fois à ces cris, que le ciel et la terre paraissaient s'abîmer'. »
Ce traité, par lequel la république de Pise cédait au roi d'Aragon tout droit sur la Sardaigne après cent soixante-seize ans de possession, est du mois de mai 1326. C'est depuis ce temps que les rois d'Aragon, et ensuite les rois d'Espagne, gouvernèrent la Sardaigne par le moyen d'un capitaine général de guerre auquel ils donnèrent, en 1478,' le titre de vice-roi*.
Cependant, en Gastille , Alfonse poursuivait sa lutte avec les seigneurs , et se livrait à ces actes de violence et de trahison qui flétrissent sa mémoire ; nous l'avons laissé au moment où, pour se débarrasser de l'inquiéfude que lui causait le comte Alvar, comme parle Ferreras, il venait de le faire assassiner par Bamir Flores et de donner pour récompense le château de Belber à l'assassin. Ce coup fait, il perpétra une suite d'actes semblables. Nous continuerons de les rapporter sans commentaires d'après les historiens castillans. Aucun détail ne manque à leur récit et nous pouvons, sur leurs rapports, les enregistrer presque jour par jour.
1 Ibid., c. 290.
• ZttriU, Annales de Aragon, t. n, 1. vi, c. 43 ; — Giov. VlUanl , I. ix, c. 327. Voyei ^ussi le eorps diplomatique de dal Borgo, p. 180.
GHAPTTRB ONZliME. 49
C'est ainsi qa*ils nous apprennent que le roi, (se dirigeant sar Séville avec une armée pour porter de là la guerre snr les terres de Grenade, parce que, disait-on, l'émir Mohammed étant mort, son successeur songeait à rompre la paix avec les chrétiens), reçut des ambassadeurs de Grenade]et de Harok, qui rassurèrent des dispositions pacifiques de leurs maîtres et de leor désir d'observer fidèlement jusqu'au bout la trêve jurée.
La paix s'étaût ainsi raffermie aux frontières, loin de s'y rompre, le roi ne songea plus qu'au dedans, et à réduire de plus en plus les seigneurs de ses royaumes à l'obéissance. Alfonse, se trouvant à Giudad-Réal le samedi saint (1334), un envoyé de D. Juan Nu&ez de Lara se présenta à lui , et lui dit, de la part de son seigneur, que celui-ci se dégageait du service du roi, et se dénaturalisait (qu'on nous permette oe mot) de ses royaumes. A quoi le roi répondit qu'il aurait dû lui faire cette déclaration avant de commettre, en Gastille et en Léon, les actes nombreux de violence et de pillage qu'il y venait de commettre, et pour lesquels, lui, le roi, tenait Juan Nnnez de Lara pour coupable de trahison, et soumis aux peines que la trahison entraîne. L'envoyé répliqua courageusement ou séditieusement, pour parler le langage des courtisans d'Alfonse, et le roi lui fit couper les pieds, les mains et la tête. Avec un semblable message arrivèrent au moment de cette exécution des envoyés de D, Juan Manuel; mais, craignant le même traitement, ils s'enfuirent aussitôt sans remplir leur mission.
De Ciudad*Béal le roi partit le lundi de Pâques, et se rendit à Tolède ; le mardi il passa à Ségovie, et le mercredi à Yalladolid. Il en fit sur l'heure fermer les portes afin que personne ne pût donner avis à Juan de Lara de la marche du roi, qui se disposait à se porter contre lui dans les terres de Campos, où il tenait assiégé uâ lieu de la couronne appelé
Guencd. Malgré tout, Juan de Lara fut averti des projets vni. 4
sa HISTOOIB D'figPàGNCv
dfAlfonsB et du supplice qui avait été infligé à matewtffjé. À rinstantmôme, il leva le siège de Gaencai et se retim^or Lerma en tbute Jiàte. Sa diligence lui fut profitable; carie roii arrivait avec des forces supérieures pour Tattaquer partout oàâMe tpouverail. Instruit à son tour de ce mouvement de. Lanasur Lerme, Alfonse changea brusquemenidecheminu etmarcba sur Paleneia, espérant Ty arrêter; mais il ne le put ; car il arriva à Palencia à la nuit tombante, et Juaadei Lnra j était passé le matin. Il rebroussa chemin là-dessus viers' Taliadolid,. après avoir recouvré Melgar et Morar làsv^deux villes que lai avait enlevées Juaii Nufiez. AJfonse revenait à Yalladolid> pour y prendre les troupes royales revenues da siège de Gibraltar, et il y forma une armée plus forte avea laquelle il repartit pour Palencia. A peu de disr tanefi vinrent à lui de nouveaux messagers de B- JuanMar ioelpour le prier d^accepter sur ces différends la médiation des* >o» d'Aragon et de Portugal, qui voulaient bien consentir à) cetf arbitrage. Alfonse, dit Ortiz, reconnut bien vite ^oe les rebelles avaient intéressé les deux roi» en leur tereur, et refusa la proposition. Mais les messagers, cette foiêy n-eurent ni les pieds, ni les mains, ni la tète coupés, et ft'ea retournèrent sains et saufs.
Le seul désir du roi cependant était de prendre Juan Kufiez et les autres rebelles; et il alla se poster par deux fois en embuscade près de Lerme ; par deux fois il envoya àe petits détachemens enlever des troupeaux dans les fermes les plus voisines de la place pour attirer D. Juan Nuûezà kur poursuite, s'il se pouvait; mais Lara devina leur dessein et n'eut garde de sortir de sa forteresse.
Le roi vint une troisième fois près de Lerme en grand secret ; quelques-uns de ses hommes s'emparèrent audacieusemept d'un grand troupeau de bœufs aux portes mêmes de la ville et provoquèrent une sortie ; un gros d'assiégés en softîi en effet et poursuivit les troupes du roi pour reooavitr