CHAPITRE ONZIÈME
leur pnse. Mais , arrivés à 1 embuscade, le roi les attaqua rudement et ^n taa un grand nombre : ceux qui parent s'échapper gagnèrent en toute bâte la ville. t>es sens an roi les suivirent jasque sous les murs; mais là ils^ (durent s'arrêter, et le roi ne forma point le siégé de Lerme, craignant ppbablement les difficultés de réntreprise. Tontes ces expéditions se faisaient de nuit, et il les répéta plusieurs fois, toujours dans le désir de faire D. Juan prisoi^nier; rnais^ bien qu'il fit répandre à dessein le bruit qu^il se disposait a sortir de Lerme pour courir les terres du roï, tara résolûi sagement de ne pas quitter la forteresse tant que le roi se tiendrait dans la campagne de Burgos. Enfin, Alfonse fut rappeïé dans cette ville par raccouchement de la reine, qui venaîit àe lui donner pour fils Pierre , depuis Pierre-le-Cruel (30 août 1334). Depuis quelques années déjà, le roi de Câstille était seigneur de Biscaye ; mais seulement de nom ; car, en raison de sa minorité et des troubles du temps, la domination réelle du pays appartenait à D. Juan de Lara, du chef de sa femmQ doâa Maria Diaz (fille de Diego de Haro). Le temps était venu de joindre la souveraineté de fait à la seigneurie nominale da pays, et, fatigué de tenir vainement le comte en ^cbeç dans Lerme, le roi passa en Biscaye, et en peu de temps se soumit le pays, un peu, à ce qu'il semble, par la connivence des habitans, à la réserve toutefois de cinq cbâteanx, oai tmrent bon pour doua Maria.
La domination des rois de Gastille sur les Yascongacjles ne fat jamais, du reste, que nominale, au moins jusqu'à Cbarles- Qnint. L'autorité de ces rois sur les trois républiques, mézne après lui, fut maintenue dans les plus étroites lipUes» et, malgré leur titre de seigneurs, elle se réduisait au drpi| singulier de deman(jter quelques subsides sous le nom de pe^ dtdo.L'oninipoteuce des assemblées populaires (^tait en tput^ chose incontestée : et, si elles accordaient ordinairement au roi ç^ qu'il demandai]^, c'est qu^ tel était le pon tfldisir ^^
i^ mSTOlRE DESPAGIXE.
assemblées souveraines de Guernica. Cette formule des rois absolus accompagnait même le plus souvent Foctroi du don gratuit qu'elles faisaient aux rois de Castille et de Léon, auxquels, pour leur compte, elles ne donnèrent jamais que le titre de seigneurs.
A son retour à Burgos, on remit, dit-on, à Alfonse des lettres secrètes, surprises sur des messagers de D. Juan Alonso de Haro. Ces messagers les portaient, de la part de leur seigneur, à D. Juan Manuel, à D. Juan ïfunez de Lara et à D. Gonzalo de Aguilar. Leur objet était d'avertir ceux-ci de ne traiter d'aucune manière avec le roi, si ce n'est la lance à la main, et à coups de flèche et d'épée; de courir, au contraire, et de dévaster le plus qu'ils pourraient les domaines royaux « Il ne serait pas, dans cette guerre, lui,D. Juan Alfonse de Haro, leur mandait-il, celui qui agirait le moins, etc.
Le roi avait depuis longtemps les plus grands griefs contre Haro, et aussi saisit-il avec ardeur cette occasion de vengeance. Il savait que D. Juan Alfonse se trouvait dans le Bioja, en un lieu appelé Agonciello. Il 8*7 porta de Burgos avec tant de célérité, qu'en un jour il arriva à Logroûo. Le matin suivant, il gagna à Timproviste Agonciello, mit des sentinelles tout autour, dans toutes les directions, et envoya ordre à D. Juan Alfonse de paraître en sa présence. Celui-ci, pris au dépourvu , et ne sachant ce qu'on lui voulait, n*osa désobéir. Il vint sans escorte, en costume de châtelain, bardé de fer, et salua le roi; mais le roi ne répondit pas à son salut , lui reprocha vivement en face ses félonies, et lui montra les lettres de lui prises sur ses messagers, et qu'il ne put nier avoir écrites, à ce qu'affirme Ortiz ;'mai8 comment, en droit strict, cette assertion peut-elle être fondée, et où en est judiciairement ou historiquement la preuve? Où le roi prenait-il d*ailleurs son droit de justicier? N'importe: sur la place et sur l'heure, par son ordre^ là même et sous ses yeux, vingt lances se levèrent sur Haro, et il tomba percé de coups. Glorieux