CHAPITRE TBKÏZIÈMW
Il apprit, ce lundi même, selon tonte apparence par une lettre de Marie de Padilla, et comme il allait partir ponr une . grande chasse vers Utrera, l'arrestation d'Hinestrosa. Il en fut contrarié ; car il n'avait pas donné Tordre de Tarrêter. Mais ce fut tout; et il n'ordonna rien d'abord à son égard. Déjà cependant Pierre n'avait plus pour Aldonza autant d'amour qu'il en avait eu au commencement^ et que croyaient qu'il en avait ceux du parti de celle-ci. U avait même écrit secrètement, dit-on, à dona Maria de Padilla qu'elle se rassurât et fût certaine qu'il ne s'occuperait plus de ladite Aldonza. À quoi tenait ce détachement subit du cœur du roi? L'histoire ne le dit pas. U n'était pas assez grand encore toutefois, le jour qu'il apprit l'aventure de son camarero-mayor, pour l'engager à agir sur l'heure même en faveur du prisonnier; mais il l'était assez pour lui permettre de poursuivre ses chasses à outrance dans les belles campagnes de Séville, au sud et à Test du Guadalquivir, du Salado-mayor au Guadajoz, dans un rayon de plus de vingt lieues. Telle était l'activité étrange de cet homme extrême en tout. Il ne parla à personne à Garmona, dans ce premier moment, de l'emprisonnement de Juan Ferrandez de Hinestrosa, et, se réservant de prendre une résolution plus tard selon qu'il aviserait, partit avec chevaliers, fauconniers et veneurs, pour sa grande chasse vers Utrera. Le maitre de Galatrava D. Diego Garcia de Padilla était de la partie. !Ne sachant rien de ce qui était arrivé à son oncle à Séville, il lui en fut parlé dans cette chasse près d'Utrera. La faveur d' Aldonza Coronel, l'appel récent que le roi avait fait d'elle près de lui, rapprochés de cette arrestation, lui parurent de fâcheux indices. Croyant à la disgrâce des siens, il eut peur, et s'enfuit. Redoutable jusque dans ses témoignages d'amitié, si c'en était là une marque véritable, le roi fit courir après lui, et on le rattrapa près des marais salans du Guadalquivir (las marismas del Guadalquivir). Ramené près du roi, il le fit mettre dans la prison d'Utrera, où il resta vm. 30
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deux jours au ponydr de Ferrand Sanchez de Tovar , Tan des ehevdiers compagnons de chasseda roi, aaqael il recommanda de le bien garder. Pour en agir ainsi, Pierre, évidemment, ne devait pas être encore tout à fait guéri de son amour pour Aldomia Goroneli jce qui prouve que, si elle eût continaé de lui plaire, c'en était fait d'Hinestrosa et de don Diego malgré leur dévoûment et leurs services passés, et de Marie de Padilla malgré sa fidélité. Mais Âldonza ne put fixer le roi que deux jours encore. Le mercredi, de retour à Garmona, il changea tout à coup et dépêcha incoutinent par un double courrier à Séville et à Utrera Tordre de mettre en liberté les deux prisonniers. L'oncle et le neveu se croyaient perdas lorsque arriva cet ordre, en conséquence duquel, dans le même temps qu'on délivrait Hinestrosa à Séville, les portes de la prison d'Utrera s'ouvraient pour don Diego Garcia de Padilla. Pierre prit la peine d'écrire lui-même à l'alguacil-mayor de Séville, don Enrique Enriquez, la lettre par laquelle il loi ordonnait de faire sortir de prison Juan Ferrandez de Hinestrosa, et de le laisser venir près de lui. Libre, Juan Ferrandez s'empressa de se rendre auprès du roi, qu'il trouva chassant; dit Ayala, près d'une rivière appellée Guadajoz , c'est-à«dire à près de dix myriamètres au nord-est de Garmona. Et le roi le reçut très bien, poursuit-il, et l'assura que jamais il n'avait ordonné de l'arrêter, et Juan Ferrandez fut depuis très bien en sa grâce comme par le passé. Et le roi après tout cela, dit en terminant notre chroniqueur, laissa dona Aldonza à Garmona, et s'en revint à Séville auprès de Marie de Padilla, ne se souciant déjà plus de dona Aldonza; an contraire, voulant du mal à tous ceux qui avaient été d'avis et lui avaient donné conseil qu'il la prit '. Abandonnée du roi, Aldonza Goronel rentra au couvent
^ É non Guraba ya de Doîia Âldonza ; antes qaeria mal â todos a<iaell06 que fueron en el consejo que la él tomase.