CHAPITRE TBSIZadSIfB
de Sainte-Glaire» où était sa sœar dona Maria Coronel, qui» veuve a vingt ans de D. Juan de la Cerda, y avait fait profession. Do&a Maria y résida sans déplacement jusqu'en 1 374, qu'elle en sortit pour fonder elle-même, pareillement à Seville» le couvent de Sainte-Inès, ou elle mourut quelques années après avec la réputation d'une sainte. L'histoire ne nous dit plus rien de la pauvre Aldonza. Quant à ce que la tradition populaire raconte de Marie Goronel et des poursuites dont elle aurait été l'objet de la part du roi, transportant ainsi à la veuve de D. Juan de la Cerda, Marie Goronel, l'amour que le roi eut pour sa sœur Aldonsa, à savoir que, pour échapper aux obsessions amoureuses d'un tel amant, elle alla jusqu'à s'en prendre à sa propre beauté et se défigura en plongeant sa tête dans de l'huile bouillante , puis parut, le visage dévasté par de glorieuses brûlures, aux yeux de son amant épouvanté, pour qui elle ne fut plus^ comme elle le désirait, suivant l'expression d'un écrivain moderne, qu'un objet de dégoût et d'horreur, c'est une pure fable qu'il faut laisser au romancero et aux historiens de l'école de Mariana. Ayala,qui vivait à Séville au moment où nous en sommes, et qui, véridique toujours, ne néglige aucun fait important ou simplement curieux de ce règne, dont il rapporte toutes choses, pour ainsi dire, jour par jour, n'eût pas manqué de consigner celui-ci daus sa chronique, s'il eût été vrai. U est possible, sans doute, que Pierre ait fait aussi quelque ouverture d'amour à Marie Goronel, mais il est certain du moins qu'elle sut toujours lui résister dignement sans être obligée de recourir à l'héroïque extrémité que nous venons de dire '. Cette aventure ou ce caprice amoureux est le seul fait qu'Ayala rapporte des premiers mois de Tannée 1358, ou,
* On trouve ee conte {lopaldlfe tout âu long raconté, et avec plusieurs circonstanees ariracidenses, dans Zufiiga, historien de beaucoup postérieur à Ayala, et qu par conséquent, et pour d*aatres raisons encore, ne mérite pas la même créance. Je m'en suis tenu, quant à mol, étroitement au récit du froid et sincère Ayala
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pour parler plus exactement, de la fin de la huitième année et du commencement de la neuvième du règne de Pierre (cette dernière eonunençant le 26 mars 1358 et finissant à la même date de Tannée suivante). Rarement le voyons-nous passer un si long temps sans faire mettre quelqu'un à mort, et aussi ne faut-il pas s'étonner qu'il ait cru devoir s'en dédommager peu après par une série de meurtres presque coup sur coup, aussi odieux qu'aucun de ceux qu'il s'était jusqnelà permis. Il répara bien c^n effet le temps perdu, et nous le voyons marquer la fin de ce même mois de mai par un des assassinats les plus détestables de son règne, perpétré avec guet-apens dans son propre Àlcazar de Séville.
La trêve de fait avec l'Âragon durait encore. Le maître de Saint-Jacques, D.Fadrique, à qui Pierre voulait mal de mort, commandait pour lui en Murcie, et venait de faire,^sar cette frontière, preuve de zèle pour sa cause, bien qu'il paraisse avoir été, en ce temps, l'objet d'une sorte de séduction de la part de son frère don Henri et du roi d'Aragon. Au moins est-il certain que celui-ci avait chargé Gonzalo Mexia, un des réfugiés de Castille, d'aller voir don Fadrique dans l'intérêt de la cause du comte de Trastamare. Mais rien nt prouve que le maître eût répondu à leurs avances <. Au con*
Historia non débet egredi veritatemy et honestè factis sufficit veritas,-- Suivant Mariana, ce fut au moyen d'un tison enflammé, et par une action aussi épouvantable qu'liérolque, et qui ne se peut rendre en français, que Marie Corond se serait mise en état de déplaire au roi : Ardentem libidinem igné extinguens, dit Mariana, adacto per mtdîebria titione.
^ Voici le curieux passeport donné de GariSena, sous la date du 28 décembre 1357, par le roi d'Aragon, à Gonzalo Mexia, comme mandataire du comte de Trastamare près de son frère don Fadrique : — Don Pedre por la gracia de Dios, rq d'Aragon, etc. . . , a los nobles et amados richos hombres et cavalleros d'Aragon el al Regiente l'oficio de la dita governatio, et a todos justicias, jurados y otros ofldales et subditos nuestros a losquales las présentes pervendran, salutem et dilectioDOii. Sabet que Gonçalvo Mexia de Ponte deve ir de mandado del conde de Trastamen ,al maestre de la orden de la cavalleria de Sent Jago su hennano por algunos afferes; por que nos , con la présente, guiamos et asseguramof^l dito Gon^alvo Meiia oao