‹ Histoire d'EspagneChapitre 80 sur 108 · CHAPITRE TREIZIÈBOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈBOS

traire, tout atteste, de la part da roi de Gastille , dans cette tragique affaire, et dai^s les sanglantes exécutions qui la suivirent immédiatement, une effroyable préméditation. Le jour venu que le maître de Saint-Jacques devait arriver à Séville, nous dit Ayala , le roi fit appeler de grand matin dans sa chambre Finfant don Juan d'Aragon son cousin , et Diego Ferez Sarmiento, adelantado-mayor de Gastille, à qui le roi , dans sa méfiance, avait donné la charge de veiller secrètement sur rinfant lui-même. Sur la croix et les Évangiles, il leur fit jurer à tous deux de garder secret ce qu'il allait leur dire. Ils le jurèrent. Et Pierre alors dit à Tinfant : « Cousin, je sais , et vous le savez bien aussi, que le maître de Saint-Jacques don Fadrique mon frère vous veut grand mal, et vous ne lui en voulez pas moins. Or , pour certaines choses dans lesquelles je sais qu'il agit contre mon service , je veux le tuer aujourd'hui, et je vous prie de m'aider en cela, en quoi vous me ferez grand service ; et aussitôt qu'il sera mort j'ai volonté de partir d'ici pour la Biscaye et d'aller y tuer don Tello, et je vous donnerai les terres de Biscaye et de Lara, qui sont vôtres, étant comme vous l'êtes marié avec doua Isabelle , fille de don Juan Nuûez de Lara et de dofia Maria sa femme, à qui lesdites terres appartiennent. » L'infant répondit: « Seigneur, je vous rends grâces de vouloir bien me confier vos secrets; et il est vrai, seigneur, que Je veux très grand mal au maître de Saint-Jacques et au

todos aquellos, assi de cavallo como de pie, que Iran y vernan con e dito Gonçalvo Mexia, assi que por nos ni por vos ni por algun ofidal o subdito nuestro non puedan seer presos, ni danyo alguno les pueda seer dado ni feyto en iendo e viniendo una 0 muytas vegadas del dito Conde al dito Maestro e del dito Maestro al dito Conde, ni estando con el dito Conde, en personas ni en bienes ; antes puedan venir, estar et tornar salvament et segurament, cessando tota inquietation ; por que a vos et a cadauno de vos dezimos et mandamos expressaroent quel dito guiatge guardades et obMrvades et tengades flraianient sin contradiciio alguna. Dada en Caranyena a XXVIU dias andados de deziembre en el anyo de la Natividat del nuestro Senyoi* MCCC. L. VU. Rex Petrus. (ArcMv. gêner, de Aragon, reglst. 1543, fo5, verso.)

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comte don Beasi son frère, de même qn'eox me yenlent da mal à cause de tous. C'est pourquoi je suis très content de ce que tous avez résolu de tuer aujourd'hui le maître. El si tel est votre bon plaisir , moi-même je le tuerai » Cette réponse de l'infant plut beaucoup au roi, qui lui dit: « Cousin infant, je, vous sais bon gré de ce que vous me dites, çt TOUS prie de le faire ainsi. » Hais Diego Ferez Sarmiento, exprimant , autant que le permettait la situation, le secret dégoût que lui inspiraient ces paroles, dit à Vinfaiil: «Seigneur, qu'il tous suffise de ce que le roi ordonnera ; les archers ne manqueront pas pour tuer le maître. » Et ce propos contraria beaucoup le roi, dit Ayala, et, h partir de ce jour, il ne Toulnt jamais de bien à Diego Ferez, car il aurait plu au roi que l'infant tuât le maître <.

Cependant, ce même jour (29 mai 1358), don Fadriqne arriTa à 9 heures du matin à Séville, expressément mandé par le roi, et s'attendant, selon toute apparence, à ses remercimens. Il Tenait en effet de reprendre possession en son nom de la TiUe et du château de Jumilla, dans le royaume de Murcie ; l'un et l'autre aTaient été naguère revendiqués les armes à la main et pris pour la couronne d'Aragon, malgré la trêve, par un riche-homme noinmé Pedro Meza, lequel prétendait que tel était le droit de T Aragon sur Jumilla, mal à

^ É quando esto dixo Diego Ferez pesd macho ai Rey : é de aquel dia en adeiante nunca quiso bien à Diego Ferez ; ca ploguiera al Rey que el Infante matàra ai maestre. — Il paraît que le roi, dans le but de gagner Diego Ferez Sarmienlo, el de l'engager aye« l'infant dans la machination méditée contre Don Fadrlque, hii aYait fait quelques faveurs à l'approche du four marqué. C'est ainsi que , par un privilège en date de SéviUe, 21 mai, il lui donna le ch&teau de Gastro-Xeriz pour lui et ses successeurs, avec révereion toutefois à la couronne, à défaut de descendans miles. Mais Pierre ne dut pas faire livrer à Sarmiento ce qu'il lui vendait pour ainsi dire, car Ayato mentionne plus loin ce château comme tenu par Juan Ferrandez deHinestrosa. (Voy^ Gandara, Nobiliarfo de Gallcia, 1. m ; Fettlcer, Informe delo$ Samientos, fo 64, an verso, et Gronica del Rey D. Pedro, afio ix, c. 7). — Ce M Diego Ferez Sarmiento qui raconta plus tard à Ayala tous les détails de cette ténébreuse affaire.

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propoB considérée comme de la seigneurie da roi de Gastille lors des délimitations faites en yerta de la trêve. D. Fadrit|ae, commandant ponr le roi de Gastille en Murcie, n'avait pas cm devoir soof frir cette violation da dernier pacte ; il avait assiégé Jnmilla, et l'avait prise ponr faire plaisir au roi ; car le maître, selon le témoignage d'Ayala, avait volonté de servir le roi et de Ini faire plaisir; mais telle était rhumenr ombrageuse de Pierre, que cette prise de Jumilla même parait avoir éveillé plus vivement ses soupçons jaloux et sa haine, et qu'il pressa plus que jamais son frère de venir près de lui dans le dessein de le tuer <.

Aonc, le maître arriva, comme nous venons de le dire, ce mardi matin 29 mai, à 9 henres. H alla d'abord tont en arrivant saluer le roi, qn il trouva jouant aux dames dans son Alcazar, et lui baisa la main, ce que firent aussi les chevaliers de la suite du maître arrivés avec lui. Le roi le reçut de très bonne grâce en apparence, et lui demanda d'où il était parti ce jour-là, et s'il avait dé bons logemens; il répondit qu'il arrivait de Gantillana, qui est à cinq lieues de Séville ; que, quant à ses logemens, il ne savait pas encore quels ils étaient, mais qu'il croyait bien qu'ils seraient bons. Pierre hii dit là-dessus d'aller prendre possession de ses logemens, et de venir ensuite le revoir. Il disait cela parce qu'avec le maître étaient entrées dans l' Alcazar de nombreuses compagnies qu'il voulait éloigner. Don Fadrique quitta le roi sans avoir conçu aucun soupçon, et fut voir Marie de Padilla et les filles du roi, qui habitaient un autre palais (palacto, appartement) de l'Alcazar, appelé du limaçon (del caracol) parce qu'on y arrivait par un escalier en limaçon. Marie n'ignorait pas quel sort le roi réservait à son frère ;

^ JumlUa demeura depuis à la couronne de CastiUe. Dans les archives de cette ville, il existe un privilège que lui accorda le roi, le 20 octobre de cette même année t368, dans lequel il la déclare ville de la couronne de CastiUe comme rétait la ville de Mureie, avec les mêmes fueros, promesse de ne point l'aliéner, et autres faveurs.

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mais, soumise, à ce qu'il semble, aTenglément à son amant, elle ne discutait pas ses actes, elle ne pouvait les empêcher, et les subissait comme des effets incommutables de la volonté royale et des droits du roi. Dura lex^ sed lex. Toutefois, en voyant le maître, elle lui fit un accueil et nn visage si tristes que tout le monde aurait pu deviner ce qu'elle ne disait pas ; car elle était femme très bonne et de bon sens, qui ne se payait pas des choses cruelles que le roi faisait, et très chagrine de la mort que le roi avait décidé de donner au maître ^

Sa visite faite, le maître partit de là et s'en alla dans la cour de rAlcazar où Ton gardait ses.mules, pour aller a ses logemens, et revenir ensuite : et il ne trouva pas les bêtes, car les portiers du roi avaient fait sortir tout le monde de la cour, et chassé les mules, et fermé les portes, ainsi qu'on le leur avait commandé ; et le maître, quand il ne trouva pas les mules, ne savait s'il devait retourner vers le roi, ni ce qu'il devait faire, lorsqu^un de ses chevaliers, nommé Suer Gutierrezde Navales, Asturien, qui était resté, et se doutait de qaelqae chose de mal en voyant tout le mouvement qui se faisait dans TAlcazar, lui dit : « Seigneur, la poterne de la coor est ouverte : sortez d'ici ; les mules ne vous manqueront pas. » Et il le lui répéta plusieurs fois, pensant que, si le mdtre parvenait à sortir, il pourrait s'échapper, on do moins que ses gens le défendraient et mourraient avec lui. En ce moment, deux chevaliers, deux frères, appelés Ferrand Sanchez de Tovar et Juan Ferrandez deTovar, qui ne savaient rien de ce qui se tramait, vinrent, de la part du roi, dire à don Fadrique : « Seigneur, le roi vous demande. » £t le maître s'en alla devers le roi tout effrayé, car il commençait à se douter du fait; et à mesure qu*il entrait dans les ap-

^ Ga ella era dueiia muy buena, é de buen seso, é non se pagaba de lascosasque el Rey facia, é pesabale mucho de la muerte que era ordenada de dar al maotre.

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partemens da palais, et passait d'une pièce à l'aatre, il se voyait d'aatant moins accompagné, ceax qui étaient commis à la garde des portes ayant donné Tordre aux huissiers de retenir à chaque porte quelques-uns de ses compagnons. Il arriva ainsi à la pièce qui communiquait à la chambre où était le roi, dite la chambre de fer; l'accès n'en avait été permis qu'à lui, au maître de Galâtrava D. Diego Garcia de Padilla (qui ce jour-là accompagnait le maître de Saint-Jacques sans rien savoir de ce qu'on préparait contre lui), et à deux autres chevaliers. Le roi était dans la chambre de fer, la porte fermée. Les deux maîtres, arrivés là, durent s'arrêter, car on ne leur ouvrit pas, et ils demeurèrent à la porte. Pero Lopez de Padilla, ballestero-mayor du*roi, se trouvait avec eux en dehors. En ce moment une porte s'ouvrit, le roi parut, et dit à Pero Lopez de Padilla : « Pero Lopez, arrêtez le maître. » « Lequel des deux dois-je arrêter? » demanda Pero Lopez. « Le maître de Saint- Jacques, » répliqua le roi. Et aussitôt Pero Lopez de Padilla saisit le maître don Fadrique, et lui dit : «Vous êtes pris.» Le maître demeura coi et fort effrayé : et aussitôt le roi dit à quelques archers arm^ qui se trouvaient là : « Archers , tuez le maître de Saint-Jacques. » Gomme les archers n'osaient le faire, un officier de la chambre du roi, nonuné Bui Gonzalez de Atienza, qui avait connaissance du projet, dit à haute voix aux archers : « Traîtres, que faites-vous? ne voyez- vous pas que le roi vous ordonne de tuer le maître? » Voyant que réellement le roi le leur ordonnait, ils commencèrent alors à lever leur masse pour frapper don Fadrique. Ges archers ayaient nom l'unNuûo Ferrandez de Boa et les autres Juan Diente, Garci Diaz de Albarracin et Bodrigo Perez de Gastro. Les voyant venir sur lui, la masse levée, le maître s'arracha des mains de Pero Lopez de Padilla qui le tenait, sauta par une fenêtre dans la cour, et mit la main à Tépée; mais il ne put la tirer du fourreau, parce que la croix de la poignée s'était embarrassée sous son man-

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teaa dans la ooarroie de son erintaron. Les archers oepen^ dant, qui le poursuivaient avec leurs masses, ne pouvaient Tatteindre, parce qu'étant vigoureux et agile il allait vive* ment d'un côté à Tautre de la cour. Il parvint, ainsi coorant, à rentrer dans l' Alc^azar et à gagner la salle basse, dite des Azulejos, à cause des mosaïques en faïence dont eUe est pavée; mais Noflo Ferrandez de Soa, qui le saiyait de plus près qu'aucun autre, le joignit, et, lui donnant un coup de masse sur la tôte, Fabattit à ses pieds. Alors arrivèrent les autres archers, qui le frappèrent tons à la fois. Le roi, qui était venu pour voir comment ses hommes besogneraient , voyant le maître gisant par terre, le crnt mort, et remonta dans TAlcazar , pensant j trouver quelques-uns des serviteurs de don Fadrique qu'il voulait aussi tuer; mais il n'en trouva point : aucun n'était resté dans TiUcazar quand le mirître y était rentré rappelé par le roi, les huissiers, conmie nous l'avom dit, ks ayant consignés aux portes. Il espérait surtout trouver et tuer un eheyalier de Saint-Jacques, appelé don Pero Buiz de Sandoval Bostrosde-puerco, ancien commandeur de Montiel, sur teqeel il avait une vieille injure à venger : ce chevalier était présentement commandeur de Mérida et durement haï dn roi pour être demeuré fidèle à son chef hiérarchique; mais Pierre ne le trouva pas, et Pero Rui2 échappa ainsi, ee jour-là, bien que le roi allât le cherchant partout pour le tuer. Un chevalier nommé Sancho Baiz de Yillegas, qni était grand-écuyer de don Fadrique, fut moins henrenx. Au bruit de la rumeur causée dans l'Alcazar par la poursuite dn maître, il s'était réfugié dans la partie de l'hôtel dite du Limaçon {del Caracol), qu'habitaient Marie de Padilla et les filles du roi. Le roi entra dans la chambre de sa maîtresse, et y trouva Yiltegas qui avait pris dans ses bras l'aînée des filles de Marie, Béatrix, enfant de cinq ans, pensant échapper à la mort à cause d'elle ; mais Pierre

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fit arracher l'enfant de ses bras, et, le frappant d*nne dagae qu'il portait à la ceinture, se fit aider pour le tuer par un chevalier appelé Juan Ferrandez de Tovar, qui était ennemi dndit Sancho Buiz. Ce qui parait tout naturel à Ayala, qui le raconte sans autrement s'en étonnera Sancho Boiz de Yillegas tué, le roi retourna où gisait le maître; il le trouva respirant encore, et tirant sa dague de sa ceinture, la donna à un domestique de sa chambre, et le fit achever. Cela fait, trouvant une table dresséejpour le repas de midi dans la salle des azulejos, le roi s'y assit et dîna à la vue du cadavre de son- frère et du sang qui souillait le sol^,

Pierre n'a jamais montré plus qu'en cette vengeance sa dévorante activité. Là même, avant de se lever de table, il fit appeler l'infant D. Juan, et lui dit qu'il se préparât à le suivre sur-le-champ , qu'ils allaient partir tons deux secrètement ponr la Biscaye, à l'effet d'y surprendre et d'y tuer D. Tello, et de le mettre, lui D. Juan, en possession de la seigneurie de Biscaye, comme il le lui avait promis. L'infant lui baisa les mains, croyant à la sincérité de ses . paroles^; et tout d'abord, ce jour-là même, le roi lui ôta Ta* delantamiento de la frontière, puisque, disait-il, il le faisait seigneur de Biscaye, et le donna à D. Enrique Enriquez, qui

1 i ayudogele à matar un caballero que deoian Juan Ferrandez de Toyar, que era enemigo dd dlcho Sancho Ruiz.

* Cronica del Rey D. Pedro, aSo n, c. 3. — On a pu remarquer qu'archer et bourreau, dans le langage du temps, revenaient assez bien au même. Cette charge d'archer, ou de Ballestero du roi, était fort recherchée, et l'on vient de voir qu'un Padilla ne dédaignait pas d'être le chef de ces exécuteurs, exécuteur lui-même au besoin. Nous avons dit les noms de ceux qui frappèrent le maître. C'étaient de serviles et durs quasi-gentilshommes, auxquels, après tout, Ayala se garde bien de donner le titre de don, des espèces de bourreaux attachés particulièrement à D. Pedro. C'est ainsi que nous verrons plus loin Garci Diaz de Albarracin tuer D. Juan et D. Pedro, jeunes frères du roi, nés, comme D. Henri et D. Fadriquf , d'ÉJéonore de Guzman, et aider Juan Diente à tuer D. Per Alvarez Osorio. U faut y Joindre Gonzalo Recio (écrit par erreur Lucio dans la Abreviada) qui, comme nous le verrons tout à rheure, tuera, dans quinze jours, l'infant D. Juan à BUbao.

* É el infante besdle las manos al Rey, pensado que asi lo faria como lo decla.

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était alguacil-mayor de Séville. Le même jour, il des ordres écrits à diverses villes pour qu'on y tuât ceux que dans chacune il désignait : à Gordoue, Pedro Cabrera et Alfonse de Gahete; à Yillarejo, D. Lope Sanchez de Bendana, commandeur-mayor de Gastille; D. Alonso Jofré Tenorio à Salamanque, Alonso Ferez Fermosino à Toro, Gonzalo Melendez à Mora, tous coupables d'avoir pris part au soulèvement du royaume en faveur de la reine Blanche, et que, maintenant qu'il était le maître d*en ordonner impunément à son gré, il lui plaisait de faire frapper de mort, bien qu'il leur eût déjà pardonné. C'est là^ comme on sait, ce qui s'appelle régner, dans le langage des honnêtes gens qui jusqu'à ce jour ont gouverné le monde ^

Rien ne l'arrêtant plus, il partit dans Taprès-dinée pour la Gastille avec l'infant don Juan d'Aragon. Il ^oalait, comme il l'avait dit, surprendre D. Tello dans la y\\k d'Aguilar del Gampo, qui lui appartenait, et où le roi le savait en ce moment. Le roi et l'infant s'y transportèrent en sept jours, faisant ainsi, dans ce peu de temps, plus de cent dix lieues de Gastille. Il eût tué là son frère incontinent si le hasard ou la Providence n'eût fait aller celnici chasser à la montagne voisine, le matin même du jour de l'arrivée du roi. Mais un écuyer de don Tello, ayant reconnu le roi à son entrée dans Aguilar, courut en toute bâte avertir son maître, et , du mont même où il était à chasser, il s'enfuit en Biscaye. Arrivé à Bermeo, il se jeta dans une barque de pécheurs, avec laquelle il se dirigea vers Bayonne. Ne trouvant pas son frère à Aguilar, le roi y fit prisonnière la femme de D. Tello, dona Jnana de Lara, qui, comme fille aînée de D. Juan Nuûez de Lara, était propriétaire de la seigneurie de Biscaye. Avisé du lieu vers lequel s'était sauvé D. Tello, et avec la même ardeur, Pierre courut à sa poursuite, de roi se faisant alguasil

» n>id., i. c.

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