‹ Histoire d'EspagneChapitre 82 sur 108 · CHAPITRE TRBIZIEHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRBIZIEHE

eût pa faire pis. On se demande, par exemple, quelle raison trouva le roi de ne pas faire mourir sa tante et sa cousine à l'instant même*, puisque tel était son bon plaisir et qu*il le pouvait, ces deux suprêmes conditions de la politique royale. Il fut donc clément, et on dut lui savoir gré de ce qu'il voulut bien, ce jour-là, lui le roi, se contenter d'envoyer les deux prisonnières à Gastro-Xeriz. Et puis, ne faire apporter devant soi que six tètes coupées, lorsqu'on pouvait si facilement, d'ordre royal, s'en faire apporter huit au moins, c'est quelque chose, et il faut louer, avec le respect dû à la majesté souveraine, une si sage retenue'.

De Burgos, Pierre vint ensuite à Yalladolid, où il avait intention de faire tuer encore quelques-uns de ses chevaliers ; mais il en fut détourné par la nouvelle qu'il y apprit de l'entrée de son frère D. Henri dans la province de Soria. L'assassinat de D. Fadrique avait déterminé le comte à cette agres^ sion , bien que la trêve ne fût pas officiellement dénoncée. Quoique servant dans deux camps ennemis , D. Henri et D. Fadrique paraissent avoir toujours eu beaucoup d'amitié l'un pour l'autre , comme il arrive d'ordinaire à des frères jumeaux. .On se souvient qu'ils étaient nés à Séville, pendant qu' Alfonse XI était au siège de Gibraltar, d'une seule couche.

^ Rien de plus méthodique et de plus calme que l'énumération que nous fait de ces lètes coupées le froid et exact Ayala : — É estoTO y (à Burgos) unos ochos dias : é alU le traxeron las cabezas de caballeros que mandera matar estonce por el regno, las quales eran estas : la cabeza de Don Lope Sanchez de Bendana, comendador mayor de Castilla, él que diximos que ténia à Segura quando el Rey llegd alli, que estaba y el Maestre de Santiago D. Fadrique : é la cabeza de un caballero de Toledo que el Rey ténia preso en el Castillo de Mora, que decian Gonzalo Melendez : é la cabeza de Pero Cabrera de Cordoba, é de un jurado de Cordoba que decian Ferrand Aifonso de Gahete : é la cabeza de Alfonso Jufre Tenorio, que mataron en Salanoanca : é la cabeza de Alfonzo Ferez Fermosino yecino de Toro. — Ce sont là de tristes annales, pleines de meurtres et de hideuses actions, où le roi ment, trahit et assassine à chaque pas. Mais Tauteur de la Chronique, d'ailleurs évidemment honnête homme, y était fait, et il les raconte sans s'en étonner et sans les maudire.

vin. 31

482 msTonUE d'espagite.

au mois de septembre oa d'octobre 1332 >. Le roi marcha vers le point attaqué, et établit ses quartiers à San-Este'iraii de Gormay et à Almazan Goueara ; mais il apprit là que déjà le comte, après avoir pillé Seron , et tenté sans succès de prendre un lieu fortifié appelé, d'un nom arabe, Alcazar, s'était retiré. Il apprit également là que Tinfant D. ferrand, marquis de Tortose, et seigneur d'Albarracin, d'Alicante, de Guardamar, et d*Orihuela,dès qu'il avait eu connaissance de la mort de son frère assassiné à Bilbao, était entré dans le royaume de Murcie, avait essayé, mais en vain, d'emporter Garthagène, et courait en ce moment, utilement pour lui, la huerta de Murcie. Ainsi le résultat immédiat du double assassinat de D. Fadrique et de D. Juan fut tout d'abord la reprise des hostilités sur deux points importans des frontières castillanes. Pierre protesta, par une lettre écrite d'Almazan, sous la date du 10 juillet, au roi d'Aragon, contre la double agression dont ses terres de Soria et de Murcie avaient été l'objet de la part de D; Henri et de D. Ferrand , au mépris de la trêve, rompue, selon lui , sans raison, et sans qu'il dût s'y attendre le moins du monde ^. Là-dessus, croyant sans doute qu'il pourrait arriver à temps en Murcie pour en repousser ou y accabler D. Ferrand, il partit pour l'Andalousie, laissant ses lieutenans à la frontière de Soria; mais, arrivé à Tolède , il apprit là que l'infant était aussi rentré sur les terres d'Aragon , et il crut pouvoir s'arrêter quelques jours dans la vieille cité royale, se contentant d'envoyer en Murcie

^ In este tiempo naôerm en SeviUa don Enrique y don Fadrique, bUos4este icy doD Alfonso, de doôa Leonor, etc. (Villasao, Cron. del Rey D. Alonso el XI, e. 126J

2 On conserve, aux archives générales d'Aragon, la lettre originale de Pierre k CastiUe au roi d'Aragon Pierre IV (legajos de autografos), en date d'Almaan, 10 juiUet de l'ère 1396 (voyez aussi Zurita, t. ii, p. 289, et CarbondI, p. 187 et seq. ). — Je passe entièrement sous silence un prétendu cartel de Pierre IV au roi de CastiUe, cartd dont ne parlent ni Ayala ni Pierre IV lui-même dans t» mémoires^ queZurita, d'ordinaire plus judicieux, rapporte cependant comme un 6it liistoriqiie, mais qui, malgré cela, ne vaut pas qu'on s'y arrête un seul instanL

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