CHAPITRE TREIZIÈNE
mença ; mais la flotte castillane n'avait point d'artillerie, ou du moins en avait peu et l'avait mauvaise. Elle s'approcha des galères aragonaises, et lit donner tous les navires, sur la poupe desquels étaient des catapultes d'ancienne forme, ne tirant que des pierres. Soit que les navires cas^tillans ne pussent assez approcher, soit que leurs machines fussent détraquées, ces pierres mêmes n'avaient pas la portée nécessaire pour atteindre l'ennemi. Telum imbelle et sine ictu^ Elles tombaient dans Teau, provoquant à chaque fois les huées de la foule qui couvrait le rivage ^
Beçu de la sorte, le roi de Gastille jugea prudent de s'arrêter, voyant qu'il était là, dit formellement Pierre IV dans ses mémoires, à son dommage et déshonneur. Il avait été ainsi inutilement devant Barcelone trois jours; il en partit le quatrième pour aller mouiller au sud-ouest de la ville, près d'un cap appelé el cabo de Llobregat ; il y a là, dit notre auteur, une rivière (le Llobregat), et un lieu appelé San-Boy. Il avait fait ce mouvement sans doute avec l'intention d'opérer un débarquement de ce côté; mais déjà de Barcelone on s'était porté vers le point menacé sur la plage ; il y eut là, entre les Barcelonais accourus pour défendre l'eau aux Castillans et ceux-ci, c'est-à-dire de la rive à la flotte, un engagement ou une escarmouche de traits qui n'aboutit à rien de sérieux. Les Castillans se retirèrent, et, quittant tout à fait les côtes de la Catalogne, Pierre fit tourner ses proues vers l'île d'Iviza, où l'on débarqua sans obstacle, et dont il assiégeante capitale, très bonne ville, dit Ayala, appelée aussi Iviza, qu'il entoura de troupes, de machines de guerre et de bastides. C'était un point peu important à conquérir, et presque une bicoque, mais le roi de Castilie voulait ne point avoir armé en vain ; il lui fallait
^ É en la ribera cridaven avolotant ab grans ahuchs, é a manera d'un escara ho desdeny, a cascun g^t de aquelles pedres.
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faire ona conquête quelconque pour s'en tirer av^ bonnear^ à ce qu'il croyait, et celle-là seule sans doute loi avait paru faisable. Employant au siég6 d'Iviza la plupart des équipages tirés de ses galères, il n*eu laiasa que quelques*unee garaies de tous leurs honamiaB pour tenir et garder Ul mer. Quelques jours s'étaient à peine écoulés depuis qu'U était occupé à ce siège, lorsqu'il apprit q«/e le roi d'AragfOU ayait ré^ni à Bareelme quarante galères pour vfmir le i^ombattre, fournies de cette manière : vingt par Barcelonei dii: p^r Valence, cinq par File de Majorque, une par Tarragouç.» uue p^r Golibre (GoUtoure), deux par Torjtose et une par ^9 port de Roses. On touchait h h fia de juin. Pour savoir au jxiste à quoi s'en tenir des bruits qui couraient, deux galères fureut dépêchées dlvixa vera Maiorqw^ ém% autres vers B^rce* lone, ejb les unes é^ les autres surent bieutM d une uianiere certaine, par les gens de^efa marchandes qu'eUes i^apturèrieut faisant voiie pour Majorque, que le roi d Ara^n ^t<aij; «naintenant dan$ cette lie avee ses quarante g^ères armées^ et que son intention ei son vif désir étaient de veujir combattre le roi de Gastille à Iviza^ Les gens des galères du roi deCastille, ayant appris^ces nouvelles, dit Àlaya.s'^n re vinrent aussitôt vers rtle d'Iviza, où était le roi, et lui racontèrent les aQU-* velles qu'ils savaient du roi d' Aragon^ cotn^nent il était veua en personne dans l'île de Majorque, et qu'ij. <ayait )à quarante gidères <.
On tint conseil là^desaus au camp du roi de Castjlle, et décida que, (puisque le roi d'Aial^oû était si près de là avec linteulion de venir le combattre, il ne pouvait {du^s rester à terre, ni continuer sans danger le sj^ége dlviza. Selo^ Ayala, il crut que tout le fait de la guerr.e allait se àéçid^r par une bataille navale 012 les rois allaient se trouver eu personne, et aussitôt il ordonna à tous les siens de se rembarquer; lui-
^ Ibid., 1. c.