‹ Histoire d'EspagneChapitre 94 sur 108 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

exigeant sur les conditions, envoya aux deax rois de Gastille et d* Aragon des commissaires chargés de les inviter de sa part à nommer des plénipotentiaires an moyen desquels, Dieu aidant, ils pourraient arriver enfin à s'accorder. Sur quoi il fut convenu que les négociations seraient reprises et suivies dans la ville de Tudèle de Navarre sous la présidence du cardinal-légat. Non seulement le roi de Navarre leur permit de tenir là leurs conféreùces, mais encore il fit donner de bons logemens dans la ville aux envoyés extraordinaires des deux rois. Le plénipotentiaire du roi de Gastille était Gutier Ferrandez de Tolède, son repostero-mayor, commandant général sur cette frontière; celui du roi d'Aragon était D. Bernai, vicomte de Cabrera. Ils conférèrent quelques jours ensemble à Tudèle avec le cardinal-légat, sans pouvoir, en fin de compte, rien mener à bonne fin.

D. Henri, cependant, s'apprêtait à entrer en Gastille, persuadé, non tout à fait à tort, que beaucoup de ceux qui étaient avec le roi, quand ils le verraient ainsi en Gastille, se déclareraient pour lui, et viendraient grossir ses rangs. Dans ce moment critique, convaincu de Timpossibilité de traiter avec le roi d'Aragon sur les bases posées à Tudèle, Gutier Ferrandez de Tolède crut agir dans l'intérêt du roi son seigneur en fomentant, autant qu'il serait en lui, la discorde dans le camp ennemi, entre les deux chefs qui y tenaient le premier rang, TinfantD. Ferrand et le comte D. Henri. G'est pourquoi il imagina d'envoyer près de l'infant un chevalier castillan, appelé Pero Gonzalez de Aguero, chargé de promettre à D. Ferrand, de la part de Pierre, une amnistie entière et la promesse de ses faveurs s'il voulait passer en Gastille au parti du roi; l'infant s'y refusa, et mal en prit à Gutier Ferrandez d'avoir tenté, de son chef, cette diversion, qui le perdit auprès du roi qu'il pensait et voulait servir, celui-ci le soupçonnant d'avoir agi à mauvaise intention '.

^ Crooica del Rey D. Pedro, ano xi, c. 2.

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Pierre apprit à Séville et le pea de succès des négociations pour la paix à Tudèle, et l'agression préparée par le comte D. Henri de concert avec D. Tello son frère et le comte d*08ona, puissant seigneur aragonais, fils de l'amiral En Bernai, yicomte de Cabrera, et enfin comment Diego Ferez Sarmiento, adelantado-mayor de Gastille, était déjà avec le comte, et lui ayait promis, au cas d'une invasion dans le royaume de son frère, de l'aider des châteaux et des forteresses qu'il y possédait. Il résolut incontinent de se rendre à Burgos, donna l'adelantamiento de Gastille, qu'avait précédemment Diego Ferez Sarmiento, à Ferrand Sancbez de Tovar, et envoya démolir toutes les maisons fortifiées qae Sarmiento avait en Gastille ^

Nous avons dit que D. Pero Nunez de Guzman, adelantadomayor de Léon et des Asluries, et Pero Alvarez de Osorio, après la défaite et la mort d'Hinestrosa dans les champs d'Âraviana, partant sans permission des frontières aragonaises où le roi les avait placés, s'étaient retirés sor leurs terres de la province ^e Léon, en disant qu'ils y allaient faire une levée de troupes pour les amener ensuite avec eai. Au lieu de se rendre droit à Burgos, le roi, voyageant à grandes journées, comme tout prouve que c'était son habitude quand il avait quelque grande affaire à cœur, prit le chemin de Léon dans le dessein d'y surprendre et d'y faire prisonnier D. Pero Nufiez de Guzman, qu'un espion lai avait dit être poar lors dans un hameau à lui, au-delà de Mayorga, hameau (aldea) appelé Villila. Arrivé dans un lieu apparie nant à D. Pero Nunez, nommé Villa-Frechos, non loin de Villila, Pierre s'y arrêta quelques heures. Ge fut ce qui sauva quant à présent notre chevalier. Un écuyer particulier de D. Pero Nuûez, voyant prendre au roi le chemin du lieu où était son maître, comprit aussitôt que le rw venait poar le faire prisonnier ou pour le tuer, et dépêcha, par un chemin

^ É mando derribar todas las casas fuertes que avia Diego Pèrez en CasUUa.

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