Tome II
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^ntef.* Toumay et Anvers craignirent le sort de Vs^lenciennes ^ et reçurent dans leurs citadelles une force armée qui opprima les habitants dans Texercice de leurs droits civils , et de leur religioi)* J^es confédérés 9 ayant à leur tête le coQfite Brederpfle, présentèrent une seconde pétition. Mais la oonduite que tint leur gouvernante dans cette occasion leur prouva quel le moipent fevorable-ét^it paçsé : elle refusa de les admettre en sa présence^ et la ^evile réponse qu elle leur fit faire , fut , qu'en encourageant la révolte , ils avaient perdu le droit d'être écp\ité$.
Exaspéré par ce traitement , Brederçule prit tçs armes. La. Hollande révéra u^ chef qui dç$pep4ait de ses anciens comtes. Les protestants se r?i^nirei9it $ous son éten,dard ; l'approche des çôn[ite$ d'Aremberg et de Megpn, qui s'avançaient avec des forces supérieures, l'obligea à se retirer en Allemagne. Sia retraite parut anéantir les espérances des pro.Ëa$r tants. Le calme le plus profond succéda à la tem^ pête, et les seigACurs semblèrent rivaliser entr^ eui^ à qui donnerait le plus dç preuves de zèle ppur le roi, ' ^ pour l'église.
Si Philippe avait pu se satisfaire de la soumi^ipn des Pays-Bas , la prudence et la vigueur de la gpm* vernante avaient su préparer leur tranquillité ^t leu,r future obéissance ; mais l'esprit tyrannique et superstitieux du monarque le porta à croire que l'honneur de la couronne et la sûreté de 1 egUse exigeaient l'établissement du despotisme et l'extirpation
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de rhérétie. Guidé par de tels sentiments, il envoya ea Flandre le duc d'Atbe, à la iêbe d'une armée composée de troupes espagnoles , italiennes' et ailemandesv Sévère et implacable^ Albe était l^honiime f{uî convenait le mieux pour exécuter les volontés sanguinaires de son ma$tre : la nouvelle de sa nominadbn répandit la terreui^ et beffroi dans toutes les provinces. Le prince d'Orange résolut d'échapper aiix persécutions en se retirant en Allemagne , et voulut persuader au comte d'Egmont de l'accompa^ ^er dans sa fuite. Le trouvaitt sourd à sps conseils, îi, lui dit ces paroles mémorables : a Vous» serez le <c.'pont sur lequel le duc d'AIBe entrera dans les «fPay8*>Bas; et lorsqu'il aura passé dessus, il le. dértDtiiDa;.»:
La prédiction du prince 'd^Omage ne tarda pas à se vérifief . Le duc> d'Albe. entra dans Bruxelles et fit usage des pouvoirs extraordinaires' dont il était ^rmé. Sous le prétexte d'une conférence,, les comtes d'Ëgmo(nt et deHbm furâst invités à se rendre dans le palais du duc; ils y furent arrêtés et envoyés prisonniers au chfiteau de Gand.: La duchesse de Parme , gouvernantedes>Pays*£as9 désapprouva cetbe mesure arbitraire ; et! voyant que son autorité devenait nulle , par la. commission extraordihairé que le roi avait donnée aui duo , cette, princesse se décida à quitter un poste danS' l^tiel on avait blessé ses sentiments et insulté à sa dignité* Après avoir représenté à Philippe les fatales conséquencc^s qui résulteraient in-
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failliblement de son despotisme et de sa tyrannie, elle résigna la régence,: son départ laissa le duc d'Albe. continuer ses eiiécutions (i).
Tandis que d'Albe tyrannisait les Flamands, son maître faisait partager à sa propre famille les souf-^ frances de ses sujets. Don Carlos, fils aîné de Phi* lippe, prince de peu de capacité, et susceptible de passions violentes, fut accusé d'avoir voulu passer en Flandre pour se mettre à la tête des mécontents^ Ge projet, extravagant d'un jeune insensé devait exciter la""pitié autant que la colère die son père. Mais Tarae de Philippe était endurcie contre les phis tendres émotions. Don Carlos fut arrêté en sa pré^ «ence, dépouillé des marques de sa dignité, et renfermé étroitement. Conformément à la volonté de ce père inexorable, le tribunal de Finquisitton le {m*otionça coupable. Un voile obscur a couvert les derr ^- ^* tiiers moments de ce prince infortuné, et Thistoire ' n'a pu en révéler le secret.
Les Flamands avaient bien peu à espérer d'un monarque qui n'avait pas même épargné son fils. Une inquisition sévère avait déjà été établie contre ceux qui , pour défendre leurà droits , osaient résister à la volonté du roi : l'âge, le sexe, la condition, rien lie pouvait garantir delà hache du bourreau ; il n'y avait de salut que dans la plus aveugle soumission. Des juges avides dépouillèrent de leurs {^t'opriétés un
(i) Fam. Strada, de Belle Belgico, lib. i.
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grand nombrede ces malheureux flamands, et lesré* duisirent à la mendicité;les persécutions du duc d*AIbe furent teliesy que, dans l'espace d'une année, plus de cent mille personnes abandonnèrent leurs demeures et se réfugièrent dans les pays étrangers. Ils y portèrent leur industrie et leurs talents , et y firent fleurii:ces arts et ces manufactures qui avaient enrichi lea Pays-Bas : c'est ainsi que la tyrannie de Philippe ap' pauvrit ses états et fit refluer dans ceux de sçs. enne-, mis tout l'or que le commerce des Flamands attirait auparavant dans les Provinces-Unies.
. Le prince d'Orange avait échappé par la fuite aux pièges que lui tendaient ses ennemis ; mais ses biens avaient été confisqués, et son fils aîné, le comte de Buren, pendant qu'il suivait le cours de ses études dans l'université de Louvain , avait été arrêtât con-. duit à Madrid. Ses propres offenses et les maux quel'on faisait souffrir à son pays, forcèrent le prince d'Orange à agir. Soutenu par les princes luthériens, d'Allemagne, qui étaient touchés de compassioapour les infortunes de leurs frères, il fut en état de lever un corps considérable de troupes, pendant que les Flaniands exilés se rangeaient sous la bannière de son frère, le comte Louis de Nassau. Celui-ci, suivi de son frère Adolphe, entra dans les Pays-Bas. Le comte d'Aremberg, qui s'avançait avec un détachement d'Espagnols , trouva son adversaire retranché dans une forte position et sur une hauteur, ayant un marais' profond qui couvrait sa ligne. Il était disposer
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à ne point attaquer, mais les troupes demandèrent à grands cris qu'il les conduisît aux Flamands : une déroute complète fut le prix de leur témérité. Enfoncés dans la boue jusques aux genoux, ils restèrent exposés au Ceu de l'ennemi. La plus grande partie y resta; le coipte d'Aremberg, dans «ne charge trèsvive, rencontra le comte Adolphe de Nassau, et ils périrent tous deux par la main Tun de l'auti^e.
Peu après cet engagement , les comtes d'Egmont et de Horn furent appelés en jugement. Ils furent ac^ cusés d'avoir tenté de i*enverser l'autorité royale dans^ les Provinces-Unies. Leur défense prouva clairement qu'ils avaient au contraire protégé constamment les privilèges constitutionnels de la couronne , et qu'ils s'étaient efforcés de rendre à la religion cadiolique toute sJn influence. Ils réclamèrent les droits qu'ik avaient ,• comme chevaliers de la Toison-d'Or , d^être jugés par leurs pairs; mais ils plaidaient devant un tribunal qiii ne connaissait d'autre loi que la volonté d'un tyran, et ils ne furent pbint écoutés. Contre tQUt principe de justice, ils furent déclares coupables, et condamnés à ètve décapités. La comtesse d'E.gmqnt: implora vainement l'insensible Philippe , . elle eut; beai^ lui rappeler qu'il devait le sqecè&.des batailles d^ Saint-Que«^tiw et de Gravelines à la valeur d^ Son in^i^i, il futiaj^orable : le aoavenij:^ de la gljpi^;^. 4oqVçii\ a,v^it.çQuy^rt ses, 9Xme$- ne le tiour» chait pas plqS;.qu6'les largues et les prièi^es^ L'infcer*^ vçn,çiQn, de la cluqfeejSîije: dç Pariwe et de l'empeceur
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d 'Aileniagne flit méprisée; ce fut à Bruxelles que les comtes d'Egmont et de Horn subirent leur sort avec un courage digne de leurs premiers exploits. L'indignation du peuple éclata : il courut en foule au lieu de l'exécution , trempa des mouchoirs dans le sang de ces illustres victimes, et cria vengeance e^ mort au tyran et 9 ses satellites.
Le comte Louis de Nassau , après avoir gagné une victoire qui lui coûtait la perte de son frère, trouva son armée augmentée de treize mille hommes ; malheureusement les troupes allemandes commençaient à se mutiner pour avoir leur paie. Dans cette situation difficile il fut attaqué à Timproviste par le duc d'Albe,à la tête de quinze mille Espagnols, dont trois mille cavaliers. Une armée révoltée ne pouvait pas faire beaucoup de résistance; et le comte Louis, après avoir vu maçsacrer la moitié de ses soldats , s'échappa du champ de bataille avec la plus grande peine. Le prince d'Orange arrivait au même instant sur la frontière de la province de Gueldre; il publia un manifeste dans lequel il abjurait la croyance romaine, faisait profession de suivre la religion réformée, et déclarait que son but était de délivrer son pays. Bien qu'il eût appris la nouvelle des revers de son frère, il continua d'avancer , passa le Rhin et parvint jusqu'à la Meuse sans rencontrer Fennémi. Il aperçut de l'autre côté de la rivière le camp du duc d'Albe. Le général espagnol voulait empêcher le passage dé la Meuse, mais Orange trompa sa vigilance, et tra-