Tome II, to
f^6 HISTOÎRC
De toutes les puissances de l'Europe , l'Ânglet^en^e seule embrassa la cause des États. Convaincue |ie la haine secrète que Philippe avait pour elle, Elisabeth ; fournit aux sujets de ce monarquei de l'argent et d^s troupes : il est vrai qu'elle l'aâsurait en même temps que son unique dessein était d'empêcher les provinces de se donner à aucun souverain. Le i^oi d'EiSpagne, n'étant pas encore préparé j)our une n^pturç , \ parut se contenter de cette faible excuse (l)*
Philippe , cependant , était résolu d'agir avec yi* gueur. Il ordonna que les troupes espagnoles et italiennes retournassent dans les Pays -* Bas , sous la conduite d'Alexandre Farnèse ^ prip^^ de Parme. Après la jonction de ces forces avec les AllemaAds, don Juan attaqua l'armée des États à Gçmblpux. Cette bataille , qui ne coûta que dçux cents hommes aux Espagnols ^ fit. périr plus de trois mille Flamands. Don Juan réduisit avec la même facilité Louyain, Sichem et Nivelles. La fortune lui fut nioins favorable sur les bords dqi Diemar. Contre l'avis du duc de Parme , il attaqua le comte de Bossut dans ses retranchements , fut repoussé , et perdit un nombre considérable de ses meilleurs s<^dats. Ne se trouvait plus en état de soutenir le choc des troupes qui étaient prêtes à fondre sur lui , il se retira à Namur jusqu'à l'arrivée des renfort^ qu'il attendait d'Espagne et dltalie. Philippe , devenant de jour en jo\ir plus
^^^^^^l^'^^^^^^^mmi^^^mmmmÊÊm i m u i ■ n ^By^^^w n ^— ■■■■■■■ nl^— ^ ■ ■ ■ ■ ■! ■ !■ I I I P^i ^ ii ■ ■■■■■■■■I ^ ■■ !■■■■■ Il* III
(i) Cambden, p. 466.
jaloux de TaipHtion dfi 4on Juan , coifiinençai^ h^ çf2Liudr.ç qu'il n'aî^pir^ à I^ soi^veraixieté dt^sfaj^Sr B'4^. Il fit s^i^pep4reJla loarçhe 46s troupes q^Hl ^ypyait en Flandre : don Juan .apprit en xnêf^p jtepif s que .son seçriétairç îjpitiipe , IjscoYeidp^ ^yait été a?.^f^ssipé à Madrid, Il w J.iii iyï pas difQ^^Ie d|e. ^, p. 4^yij>,er xjupl était, l'^ptpi^r dç ce crispe. I^a jçnçff .dç 1578. dpp Jiian d'^utpiçlie , qui sirrÎTa peu àprèjs , a, éJiç ^ttribijfe au ppispn par quelques jûç^^priens ; cepçpd^ ,qette çjuppoç^^ion ne vjepos^^ que, ^ur djes truit» sç>^rd3. qj^'aqqiwç preuve ne ^cqi^fipma : ce. priiQiÇe. était ajo^'s (^ns ^ trente -4e;vxjèmjç anné?,-^ Il çst c^.t;aiin qu'une ^yre te;i:;^ina f^ .Ç9friè)rçj et il e^t pfpb^le qi^ ^ maladie fat fiauséç pjar .Ve^s;t^çfl^e ^gitJ^tiqxi d'p^riit ^[u'il éproijiva e;i yDyan;t tojitf e? p,ç& e?péra?;ices ïienver^^é^Ci). .. . ,,.jjf
Sa roôrt fit qqnfier )a régejç^fe dç» Paya r Baf jçw, pri|ice;4e:P9^©? Ale?^?«drç F!arnès|e,^.cçttç,e|ipqu^ l'état fçffrayaixt de$ altaire^ de cç^ prpyÂAÇe? eî^i^geîli!i^ tput le wur^ge ^t tQiisi les taleuits d'ui;i tel i^ouver.T oeujc, ÇWles J^7 J^oi de France, ayait enepuraggl sqp frèjçe^ |^ ,dup d'Anjou, à .tç^^ter de se Uj^/çf^ t^t, ÇQpjïj^îtj:^ roi ,dqs Pfiys-Pas , ^pérapt par 1^ ,i^e 4é-i b^ra;sser des i^pirits turbulent^ et; inquiets qj^ ^i^^ ^^çig^ien}: ,çopçt^^n;rïf^fl,t de trpubj^er je repos. djp ?pfl
(4) Sti»4a »ltni^iiefia jatoi»i&<dl9 Bbiiippe aux artifnsfiRjfa pri^cç 4*Prang^. Yoy^z If ,d»4tail 4^ jf^nw^rj <^e I(9ia.,^^VlR* daiisFam. Strad.deBell. Belg. ist.
l48 lilSTOIRE
royaume. Le dac, avec un. corps de troupes assez considérable ; était déjà campé dans le voisinage de Mons , et avait pris le titre de protecteur des Pays- Bas, pendant que quarante mille Allemands , sotis la conduite du prince Casimir, avaient passé le Rhin et la Meuse. Les dissensions et les jalousies des Flamands et de leurs auxiliaires it^ndirent inutiles des apprêts aussi formidables. Les Français et les Allemands se retirèrent ; et le prince de Parme réduisit Maestricht, après un siège de trois mois. Profond diplomate et génét*al habile, Alexandre Farnèse, par ses négociations et par ses armes , et surtout en évitant adroitemehtde favoriser l'un ou l'autre parti, conclut un ti-aitéavec les provinces méridionales, qui rentrèrent dans l'obéissance , à la condition que les troupes espagnoles et italiennes quitteraient le territoire des Payls-Bas. Philippe acquiesça d'autant plus volontiers à cette condition, qu'il méditait alors d'autres guerres. Le prince d'Orange cherchait à cohtrfe-balancer cette défection d'une partie si considérable des Pays-Bas, par uii iiouveau traité de Confédération perpétuelle entre les provinces sepfêhtrionales : cette confédération se nomma union d'Utrèch , dui lieu où elle avait été signée. Les enlîfà'ves que les soupçons des protestants suscitaient au prince, et l'impatience de Philippe qui voulait soutenir par la forcèi des armes ses prétentions à la côurbnne dé Portugal , firent entamer des négocia-
d'kspagne. j49
lions que Philippe rendit infructueuses par son. inflexibilité à l'égard de la religion.
Tandis que le roi d'Espagne perdait les Pays-Bas par son imprudence et par. une rigidité de dévotion mal entendue , son heureuse fortune et la valeur de sçs troupes le rendirent maître du Portugal et des vastes établissements que, ce royaume ^vait en Afrique, en Asie et dans l'Amérique méridionale (^i). Sébastien y roi de Portugal, ayant passé en Afrique pour soutenir les droits du roi de Maroc Muley Mahomet expulsé du trône par son oncle Mu}ey Maluc, avait péri dans un combat, ainsi que les deux rois maures. Son grand oncle, le. cardinal Henri, avait été son successeur immédiat; sqi^ âge et ses infirmités ne lui avaient pas per^li^s de conserver long-temps le sceptre, et ^^près q^ règne qui ii'avait pas duré une année, il était mort sans fairç un choix sur les divers prétendants au trône.
Parmi ceux-ci, Itîs 4)rinc^^$^ux pétaient Philippe,, roi d'Espagne; la duçhes^se de Bragance; le duc- de Savoie ; et don AfXtQi^ÎQ, prieur^dç Qratp; toqs petits- 'fils d'EnianueJirliBrG^ai^d , père de Henri- Le droit de primogéniture favorisait la, duchesse de Bragance; mais le$ lois. d'E^pagqçi douaient, à un degré égal
■' ■■y if -'■■■* ■ ■ ' ^ ' Mii ■ ' ■■ J Vn ■i.i ' i* ■ ! ■ p ' ■ ' ■■ ! ■■ ' » ■■ ' •
(i) Les Portugais, outre le Brésil qu'ils possédaient en AmériqBe^ étaient maktiesf'de toute la oôte d'Aftiqué, depuis, le détroit de GibraU^r juGqoes à celui de Babel-Maiir deU ^t des places maritimes des bides et des îles orietitalea.
ièo HtSTOlB£
de patenté ^ là pWîttréndè aux homrtièk. Phill^ipô et le duc de Savoie descendaient de la Hghe fémihiiie , et le droit de pHmogéhitaré appartenait au pfêfiïiîer. Ddn Ahtottiô ^ ainsi qùte la duche!sse dé Ëfagaiiicé , descendait de la brknclié inasWilîné : toutefois lé marlage dé son père^n Ldùi^ ti*ayànt paé été ^ecôhnU, H «avait été déclaré illégftiinë. La valièùi* réelle <ïé leurs tîtiies fut , il est Vrai , dfe pfeu d*ihi]polrtaûéè > Philippe était lé jJltfs jpuissant de tôu^ leà côn^ût-rèûtâ , et, même àvàtit lâ inbrt de Henri, il avait prh \éé tiiesurés les plus J)rdptei!s â lui 'asâuret* la succession. Sous le prétéite d'une 'guerre 'prochâîiie contre le Toi de Maroc , il avait équipé utiè ilôttè considérable et levé de «ombreux corps de ti'oujiès en Eispàçné et en Jtalië.
IjèsPdrtti^âis'àvaiént eh avetsibh et îâ domination 'dé l'Espagne et îè caractère dfe Philippe; et quoique le duc de BWgancé n^os^ s'oûtërii^ léè droits dé sëfl épouse cdntjte'-àti Itéî ti)ftipAitéU'r, le prieur de Ùrà^ Hë fiK ^'rlétenii pat tîè^éittblabfek icrâihtesl Ahloiirô tt^éàt ^p^as jilûs tôt dé^bjr^ fetm étendard, que lës4*oW:iigàîs s^ réiiriîreikt enfoûîêvli jftit proclamé rôl 'dans t.îa>6nùè^d}i atièràtiïàtîito'àu pèùpïè* * ^Qtièiqtle le 'due 'd'Mbë fât âloî^ en disgrâce ei exilé de la cour-, à cause 4'une-4fitrigue que son iiis avait eue avec une des femmes de la reiue^ Philippe eujt i:ecours >à. sa fidélité prouvée et à ses taltents, ^w-^'as&irer le trone de PoU^ttt^al. L*âfiAbiliôn âû dtic 4ui fit 'étoitififet- soft reissèntimént ; et bien qu'il
d'espagnj:. i5t
fût courbé 'SOU» le poids des aimées, il prit lecoiamandement de l'armée. Deux batailles décidèrent du sort du Portugal : dans la première , le duc d'Albe commanda en personne; les Portugais étant rompus par les attaques vigoureuses des vieilles troupes d'Espagne j perdirent trois mille hommes , et Lisbonne se soumit aussitôt au vainqueur. Le second engagement eut lieu sur les bords du Douro : don Sdâcfaè d'Avila , à la tête d'un fort détachement espagnol , y défit don Antonio qui avait armé à la hâte une troupe de paysans. Antonio s'échappa pendant la mêlée et vint se réfugier à Yiani : il s'embarqua peu de temps après sur un bâtiment marchand ; repoussé dans le port par la tempête, il se déguisa en matelot , et se déroba ain^i aux poursuites de ses ennemis. Philippe mit sa tête à prix ; huit mille ducats devaient être la récompense de celui qui la lui livrerait ; mais , soit par aversion pour le gouvernement espagiiol^ soit par attachement pour ce prince infortuné, aucun Portugais^ bien qu'Antonio restât caché danà le pays pendant plusieurs mois , ne se laissa séduire , et ne voulut trahir son prince et le Jivrer à son adversaire.