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contre lui. Les sorties des assiégé$ furent répoussées; des précautions et des travaux convenables firent manquer Teffet des mines et des machines de Giambelii , célèbre ingénieur italien. Les confédérés s'avancèrent au moyen de leur flotte pour détruire le pont; après un combat sanglant, ils furent obligés d'abandonner Tentreprise et de laisser Anvers à son sort. Les provisions étant épuisées, et tout espoir de secours étant ravi , la ville se rendit par capitulation ; elle fut préservée du pillage en payant une contribution de quatre cent mille florins , pour satisfaire aux besoins des troupes victorieuses. Le prince de Parme trouva dans le port d'Anvers une flotte considérable ; cette flotte fut pour lui d'une trèsgrande importance, puisqu'elle lui donnait les moyens de combattre les escadres des provinces maritimes , qui, depuis si long*temps, insultaient le pavillon espagnol.
Iji marche rapide du prince de Parme donnait aux États les plus vives alarmes ; ils sentirent de |)liis en plus qu'il leur était impossible de se défendre contre l'Espagne sans le secours d'un prince étranger. Dans cette epLtrétmité, entourés de difficultés et de dangers, ils pfirirentja souverfiineté de leur pays à Henri IIL, A cette époque, la fameuse ligue des catholiques, dout le duc de Guise était le. chef,, avait conclu avec Philippe II un traité d'alliance offensive et défensive qui menaçait le trône de Henri. En acceptant la souveraineté des Pays-Bas, ce prince
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i^urait occupé tout à la fois ses sujets turbulents et les forces du roi d'Espagne. Trop faible pour hasarder une xnesiure aussi décisive, il refusa, contre l'avis de François de Noailles, cette proposition avantageuse (i). Les États entamèrent de nouvelles négociations avec la coui; de Londres , et la souveraineté des Pays-Bas fut offerte à Elisabeth. De gpinds débats s'élevèrent à ce 3ujet dans les conseils de la reine. Les opinions de ses ministres étaient partagées; la politique adroite d'Elisabeth lui fit adopter un parti mixte qui empêchait les Flamands de retomber au pouvoir de Philippe , et ne l'obligeait ppint à accepter une souveraineté qui eût excité la jalousie de ses voisins. Elle convint de fournir aux États une armée de cinq mille hommes d'infanterie et de mille cavaliers (2), sous la conduite du comte I^icester, dont les talents et les grâces personnelles lui avaient mérité les faveurs de sa souveraine , mais qui ne possédait aucune des qualités nécessaires pour commander une armée.
Leicester fut reçu dans les Pays-Bas avec les plus jS6S grandes démonstrations de joie , et comme si le p^ple eût pensé que sa présence était le gage cer-
{i) Le président Hénault condamne la faiblesse de Henri , qui lui fit refuser la souveraineté des Pays'-Bas. Hén. Abr. chron. an. i584.
(a) Rymer's Ewd. , tome 1 5 , p. 801 .
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tain de la délivrance des provinces (i). Lès Flanfiaridà ne tardèrent pas à s'apercevoir (co'rabieiî ils s'étaiéiit trompés. Le prince de Parme pril Venlo et ISTuys , et investit Rhimberg. Une actîob entre Vavant-garde des Espagnols et le^s Anglais, fut rfendtie célèbre par la mort de sir Philip Sidney : les côtifédëréknéclairièreht l'honneur de la victoire, mais ils furent Bientôt contrainte à fuir devant te j^riricè de Pairirië. Par une confiance trop prématurée, lés États avaient conféré au comte de Leicester la dignité de gouverneur-général; la manière dont il re'mpltt les fonctions civiles et militaires 3ôrit il était chargé, rie répondit pas à Fattente publique. Là joîè que soÉI arrivée avait excitée fit place aiix murmures, (!t lé comte, fatigué de ces îclà'nietirs, s'émbarqu'a pd/rf l'Angleterre (2). Les Flàniands ,' persuadés qliéleui'S dernières espérahces reposaient slir Elisabeth, Cbhsentirerit de nouveau à recevoir ison favori. Letdéijéfeif revint avec de nombreux renforts et suivi d'iihe coilk* brillante. La détresse de Sluys,âssiégéè par leprîKÊë àfe Parme, k^pelà râttéhtioii du général anglais. Leicester, à la tête d^uiie armée au ifaBliis égal^'èii hombt'e à celle des assiégeants , s'avança viérs Snkyis : lorsqu'il vit Famèse marcher à sa rencontre pour
(t) Cfàmbden, p. Î5ii.
(a) La dignité de gouverneur et de lieutèn'ant-général tut conférée au comte de Leicester contre les intentions d'Elisabeth. Stow, p. 712.
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lui livrer b&UiUe , il rétrograda et abandonna Siuys, l^es jis^bitants obtinrent de 1^ générosité du prince 4e Parme une capitulation plus favorable qu'ils ne pouvaient Tespérer. Découragés par le mauvais succès des armes de JLieicester, les E^tats eurçnt à redouter ^^s. ajctifices : la jalousie du prince Maurice excita peut-être les soupçons qu'ils formèrent s^r la conduite du comte. 11 fut accusé d'avoir travaillé sourdûment à supprimer le conseil des États, afin d'augmenter son autorité. On découvrit un complot qui devait le mettre en possession de la ville de Leyden : le$ conspirateurs furent condamnés et exécutés ; ce projet criminel détacha entièrement les États du pajrti de Leice§ter. Il résigna son titre de gouverneur, et lut rappelé par Elisabeth, qui fit cUoix.du lord WUlougbby pour commander les troupes auxiliaires anglaises dans l^s P?iys-Bas (i). La dignité de gouverneur et de lieutenant-général fut' conférée au prjnçç Maurice.
Ce p'çtait pas en Flandre seulement que la rein^ d'Angleterre attaquait le pouvoir de Philippe : elle avaijt porté la guerre dans les parties les plus éloignées et les moins défendues de ses domaines. Le célèbre sir Franciç Drake et le général Carlisle, avec une flotte de vingt-deux vaisseaux, surprirenjt les étal;>lis3ements espagnols dans les Indes Occiden-
(i) Rapin, vol. ^, book 17 > p* i34. et i35.
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taies (i). Drake pilla St-Yago, St-Doittîngue, Carthagène, et détruisit les villes de St-Anthony et de Ste-Hélène, sur la côte de Floride. Les richesses qu'il rapporta dé cette expédition excitèrent parmi ses compatriotes le goût des courses de mer.
L'ambition de Philippe avait été satisfaite par la conquête du Portugal, et il ne doutait point qu'il ne. vînt à bout de réduire les Pays-Bas. Les mesures d'Elisabeth excitèrent son ressentiment , et il résolut d'accomplir ses vastes projets par l'invasion et même, s'il était possible , par la soumission de l'Angleterre. Pendant trois années consécutives ses domaines retentirent du bruit de ses apprêts immenses. On construisit dans les ports de l'Espagne, du Portugal , de Naples et de la Sicile , une flotte qui , par la grandeur des vaisseaux , fut la plus formidable qui eût jamaisi paru sur l'Océan. Elle consistait en cent trente vaisseaux de guerre , ayant à bord 19,^295 soldats, 8,45o matelots, 2,088 galériens, et portant 2,63o pièces de canon (2). Le marquis de Santa -Crux fut nommé grand -amiral de cette flotte qu'on appela l'Invincible Armada , nom qui exprimait les brillantes espérances de Philippe. Ce prince se flattait que la conquête de l'Angleterrre serait le prix de ses efforts. Mais pendant que la flotte se préparait à mettre à
(i) Cambdeil, p. $09. Hallingsh. p. 1401.
(a) Stripe's Ann. vol. 3, p. 5 19»
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la mer , Elisabeth , instruite de sa destination , en-^ voya sir Francis Drake avec une escadre sur les côtes d'Espagne. L'amiral anglais se dirigea sur Cadix et brûla dans ce port plus de cent vaisseaux cliargés de vivres et de munitions de guerre, et deux galions qui rapportaient des marchandises précieuses. Il détruisit ensuite plusieurs vaisseaux espagnols à l'embouchure du Tage; et se portant à toutes voiles sur les Açores , il captura une riche caraque qui revenait des Indes Orientales (i). Ces pertes obligèrent Philippe à différer jusqu'à l'année suivante son expédition contre l'Angleterre.
L'invincible Armada mit enfin en fner : la mort ,533 du marquis de Santa-Crux avait fait donner le coriimandement au duc de Mcdina-Céli. Les instructions que l'amiral avait reçues lui enjoignaient de faire voile vers la côte des Pays-Bas où le duc de Parme devait s'embarquer avec trente mille hommes (à) , et prendre le commandement de l'armée. Ils devaient ensuite gagner l'Angleterre et faire stationner la flotte à l'embouchure de la Tamise , afin qu'elle pût seconder les opérations de l'armée qui devait marcher directement sur Londres.
(i) Cavendish, un autre commandant anglais , ravageait, à cette même époque , les côtes du Chili et du Pérou. Rapin's Hist. of Ëngland, vol. a, book 17 , p. i34.
(a) Cambden porte l'armée de Parme à cent trois compagnies d'infanterie et à quatre mille chevaux. Cambden , p. 543.
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Tel était le plao dç cette importante eEpëditîon, Elisabeth et ses ministres, voyant Tétendue du péril qui menaçait l'Angleterre , avaient préparé , avec la plus grande dili|[ence , tous les moyens de défense, JuSi flotte anglaise , inférieure par le nombre et piu* la force des vaisseaux à celle des Espagnols , fut commandée par lord Howard d'Effingham , grandamiral d'Angleterre , qui eut pour vice«amiraux Drake , Hawkins et Forbisher , tous hommes de mer d'un talent éprouvé. Lord Henri Seymour^ officier distingué, croisa près des côtes de Flandre avec quarante voiles anglaises et Flamandes, pour empêr cher l'embarcation du prince de Parme. On rassembla la milice des comtés ; les forces régulières , qui montaient à peine à quatre-vingt mille hommes^ furent réparties sur les points qui parurent le plu3 menacés. Le conseil des ministres, craignant qu'il ne fut impossible d'empêcher le débarquement d'une armée composée des meilleures troupes et commandée par le .plus habile général de l'Europe , résolut de dévaster le pays à mesure que les Espagnols avanceraient , afin qu'ils ne pussent trouver d'autres provisions que celles de leur flotte.
Pendant que le cabinet de Londres concertait ses moyf^ns de défense , l'Armada sortit du Tage le 129 mai i588. Une violente tempête la dispersa quelques jours après. Les vaisseaux se réunirent dans le port de la Corogne; on répara leurs mâtures, et le duc de Médina -Céli remit en mer le
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.1 a jifiliet. Il ût voik vers h Manche , y ^ntra le |6, dépassa le 20 la flotte anglaise qui le suivit et lui euleva quelqi^es vaisseaux. Le 23, la vent ayant tpurné au nord, l'Armada portai sur la flptte anglaise, et il y eut un engageaient très- vif. Les Espagnols, malgré la supériorité du nombre de leurs vaisseaux, ne remportèrent aucun avantage. L'amiral espagnol pressait le prince de Parme de faire embarquer ses troupes et de venir prejadre le conimaQ^ement ; maïs cette mesure était impossible : la flotte était mal pourvue de vivres; plusieurs matelpts avaient déserté, et les escadres anglaises et hpUand^ises étaient placées avantageusement pour empêcher le prince de Parme de rejoipdre l'Armada. L'amiral espagnol fit approcher sa flotte des côtes de Flandre afin de protéger l'embarcation du prince et de son armée à Dunkerque et à Nieupprt. Le 5^7, l'Armada jeta l'ancre près de Calais : Içs Anglais suivirent à portée de canon ; ils furent rejpin.ts par .un gi^nd nombre die vaisseaux qu^ de^ particuliers avaient armés , et Içur flpttje fut portée à cent quarante voile^. Ils laiv çèrent, pendant la nuit, huit brûlots au milien de l'escadre espagnole qui coupa aussitôt ses câbles , et gagna le large pour éviter le danger. Le duc de Médina-Céli avait donné l'ordre que chacun de ses vaisseaux revînt prendre sa position dès que les brûlots seraient éteints; ses signaux furent mal cpq[ipris , et la flotte resta dispersée. Une partie gouverna au nord; l'autre , repoussee sur les côtes de Fiandi^e,
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fut exposée à échouer sur les sables , et reçut le feu continuel des Anglais. Plusieurs vaisseaux espagnols furent démâtés, et deux galères furent prises par les Zéelandais.Unvent nord -ouest chassant les Espagnols sur la cote de Zéelande , les mit en danger de faire naufrage ; les Anglais abandonnèrent leur poursuite. Un vent de sud-ouest délivra les Espagnols. Le duc de Médina-Céli , convaincu qu'il ne pouvait exécuter les instructions qu'il avait reçues , se détermina à diriger sa route vers le nord , pour tourner autour des îles britanniques, et revenir ensuite en Espagne : une'partie de sa flotte avait déjà pris cette direction. Les Espagnols , dans cette navigation longue et pénible, coururent de grands dangers et firent des pertes considérables. L'amiral anglais les suivit jusqu'à la hauteur d'Edimbourg, et les laissa poursuivre leur course. Près des Orcades, une tempête les dispersa et submergea plusieurs de leurs vaisseaux. Dix-sept bâtiments échouèrent dans les sables sur la côte d'Irlande. Enfin , après avoir perdu la moitié de ses vaisseaux et plus d'un tiers de son équipage , le duc de Médina-Céli arriva en Espagne vers la fin de septembre , ne ramenant avec lui que soixante vaisseaux , seuls débris de Tinvincible Ar*mada. Philippe cacha son dépit sous l'apparence d'une pieuse résignation, et remercia Dieu que le mal n'eut pas été plus grand (i).
(i) Pour les détails de cette expédition, voyez Strype's Ann. vol. 3^ Cambden, p. 543 ~ 549*
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Telle fut l'issue de Tune des plus célèbres expéditions dont l'histoire fasse mention. Ce revers porta un coup mortel à la puissance maritime de l'Espagne. Les Anglais prouvèrent bientôt qu'ils savaient aussi bien attaquer que se' défendre. Ils croisèrent sur les côtes de la Galice et du Portugal , insultèrent Lisbonne, brûlèrent Vigo, et interceptèrent souvent les gallions qui revenaient chargés des trésors du Mexique et du Pérou. Depuis cette époque, l'Espagne perdit cette supériorité qui lui avait donné l'empire de l'Océan , et l'avait rendue la terreur de l'Europe.
Le prince de Parme éprouva bientôt les effets de cette entreprise désastreuse dans laquelle Philippe s'était engagé contre son avis et malgré ses remontrances. Le manque d'argent paralysa ses opérations. La trahison de la garnison de Gertrudenberg le mit en possession de cette ville ; ses tentatives sur Bergop-Zoom échouèrent, et il fut repoussé des murs de Romersval et de Heusden. Le mauvais état de sa; âanté Tobligea d'aller prendre les eaux de Spa : à son retour, Tarmée, qu'il avait confiée aux soins du comte de Mansveldt, s'était révoltée. Les soldats demandaient avec des cris menaçants qu'on leur payât leur solde : le prince chercha à les calmer en leur faisant distribuer le peu d'argent qu'il avait , et leur promettant, à l'avenir, plus de régularité dans leur paiement. Ce ne fut pas la seule contrariété que le prince eut à éprouver. Breda, l'une des plus fortes villes du Brabant, fut surprise par quelques soldats
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(]ui^ s'étant cachés dans uu bateau en apparence chargé de tourbe ^ s'iiiitroduisirent dans la place 9^^ milieu de la nuit, pendant que la gariûson étaif enivrée et endormie.
Le roi d'Espagne , bien qu'il ne pût réduire $es sujfits révoltés, ni protéger ses côtcjs pt ses nombreuses colonies coutrp les attaq^es dçç Anglais ,.n^éditai^ cependant de nouvelles conquêtes , et ses désira ambitieux aspiraient à la couronne de France. Henri III venait de tomber sous la main d'un assassin : les catholiques refusaient de reconnaître pour souverain le roi de I^avarre, héritier présomptif, mais prince protestant. Le vieux cardinal de Bourbon fut proclamé roi dans Paris par le duc de Mayenne qui avait succédé au duc de Guise comme chef df la ligue ; les membres les plus violents de cette coa^fédération ne s'étaient prêtés qu*à regret à cette nomination,et ils encourageaient en secret le roi d'Espagne à prétendre à la couronne*
Philippe ne sut pas résister à l'espoir flatteur de monter sur le trône de France , ou du moins d'y placer sa fille aînée Isabelle. Trop prudent pour avouer ses desseins , il se borna à prendre pour le moment le titre de protecteur de la ligue. Le roi de 5qo. Navarre ayant, défait à Ivry le duc de Mayenne, avait investi Paris. La mort du cardinal de Bourbon arrivant dans ce moment critique, Philippe envoya l'ordre au prince de Parme de conduire , en toute hâte ^ son armée en Fr?ince , et de fai^e les effort^ les plus
vigoureux pour délivrer la capitale. Le prince chercha à le dissuader de ce dessein en lui répréserîtailt les dangereuses conseq^uencéà qui pourraient résulter de l'absence de ses troupes dans les Pays-Bas , et l'ihcertitnde des avantages qu'il espérait retirer dé là ligUe. Ses remontrances ferrent inutiles : Philippe ne changea rien aux ordres qu'il aVàit donnés; le duc dé Parme quitta Bruxeflek à là tête de dix-Sept
mille hommes de vieilles troupes , et s'avança sur
Meaul f)rès Paris. Par ses habiles manœuvres, il sut
échàp{iér à là vigilance de Henri : il fit sauter prés-
qîië à sa i^ûe les riiui^ de Làgny, prit St-Maur et
eharentcrti •, <it vint aii Sécdtirs dé la capitale.
Apriès' ce& sûccèfe , le pHiice dé Parme eniporta Corbélîl d'assaut : voyant que te duc de Mayenne et les auttes chefs de la ligue âvâieiit conçu dék îsoûpçohs "silr les {)rojets dfe Philippe, il fee détermina à retourner eh Flandi*e. Toutefois voulant etripêchér que lés catholiques ne fussent àccablés\, il laissa' silc mille hommes pour soutenir la ligue, et ^è mît en marche avec le reste de son armée. La saison avancée, le mauvais état àès routes , et la poursuite de Pènnemi , ^réiidîrbnt la retraite extrêriiément diflSiinè. La supériorité de soii génie sui^tiïôiïta tous les obstacles î 'sofa ârnëre-giàrde fat constamment harcelée par Henri dîôHfàvarré; tnâis le pdys fut recdniiu àVec sôîn par sa 6â Valérie légèire, et, chaque niiit, son càttip -fut .assuré par des l'etranchements.
Lé princfe de Parme eïfectùa habilement et près-
que sans perte, sa retraite jusques en Flandre. A son arrivée, il trouva que son absence avait produit tous les maux qu'il avait prévus. Les troupes s'étaient mutinées pour avoir leur paie; les villes importantes de Zutphen, Deventre, Hulst, Nimeguen, avaient été surprises par le prince Maurice. Avant que Farnèse eût pu arrêter les progrès de l'ennemi , la détresse de la ligue et les ordres positifs de Philippe le forcèrent de revenir en France.
A. D. A son arrivée dans ce royaume, vers la fin de 1591. décembre, il fut rejoint par le duc de Mayenne : le premier objet des armées combinées fut la délivrance de Rouen, alors assiégé par lefoi de Navarre. Henri, impatient de se rendre maître de cette ville , atjtaqua l'avant-garde des Espagnols. Dans ce combat, qui eut lieu près d'Aumale, Henri fut défait : la plupart de, ses troupes furent tuées; lui-même fut blessé et ne s'échappa que difficilement. Le prince de Parme , par ses manœuvres, obligea deux fois Henri de lever le siège de Rouen , et se rendit ensuite maître de. Çaudebec, situé au confluent de la rivière d'Eu avec la Seine. En faisant le siège de cette place ,' le prince de Parme fut blessé au bras d'un coup de mousquet; il était à peine rétabli, lorsque Henri s'avança à la tête de toutes se3 forces , pour attaquer sa positipn. Famèse ne vit d'autre moyen de l'éviterque de passer de l'autre coté de la Seine. L'entreprise parut im-» possible au duc de Mayenne et aux officiers les. plus expérimentés; l'esprit audacieux et inventif du prince
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de Parme lui suggéra les moyens de surmonter les obstacles qui s'opposaient à son passage. Il fit venir de Rouen un grand nombre de bateaux et de radeaux: les inégalités du terr^^in dérobèrent ses mouvements à l'armée dé Henri. Profitant d'un brouillard épais ^ il fit défiler son infanterie , l'artillerie et les bagages , sur le pont de bateaux établi sur la riyière de Seine ^ pendant que sa cavalerie menaçait les retranchements de l'ennemi : aussitôt que l'armée fut arrivée suir l'autre rive , la cavalerie passa le pont au grand galop ; deux batteries protégèrent son arrièregarde (1). Henri se vit enlever ainsi la victoire dont il s'était flatté. Le prince de Parme continua sa retraite et retourna dans les Pays-Bas; mais là^ l'aspect des affaires était sombre et menaçant. Ses finances étaient épuisées; l'esprit de révolte gagnait de jour en jour dai^s l'armée ; et ses ennemis agissaient de concert et avec vigueur. La maladie et le chagrin, achevèrent d'épuiser le peu de forces qui lui restaient : les fatigues de quatorze campagnes successives avaient ruiné sa santé ^ et sa mort priva le roi d'Espagne d'un général dont les talents et la valeur oyaient rendu à la couronne une grande partie des Pays-Bas, L'histoire impartiale reconnaît Alexandre Famèse, prince de Parme, pour le plus grand
(i) Suivant jqnelquesiëcHyains, cette retraite fut favorisëe pwr> le marédial de Biron, jAénault, Abv, Chroiu a«. iSga,
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général de son siècle : sa mort porta un coup fiità) aux projets aihi»itiéux que Philippe avait formés.
L'Espagtie s'ouffrait autant que lès Pays-Bas de la tyrannie dé ce monarque» Don Antonio Perez, qui avait été rinstrumetit dont Philippe s'était servi potit* assàfssiner Escôvedo , dévint le rival de son souvei^in dans une intrigué antoûreuisé avéè Anne de Mendoza, princesse d'Eboti. Phflippe, par des métaées secrète^;, fît intenter uh procès à Peré^ par la veuve et les enfants d'EscoVe(fb. Perez trouva lé moyen de s'évûtAet de sa prisôïi, et se réâigia en Aragon, son pays natàl^ espéraiit profiter dès privilèges particuliers de cette province : il en appela au jUfetiîiia et fut assut'é d'un jugement impartial devant le tribunial 'die ce màgisti*at suprême. Philippe méprisa cette àiftôrité : on força là prison du justizia, à Saragosse, et don Perez ftit enîevé par le marquis d'AlmenèJr. Cette violation de leurs privilèges excita une insurrectioù générale panùl lés habitants de SàragosSe : don Perez fot airraché des mains déà iûquisiteut^ et remis dans la prison du justizia : 'lé marquis d^Alménar fût blt?Ssé môrtéflemeht dans le tumiïlte.
Les hommes de loi de Saragosse reçurent Tordre tfékaiiiiùer cette afiaire : soit qùlls eussent été Corrompus bu intimidés par ï^hilippfe , ils déélàrèrêfnt que, puisque le prisonnier était accusé d'avoir -une correapondaiM» .avac les hérétiques de Fi:;ance , TinqiHBitîon seule avait^ le droit d'en prendre «connaissance. Méprisant leur décision, le justizia persistait
à garder son prisonnier. Lç vice-roi rassembla les officiers de l'inquisition , entra de force dans la prison d'état, et saisit don Pere2\ dans le dessein de l'emmener à Madrid. Le peuple se souleva une seconde fois et délivra Ferez, qui, profitant d'un moment favorable, pasàa en France.
Pour punir cette désobéissance, Philippe ordonna à' Alphonse Vargas de marcher contre Saragosse. Les Aragonais, encouragés par les exhortations du Justizia , se préparèrent à se défendre. Us n'avaient pas de chef; la rapidité de la marche de Vargas ne leur permit pas de faire de grands préparatifs, et ce gé, néral ne rencontra presque pas d'opposition. Il entra dans Saragosse et saisit le duc de Villa Hermosa , le comte d'Aranda et le Justizia. Les deux premiers furent envoyés prisonniers à ^ Madrid : le Justizia fut mis à mort sans aucun jugement. Ses biens furent confisqués ; ses maisons furent rasées ; et on fit une proclamation qui menaçait d'une thème punition tous ceux qui oseraient s'opposer à la volonté du souverain. Les formes constitutionnelles étaient encore souffertes , mais le pouvoir absolu de la couronne tétait seul fermement établi. Le palais de l'inquisition, à Saragosse, fut fortifié , afin de tenir lieu de cita-
délie, et on mit une forte garnison dans cette ville, pour effrayer et contenir les habitants.
Tandis que Philippe méprisait aussi ouvertement les droits de ses sujets , il prodiguait leur sang et leurs richesses dans de vains efforts pour réduire les