‹ Histoire d'Espagne depuis la plus ancienne époque jusqu'a la fin de l'année 1809Chapitre 21 sur 57 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

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tous les individus sans aucune distinction, de donner leur argenterie pour être convertie en monnaie. On ne put cepetodant faire exécuter cet acte arbitraire : le clergé s'en plaignit comme d'une attaque faite aux privilèges de l'église : les nobles le considérèrent comme un empiétement sur le droit de propriété; et Philippe et son ministre furent obligés de renoncer à cette mesure.

Le duc de Lerme, contrarié de ne pouvoir se procurer par ce inoyen l'argent qui lui était nécessaire, adopta un autre expédient dont on s'était servi fréquemment sous le règne de Philippe H. Il engagea les remises que l'on devait recevoir d'Amérique : obtenant ainsi une somme considérable, il leva en Italie de nombreux corps de troupes. Le duc voulait signaler son ministère par quelque entreprise brillante : la réduction d'Alger et la conquête d'Irlande fiirent les objets de ses préparatifs. Ces (Jeux entreprises manquèrent. Dix mille soldats embarqués sur soixante - dix galères , atteignirent les côtes d'Afrique; mais une violente tempêté empêcha leur débarquement , et la flotte maltraitée regagna , avec beaucoup de difficulté, les ports de la Sicile. L'expédition d'Irlande consistait en dix vaisseaux de guerre et six mille Tiommes de vieilles troupes commandés par don Juan d'Aguilar. Ce général , avec quatre mille des siens, se rendit maître de la ville de Kinsale, tandis que les deux mille hommes débarquèrent à Baltimore et rejoignirent le comte de

Tyrofte. Attaqués presque aussitôt par lord Montjoy à la tête d'iin corps de troupes bien disciplinées , les Irlandais furent mis en fuite ; les Espagnols , après une résistance opiniâtre contre des forces bien supérieures , furent défaits , et perdirent la moitié des leurs. Le commandant espagnol, qui s'était enfermé dans Kinsale , fut <»)nvaincu, en apprenant la nouvelle de cet événement, que la cour de Madrid s'était trompée sur la nature de cette entrejwise; et, abandonnant tout espoir de conquête^ il signa une capitulation honorable, dans laquelle il fut stipulé que le général et ses troupes seraient ramenés en Espagne par une escadre anglaise.

Albert ne recevait que de Êiibles secours de l'Es- a. d. pagne, et le siège d'Ostende traînait en longueur faute de moyens suffisants pour presser l'attaque , tandis que Philippe épuisait ses forces dans des en* treprises téméraires et mal calculées: Ce fut dans cette circonstance critique que le marquis de Spinola fit son entrée dans la ca.rrière militaire. Ce générai célèbre, qui essaya de relever la fortune chancelante ée l'Espagne , et qui soutint la réputation de' se» armes , était l'un des nobles les plus illustres et les plus riches de Gènes. Il avait passé jusqu'à sa tren» tièrae année dans les douceurs de la vie privée, lors^ que son émulation fut excitée par les exploits de son jeune firàre Frédéric dont les croisières avaient désolé le commerce des Provinces-Unies: il leva à ses frais un corps de troupes considèt*abie, afin de servir

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