Tome If
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royaume en état de défense ^ il fallut' s'emparer d'un» partie des trésors qui avaienl: été soustraits des bâtiments attaqués dans le port cte Yigo par les Anglais. Ce fut le cardinal d'Ëstrées qui suggéra cette. mesure à laquelle le cardinal Portocarrero et le due. de Medina-Cœli s'opposèrent en vain. Ce. dernier était président du conseil des Indes;, il démontra les graves inconvénients auxopieb on «.'cp^posait en inter/oepjÈfint les remises qui appartenaient aux négociants. On n'eut point égard à ses remontrances, et cette violation du droit de prapiriéte accrut. Iq nombre
•de§ mécontents * i «n^f
, I^ :CPur de Madrid était alors ^ivisée entre. les çAfdintux. d'Estrées. eJt Portoçarreivx, Le pr^m>ierr lùsisfait: pàur qu'une armée.. française fût introduite dans le royaume ; c'était V suivant lui, le seul raoy^i 4'aswfer..la tranquillité «t. la. sûreté de rEspagne. PorlMUoarrero considérait icette ipèiMire ecmrune injc^rieuse À la nation;, et priait le: roi dé Se reposer sûr ^.fidélité el la: vàlepi^det^s sujetsregpagnols;:.i|isns •ses .eonsails furei^t irejetcs ^ et son inHuence: diminua rapidemeiiDt» L'esprât.de^oaibale qui: agitait aèavsiJb cabinist de Madrid semblait dqminer. tqute^ Ffiiirope. I^ couTa.négôdaient: sçcràteraent. enirej.eUsa^ Le duc de* Savoieviayantiobtenuidie' l'emperaur ilaipiro^ messe de plusieurs villes forteset du fielie terrîtoâre qni est esntre là Pd et le Tanard^ ^abandonna la cause de son gendre, et se.joignk à ta coalition fermée contre la maison» de .Bourbonilie roi de
et partager leH 4épouîllas des :£»pagiiots y recùtimA IVnshiduCj Le npoibre des eoâemis de la maii^o^de fiou^bon augmçvtait à cbcHfue instant et ne parv0^ tiaii point ettcorè h «ébrai^er $a puisaaiice et ^a pr^^- «pmté, Sur tous le$ peinte où la guerre! était portée jc^ suooès ifealeult presque bfàlanisét» antre las diy^ar» partis.. J^ h dn^ de^ MarlboTotigb et le priope £ii« gène Avaient pri^ plusieurs vilies importantes d^ la Fiakidrë, eu Allain^ne iès impériaui^ avaient été b^.'ttu^ ; iine victoire décisive remportée par le maré^ chai de Yillars et l'électeiu* de Bavière , la p^ ise 4'A.ugaberiiirg et Les âupcès du maréchal de Tallard, oti^raient aiix Fra^çf^is la route àp Madrid. • . yarehfîduc Charles venait ti'aj^Tiver à Lisbow«a a^ j'IJ'^ r^)o<sMit ^utÀènedne^t «sur r^mirai de > CastîJil^ ,qai aViak en Espagne > un ^cand notnbiTe dia partis^p^;
nhilippe «Ur.pi*it la':0QtTe8^p<^<}<^ dM,.fÇ<iinta; de Mdgar et^^lasHna .des .principaMX'(chef|S{ da la.f^n^ sp^raûon» Afin- de;pré)k^eaii:.(>Q«i rirval^tce pdnca:^ <me Âneursiaufifiir Je irc^rit^i^f d^ P^Uigal, ré^bèiâit, la JfonlèPdsçe rdà' Portalègire ^5 trai^ge^ oAe.p^ys jpsif^^^s auK tiyes du Taige^ tet-fit ciïpiq iraiile .pri$Qtii^i«r:^,Ce ftwciaès'}>>swg9nf6t pl^ûe aw pUiii'gr^s>ï^cY€vrs, J^p iferigw rd««lî l'e^ni^îfftîWE- >étilit «wniuîé ^véunit d^-P» i^ cœur de FAllemagne toutes les forces de la.i^pilf|^dér ralion jgermanjque , ejt^ les plaines de Hochstet devinp^t ^qélèl^iiespaiNJa^ yji^f^ q^ie^^f »prinçe Eugène et le duc de Marlborough remportèrent) sviçj >li^
3lO HISTOIRE
Français et les Bavarois. Dix mille hommes des meilleures troupes de France et de Bavière périrent dans le combat; le maréchal Tallard, commandant l'armée , fut fait prisonnier avec treize mille de ses soldats ; cent pièces de canon tombèrent au pouvoir des alliés , dont les pertes montèrent à quatre mille cinq cents hommes tués et huit mille blessés ou faits prisonniers (i). Cette bataille eut des suites impor* tantes et fit prendre à l'empereur une attitude offen* sive. Il s'empara des domaines de l'électeur de Bavière; les confédérés passèrentle Rhin et portèrent en Alsace leurs armes victorieuses.
En Espagne , l'état des affaires devenait chaque jour moins favorable à la maison de Bourbon ; ce fut à cette époque que l'Angleterre fit la conquête de Gibraltar,, conquête qu'elle a depuis conservée. Quatre mille Anglais sous les ordres du prince de Hesse-Darmstadt parurent devant Gibraltar :1a gar* nison , se reposant sur la force naturelle de la place, considérait toute précaution comme inutile, et né* gKgeait ses devoirs. Les Anglais montèrent sur le mole l'épée à la main : la garnison n'étant nullement préparée à l'attaque d'un fort qui paraissait inexpu* gnable , se rendit au premier assaut ; et Gibraltar est 'resté , depuis , une dépendance de l'empire britannique.'
'(i) SmoUet's Contin. of Hnmé's Bwt of £nglanc!l« vol i ^ 'lMiK>k' X, càp. 3.
d'ëspagne^ 3ii
Des discussions s'élevèrent dans les conseils des confédérés au sujet de cette acquisition importante. Le comte de Melgar voulait que Ton m pirofitât pour porter la guerre dans rAndatoasi^>. a^surant^ que, si les alliés devenaient maîtres de cette pro-^ vince, la capitale du jroyaume et les deux Castilles seraient obligées de se soum^ettre, puisque c'était des provinces méridioinales. qu'ejiles tiraient la plus grande partie de leur subsistance. L'archiduc, ayant résolu de commencer la conquête de l'Es^^agne par l'invasion de la Catalogne, rejeta ce plan.
Au milieu des dangers dont le Royaume étail menacé, la cour de Madrid ne s'occupait que d'in* trigues. Le cardinal Portocarrero ne se trouvant plus assez d'influence dans les af&ires., quitta le ministère ; le cardinal d'Estrées fut rappelé en France ; le duc de Grammont aspirait. à gouverner l'Espagne avec cette même autorité que Richelieu et Mazarin avaient eue en France. Il fit ôter le commandement de l'armée au duc de Berwick , fils naturel' de Jacques II roi d'Angleterre, pour ndmmer à sa place le maréchal de Tessé, Une vaine tentative que fit cç nouveau général pour reprendre Gibraltar détruisit une grande partie des troupes espagnoles ; ce reyerç entraîna la disgrâce du maréchal de Tessé , et devint fatal au pouvoir et à l'influence du ministre. Dans ces fréquents changements les Espagnols né pou<^ vaient remarquer, sans indignation, qu'ils semblaient êtrçi les seuls auxquels leur souverain n'accordai^
proR '
pas de confiance, et que les Français occupaient tous les hauts emplois. Les wobtes excitèrent des thécontentenients parmi le peuplé : la d^saflfettion devint presque générale, et l'esprit deréViDltè fit dé rapides progrès, j 5 L'armée d'Espagne se consumait devant Grbrialtar. Les Portugais entrèrent dans i'Estramadlire et réduisirent les villes de Salvatierra, Albtrquèrque et Alcantara. L'a rdiiduC, accompagné du côinke dèPé^ terborough et du prince de Hesse-Darmstadt , s'em-
barqua, avec dix mille hommes, slir la flotte anglaise et hollandaise qui vint le prendre à Lisbonne. Une partie de ces forceis débarqua sur la côte de Valence : Charles III fut proclamé roi , et l'on promît à ceux qui embrasseraient sa cause une exemption générale de taxes; un grand nombre d'Espagnols suivît ses drapeaux. Tortosà 'et Lérida ouvrirent leurs portes; l'archiduc vint rejoindre ce corps d'armée avec le reste de ses troupes près de Barcelone. Les cènledérés assiégèrent là ville par lerte et par mer. Là garnison était peu nombreuse et leS habitants disposés à se rendre, mais le tltic dé Popoli ayant, pénétré dans la place excita ceux qui étaient attachés au parti <îe Pliîiippe à faire une vigotàreiise défense. Le prince de Hesse-Darmstadt fût tite en attaquant le foH Montjoie, et les alliés eussent été peut-être forcés de lever le siège si le magasin à'nx poudres n'eût saute. Le' fort fut entr'àuvert par cette violente explosion, et le goiiverneiir dértianda
D'ESPAGNE. 3l3
à capituler. Le oottite dePéterborough dbnna dans cette occasion un bel exentiple de grandeur d'ame K d'éttterité militaire. Pendant que le gouverneur trai^ iait avec le général anglais des principaux articles de la capitulation ^ il (entendit -dans la ville les cris tuknultueux des eex^einiset décria , <k Yious nous avez « trahi ^ et vos troupes oût surpris. la ville. )».« Il Ëuit (cque ce «oit les soldats du prince Hesse-Darn>- «stadt^ répondit PeÉerborough; laissez-moi entrer « avec mes! Anglais., jet aussitôt «que Tordre sera réc( tàkli je reviendrai seul achever avec vous le traité.» XI eût été inutile ide douter 4e sa sinoéritéi: il fut ad*fliÂSi Se hâtant de. pénétrer dans toutes les nies oii les ^Allemands se livraîeiKt iti pillage^, les A^nglais les ocAitraigiaflrenit à sortir de là ville ot à rendre le butiin qu'ils avaient pris. Pétej4)OPOugb revint auK poi?tes .signer la ^capûtulation^ au bruit du juste tribut d'éjogês que les Espagnols donnèrent à sa générosités
La mort de Teinpereur Léopold n!avait point diminué l'ardeur des confédérés; sùnfiU Joseph avait hérité de ses projets et de son trône. L'état critique desaffaires d!Espagne fit rappeler le duc de Berwiok; on 'espérait qu'il ^^jareraitJes malheurs qu'^m-ne lui avait ipss^ ipermis de prévenir. U reçut )rQrâl:ie d'<i»b'server les 4ii<>jivemeas (des Portugais isA d'arcieter Jeurs progrès , (tandis que I^hiUppe suivi de vingt milb^ i)c^inejs de vitetlles. troupes s'avani^a|t en iGatalogne; LWiihiducs h'ayàn^ qiàe des lonDSKltiids-ioleneiiibes,
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vaste ÛkèSktm de. guerre. A Ramillies, l'arioiéaô françaiâe, sous les ordres -du maréchal de YiUeioi, fu4: déËiite par le duc de Marlborough : la perte qu'dle essaya dans eet eneairement fut évaluée difEniémnieiit p«- L |»rtis .^ ; «cxtaf^s ilp«aH <»rt«n que fes français euneot luiit mille' borames tuésou blessées, fit i»x mille prisonniers (i)« La bataille de Ba«flsiUies fut «urtout très-importante par- sas coosét{uenc0s. LouVain^ firinodUes^ Anvers ' et GainA on» vriorent leurs portes .aux -vatDiqttèttfs : Qstande ike résista «fue dix jours : Meâin ae iiehdU; afMrès sii se^ maines de siège; et^ a^nt .ht fin de 'la tampbgDe, Atb et Oenderaioiide se scHunirent aux ^armes' des confédérés.
Les afTaires de Philippe é^eiit <égideineat maU lieilreuees -en Espagne : de^ pertes^ répétas -Deisier* rèrent son autorité , >et son ti!àneXut>mebà»é. Tolède avait reconnu Cllarles; Alicante savait •étéiS^mtse par la farde des atiuea; ^ le cotnfte décanta Gruat axait livré ijarthkgèliè el>les débris de larflôtte esîpa^gmole aux alliés^ iPhilippe, rsnfemne dans kl ¥ieitte* Castdle avec moins de dix mille hotiwiea^paratssak devoir céder à rarchidùc; le i}iaféciialide'i¥àuban estait teUeanent persuadé 'de d'impossibiUié de* oemédier à ses^afFaires > qu'il lai cDnseiiUa''de ^t^adbanqiler p«atr i'^noériquq avec ses-paHisafiis/' : -
L'habileté du duc de Berwick <et1a luàuTuise* oesi-
diiite des »Uiés conservèrent à Philippe une cour ronne prête à lui échapper. La vie moUe et parcfrseuse que les Angldis et les Portugais menèrent à Madrid ne leur iut pas moîn» fatale que. les. délices de Gapoue l'avaient élé« l'airmée d'A«nib«fl. Lexiomte deGalwayette marquis de Los Minos perdirent plus d*un tiefrs dé leur* trôupês par les exràs> et les. débauehes, pendant leur séjour dans 1» capitale de r£>;pàgii&. Ltf duQ de fierwidc intercepta leurs, conir vois^ et >tes for^ à se retirer^ devant hii. Philippe rentra dans Madrid^ après^ une absence de trois iftoi!*,i6t'ConsôcrQ IcJs^ premiers montèwlS' àe> soa retovH^ à réprimer la faction autriehieiuiei Le due de rinfâfnlado-, le patriarche des IndèiS'^ té comte de Lemos e<l plusieurs an treis funsn tanrêté& e^. etapiiâonnéfàv le'divo'deNajeta',)os comtes d'Oropesa > de Hatoetl&alvôi! avaient suVvi l^s. ôonfedévés dànaJeui* retraite -, mais l^îkirs . biens Airent. confisqués , . et leurs* dépouilles freraptirent . lee coifires^iépuisés de
Philippe.' ■'• ' ^- fl *;•'. ..
Ge prineerepvit Aleantarai?! GArthagène peu» de temps après âpn r^our ; ce suocè» jfut ^ontrebalaiioé par ia^ pefté des 4es Miajopque.el Ivi^; En Italie^ la gloire d! les intérêt» delà maisofi de iBourluui reiçu- Tenf ^Jun-échecf plus daf^giereilK.- Le 41ug de >?endome avait' battu lès troupes- de «VïetJiwAméxlée et iav*aû 5a "^pitol^-U fut 'rappelé e» Flandre podr.jrnépairÉîr lè9 fimtes du maréchal de Yiileroi, et la isônduite du siég^ de Turin fut cpnfié0*au maréciial ià/Feuilr
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lade, taudis que le duc d'Orléans et le maréchal de Marsin commandaient larmée d'observation. La ville était réduite à toute extrémité lorsque le prince Eugène, après une marche savante, longue et pénible, opéra sa jonction avec le duc de Savoie à Asti , et s'avança au secours de Turin. Les retran* chements des assiégeants furent forcés ; le maréchal de Marsin fut tué et le duc d'Orléans blessé : l'armée à demi détruite fit une retraite précipitée; et cette journée décisive enleva à la maison de Bourbon , ^* ^' Milan, Mantoue et le Piémont.
Les effets de la bataille d^ Turin s'étendirent jusqu'à Naples. Les princes d'Avellino, Monte* sarco et Bariati, le duc de Montaleon, secrètement attafchés aux intérêts de l'Autriche, excitèrent les Napolitains à la révolte en faisant courir le bruit que Philippe voulait céder Naples à la France. Le duc d'Ëscalona, vice-roi, afin d'ap- ' paiser l'indignation générale , jugea à propos de renvoyer les troupes françaises, mais leur départ fut le signal de l'action pour les conspirateurs. Une armée autrichienne s'approcha de la ville ppur les seconder : les citoyens ouvrirent leurs- portes aux Allemands , et abjurèrent le serment d'obéissance qu'ils avaient fait à Philippe : en peu de temps l'exemple de la capitale fut suivi dans tout le royaume. Le duc d'Ëscalona soutint un siège vigoureux dans Gaête, mais la. place fut prise d'assaut, et le vice-roi fut emmené prisonnier à Naples.
d'espagwk. 319
£n Allemagne, le maréchal de Villars battit les Impériaux, et pénétra- du Rhin jusqu'au Danube. Le duc de Berwick déploya en Espagne les talents d'un général habile , et ses efforts furent couronnés par le succès. La bataille décisive qu'il remporta à Almanza sur l'armée anglaise et portugaise commandée par le comte de Galway, contribua à décider du sort de l'Espagne. La perte de cette bataille mémorable fut attribuée au manque de courage et aux mauvaises manœuvres des Portugais; on pourrait plus justement faire tout l'honneur de la victoire aux talents supérieurs du duc de Berwick et à la valeur de la cavalerie espagnole. Cinq mille hommes de l'armée confédérée furept tués , dix mille furent faits prisonniers : toute l'artillerie, les bagages, cent vingt drapeaux tombèrent au pouvoir des vainqueurs; et le comte de Galway, blessé trèsdangereusement, s*échappa avec difficulté, et se réfugia dans la ville de Tortosa (f ).
Le duc d'Orléans prit le commandement de l'ar-
fi)'Un corps considérable de cavalerie portugaise ayant été rompu et mis en fiiite dés la première charge, la plus grande partie de Tarroée fut obligée de mettre bas les armes et de se rendre. Le général portugais, le marquis de Los Minos, se distingua par sa valeur et fut dangereusement blessé , après avoir vu sa maîtresse favorite tuée en combattant à ses câtcs , sous Thabit d'une amazone. L'armée alliée forte de près de 16,000 hommes fut presque détruite. Smoll. Cont. Hume, vol. a, book i , chap. 9.
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mée kf latnlemam de la l>ataiUe d'Almai»xa, et sut mettre à profit les avantages qui étaient . dus au taleiit et à U fortune^ de BerwicL II réduisît la ville de Yalenoe et reprit toute la province.; il entra dans Saragosse presque sans oppoeûtiou, ^t, après un ^iége de onze: jours, se rendit maître de Lérida , qui jusqu'alors avait déjoue les efi^rta des plus, ha* biles généraux», Tandis que- le duc d'Orléans obt^ami en Espaigne de grands succès^ le priocQ Eugène avait subjugué presque toute lltalie, et • envahissait la Fra^ice^ De cqqcQi't ave0 le duc de Sî^voie, il s'a* vançaj^ )0ng,df( )a côte de Provence , et mit La siège clevant Xi>uloi)i;.mais<cett6 fiiisr son heiKe^sq fortune l'abandonna 4 el sa reti^aite fut aui»si pttécipitée qjUfS celle 40 Charles- Quint appè;^ qulil i^^t éch^é/d^^ la fmoàe wtrepriae e^i^ i,536 (i[V ...
lia maison d^;9purbaç^ cwioiençait à pren4i^ de la. supériprill^,, Ipn^q^e. {a révolte fie Sard^gne éd^. La forteresse d'Oran, ce 9)pnui7^nt du génie auda-^ cieupL jde Ximéisiçs 9: fut.firirachée à l'Espagne, ^ cette même époque, par l'empereur de Maroc. De nouveaux, succès fiv?nt oiiblier ces revers. I^e maréchal de VUI?^rS: réduisit; phisifèurs pl^jces fqrte^d^ J'ItaJiïe : Tortosa fut prrs.pitr le'*diiC(d'Orléatn8^ «t Alicaale par te générât Asfeidt. Le' duc de A^ewiiome avait
Ml . < ■
(i) Hénaoll remarque (^toates les invasions de laFranuTe par des armées autriefaiennes venant d'Itafie fuient infructueuses. Hénault, adan.. 1707. 1 '
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remporté de ^ands avantages en Flandre dès l'ouverture de la campagne. Les habitants de Gand et de Bruges, séduits par l'or de Louis XIV, avaient ouvert leurs portes aux troupes de ce monarque; mais le prince Eugène et le duc de Marlborough battirent complètement les Français sur les rives de l'Escaut, près d'Oudenarde (i). Lille, malgré ses forti£k;ations construites par Yauban et la belle défense du maréchal de Boufflers, fut pris par les confédérés après un siège opiniâtre et meurtrier. Bruges et .Gand se rendirent avant la fin de la campagne. Une guerre aussi longue et soutenue sur des points aussi éloignés avait épuisé les immenses ressources de Louis XIY , et devenait un fardeau insupportable pour la France : iesd^ites que l'armée avait essuyé^ décourageaient la nation; une année rigoitreiise ayant détruit les récoltes, le peuple commençait à ressentir les cruels effets de la famine, et se livrait au désespoir. Louis XIY, accoutumé depuis longtetnps à réclat d'un règne prospère, ne support tait que très -difficilement le poids de ces nombreuses calamités* Il ccmsentit à demander la paix. Les négociations s'ouvrirent à La Haye. Louis XIY offrait de céder la monarchie e^agnole à la maison
(i) Suivant le président Hénault, les Français perdirent encore plus de monde dans la retraite qu'ils firent de nuit , qu'ils n'en avaient laissé sur le champ de bataille. Hén. ad an. 1707.
To9ne //. 2 1
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d'Autriche, de rendre à l'empereur toutes les conquêtes qu'il avait faites dans le Haut-Rhin, de donner plusiei|rs places fortes à la Hollande, de reconnaître le titre de la reine' Anne au trône britannique, et de ne plus donner en France un asile au prétendant. Ces concessions immenses furent cependant jugées insuflisantes. Les confédérés voulaient que Louis XlV s'engageât à chasser son petit -fils de l'Espagne. Cette condition humiliante fut rejetée avec indignation, et le monarque français résolut de tontinuer la guerre. Malheureusement pour la m^ir son de Bourbon, la discorde régnait .à la cour de Madrid. Le duc d'Orléans , prenant peut-être avantage de l'admiration que sa valeur et ses succès avaient excitée en Espagne, fut soupçonné d'aspirer à monter sur le trdne qu'il était appelé à défendre. Philippe, devenu jaloux, obligea, ce grince à* quittjer l'Espagne et iSt arrêter tous oeux' que l'on supposa attachés à ses intérêts. Les cabales de la c^ur décir dèrent le cardinal Portocarrero à quitter sa retraite, et le premier conseil que ce grand homme d'état donna à Philippe, fut de ne. plus conserver au ministère aucun. français; .Le duc de Médin^-rCoçli fut élevé au rang de premier ministre et leiniàrquis de Bedmar fut nommé secrétaire d'état. Ces choix ranimèrent l'enthousiasme de la nation espagnole : les nobles déclarèrent qu'ils étaient prêts à faire les plus grands efforts, et le haut clergé contri{)ua largement au soutien d'un prince qu'il reconnais-
d'espaone. 3a3
sait pour son souverain* C'était au cardinal Portoo^rrero qu'on devak le changement favorable ^ui venait de s'opérer dans les esprits ; mais il mourut au moment même oii ses talents et ses services étaient le. plus nécessaires à l'Espagne: il était âgé de soixante-quinze ans.
Le* maréchal' de Yillars venait d'être rappelé de l'Italie pour prendre le commandement de l'armée en Flandre.' Il se posta dans les environs dé Malplaquet: et fortifia son 'camp' avec beaucoup de diligence; Il voulait empêcher Mons'de tomber au poiivoi^ des • confédérés : on prétend que du 9 au 10 septeiribre' il avait pour lui la supériorité- du nombre, et qu'il iaurait pu attaquer l'ennemi avec avantage : le^pi^ésident'H'énault suppose que le maréchal de iVillars ne voulait point exposer une armée qui' était la derriièpe ressource de la France (i). Le 11^ les troupes' eiïliéés, qui' avaient soumis Tournai quelques jours auparavant, sortirent de.cette ville et- opérèfBiit leur jonction avep le prince Eugène et le comte de iMarlborough . Xes deux iUustrejj généraux y ayant acquis ainsi une grande supériorité., attaquèrent le maréchal de Villàrs. La victoire fut disputée des «dpux côtés avec la même valeur et la mêihé opiniâtreté (ia). Quoique l.es alliés fussent restés
(1) HénauU, Abt. chron. 30.1709.
(a) Cette action fut la plus sanglante et la plus longue de toute la guerre. Hén.Abr. chron. an. 1709.
ai.
3l4 HISTOIRE
maîtres du terrain, les Français se couvrirent de gloire. Us laissèrent huit mille hommes sur le champ de bataille, mais les alliés en perdirent plus du double. Le maréchal deVillars ayant été blessé, le maréchal de BoufEers prit le commandement et effectua sa retraite avec une telle habileté ^ qu'il ne laissa derrière lui ni canon ni prisonniers(i).Xies alliés assiégèrent .Mons, et la prise de cette place importante fut un des premiers résultats de la bataille de Malplaquet. A. D. La campagne suivante s'ouvrit d'une manière '7^' très^défavorable pour là maison de Bourbon. £n Flandre, les villes de Douai, Saint-Venant, Aire et Béchune, furent prises par les alliés. Les factions et les intrigues continuaient à troubler l'Espagne. Le duc de Médina>-Gœli, premier -ministre., fut jconvaincu de haute-trahison : il avait abusé des secrets à& l'état et donné aux négociations une fausse direction , pour traiter avec la HôQande d'une* paix séparée. Il fiit comdamné à mort : Philippe commua k peine en une prison perpétuelle. L'arobiduc Charries et^ses alliés redoublaient d'effort^ pour aitrachér à ce prince le sceptre, que des trahisons domestiques faisaient vaciller dans ses mains. Les batailles d'Almanza et de Saragosse , gagnées par Tarchiduc, dont l'inexpérience était compensée par l'habileté du comte de Stahremberg, mirent Philippe dans une position extrêmement difficile, attendu que
(i) Hén. Abr. chcon, ad. an. 1709.
B'£SPA.G]f£. 3^5
Louis avait besoiti de toutes ses troupes pour garantir son royaume d'une invasion. Charles avait pris possession de Saragosse; et s^il avait su profita: de ses avantages, il aurait pu s'établir momeataisém^nt sur le trône d'Espagne. Mais au lieu de poursuivre lès vaincus, il eut la vanité de vouloir entrer en triomphe dans Madrid. Philippe fut une seconde fois obligé de quitter sa capitale et de se retirer à Yalladolid. La jalousie que les grands d^Ëspagne avaient con^e pour les Français fut oubliée dans ce moment d'adversité, et ils se joignirent à leur souverain pour obtenir de Louis XIV qu'il leur envoyât le duc de Vendôme. Ce célèbre général pass^ lès Pyrénées avec un petit corps de cavalerie; et Févènement démontra tout ce qu'un grand homme est capable de faire. Philippe n'avait presque plus de troupes ni d'argent; mais Vendôme sut créer des ressources. Son affabilité , sa franchise et sa valein* lui concilièrent Faffection de toutes les classes de la société ; il donna l'élan au caractère généreux des Espagnols, et, en peu de temps il eut trente mille hommes de troupes sous s^ ordres. La plus grande partie de ces troupes n'était pas disciplinée , mais la confiance qu'elles avaient dans les talents de leur général les électrisa , et elles se crurent propres à tout entreprendre. Le duc deVendôme, profitant de leur enthousiasme , marcha droit à Madrid. Philippe rentra dans sa capitale, et Châties fut contraint à son tour de se retirer dans Barcdone,
SaÔ HISTOIRE
Bti les rigueurs de l'hiver, ni ies plaisirs que loi offrait la cour de Madrid , ne purent faire poser les armes à Philippe. Pendant cette lutte opiniâtre: et sanglante il avait appris, combien . il est nécessaire de mettre à profit les avantages du moment ; à peine eut-il reçu les félicitations de ses sujets,. qu'il quitta Madrid. Le roi d'Espagne et le duc de Vendôme passèrent le Tage, et emportèrent d'assaut la ville de Brissuega, oii cinq mille anglais commandés par le général Stanhope furent obligés de. se readre prisonniers. Le courte de Stahremberg s'avançant précipitamment pour secourir cette place , fiit mis en pleine , déroute près de Villa- Viciosa. Dans^ cette action importante, qui décida en quelque façon du sort de l'Espagne, l'aile droite de l'armée espagnole était commandée par Philippe, le duc de Vendôme conduisait l'aile gauche/ Les alliés ^rent:une honorable résistance, mais elle fut infructueuse; ils perdirent plus de six mille hommes : le comte de Stahremberg fit une belle retraite.. Après cette victoire, Philippe entra en triomphe dans Saragosse^et courut à de nouveaux succès.
Le roi de ^ France renouvela dans le cours de l'année ses propositions de paix, et l'on tint un congrès à Gertrudeuburgv Les alliés avaient confié la conduite des négociations au prince. Eugène et au duc de Marlhorough, les deux persorines qui étaient les plus, intéressées à prolonger la guerre. Elle était pour ces deux généraux» un moyen sûr d'augmenter leur
fortune et de parvenir aux places les plus importantes dans rétat; il' n'est point étonnant qu'ils aient mis des obstacles à la paix. Lés demandes, extravagantes, des alliés furent un exemple mémorable dès intrigues des ministres et des généraux, qui trouvaient à satisfaire leur cupidité en prodiguant le sang et les trésors du peuple. Louis XIV, afin de mettre un terme aux malheurs de son royaume épuisé par la guerre et la famine, alla jusqu'à faire offrir aux alliés de donner l'argent nécessaire pour faire détrôner son petitrfils ; mais, peu satisfaits encore de l'humiliation à laquelle le roi de France se soumetitait, ils ineistèrent pour qu'il joignit ses troupes aux leurs dans la guerre qu'ils faisaient à Philippe V. Cette dure condition paraît n'avoir été imposée que pour faire rompre les négociations, el les suites qu'elle entraîna montrànt à quel point il est pernicieux de se confier à des hommes qui sacrifient à leur intérêt privé celui de la nation, j^, ^^^ Daiis le cours de la campagne suivante les succès 171 1. de Philippe ne furent mêlés d'aucun revers. Gironne , après une vigoureuse défense, fut pris par le due de Noailles, et la province d'Aragon fut complètement réduite par le marquis d'Arpagon. En Flandre, le général françaisi Montesquiou força le poste d'Arleux et remporta Un grand avantagé sur les alliés. Le duc de Marlborough reprit Bouchain, et terniiflfa par cette conquête sa longue et brillante eairiÔre militaire. ■•!)?:,;:
Aa moment où Loui» était presque réduit au désespoir, la paix qu'il avait vainement essayé d'obtenir par les concessions les plus bumiliantes , devint le résultat de deux événements imprévus. Les courtisans, jaloux de l'ascendant du duc de Marl*borough , représentèrent à la reine Anne que ce général, pour satisfaire ses vues ambitieuses, faisait porter aux Anglais le principal fardeau d'une guerre de laquelle ils ne pouvaient retirer aucun pn>fi|t. La faction qui était pour la guerre n'eut bientôt plus d'influence à la cour d'Angleterre : on forma un nouveau ministère ; les parents du duc de Marlborough perdirent leurs emplois ; on limita le pouvoir du général , et on prit la résolution de lui ôter le commandement de Tarniée. Vers cette même époque l'empereur Joseph mourut à la fleur de son âge ; et son frère, l'archiduc Charles, compétiteur de Philippe, monta sur le trône impérial. La crainte qu'on ne vit un jour réunis dans une seule main les sceptres de France et d'Espagne , avait allumé la guerre ; les alliés virent avec une égale jalousie que leurs opérations joindraient la monarchie espagnole au trône impérial et aux possessions héréditaires de la maison d'Autriche/ Ces considérations firent une impression profonde sur la reine d'Angleterre , qui résolut de délivrer ses sujets d'une guerre meurtrière et ruineuse, et de quitta la coalition, si les alliés s'obstinaient à continuer les hostilités. Anne offrit à Philippe de renoncer à ses prétentions sur
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la couronne de France, ou de céder l'Espagne au duc de Savoie , en conservant pour apanage les états du duc, jusqu'à ce qu'il lui fût possible de monter sur le trône de Louis XIV. Philippe n'hésita pas long-temps entre ces deux partis : impatient de s'assurer, par Fabandon d'une prétention "éloignée et douteuse, la possession d'une couronne dont il jouissait déjà, il renonça dans les termes les plus précis à la succession française; il fut en conséquence reconnu par l'Angleterre et la Hollande, et ses aml^assadeurs furent admis au congrès d'Utrecht.
A Vienne on tenait encore pour la guerre ; et le prince Eugène fut envoyé à Londres pour faire rompre les négociations. Il fut reçu à la cour avec }es honneurs dus à ses talents , mais il n'opéra aucun changement dans les décisions des ministres anglais, qui voulaient absolument la paix.
Le duc de Marlborough , tout à fait en défaveur j'-j^^ à la cour, fut privé de ses emplois; le duc d'Ormond prit le commandement de l'armée. Ce nouveau général n'eut pas l'occasion de prouver à quel point il était digne de remplacer le duc de Marlborough. Le congrès d'Utrecht avait amené les. négociations vers une heureuse issue ; une suspension d'armes était conclue entre la France et l'Angleterre, et le duc d'Ormond retira ses troupes de l'armée alliée. Celte défection rendit les forces du prince Eugène bien inférieures à celles de ses adversaires , et lui ôta les moyens de continuer la guerre avec avan-
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tage. £n Espagne , il n'y eut riei^ de remarquable que le siège de Gironne , que les alliés furent obligés de lever après avoir perdu huit mois devant cette forteresse.
^'^' Dans le cours de Tannée suivante, le congrès
d'Utrecht acheva ses travaux. L'Angleterre, la Hollande, la Prusse, le Portugal et la Savoie signèrent des traités de paix séparés avec les rois de France et d'Espagne. Philippe confirma ses renonciations à la couronne de France pour lui et ses descendants; et les ducs d'Orléans et de Berri abandonnèrent leurs prétentions à la succession espagnole. Toutes les villes que la France et l'Espagne possédaient en Flandre lors de la paix de Ryswick , furent données aux Provinces-Unies pour servir de barrière contre la- maison d'Autriche. Louis et Philippe garantirent la succession de la couronne d'Angleterre à la branche régnante: Gibraltar et l'île de Miuorque furent cédés définitivement à la Grande-Bretagne. Philippe céda la Sicile à son beau-père , le duc de Savoie , qui prit le titre de roi , et qui obtint en échange de la vallée de Barcelonnette et de ses dépendances , la restitution de la Savoie, du , comté de Nice^ et du territoire qui est entre le Piémont et les Alpes. L'Espagne et le Portugal se rendirent mutuellement leurs conquêtes et reprirent leurs anciennes limites. Charles avait laissé l'impératrice à Barcelone; et désirant retirer les forces qu'il avait dans cette ville pour renforcer l'armée du prince Eugène,
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il signa une convention qui stipulait l'évacuation de la Catalogne et la neutralité de llfialie; mais en Allemagne la guerre continua entre Les maisons d'Autriche et de Bourbon , bien que l'Espagne ne prît presque aucune part à cette querelle.
Ainsi se termina cette guerre longue, sanglante et compliquée , qui, en dépit des efforts d'une si puissante coalition, fit passer la couronne d'Espagne, de la maison d'Autriche à la maison de Bourbon. Les principales causes des mauvais succès des alliés forent , l'absurdité de leur système de guerr» , et leur obstination à refoser de traiter de la paix. L'influence du parti de Marlborough à Londres faisait prodiguer en Flandre et en Allemagne le sang et les trésors de l'Angleterre ; le duc y remportait de brillantes mais inutiles victoires, pendant que l'Espagne, principal but de la guerre, était négligée, et que les généraux anglais qu'on y employait ne recevaient que des secours insuffisants. Si l'on eût envoyé en Espagne la moitié seulement des forces qui étaient portées en Flandre , la maison de Bourbon eût été pour jamais exclue de ce trône.
Toutefois le royaume de Philippe V n'était point encore tranquille. Le feu des discordes civiles, après avoir éclaté dans toutes les parties de l'Espagne , s'était concentré dans la Catalogne.. Ses courageux habitants étaient en état d'insurrection : les dernièrès assurances du comte de Stahremberg leur avaient appris qu'ils pouvaient aspirer au rétablis-
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sèment de leurs anciens prmléges; mais ils ne tardèrent point à s'apercevoir combien étaient vaines les espérances que leur avait données l'empereur. Ils implorèrent la protection de l'Angleterre; la reide Anne fut sourde à leurs sollicitations. De tous les princes qui s'étaient dernièrement engagés avec joie dans une guerre dont le but était de conserver l'éclat de leurs couronnes , aucun ne put être touché des cris d'un peuple qui se débattait pour défendre ses libertés; et les puissances qui avaient si récemment encouragé sa révolte le flétrissaient des noms de rebelle et de traître.
Avant que les Catalans eussent préparé lears moyens de défense , les années de Philippe entrèrent dans la province et marquèrent leur passage par le carnage et la dévastation : le courage des Catalans n'en fut point ébranlé. Obligés d'abandonner le pays ouvert, ils arborèrent l'étendard de la liberté sur les murs de Barcelone, oii quarante mille citoyehs armés et seize mille paysans et vieux soldats résolurent de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. La paix de Rastadt, conclue entre l'empereur et le roi de France , permettait à Louis XIY de donner des secours à son petit-fils. Le duc de Ber^ wick alla rejoindre avec cinquante bataillons franqaàs les nombreuses troupes de Philippe. Cinquante escadrons de cavalerie ravagèrent le pays ouvert ; vingt régiments d'élite formèrent le siège de Barcelone, quatre-vingt-sept pièces de gros calibre y fu-
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reni employées : une flotte française bloquait l'entrée
du port.
- Ni la crainte du châtiment, ni le pardon qu'on leur offrait, ne purent engager les Catalans à déposer les armes : la restitution de leurs privilèges était le prix qu'ils mettaient à leur soumission ; et la cour de Madrid ne voulait rien accorder. Quoique le due de Berwick eut reçu des ordres pofiitife de pour* suivre le siège avec vigueur, ce général jugea qu'il était imprudent de hasarder l'attaque du fort Montjouï. Les batteries étaiea^t ouvertes depuis près d'un mois, lorsqu'une brèche fut faite au bastion de Sant£^*Clara ; les assaillants parvinrent à s'y loger; mais ils furent attaqués avec une impétuosité irré«* sistible et chassés du bastion : ils y perdirent mille hommes* Ce revers^ et la valeur désespérée des assiégés , déiterminèrent le duc de Berwick à ne plus hasarder d'attaques, partielles. Il résplut de raser la place afin, disaitril, qu'il pût y entver en ordre de bataille. Pendant soixante et un jours les battertea foudroyèrent c(Histamment Jes fortifications et les ouvrirent en sept endroits différents^ Le duc, pour la dernière fois, somiiia la ville de se rendre; mais telle était l'inflexibilité de la résolution des citoyens que, bien que leurs provisions fussent presque épuisées , et qu'ils n'eussent aucun espoir d'être seco^^us, ils bravèrent encore les assiégeants et refusèrent d'écouter aucune offre de capitulation. Le 1 1 septembre 1 714 l'assaut général fut ordonné; les Ca«
talans repoussèrent cette attaque avec une im^àosité égale à celle de leurs adversaires. Les prêtres et les moines même coururent sur les brèches et combattirent avec le courage du désespoir. Mais la lutte était trop inégale pour que les Catalans pussent ré-' sister : chaque partie de la ville devint un champ' de bataille: les habitants, repoussés de rues en rues , reculèrent jusqu'à la nouyetle cité, où ils se^ rallièrent encore avec un courage indomptable. «Accablés par le nombre , le massacre fut affreux ; cif^ux des habitants qui survécurent, épuisés de faim,* de soif et de fatig^ie, demandèrent à patlementer'(î)'. Les seules conditions qu'ils purent obtenir iui'ent de conserver la vie et d'êtrei préservés du pilla^g^. Depuis cette époque, Barcelone a toujours été retenue dans Tordre par une forte garnison ; toutefois la cour de Madrid, après avoir si souvent épràuvé les effets de Ta^rit turbulent et courageux des- habitants, a prudemment éiyité. de les plonger dans le désespoir; et, sous les rois deilaimaisoii de Bourbon, la Catalogne à (été délivrée de plusieurs des t^strictions et des mesures oppressives qui pnt prévalu dans les autres provinces de l'Espagne (a); .
É«l II* I « II» I II il I « I 11
(i) Hén. Abr. chron* ad an. 1714. ' 1'
(2) Voyei Totmseqd's Travçls, vol. 2,'p. 61^ %2tj y a^4.
— Swinburn'sTravels,p. 268, 4^4- — Bourgoing, Tj^^ieaU
de l'Espagne moderne, tome i , p. 89. — II, p. 276. — lU,
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