‹ Histoire d'Espagne depuis la plus ancienne époque jusqu'a la fin de l'année 1809Chapitre 35 sur 57 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Intrigues de la cour de Madrid. — Caractère d'Orri, contrôleur des finances. — Ses réformes. — Origine, élévation et caractère de Jules Albéroni. — Ses vastes projets. — — • Comment ils échouent. — Alliance des cours de Versailles , de Londres , de Vienne et de La Haye. — Guerre qu'elle entraîne. — Disgrâce d' Albéroni. — Ses aventures.

. — Signature de la paix. — Expédition heureuse contre les Maures. — St -Ildefonse. — Philippe résigne la couronne à son fils Louis. — Mort de ce jeune prince. —

— Philippe reprend le sceptre. — élévation du duc de Riperda. ' — Guerre de peu de durée entre l'Espagne et l'Angleterre. — Seconde expédition contre les Maures. —

. — Coalition des cours de Madrid, de Versailles et de Turin . contre l'empereur. — Les Espagnols battent les Impériaux à Bitonto, et reprennent Naples et la Sicile.

— La paix se conclut. — Don Carlos reconnu roi des deux • Siciles. — '■ Guerre entre l'Espagne et l'Angleterre. — Les

Anglais détruisent Porto-Bello. — • Leur expédition in-r ,. • fructueuse contre Carthagène, -r Coalition- cpntre la rcinç djB Qohéme et de Hongrie. — Les Espagnols envahissent l'Italie. — Ils sont défaits à St-Lazaro. — Mort de Philippe V. — Son caractère. — Effets de son règne.

Le trône de Philippe V était fermement établi; tout le royaume était rentré dans la ^soumission; la cour seule offrait une vaste ai;ène où les factions se disputaient. La mort lui avait enlevé une épouse

chérie âgée seulement de vingt-cinq Ans , au tnoment où la paix d'Utrecht lui eut permis de jouir du bonheur public. lia nation paya à sa mémoire le juste tribut d'un sincère regret; le roi fut inconsolable : la vue de TEscurial redoublant sa douleur, il se retira avec ses enfants dans le palais de Médina-Cœli, et abandonna le soin des affaires à^ses ministres. La princesse des Ursins, favorite de la reine, fut presque la seule personne qu'il admît en sa présence; cette princesse acquit par là un tel ascendant sur Tesprit du roi , qu'elle fut soupçonnée d'élever ses vues jusqu'au trône. Elle fit rappeler Orri à l'administration des finances. C'était pour cette partie l'homme le plus habile : ses efforts furent surprenants; les revenus du roi s'accrurent; la marine et les autres établissements militaires prospérèrent. Ses vues, peut-être trop étendues, l'entraînèrent au-delà des bornes qu'il aurait dû se prescrire et nuisirent au bien qu'il voulait opérer. Son dessein était de changer les coutumes et la manière de vivre des Espagnols, et de les faire passer de l'indolence à l'activité. Ce projet ne put. réussir. Ses règlements déplurent aux grands par les restrictions sous lesquelles ils se trouvaient placés : le clergé et l'inquisition, dont Orri eut l'imprudence d'attaquer le pouvoir, se joignirent aux nobles; et la multitude, qui devait cependant retirer les plus grands avantages de ces réformes, les condamna uniquement parce qu'elles étaient contraires aux usages de ses

ai^^tres. Le mécontentement devint général : les e^inenais du mipistre et de la Êivorite firent entendre, leurs clameurs ; ^a princesse des Ursins et son protégé Orri durent bientôt céder à l'influence d'un Itouveau rival.-

. Jules Alberoni était n^tif du duché de Plaisance, en Italie. Ses parents, quoique pauvres , eurent asse;& de protection pour le faire adiïi^ttre dans les ordres. Alberoni commença sa carrière ecclésiastique par être chapelain d'un noble italien. Le duc de Yendovfi^ le remarqua , l'attacha à sa personne, et lui accorda bientôt sa cpnfi^nce et s(a faveur. Lorsque le duc de Vendôme, alla relever en Espagne .la Ibrtqife chancelante de Philippe V, Alberoni marcha à ^es côtés. La .ixi|ort subite et prématurée de Vendôme obscurcit un moment l'horizon d' Alberoni : yin autrç moins audacieux ^t moins habile se fût l^iifsé accabler' p^^f ce malheur; Alberoni captiva I4 fi^y^i^r de la.princesi^e d^ Ursiçs, qui obtint du duc djc Pa^e de le çl^oisir pouir son ministre auprèa de la ppur de Madrid. Par iine suite d'intrigues que le $ficç;^s,çpuronna, jl ^t conclure un mariage entre Philippe et IsL^belle F^rnèâe,. fille du duc. de Parme, et héritière des^ duchés de Parme, de. Plaisance, et de Toscane. Sqn prejcnier objet, fut d'obtenir le renvoi de sa bienfaitrice la princes^ des.Ursins^ et dn ininis^tre Orri« Il y réussit en ^l%jrm^vit la jalousie de la jejune reine. sur l'ascendant de la pirincesse^, qiù r^ut . l'ordre de qnitt^r nn royai^me qu'elle a:vait

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