‹ Histoire d'Espagne depuis la plus ancienne époque jusqu'a la fin de l'année 1809Chapitre 36 sur 57 · Tome II. 2 a · texte numérisé non relu

Tome II. 2 a

gouverné avec un empire absolu. Orri, déjà crimi- . nel aux yeux de la nation y fut enyeloppé dans la dis«gracede sa protectrice; toutefois la haine qu'il avait excitée lorsqu'il était en place ne le suivit pas dans sa retraite. La voix publique rendit justice à ses talents et à son activité : on lui doit rétablissement de l'académie royale de Madrid ^ monument honorable de son zèle pour la littérature.

Les intrigues de cour sont dirigées si fréquemment par des intérêts entièrement séparés de ceux des états , qu'en général elles méritent à peine une place dans l'histoire. Cependant , lorsqu'elles font apparaître un caractère extraordinaire, ou lorsqu'elles produisent un changement important dans les affeires publiques, il est nécessaire de les faire connaître; •telles furent celles qui amenèrent une révolution dans le cabinet espagnol. Le titre de comte fut le premier fruit que recueillit Alberohi de ses intrigues. Après le renvoi d'Orri il fiit nommé premier ministre; et son activité fut (encore excitée par le désir dé surpasser son prédéèesseur. Sous ses auspices l'Espagne commença à pretidre un rang plus imposant dans te système politique : une armée de cent « mille hommes tenue toujours au' complet fut commandée par d'habiles officiers ; la marine fut recréée et portée à soixante-dix vai&seaux de guerre. Ainsi un prêtre italien sut redonner Tessorâtoute une nation : l'Ëspagiie reconnut son génie, et l'Europe entière eut bientôt raison de redouter son ambition.

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Le caractère sacré dont Alberoni était' revêtu, loin de modérer en lui l'amour du pouvoir, servit de masque à ses projets. Son zèle affecté pour l'autorité papale lui fit obtenir de Clément II là dignité de cardinal : il sut inspirer à l'empereur une sécurité trompeuse en protestant de ses dispositions pacifiques; mais tout en lui était faux, excepté la ferme volonté de rétablir en Italie Tascendant de l'Espagne.

La guerre dans laquelle l'empereur s'engagea potfr a. d. soutenir les Vénitiens contre la Porte Ottomane fut '"^^ ' favorable aux vues d' Alberoni; ce ministre vit avec joie que les armées autrichiennes fussent envoyées sur les frontières de la Hongrie. Déguisant sa pensée sous l'apparence du zèle le plus vif pour les intérêts de la religion chrétienne , il alla même jusqu'à envoyer une escadre au secours de Corfou, et contraignit la flotte ottomane à se retirer. Sa politique artificieuse lui suggéra les moyens d'éluder la vigilance des puissances européennes; et Clément II lui permit de lever le dixième des revenus ecclésiastiques pour continuer de faire la guerre aux infidèles. Cet argent fut prélevé, mais ne servit point contre les Turcs ; et le même prétexte qui avait trompé le pape servit encore à couvrir les apprêts militaires qui étaient destinés à- ùné guerre bien différente.

Le premier échec qu' Alberoni éprouva vint des^ dispositions pacifiques du régent de France, qui re-

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fusa de s^unîr à lui. Les succès brillants que les impériaux remportaient sur les bords du Danube no» lui étaient pas moins défavorables: le prince Eugène avait gagné sur les Turcs deus; victoires décisives, il avait pris Belgrade, et forcé la Porte à conclure un traité de p^ix à Passarowitz, Ces évèneipents au lieu d'intimider Alberoni semblèrent plutôt lexciter à faire de nonveaux efforts. Ses projets, se compliquèrent ; il étendit ses négociations jusques au nord , et pi*ojeta une alliance entre Pierre-le-Grand et . Charles HJlj qu'o^ avait vus , il y avait peu de temps , ennemis implacables. Ces deuxTois devaient envahir la Grande-Bretagne et remettre sur le trône la famille des Stuarts. £n même temps., les ministres espagnols près de la Porte Ottomane sollicitaient cette puissance de reprendre la, guerre contre l'Au-» / triche, et Alberpni ourdissait v^ne conspiration en France dans le dessein d'enlever la régence au 4uc d'Orléans.

ijes projets si vastes et si cojpnpliqués échouèrent; la mort du roi de Suède , tué au siège de Friedrickshal en Nonvège , empêcha Tin vasioii de la Grande- Bretagne, le Czar ne voulant point tenter seul cette entreprise ; les Turcs refusèrent de s'engager -dans de nouvelles guerres. La conspiration ço^tr^ le régent de France fut découverte au moment ou tout était prêt pour rexécution. Les cours de . Londres , A. D. de Versailles, de Vienne et de la ïlaye, s'unirent ^'^ 6nft*'elles pour paralyser les efforts d' Alberoni. Mais

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tandis que ces cours négociaient, Alberoni mit les forces de l'Espagne en mouvement. Un armement composé de douze vaisseaux de ligne , cent bâtiments de transport, et quinze mifle hommes de vieilles troupes commandés par lé marquis de Levda, sortit du port de Barcelone et prit possession de l'île de Sardaigne. L'approche de Thiver suspendit les opérations ,' et donna le temps à l'empereur et à ses alliés de revenir de leur surprise.

Dèsi le commencement du printemps suivant lë marquis de Leyda , qui avait achevé la conquête de la Sardaigne, passa en Sicile et réduisit Messine; ce fut là lé terme des Succès dés Espagnols. Cinquante mille Autrichiens traversaient l'Italie ; et une flotte anglaise de vingt voiles parut dans la Médi^ terranée. L'amiral anglais Byng , après avoir transporté en Sicile un corps considérable d'impériaux, attaqua , à la vue de Ille , la (lotte espagnole commandée par le marquis de Gastanaga. L'amiral espagnol avait Un plus grand nombre dé vaisseaux , mais ceux-ci ayafat été originairement construits pour le commercé étaient inférieurs à ceux des Anglais. De vingt-sept vaisseaux dont cette flotte ététit composée , vingt*uû furent pris ou détruits t six mille espagnols furent tués ou faits prisontiiêrs ; et le marquis de Leyda fut obligé d'évacuer la Sicile.

Cette lutte devenait trop inégale pour laisser à l'Espagne queflque espoir de succès. La sùpérîbrîré maritime des alliés avait été établie |)éU* là desiifùt;-

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tion de la flotte espagnole. Vigo fut attaqué et pillé par les Anglais; l'armée française commandée par le duc de Berwick , dont les talents avaient affermi la couronne sur la tête de Philippe, et qui devait alors réprimer l'ambition de son ministre, réduisit les ibrts de St-Sébastien et de Fontarabie. Les désastres de la guerre retombèrent sur celui qui en était l'auteur. Le duc de Parme, père de la reine d'Espagne, voulait rendre la tranquillité à l'Italie; n'y trouvant d'obstacles que dans l'inflexibilité d'Alberoni, il représenta fortement à Philippe V les malheurs dont l'Europe était menacée par l'ascendant dangereux de ce ministre turbulent. L'influence de la reine et celle de son père prévalurent ; Alberoni reçut l'ordre du roi de quitter Madrid sous huit jours et les territoires de l'Espagne dans l'espace de **^ trois semaines. Ce coup, frappé si subitement, et ' les difficultés/ qu'il faisait naître , eussent accablé un esprit moins ferme et moins audacieux, mais Alberoni ne courba jamais sous le poids de l'adversité. Toute l'Europe semblait liguée contre lui ; il était banni de l'Espagne et ne voyait aucun lieu dans lequel il put se retirer en sûreté. Il était haï en Allemagne et redouté en France. L'inimitié du duc de Parme ne lui laissait aucun espoir de se reposer dans son pays natal. Rome et l'Angleterre étaient fermées pour lui : le roi de la Grande-Bretagne avait les^plus*fprtes raisons de lui en vouloir ; et le pape, outré d'avoir été la dupe de ses artifices , le poursui-

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vait avec une animpsité implacable. La réunion de tant de princes contre le fils d'un obsctir paysan, prouve à quel point ils redoutaient son génie et son ambition, et a été aussi favorable à la réputation d'Alberoni qu'elle fut fatale à $o|i repos. Ayant obr tenu un^ passeport, pour l'Italie , il fut attaqué près de Gironne et' eut un domestique tué; étant poursuivi par une bande .d'assassins employés* par. ^çs ennemis personnels, il s'échappa à pied, et déguis^. Il erra pendant quelque temps en Italie, sous Un feux nom , et se fixa ensuite à Gênes. Il fut arrêté dans cette ville à la sollicitation du pape et du roi d'Espagne, mais les. Génois j^ere^pen tant bientôt de cette infraction ai^x lois de l'hospitalité lui rendirent la liberté. La mort de Clénjent II termina son exil. Prptégé par le pape Innocent XIII, il revint à Romie; et telle était l'influencede cet homme remarquable que, dans plus d'une élection, il ne lui manqua <juun très-petit ^ombre de voix pour monter sur Je trône papal.

La retraite de ce ministre ambitieux calma l'Efirope. Philippe ^cquifô>ça aux arrangements.de la quadruple alliance. La Sicile passa à la liaison d'Autriche; et le duc. de Savoie acquit en échange la Sardaigne avec le titre., de rpi de cett^ île. La réversion de Parme ,^ de Plaisance et de Toscanç fut promise à don Garlo^ : l^s Français évaçuèçeTit les forteresses de 3t-Sébastien ft de Fontarabie ; et malgré le- coi?ir

bat inégal et infruiiftûeûx dans lequel TE^pagits s'était engagée, elle conserva Tintégi^ité de )son territoire. '

Quoique la chute d'Âlberoni eût ihendu là peAx à l'Europe, la nation espagnole iéta:it idîn d'eA ^e satisfaite. Eblouie par l'éclat êè ses |)rojéts , élIè iniaginait que l'envie avait l&it baiinir de l'Espàgùë le seul ministre qui pût lui rendreson ancienne gMrè. Afin d'Imposer sileùce àùi hiiirniures ef de se coùdlier l'affection de la multitude , les lioùveaux tnlnistt^ préparèreiÀ une expédition poui* délivre** C^utà, qui depuis vingt-sit ans était bonstathmènt assiégé par lès infidèles. Plus de céni mille Maures avaîëhtété sacrifiés dans cette entreprise èfc n'avaient pu prendre la placé. La j^arfïisjoti espagnole avait: déjoué les efforts dès assiégeànfts, jusqu'à €é que l'or de Temperèùr de Maroc attirât 'dsink Son armée dés ingénieurs anglais et français. Soils leur direbtioti, les attaques tumultueuses dés Maures devinrent régulières ; les braves défenseurs de Cèuta commen'çàièât à désespérer dé pouvoir feîre uhe plus longue résïstance ; lorsque le matqms âë Le^da , qtii s'était distingtié danè la rédufetioti dé k Sardàïgnè -et rinvasîoh dé là Sidîe, fut envoyé àlëùt sèCfours. Vers le itiïllèu de nbvbinbi^é 1719,' it sotttt du port de Cadix, 'tt dàarquà ^tir la éké tfijfriqtlé seize feillê sôldàtsf d*uù édùràge e^fôùV^y fet form^^ depuis lortg-tëfaips à là guètt-e. ti^airWIé ïiiaure , bien

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supérieure pour le nombre, mais tumultueuse et sans discipliné , ne put résister à leurs charges : elle abandonna avec précipitatioii son camp et son artillerie, et se réfugia dans les mûrs deTétuah et de Tanger. Le marquis de Lèyda fit réparer \eÉ fortifications de Ceuta, renforça la garnison, et tevltd en Espagne.

Toute la monarchie es^pagfaole étant dariè un état ^- ^' de parfaite tranquillité, Philippe résolut de se délivrer des soucis de là royauté , et dé résigner la couronné à son fils. Élevé à la cour de Loiiîs XlV, rédât d'un trône lui avait paru préférable aux douceurs d'une vie exeriipte d'inquiétudes; il reconnut bientôt combien il s'était trompé: 11 avait régné pendant vingt-quatre ans : des guérîmes sanglantes et des troubles intérieurs avaient réiUpli les dix-huit pt'emièrés années de ce règne si peu fait pour un prince naturellement disposé au repos, à la solitude, et à la mélancolie. La dévotion s'unit avec iindolencé pour lui rendre plus aiUérà les éoins que son élévation exigeait dé lui. Aussitôt que ce monarque eilt assuré là paix de son royaume, il craignit pour son ame, et se renferma à St-Ildefonse pour se livrer sans réserve à tous les exercices de piété.

Là fk^aîfchéur et la trâtiquillité de là position de Sl-lldefdrise , situé ad nord sûr le revers des moritagnes de Guadarama , qui le séparent de l'Ëscurial et des plaines du sud , av^it attiré l'attention de Phi-

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lippe (i). 11 y fixa sa résidence : on y construisit un palais, et des sommes immenses furent employées à embellir cette retraite. La reine chercha vainement à le dissuader d'abdiquer la couronne; aussitôt que Philippe eut fait ses dispositions à l'égard de sa famille, ce monarque, âgé seulement de quarante ans, résigna le trône à son fils aine Louis, prince des Asturies, afin d'employer le reste de ses jours à se préparer pour une autre vie.

Le jeune roi avait atteint sa dix-huitième année; ses talents et ses vertus donnaient aux espagnols les plus brillantes espérances. Mais son règne fut trop court pour laisser juger de son caractère : il mourut de la petite vérole la première année de son avènement. Son frère Ferdinand ayant à peine onze ans, Philippe se rendit à regret aux sollicitations des nobles et à celles de la reine, que seconda le confesseur du roi ; il reprit le sceptre.

XjC premier soin de Philippe fut de conclure un traité avec l'empereur afin que ses fils pussent lui succéder ^ans que de nouvelles discussions .s'élevassent à ce sujet. Il renonça formellernent à ses prétentions sur Naples, la Sicile, le Milanez et la

(i) Le palais de St-Ildefonse est à i5 milles nprd-est de rEscurial , et à 3^ milles nord-ouest de Madrid. L'architecture offre peu de beautés ; les jardins sont ornés de statues et de jets-d'eau; la vue est magnifique , on y découvre la ville de Ségovie , située à 9 hiilles de distanee.

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Flandre : Tempereur céda ses droits sur l'Espagne et les Indes , et confirma à don Carlos, le plus jeune des fils de Philippe, l'investiture des duchés de Parme , de Plaisance et de Toscane , à la mort de leurs possesseurs.

Ces négociations furent conduites par le baron, depuis duc de Riperda. Hollandais d'origine, il avait été nommé envoyé extraordinaire près de la cour de Madrid^ Ayant rempli avec succès la commission dont il avait été chargé , il se fixa en Espagne. Pour parvenir aux honneurs dont il était ambitieux , il abjura la religion protestante et se soumit aux doctrines de l'église romaine. Ce fut lui qui suggéra à Philippe l'idée d'un traité avec l'empereur, et l'ayant amené à une heureuse conclusion il fut créé duc et grand d'Espagne. Son autorité n'eut plus de bornes : toutes les places furent remplies par ses créatures, et toute l'Espagne parut lui être soumise. Sa chute fut aussi rapide que son élévation ; seulement les causes qui la précipitèrent sont restées inconnues. Ayant appris que le roi avait donné l'ordre de l'arrêter, il se réfugia dans la maison de l'ambassadeur anglais, mais il en fut arraché et renfermé dans le . château de Ségovie. Après deux années de détention il parvint à s'échapper, gagna la côte d'Afrique, se fit musulman, et prit du service auprès de l'empereur de Maroc. Ainsi Riperda, après avoir quitté la Hollande comme envoyé d^ la Haye, devint en Es- v

pagne catholique , grandesse et ministre , et mourat en Afrique musulman et bâcha (i). * în^S ^^ injures que le commerce anglais reçut dans les Indes occidentales de la part des Espagnols, donnèrent naissance à une guerre passagère entre les deux nations. L'amiral Uosier ^ envoyé avec une escadre anglaise pour s'emparer des galions qui étaient dans le port de Porto-Bello, périt, ainsi que la plupart de ses ofBciers, victime de. maladies épidémiques ; et les vaisseaux furent tellement endommagés par les vers qtii iûfestent ces mers, qu'ils furent hors d'état de servir. Les Espagnols ne forent pas plus heureux que les Anglais. Ils assiégèrent Gibraltar pendant quatre mois^ et , après avoir perdu ^rès de dix mille hommes , ils furent obligés de lever le siège. Cette guerre, conduite avec aussi peu de vigueur et de succès des deul côtés , se termina par la médiation du cardinal de FléUry, et uù traité fut conclu entre l'Espagne et l'Angleterre^ lequel con* firmait les stipulations de la quadruple alliance. A. D. La tnort du duc de Parme faisait passer ce duché •'7^® à don Carlos; cependant, malgré les nombreux 1731. traités qui avaient conBrmé ses droits y il ne put prendi*e possession de cet héritage sans opposition de la part de la cour de Vienne. Philippe m prépara à soutenir son fils par la force des armes. Mais

(1) Il lâourut en 1 7 37 à l'âge de 67 ànsi Voy> MOo^e*s Lives of Alberoni and Biperda.

la puissante interposition de la France çt de l'Angleterre força, l'empereur d'adhérer au^ premières stipulations : les forces qui avaient. été réunies pour vçng(?r les droits de don Carlos en Italie, furent emplc^ées à étendre la gloire. des apmée;3 espagnoles en Afrique, lie comte de ilVfontemar ^ avec quarante-! cinq vaisseaux de guerre et .vingt-cinq mille hommes de troupes, fît voile vers la cote d'Afrique et débarquai près d'Oran. H défit une armée maure, 1^3^. forte de qu^r^nte- cinq mille hommes, et poussa l'attaque avec une telle vigueur que la ville, quoique défendue p^r une nombreuse garnison, fut obligée de s^ rendre. Le comte de Montemar y ' laissa. h^iit mill^ hpmm^s sou^ les> ordres du marquis de Santa Cruz et revint ' en Espagne. Les Maures le voyant partir reprirent couirage, et: rassemblant toutes leup$ forces assiégèrent à. la fois Oran et Ceuta. Ces atta* quea lîirept des plus meurtiières.iLe' duc de S^^-Blas, grand d'Espagne , perdit la vie dans une des sorties de la garni^n de Ceuta : le marquis de' Santa Cruz eut le même sort, à Orén ; «on successeur , le marquis de ]V|îrpmç^ml, fut tué, mais les Espagnols furent ylçtçtvkux : les assiégeans laisfièrent douze mille des leMrSrSur le ch^mp de bataïle; leur camp fat pris, et. ik»abçmdo»»èrent totalement 1 -entreprise. Trois bravas :jçQmi»and»ns espagnols pénreiat en d^feodant (>uta et Omn; 3a ooujromie dut.à lerir valeur la oanservjaticin d^ «deux plaises importantes et la ruii^^ de3 Mau^^ïs.

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.^- ^- Tandis que les armes de l'Espagne triomphaient et en Afrique , ce royaume était sur le point d'être en-

1734. gagé dans de nouvelles hostilités. Depuis l'époque de l'établissement de don Carlos en Italie, les troupes espagnoles que ce prince avait avec lui alarmaient l'empereur. lia reine d'Espagne cherchait à persuader Philippe de recouvrer Naples et la Sicile. Il était difficile que de telles dispositions ne nuisissent point à la paix. L'expulsion du roi Stanislas , qui fut opérée par les armes de l'impératrice Anne de Russie et celles de l'empereur Charles , ralluma le feu de la guerre dans la plus grande partie de l'Europe. Les Français se montrèrent jaloux de venger l'injure faite au père de leur reine; et le cardinal de Fleury partagea l'indignation générale. Trouvant les cours de Madrid et de Turin disposées à seconder ses desseins , ce ministre se départit de son système pacifique , et les trois puissances coalisées commencèrent les hostilités.

A. D. Le duc de Berwick, à la tête de l'armée fran-

*^ *' çaise, commença ses opérations en passant le Rhin et en réduisant le fort de Kehil ; il investit ensuite ^ Philîpsburg et fut tué d'un coup dé canon en visitant la tranchée. Le marquis d'Asfeldt lui succéda dans le commandement, et continua le siège avec tant de vigueur et d'habileté que,' malgré lés efforts du prince Eugène, dont l'armée d'observation inquiétait les mouvements du marquis d'Asfeldt , Philipsburg fut obligé de se rendre. Les succès des Espa-

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gnols en Italie furent encore plus rapides et plus importants que ceux des Français en Allemagne. Trente mille hommes de vieilles troupes sous don €arlos et le marquis de Montémar, le vainqueur d'Oran , s'avancèrent sur Naples. Le comte de Visconti , vice-roi de ce royaume , occupait , avec un corps de dix mille hommes, le poste avantageux de Bitonto , où il espérait , avec les renforts qui lui étaient promis, pouvoir résister aux forces supérieures de l'ennemi. Animés de la même ardeur que leur général le duc de Montémar, les Espagnols forcèrent les retranchements du vice-roi et détruisirent presque entièrement son armée : les drapeaux, l'artillerie , et la caisse militaire , furent pris ; et, la victoire de Bitonto plaça don Carlos sur le trône de Naples.

Imitiédiatement après ce succès brillant , qui valut au comte de Montémar le titre de duc de Bitonto, cet habile général passa en Sicile avec vingt mille hommes. Les garnisons de Messine , de Syracuse et de Trépani furent obligées de se rendre , après une vigoureuse résistance; et dans l'espace d'une année l'île entière fut soumise au sceptre de don Carlos.

Dans le nord de l'Italie les armes de la France étaient également triomphantes. Des revers si multipliés abaissèrent l'orgueil de l'èmpei'eur, et lui firent désirer la paix. Les puissances maritimes , qui commençaient à' redouter l'agrandissement de la maison de Bourbon, intervinrent dans cette que-

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rdile, et ^reut conclure qn tr^é à Vîeime entre l'empereur , la France et l'Espagne. On s'effi^-ça d'y coçciliçr le^ intérêts divers dfis pi^issances belligér^tes ; l'empereur cpiKsentit, quoû{ue à regret, à recoiinaître doii Carlos roi de N^pl^ et de SiQi|e , et accepta, cQimpe in4emni^é, les (lifchés de Parme et de Plaisance.

^' ^ L'Espagne jouit ajors de quelques momepts de ps^ix, qui furent cependapt troublés par une aU^rca* tion avec le pape. Quelques officiers fi^p^gnols ayapt été massacrés par la pppulaoe ç}e JlQme , U cour 4^ Madrid demanda 1^ punition des a^sassius. Trop d'orgueil dicta la répoiise 4u SpuY^raip Pontife : le leipps était passé où les.fQudres du Vatiqsin ^v^ss^ient pour anéantir les rois. Philippe, quoique dévpt, ne voulut point être l'esclave du pape. U fit soutenir ses demandes d'un cprps de troupe^ considérable; et Clément XII, convaincu q^ç^tf^ 1^ ann/çs spirituelles et lesarineSitemporelles la lutte est toujours inégale, jugea pliis . prudent de livi*er les coupables à la. rigueur, des lois. L'^spaigue eut }iie^tpt à déplçrer }a pertQ flu xp^fquis de Qa^tellar, qui. depuis la chifte de.Bip^rds^y Avait eu la.^rJQtendançç des finances de ]a çiarjipe et iivaft dirigé l^s çonseîb de 39psQuy^r9ÎA.. Chaque brapcbe d^ l'administri^tion avait éprp^yé les e^ts de son gfi^ie vivifiant; il expira au : pio^ieut oïl se§ seryipes eussent été le plus nécessaires à son pays.

j^Zg, J^'a^nto ou pçptrat çntre ^a Qi^^nde-Pretag^e

d'espagwe. 353

et l'Espagne pour fournir les colonies espagnoles de nègres, quoique primitivement forn^é pour favoriser les.intérêtsi commerciaux et les relations amicales^ des deux nations^ produisit de nouvelles discordes. Par ce contrat, la compagnie de l'Assiento, outre le privilège d'envoyer annuellement à la foire de Porto -Bello un vaisseau chargé de marchandises européennes, obtint de plus la permission d'équiper, dans les ports de la mer du Sud, des bâtiments chargés du transport des nègres dans toutes les villes de la cote du Meixique et du Pérou , et de rapporter le produit de cette vente en lingots d'or et d'argent, sans être sujet à aucun droit d'exportation et d'importation. En conséquence de ces conditions, des comptoirs anglais furent établis dans toutes les principales vilks de l'Amérique espagnole; et les marchands de la Jamaïque, ainsi que ceux des autres établissements anglais , furent en état de connaître lés besoins des colonies espagnoles, et d'assortir et de proportionner leurs cargaisons à raison des demandes faites sur les marchés : de façon que le commerce de contrebande , auquel les taxes exorbitantes , imposées par le gouvernement espagnol sui» le commerce des colonies , avait donné lieu , fut poussé à un point extraordinaire et donna des bénéfices incalculables. .

Afin d'empêcher ce trafic, la cour de Madrid plaça des vaisseaux de guerre appelés garde -cotes, dans les parsiges bîi ce commerce frauduleux se fai-

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