‹ Histoire d'Espagne depuis la plus ancienne époque jusqu'a la fin de l'année 1809Chapitre 38 sur 57 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Avènement de Ferdinand- le-Sage. — Don Philippe et le maréchal de Maiilebois évacuent l'Italie. — Gênes se rend aux Autrichiens. — Ceux-ci envahissent la France. — Issue désastreuse de cette entreprise. — Les Génois repoussent les Autrichiens.' — Bataille d'Ëxilles. -^ Valeur des Piémpntais. — Succès des maréchaux de Saxe et de Lowendahl en Flandre. — Paix .d*Aix-}a- Chapelle. — — Lima est détruit par un tremblement de terre. — » Mesures de Ferdinand à ce sujet. — Ses règlements pour le commerce et les finances. — Ce monarque refuse de s'unir' à la France dans la guerre que cette puissance fait ' ^- à l'Angleterre.— Ses efforts pour .£aire prospérer TEs^ . pagne,— Sa mort — Son caractère.

, Ay^V^t fait connaîtr/Q les révolutions variées qui ç^iangèreat si souyient les cji^sjtiiiçe^ de l'Espagne , l'^nifprmité. du d^painsièçle qui va s'écouler entre cçjte période et celles des guerres de Bonaparte ex^ge . peu de dçtgiUs. ]La mort d^ Philippe V fit pjji^S^ 1^ çpuronne ;$ur la tête de son fils Ferdinand ^ à^dq trente-: trpis ans : le^ pfeiniiei^ actes de. ce priQ^f|.l»^ptilèi:ent' toute la douqeur de son carac-: tèrp. IJne ap^nisiti^ fut accprdée à tquç tçs déserteur^ et à ,<?^ux qui éta^^nt hors la loi. Les malheureuses victimes de la sup^rsibition furent, dégagées de leura ch.aîiie$ et rendues à la lumière. Les. plus humbles

sujets eurent un libre accès auprès de leur souverain, qui reçut toujours avec bonté leurs pétitions ou leurs remontrances.

Engagé dans une lutte meurtrière , Ferdinand ne put, dès son avènement au trône, rendre son peuple aussi heureux qu'il le désirait. Il considérait la guerre comme le plus grand fléau de l'espèce humaine ; mais cixmne il savait aussi, qu'une paix durable ne peut êtte obtenue que par une attitude et des moyens formidables , il se prépara à mériter par la force de ses armes la gloire de donner la paix à son royaume. Don Philippe et le maréchal de Maillebois , alarmés de la mort.de Philippe Y, et ignorant les sentiments de son saccesaeur, se retirèrent devant les arméies réunies de l'Autriche; et de la Sardaigne , dont la £3rce numérique était de beaucoup supérieure à celle qu'ils pouvaient leur opposer. Les Espagnols, malgré les chaleurs^ excessives et les poursuites de Fe^nemi , «jBfecttièrent leur retraite sur <îêriès. Us y' reçurent' des dépêches dû roi, qui les informaient de sa résolution de poursuivre la guerre avec vigueur. Les trbupfes ennemies s'avançaient rapidement ; et malgré lessoHieîtatioas dès Génois , don' Philippe fat contraint de les aban^ ddriner à leui* sort. L'armée espagnole continua Sa retraite, et prit ses cantonnements en Savoie ; l'armée française parvint , avec beaucoup de difficultés*, à gagner les frontières de la Provence.

Après la retraite des Frjinçats et des Espagnols ,

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Gènes se repadit par capitulation au marquis de Botta, général autrichien. Marie -Thérèse, enorgueillie du succès de ses armes, voulut élever des trophées guerriers sur le territoire de la France , et fit désoler le Dauphiné par une armée de cinquante mille hommes , dirigée par le comte Brown. Aidé dans cette invasion par une escadre anglais^, Brown he douta point qu'il ne parvînt à placer les aigles impériales sur les murs de Toulon et de Marseille , et à réussir dans une entreprise où Charles- Quint avait échoué. La funeste expédition de ce monarque aurait dû servir de leçon aux Impériaux ; mais ils n'en voulurent point profiter , et méritèrent les malheurs qu'ils essuyèrent. Le maréchal de Belle-Ile succéda au maréchal de Maillebois dans le commandement de l'armée fi^ançaise , laquelle , après sa retraite , ne montait pas à plus de dix mille hommes. Les difficultés qu'il avait à surmonter étaient extrêmes ; son habileté sut donner un nouvel aspect aux affaires. Lés Espagnols ne restèrent pas spectateurs oisifs de la lutte inégale dans laquelle il était engagé : le marquis de la Mina conduisit à son secours cinq mille vieux soldats , et don Philippe vint animer par sa présence la garnison d'Aix. Les Impériaux mirent le siège devant Antibes , qui fiit bloquée par une flotte anglaisé : et. comme ils ne purent réussir à prendre cette placée , parce que leurs convois furent constamment interceptés par les Français, le comte Brown résolut de faire sa re-

traite : un événement inattendu )â rendit encore plus nécessaire , et en accéléra le moment.

Les Génois avaient été poussés au désespoir par Foppression des Autrichiens , auxquels ils avaient été forcés de se soumettre. On leur avait imposé une contribution d^un million sterling , doiit ils avaient payé une grande partie , lorsque Marie- Thérèse requit la république de se joindre à elle dans la guerre que F Autriche faisait à FEspagne et à la France. Les Génois représentèrent que leur commerce serait entièrement ruiné , s'ils s'engageaient dans cette guerre ; l'impératrice fut inexorable. Ses troupes avides se livrèrent à toutes sortes d'excès, et traitèrent les citoyens avec la plus grande indignité. Les Génois supportaient dans un sombre silence le joug de leurs tyrans : une insulte particulière ranima l'esprit public , et les fit passer d'un tnorne désespoir au souvenir de leur indépendance, à l'ardeur de se venger. Le marquis de Botta avait ordonné que l'on prît dans l'arsenal un train d'artillerie pour servir à l'armée autrichienne qui combattait en Provence ; les malheureux Génois avaient été contraints délivrer^ eux-mêmes les canons, ^seule défense de leur ville. L'officier autrichien qui dirigeait ces travaux frappa un des citoyens qui semblait remplir à regret une tâche aussi pénible. Le Génois lui plongea aussitôt un couteau dans le sein : cette action rappela le peuple au sentiment de sa force : il s'empara à l'instant des premières armes qui tom-

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