‹ Histoire d'Espagne depuis la plus ancienne époque jusqu'a la fin de l'année 1809Chapitre 6 sur 57 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Charles V entreprend une nouvelle guerre contre itt France. — Mauvais succès de l'invasion de la Provence. — ^Mutinèlie de ses troupes. — IVéorganisation des Cortès. — Despotisme établi en Espagne. — Révolte de Gand. — Expédition désastreuse d'Alger. — Les hostilités éonlre la France recommencent. -— Charles résigne ses domaines à son fifs ■ Philippe. — Vie qu'il mène dans sa retraitCi — Sa mort. — Son caractère. — Effets de son règne.

ii'fillM&ÏDR n^ fut pas plus tôt de retour de son «xp)éditibn<i'Âfri((Vié qu il se trouva engagé dans une guerre ototi^e k France. Ici , la fortune lui fut contraiii?. Il réuàsit à recouvrer, pour le duc de Savoie, une partie de ses ddtiiaines qui avaient été envahis par les Fratïiçais; tuais ses opérations furent ensuite constamment désastreuses. Il s était proposé de surprendre la Framcjé^ de deui èàiéè opposés : une année flamande devait entrer eu Picardie, tandis qu'il pénétrerait liui>uième de l'Italie dans la Provetiee. Ses ministres et tes généraux les plus expérimentés désapproavat^tit la' detjnière partiiet-de ce plan, et trouvaient dangereux de conduire Tarmée à une telle distance de ses magasins. Charles refusa obstinément de suivre leurs avis; et, enivré par celte présoinp-

tion qui n'accompagne que trop souvent la prospérité, il ordonna à l'historien Jovias de faire une assez grande provision de papier, pour écrire les victoires que son imagination trompeuse luijeprésentait déjà comme assurées (i). Ces illusions brillantes s'évanouirent bientôt; et l'empereur dut trouver qu'A était plus aisé de fornier des projets de conquêtes que de les réaliser. . '

François s'arrêta au seul fjan qui lui laissait quelque. espoir de repousser l'ennemi. Se bornant à des opérations xléfensives, il ordonna à' soBCgéiiéral, Montmorency, de jeter des garnisons dans les principales places fortes , et d'ôter tout moyen de subsistance aux troupes de Charles, en dévastant le pays. Ce plan futexéci]|té 2^vec la, pl^s-stricJte.poiJCtuaUté : Charles, en entrant dans la Pjroîifencê, &i(:fi?appé'du silence et de la désolation qui.régnaîent' depuis le$ Alpes jusqu'^ Marseille». J^s hai)itgints a:V»ient fui avec leurs .bestiai^x. ; les effets jCt le$ provision^, qu'ils n'avaient pu ejrnporter , ^ainsi que leurs réédites j, avaient été brûlés: l'armée' ennemie .ne trouvait rien sur son passMgç, les pqits ipênie avaient été/comblés :; hf. ft9tte,,.rçtenue par des vents contrairfes ,. ne vint eniin.£|ppprter que.desseicouts insuffisants. Auiout de dei^x apipis, l'empereur, fat obligé de quitter k territoire français ^ après avoir perdu plus.de la

(t) Hénaulty Abr. Chron.An i536.

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moitié de son armée par la famine et les maladies, et sans avoir pu livrer un seul combat.

Tandis que Charles se retirait honteusement de la Provence, les Flamands étaient repoussés en Picardie : les Allemands refusèrent de seconder l'arabition d'un prince dont ils redoutaient le pouvoir. Une suspension d'armes eut lieu Tannée suivante : l'inimitié des deux monarques avait usé leurs ressources : ieurs coffres étaient épuisés par des guerres si longues et si désastreuses; enfin, la médiation de Paul III fit conclure à Nice entre ces deux princes ^^ .^. une trêve de dix années. L'empereur s'étant em- i538. barque pour Barcelone après la signature du traité, fut jeté par la tempête sur la côte de Provence. Cet événement fut pause que Charles et François eurent une entrevue à Aiguës -Mortes; et ces deux illustres rivaux, après vingt années de haine invétérée, se donnèrent tous les témoignages d'une sincère réconciliation.

La suspension de ces guerres étrangères ne fut pas suivie du repos intérieur si nécessaire pour réparer les pertes que le royaume d'Espagne avait éprouvées. Charles était à peine de retour dans ses états, que les troupes, auxquelles on devait des arrérages considérables , se révoltèrent. La garnispn de la Goulette menaça de livrer ce fort à Barberousse : les troupes Italiennes dévastèrent le Milanès : celles de Sicile pillèrent les villes les plus riches; et les armées imjjériales se livrèrent à toutes sortes de

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