CHAPITRE V
Dissensions parmi les commandants des Chrétiens après la bataille deLépante. — La confédération se dissout Tunis conquis par les armes de don Juan. — Repris par les
Turcs. — Opérations dans les Pays-Bas Mons surpris
par le comte Louis de Nassau. — Le prince d’Orange prend Rurcmondc , Mecheün , etc. — Il est forcé à la retraite. — Révolte des troupes espagnoles Siège et prise de Har-
lem. — Succès des Hollandais sur mer. — Retraite du duc d’Albc. — Caractère de son successeur Requesens. — Flotte espagnole défaite par les Flamands. — Mort des comtes Louis et Henri de Nassau. — Siège mémorable de Leyde.
— Mutinerie des troupes espagnoles et italiennes. — Sac d’Anvers. — Pacification de Gand. — Don Juan d’Autriche nommé gouverneur des Pays-Bas. — 11 s’empare de la citadelle de Namur. — Les hostilités recommencent. — Les Flamands choisissent l’archidiacre Mathias pour les gouverner. — La reine Élisabeth soutient les Flamands. — Bataille de Gembloux. — Mort do don Juan d’Autriche. — Le duc de Parme lui succède au gouvernement des Pays-Bas.
— Philippe s’empare du Portugal. — Les Flamands secouent le joug de Philippe et élisent le duc d’Anjou pour leur souverain.
La victoire de Lépante , l’une des plus glorieuses et des plus décisives que l’on eût jamais remportée sur mer, bien qu’elle eût été achetée par la ‘perte
de dix mille chrétiens , ruina la marine des Turcs, et aurait été d’une plus grande importance encorè, si les confédérés eussent profité des avantages qu’elle leur donnait. Mais les dissensions des chefs furent fatales à la cause des chrétiens. Don Juan, malgré son titre de généralissime, ne pouvait décider rien d’important sans le consentement des Vénitiens et des officiers du papo. La diversité des opinions et des intérêts, les jalousies mutuelles, embarrassaient les conseils et entravaient les opérations. Dans le cours de l’année suivante, don Juan se rendit maître de Tunis. Les Turcs reprirent cette ville peu aprè$, et ôtèrent ainsi à ce jeune chef l’espoir qu’il avait formé de fonder un nouvel empire en -Afrique. Sélim s’occupait à réparer ses flottes , afin de rendre au pavillon turc la supériorité qu’il avait prise sur les mers , lorsqu’une mort prématurée vint arrêter ses ; projets, La révolte des Flamands exigeait tous les efforts de l’Espagne; Philippe commençait à se lasser de ces guerres étrangères qui épuisaient les forces de son royaume, et ne servaient qu’à augmeutfoi|'ja; gloire d’un frère dont il commençait à devenir jAr,; loux. La mort de Pie V fut défavorable aux alliés; on mit plus de lenteur dans les opérations, et, peu de temps après, la ligue fut dissoute. , . - u Le prince d’Orange, du fond de la retraite qu’il avait choisieen Allemagne, avait secrètement fomenté l’esprit de discorde parmi les Flamands. Il était aussi parfaitement informé de l’insurrection qui commen-