‹ Histoire D'Espagne (volume 2)Chapitre 27 sur 34 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

TI I ST O I R f!

portugaise ainsi que toute la jeunesse en état de porter les armes; qu’elle voulait ensuite faire entrer sur leur territoire une armée espagnole très -nombreuse, s’emparer de la capitale, emmener les habitants travailler aux mines de l’Amérique, et repeupler la ville d’une colonie d’Espagnols. Les récits les plus improbables sont écoutés avidement par une populace, ignorante et crédule. Au signal iCw’ donné par un coup de pistolet, à huit heures du i(</,°. matin, tout Lisbonne courut aux armes. Un parti attaqua les gardes allemandes et les tailla en pièces, tandis qu’un autre, conduit par Pinto Ribeiro, força le palais. Le secret de cette conspiration, quoique nécessairement confié à un grand nombre de personnes , avait été gardé avec une fidélité surprenante : le gouvernement n’en avait point entendu parler; et les cris mille fois répétés de « Vive le « duc de Bragance! » apprirent à Vasconcellos la fin de son pouvoir et de sa vie. Le danger s’approchait avec trop de rapidité pour qu’il y eût aucun moyen de l’éviter. On l’arracha d’un cabinet où il avait voulu se cacher , et son corps déchiré fut jeté par une fenêtre.

La vice - reine , qui n’avait jamais approuvé les mesures oppressives de Vasconcellos , fut étonnée de l’événement, mais non intimidée. Elle imagina que ces violences étaient dirigées seulement contre le ministre, et vint au-devant des conjurés avec calme

et fermeté. Ils lui apprirent bientôt toute l’étendue de la conspiration , et lui estorquèrent, en la menaçant d’une prompte mort , un ordre pour faire évacuer la citadelle par les troupes espagnoles. Le, commandant, effrayé par les clameurs de la populace , obéit aussitôt , et se trouva probablement fort heureux de déguiser ses craintes sous une apparence de respect pour les ordres de son souverain.

Pendant que cette révolution s’opérait à Lisbonne, le duc de Bragance, attendant à Villa -Yiciosa (1) le succès de l’entreprise, comptait les moments avec anxiété : les coups qui devaient le porter au trône ou le précipiter dans la tombe avaient été portés; et son esprit était agité par la crainte et l’espoir. Enfin deux des principaux conjurés vinrent le saluer roi de Portugal. Il se mit aussitôt en route pour Lisbonne , et entra dans la ville au milieu des acclamations des habitants, dont l’attachement pour la maison de Bragance était confirmé par leur aversion pour la domination espagnole. Les autres villes et les provinces de Portugal suivirent l’exemple de la capitale : le peu de troupes espagnoles qui y restaient, effrayées et hors d’état de se défendre, acceptèrent avec joie l’offre qu’on leur fit de quitter les frontières du Portugal. Cette révolution si subite

( 1 ) Villa-Viciosa , dans la province d’Alentejo, est à 85 milles environ de Lisbonne.

et si extraordinaire ayant réussi complètement, le duc de Bragance prit le titre de Jean IV , roi de Portugal; et la cérémonie de son couronnement fut célébrée avec une magnificence solennelle.

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1) KSPAGNK.

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