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d’une fièvre chaude, et mourut trois jours après. Ainsi périt à l’âge de trente-sept ans un guerrier patriote, l’orgueil et l’espérance de l’Espagne. Ses funérailles se firent à Londres avec beaucoup de pompe ; les princes français y assistèrent, et les restes du duc furent déposés à l’abbaye de Westminster dans la chapelle de Henri Vil , en attendant qu’ils pussent être transportés dans sa patrie. Son éloge fut prononcé dans la chambre des pairs par le marquis de Wellesley.
Tandis que les Français étaient occupés à fortifier tous les points de la baie de Cadix qui étaient en leur pouvoir , les Espagnols travaillaient sans relâche à élever des redoutes et des batteries, à multiplier leurs moyens de défense; ils recevaient des secours en argent et en vivres , et des renforts de troupes. Les colonies espagnoles envoyèrent pour leur contribution des sommes considérables. Les bâtiments des États-Unis d’Amérique apportèrent des farines en grande abondance. Dans le mois de mai , les forces anglaises dans l’île de Léon furent portées à sept-mille hommes qui , réunis aux Espagnols et Portugais , formaient en tout vingt-trois mille combattants. Une communication constante fut entretenue entre Cadix et les pays environnants au moyen de bâtiments légers destinés à ce service.
Vers le milieu de mars , quatre vaisseaux de ligne espagnols , dont un de cent canons , et un vaisseau tle ligne portugais furent jetés par la tempête à la
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côte de la baie , où ces bâtimens se perdirent. Sept cents hommes des équipages , la plupart Anglais , furent sauvés par les efforts et l’humanité des marins français. Trente bâtiments marchands, richement chargés, furent également jetés à la côte et perdus. Les effets de cette terrible tempête se firent aussi sévèrement sentir sur le Guadalquivir.
Dans la nuit du 16 au 17 mai , près de deux mille prisonniers français s’échappèrent à bord d’un vaisseau rasé (la Castille) sur lequel ils se trouvaient renfermés. Prenant avantage de la marée et d’un vent favorable , ils coupèrent les cables et laissèrent le vaisseau aller en dérive.
Cependant le siège de Cadix traînait en longueur; les assiégeants étaient mal pourvus de vivres et de munitions , et exposés aux attaques continuelles des partis de guérillas de l’intérieur. Les convois de vivres ne pouvaient marcher en sûreté qu’au moyen de forts détachements.
L’armée assiégeante avait resserré le blocus de Ste-Marie à St-Pierre, s’approchant aussi près que possible des avant-postes espagnols. L’artillerie de siège arriva le 20 avril dans les lignes françaises, avec un renfort de troupes. Le fort Matagorda , situé environ à deux mille toises de Cadix sur la terre ferme, en face du fort Punta/ès, fut pris le 22 avril. On éleva sur ce fort de nouveaux ouvrages , et l’on forma des radeaux sur le canal de Trocadero. De ce point, les assiégeants gênaient extrêmement la na-
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vigation intérieure. Matagorda et le fort de Puntalès entretenaient un feu continuel. L’artillerie française était principalement dirigée contre les chaloupes canopnières anglaises, et le feu de celles-ci contre les travailleurs français. La distance entre Matagorda au nord , et Puntalès au sud , du canal qui conduit de la rade extérieure au port intérieur de Cadix, est seulement de deux milles. Les postes français sur la baie de Cadix étaient aussi exposés au feu des canonnières anglaises. Les matelots employés par l’empereur Napoléon dans l’été de 1 809 sur le Danube, furent envoyés en Espagne pour concourir aux opérations du siège de Cadix.
A la fin de l’année, les Français qui avaient élevé de fortes batteries de tous côtés commencèrent à lancer des bombes sur Cadix ; leurs projectiles atteignaient jusqu’à la ville -, mais la distance était si considérable qu’ils produisaient peu ou point d’effet. Us réunirent en même -temps un grand nombre de chaloupes canonnières pour tenter une descente dans l’île de Léon.
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