CHAPITRE III
Opérations des Espagnols et des Anglais , leurs alliés.
Les montagnards d’Alpujarras sont excités à prendre les armes , ainsi que les habitants des montagnes qui séparent les provinces de Murcie , Grenade et Jaën. — Ils sont défaits et dispersés. — Une expédition combinée est dirigée du port de Cadix contre Maguer. — Des batteries et redoutes françaises sont détruites par les chaloupes canonnières anglaises. — Expédition partie de Gibraltar contre Malaga. — Vaine tentative du général Odonnel pour faire lever le siège de la citadelle ’d’Hostalrich. — Prise de cette place. — Les Français s’emparent de la forteresse de Méquincnza. — Le siège de Valence est levé par l’effet d’une sortie de la garnison espagnole, commandée par don Ventura Coro. — Prise de Tortose par le général Suchet.
Les opérations des Espagnols et des Anglais, leurs alliés, ne se bornèrent pas à la défense de Cadix; ils prirent l’offensive en soulevant les habitants du pays, en les encourageant et les aidant à résister aux Français. On a fait observer plus haut, que le corps du général Sébastiani devait communiquer avec celui du maréchal duc de Bellune. Les montagnes situées entre Mozbella et les environs de
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HISTOIR E
Cadix devinrent le théâtre de combats journaliers entre les troupes des deux partis. Le général Blakc, qui était occupé dans le royaume de Murcie à recueillir les débris de l’armée d’Arrisaga et à la réorganiser, excita les montagnards de Y Alpujarras à prendre les armes; et afin d’encourager leur insurrection , il envoya pour les soutenir une colonne de ses troupes d ’Almeira sur Adra , Torbision et Motril. L’ Alpujarras , ou A Ipuxarras ' est un district montagneux dans le royaume de Grenade, d’environ dix-sept milles de longueur de l’est à l’ouest sur onze de largeur du nord au sud. Ces montagnes sont si élevées que leurs cimes s’aperçoivent non-seulement de Gibraltar, mais encore de la côte d’Afrique , entre Ceuta et Tanger. A l’approche des Espagnols de la ville de Molril, un bataillon français qui y était stationné se retira sur Velez-Malaga, abandonnant une grande quantité d’armes, de vivres et de munitions.
Un corps de cinq mille hommes sous le commandement du général espagnol don Louis Lascy débarqua à Algésiras, et marcha, par St-Roch, sur la ville de Rotula. 11 y avait dans cette place environ six cents Français. Instruits à temps de l’arrivée inattendue des Espagnols dont on exagérait beaucoup le nombre, et prévenus qu’ils devaient être attaqués dans la nuit, ils évacuèrent la ville. Quoique le nombre de troupes régulières de Lascy fut exagéré, cependant, peu de jours après son dé-
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barquement à Algésiras, la totalité de ses forces, y compris les milices, s’élevaient à treize mille hommes. Toutes les armes trouvées à Ronda furent distribuées aux habitants des montagnes. Le général Sébastiani, à la tête d’une partie de sa division, marcha de nouveau contre les insurgés ; il les battit et les mit en déroute en diverses actions ; ils regagnèrent leurs montagnes pour faire de nouveaux préparatifs d’attaque. Ces montagnards espagnols, surtout ceux de l’Alpujarras amenaient leurs prisonniers à Gibraltar , et c’était un spectacle digne d’observation que de voir ces demi -sauvages, habitués, comme les paysans russes, à se couvrir de peaux de mouton, se présenter, revêtus d’uniformes français.
Tandis que Blake faisait des démonstrations dans l’Alpujarras et sur la côte, où il était appuyé par deux vaisseaux de ligne, ce général soulevait aussi les habitants des montagnes qui séparent Murcie, Grénade et Jaën. Le général Sébastiani , ayant reçu ordre de pénétrer en Murcie et de chasser les insurgés qui désolaient les frontières de ces provinces, se mit en marche le 18 avril; et le a 3 ,son avant-garde entra dans Murcie. Les troupes espagnoles au nombre de quinze à dix-sept mille hommes, tout en soutenant divers combats d’arrièregarde, se retirèrent à Alicante, d’où elles détachèrent quatre mille hommes à Carthagène.
Une expédition combinée sortit de Cadix le