X 1 O HISTOIRE
1 % août et fut dirigée sur Moguer, ville de la province de Séville sur l 'Huelva, au-dessous du confluent de cette rivière dans le Tinto, où se trouvait posté un détachement français sous les ordres du duc d’Aremberg. Le nombre des forces de terre, principalement composées d’Espagnols , était de treize mille hommes. L’expédition se composait en outre d’une division navale anglaise sous les ordres du capitaine Georges Cockburn : les troupes de terre étaient commandées par le général espagnol Lascy. Dans la soirée du a3 , au moment où l’escadre était à environ quatre lieues de l’embouchure de la Huelva, le général espagnol témoigna au capitaine Cockburn le désir de débarquer sur la côte le long de laquelle cinglait l’escadre , afin de se porter plus promptement sur Moguer ; le débarquement s’effectua sans opposition.
Les Espagnols ayant passé un bras de la Huelva arrivèrent à Moguer, après avoir fait une marche de vingt-deux milles depuis le point de débarquement. Les Français surpris et chassés de la ville se rallièrent promptement, mais ils furent, malgré leurs efforts, contraints de céder à la supériorité du nombre. Le jour suivant , une division espagnole s’empara de la ville de Niebla à dix milles au nord-est de Moguer : mais le général Lascy , ayant appris que les Français s’avançaient en grande hâte de Séville, se décida, après 'avoir détruit les magasins et les batteries , et encloué les canons
- ' Digitïzed by'-Googie*' I
d’espagnk. ïii
de Moguer , à réembarquer ses troupes et à rentrer à Cadix.
La flottille de chaloupes canonnières anglaises détruisit aussi les batteries et les redoutes de Sainte- Marie et de quelques autres points de la baie de Cadix. Une autre expédition , dirigée contre Malaga , mit à la voile de la baie de Gibraltar le 1 1 octobre sous le commandement du lieutenant-colonel lord Blancy. Son objet était de s’emparer d’abord du fort Fangorala, afin d’attirer les Français hors de Malaga, de se réembarquer aussitôt après, de faire voile pour ce port, dans la vue, avec le secours d’un renfort qui devait être envoyé sans délai de Gibraltar, de détruire les ouvrages des Français, et d’éloigner de Malaga les nombreux corsaires auxquels le port servait de refuge. On avait supposé que le fort Fangorala se rendrait sans résistance. L’expédition était composée de cinq cents Anglais, de cinq cents déserteurs allemands enrégimentés à Gibraltar, d’un régiment espagnol tiré de Ceuta , et d’un nombre assez considérable, de canonniers. Ces troupes débarquèrent le i 4 octobre à trois lieues à l’ouest de Fangarola qui est situé à douze milles de Malaga. A peine un détachement des troupes aux ordres du lord Blancy fut-il à portée du canon , que la garnison qui n’était composée que de cent -soixante hommes tira sur lui avec une pièce de vingt-quatre et quelques autres de moindre calibre. Lord Blancy avait espéré qu’un parlementaire terminerait l’af-
faire : il n’avait sous la main ni échelles , ni pièces de siège : il fit débarquer durant la nuit quelques canons des vaisseaux et les plaça sur le terrain de manière à tirer avec avantage. Vers onze heures du matin , le feu de la garnison cessa ; mais elle fit une sortie et s’empara de la batterie. Les officiers du détachement anglais qui , tandis que les autres troupes se rendaient aux positions qui leur était désignées, restaient sur les flancs de la hauteur sur laquelle la batterie était placée, attaquèrent les assaillants et délivrèrent la batterie ; mais tout à coup un parti plus nombreux de Français s’avança au milieu de la mêlée; la batterie fut reprise : les Anglais ainsi que les autres troupes prirent la fuite : l’arrivée de mille deux cents hommes venant de Malaga jeta la terreur parmi les troupes anglaises et espagnoles. Cependant il arriva qu’un régiment qui avait quitté Gibraltar peu de jours après le départ de l’expédition , vint à débarquer deux compagnies au moment où l’action était engagée. Ces nouvelles troupes allèrent à la rencontre des Français , s’emparèrent d’une hauteur qui commandait cette partie de la côte , et soutenues par le feu du vaisseau de ligne à bord duquel elles étaient arrivées, elles arrêtèrent quelques instants les vainqueurs et protégèrent la retraite et l’embarquement de ceux des soldats anglais qui n’avaient pas pris la route de Marabella avec les fuyards espagnols. Cette affaire de Fangarola fut peu honorable pour l’expédition; car les
d’espagne. ir3
Français quelle eut à combattre lui étaient de deux tiers inférieurs en nombre.
Un corps de douze mille Français qui, au commencement de février, avait fait une attaque infructueuse sur Valence, mit le siège devant la citadelle d’Hostalrich en Catalogne. La ville avait été prise dès le mois de janvier ; mais la citadelle située sur une montagne escarpée, ne pouvait être réduite que par un blocus. A cette époque, le maréchal Augereau commandait en chef en Catalogne. Vers le milieu de février, le général O’Donnel, à la tête d’un corps de trcVupes de ligne espagnoles , tirées de différentes places , tenta de couper la division française aux ordres du général Souham et de faire lever le siège d’Hostalrich. Ces troupes étaient composées de douze mille hommes d’infanterie et de mille deux cents chevaux : elles furent renforcées par quelques milliers de miquelets. Le ao février, vers sept heures du matin, les Espagnols s’avancèrent sur trois colonnes dans la plaine de Vich. Les miquelets , commandés par un médecin, nommé Rovera, occupaient les hauteurs adjacentes. Le général Souham, ayant observé le mouvement de l’ennemi, rangea sa division en ordre de bataille. O’Donnel essaya de tromper le général français par une fausse attaque. Un fort parti de miquelets commença l'action en attaquant un bataillon français, stationné à Gurp ; le général Souham ordonna à ce bataillon de se retirer, et ne fit aucun autre changement à son ordre