Tome III. S
de bataille. Un feu très -vif s’engagea bientôt sur tout le front ; les Espagnols firent avancer leur première ligne; l’élite de leurs troupes, parmi lesquelles se trouvaient deux régiments suisses , chargèrent avec beaucoup de bravoure, en même temps que leur cavalerie faisait un mouvement pour tourner l’aile droite des Français ; mais le général Souham opposant promptement la sienne, fit charger les troupes espagnoles, et avec tant de succès que leur cavalerie fut mise en déroute, et perdit un grand nombre d’hoinmes. O’Donnel fit alors marcher toute sa réserve, et renouvela, durant trois heures, ses attaques contre le centre des Français, et toujours en vain ; tous les bataillons qui soutinrent ces attaques réitérées , montrèrent beaucoup d’intrépidité et d’intelligence. Le général espagnol, jugeant de l’inutilité de ses efforts pour forcer le centre de la ligne française, ordonna un mouvement pour tourner en même temps les deux ailes ; cette manœuvre échoua également. Au moment de ce dernier engagement, le général Souham, qui se trouvait à l’aile droite, reçut une blessure à la tête : il fut emporté du champ de bataille , et en son absence , le général Augereau, l’un des généraux de brigade de sa division, prit le commandement en chef; il s’en acquittait fort habilement, lorsque le général Souham, impatient de terminer lui-même ce combat, revint, après que sa blessure fut pansée , reprendre le commandement de ses braves troupes, et resta avec elles
d’f.spagne. K I 5
jusqu’à la fin de la journée. La tentative désespérée d’O’Donnel pour tourner l’aile droite des Français , fiit faite par une colonne d’infanterie soutenue de* toute la cavalerie. Mais cette colonne, toute composée de Suisses, fut coupée par un régiment de dragons, et un de grosse cavalerie. Les Suisses, au nombre de mille , mirent bas les armes. Ce double effort pour tourner les ailes de l’armée française ayant échoué , les Espagnols lâchèrent pied sur tous les points et furent poursuivis avec un grand carnage jusqu’à Maga , laissant toute là route jonchée d’armes , de morts et de blessés. Ceux qui échappèrent durent leur salut au voisinage des montagnes ; trois mille cinq cents Espagnols furent tués ou blessés dans cette journée : trois mille deux cents cinquante faits prisonniers et envoyés en France.
En même temps que le général Souham était aux prises avec le général O’Donnel , les troupes italiennes qui formaient le blocus de la citadelle d’Hostalrich , furent attaquées par une bande d’insurgés, réunie de toutes les montages voisines; mais ils furent bientôt défaits et dispersés avec grande perte. Un autre corps composé de deux mille hommes de troupes de ligne espagnoles, de mille C cinq cents miquelets et de deux cents cavaliers, commandé jsar A colonel suisse, fit une autre attaque sur un poste français stationné à Bessola ; mais il fut repoussé au-delà d’Olot et perdit trois cents hommes. La perte des Français dans ces actions simultanées