Tome l II
s’étant retirés à son approche , avaient traversé l’Agueda, et étaient en pleine retraite vers Tonnes. !.« général Drouet était alors clans la province de Cordoue, et le maréchal Soult à Séville.
Lord Wellington expédia le général Hill pour attaquer les postes et les ouvrages établis par les Français au passage du Tage, à Almaraz dans l’Estramadure , près des frontières de la Nouvelle Castille. C’était la seule bonne communication entre les deux rives du Tage au-dessous de Tolède; tous les ponts permanents de ce fleuve, au-dessous de celui d’Arzobispo, détruits par les opérations de la guerre, n’avaient point été réparés. Le pont d’ Almaraz était défendu par des ouvrages élevés sur les deux rives du fleuve , et était en outre , du côté du sud , couvert par le château et les redoutes de Mirabete , environ à une lieue de distance.
Les préparatifs nécessaires pour cette expédition ne permirent pas au général Hill de commencer sa marche d’Almendralejo avant le iot mai. Le 16, il forma ses troupes en trois colonnes, la gauche dirigée contre le château de Mirabete , la droite contre les ouvrages du pont , et le centre vers le défilé. La marche fut si difficile que, le 19, le jour avait paru avant que l’attaque pût se faire. Ia colonne de droite, munie d’échelles, se mit en mouvement pour donner l’assaut au fort Napoléon , ouvrage construit sur la rive gauche du fleuve. Malgré tous les obstacles et un feu foudroyant, les troupes alliées repous-
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sèrent la garnison française des divers retranchements jusque sur le pont qui se trouvait coupé de l’autre côté , de sorte que beaucoup de soldats français se précipitèrent dans le fleuve , où ils périrent Alors la garnison du fort Raguse, sur la rive droite, abandonna sa position. Les magasins , 1 8 pièces de canon et a5o prisonniers tombèrent entre les mains des Anglais, qui s’empressèrent de détruire tous les forts et les ouvrages construits pour la défense du pont. L’attaque sur Mirabete ne servit que de diversion , en portant les Français à croire que celle contre les forts près du pont ne commencerait que lorsque le sort de la première serait décidé. Les Anglais perdirent dans cette action , en tués et blessés , environ cinq cents hommes.
La partie méridionale de l’Andalousie continuait d’être le théâtre de fréquents combats entre les Français et les Espagnols. Le i CT juin, le général Ballesteros soutint , dans la plaine de Bornos , un vif engagement contre une division française , engagement qui se termina par la défaite des Espagnols, avec perte de quinze cents hommes tués et blessés. Cependant Ballesteros ne se retira pas plus loin que la position qu’il occupait avant le combat, et ne fut point inquiété dans sa retraite.
Les guérillas, secondés par l’escadre de sir Home Popham, firent, le ai juin, une attaque combinée sur les troupes françaises qui occupaient le poste de Lequitio en Biscaye, et réussirent, à l’aide de Par-
tillerie anglaise , à faire prisonnière la garnison du fort.
L’attention était alors principalement fixée sur l’armée alliée commandée par lord Wellington, qui, depuis quelque temps, s’avançait contre l’armée française aux ordres du maréchal Marmont. Le général anglais traversa l’Agueda le 1 3 juin , et arriva le 1 6 devant Salamanque. A son approche, les Français se retirèrent au-delà de la Tormès , laissant environ huit cents hommes dans quelques forts construits sur les ruines des collèges et des couvents de Salamanque. L’armée alliée entra dans la ville, mais il fallut assiéger les forts. Pendant ce temps, le maréchal Marmont se retirait sur le Duero.
La brigade de cavalerie aux ordres du général anglais Slade, dans l’Estramadure, eut une rencontre avec deux régiments de dragons français qu’elle mit d’abord en désordre; mais s’étant mise imprudemment à leur poursuite, elle fut attaquée, culbutée et presque anéantie par la réserve des Français. Les troupes commandées par le maréchal Soult , et celles sous les ordres du général Drouet , avaient opéré leur jonction, et s’étaient avancées sur Lerena et Saint- Olalla. D’après ce mouvement, le général Hill avait rappelé ses détachements, et concentré ses forces à Albuera.
Les batteries élevées contre les forts de Salamanque commencèrent leur- feu le 17 juin. Le maréchal Marmont fit, le 20, un mouvement en avant, afin
de se mettre en communication avec les forts; et dans la nuit du ai, ses troupes établirent un poste sur le flanc droit de l’armée alliée; le jour suivant, le général Graham ayant attaqué cette position , lés Français en furent repoussés avec perte. Ils firent ensuite un nouveau mouvement qui avait pour objet de communiquer avec leurs garnisons par la rive gauche de la Tormès, rivière qu’ils passèrent en force le 2/4 juin ; mais l’approche du général Graham les détermina à se retirer dans leur première position. Cependant le siège des forts n’avançant pas avec la rapidité à laquelle lord Wellington s’était attendu , il fit , dans la nuit du 2 3 , une tentative pour enlever d’assaut le principal ouvrage ; mais elle échoua avec une perte considérable. Le généralmajor Bowesy fut tué. Le 27, l’artillerie des assiégeans ayant mis le- feu aux bâtiments du fort le plus étendu, celui de Saint -Vincent, et une brèche ayant été ouverte à un autre fort , le commandant de Saint-Vincent, afin de gagner du temps, demanda à-capituler, après un certain nombre d’heures. Lord Wellington s’étant aperçu de son dessein , ordonna de livrer l’assaut aux deux forts : cette fois l’attaque réussit ; et alors le commandant de Saint-Vincent envoya un parlementaire pour annoncer que le fort se rendait à la condition que la garnison serait prisonnière de guerre des Anglais; ce qui fut accepté. Ces forts étaient d’une si forte construction qu’ils ne pouvaient être réduits que par un siège
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régulier. Ils coûtèrent aux alliés plus de neuf cents hommes'tués ou blessés. A la nouvelle de cet évènement, l’armée française se retira. Lord Wellington leva son camp le I er juillet, et s’avança vers le maréchal Marmont qui se dirigeait sur Tordesillas; sir Cotton attaqua son arrière-garde sans succès. Le reste de l’armée alliée était trop éloigné pour pouvoir empêcher les Français d’effectuer le passage du Duero; ils prirent position sur cette rivière, ayant leur centre à Tordesillas. Lord Wellington, de son coté , prit position à Rueda. Le 7 juillet, les Français furent renforcés par la jonction des troupes aux ordres du général Bonnet, qui s’étaient avancées des Asturies. Ils s’étendirent ensuite sur leur droite jusqu’à Toro , où ils s’occupèrent à rétablir le pont qui avait été précédemment détruit. Le général Bill avait quitté Albuera, et avait marché contre les Français qui setaient retirés devant lui du côté de Cordoue. Le 9 juillet, il avait atteint Lerena.
Le maréchal Marmont revint alors contre les alliés et reprit l’offensive. Le 16 juillet, il envoya un corps considérable à Toro, sur le Duero , tandis que lord Wellington mettait l’armée alliée en mouvement sur sa gauche , dans l’intention de la concentrer sur la Guarena , rivière qui se jette dans le Duero. Dans la nuit les Français repassèrent le Duero à Toro, et le maréchal Marmont mit tou te sonarmée en marche vers Tordesillas , où il repassa le fleuve le 1 7 ; il réunit le même jour ses troupes à Nava del Rey. Les deux ar-
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niées firent alors successivement divers mouvements. Les Français attaquèrent un corps stationné à Castrejon , sous les ordres de sir Stapleton Cotton , qui résista jusqu’à ce que la cavalerie l’eût joint, et opéra ensuite sa retraite sur le principal corps d’armée sur la Guarena. Les Français passèrent cette rivière, avec l’intention de se porter sur la gauche de l’armée alliée ; mais une attaque faite par la brigade de cavalerie du général Alten , et soutenue par un corps d’infanterie , arrêta leur mouvement. L’objet du maréchal Marmont était de couper la communication des alliés avec Salamanque et Cindad - Rodrigo ; et celui de lord Wellington , de maintenir cette communication. Le a i, l’armée alliée se trouvait concentrée sur la Tormès , et le maréchal Marmont s’avançait vers cette rivière.
Deux armées opérant sur un espace aussi resserré ne pouvaient pas être long-temps sans en vaiir à une action générale; et ce résultat fut accéléré par la nouvelle parvenue à lord Wellington que le général Clausel était arrivé le ao à Polios, avec la cavalerie et l’artillerie légère de l’armée du nord, pour se réunir au maréchal Marmont, ce qu’il pouvait effectuer dans un jour ou deux. Le général anglais cherchait donc l’occasion favorable pour engager l’action : elle se présenta dans l’après midi du 22 juillet, par l’extension de la ligne des Français sur leur gauche, dans la vue d’embrasser un poste situé sur une hauteur occupée par la droite des alliés. Lord Welling-
ton renforça alors sa droite, et ordonna en même temps une attaque sur la gauche des Français; cette attaque eut un plein succès. Le feu s’engagea sur le front de bataille des deux armées; mais la ligne des alliés étant moins étendue que celle des Français, ils purent diriger contre le centre leur plus grand effort : les Français’y opposèrent une vive résistance. Les attaques réitérées de l’infanterie anglaise furent repoussées par une division française avec la plus grande fermeté; le maréchal Marmont fut grièvement blessé et mis hors de combat. Le sort de la bataille resta quelque temps en suspens , et ne fut décidé que par les réserves de lord Wellington , qui rétablirent le combat. Accablés par le nombre de troupes fraîches, les Français, poussés d’une hauteur à l’autre, perdirent le champ de bataille; leur aile droite tint ferme jusqu’à la nuit et couvrit la retraite. Ils furent poursuivis jusqu a Peneranda. Ils perdirent environ cinq mille hommes tués ou blessés. Onze pièces de canon , plusieurs caissons chargés de munitions , deux aigles , six drapeaux , un général, trois colonels, quatre mille soldats tombèrent entre les mains des alliés , et le jour suivant on recueillit encore un grand nombre de prisonniers. La perte du côté des alliés ne fut guère moindre : elle s’éleva en tués et blessés à environ cinq mille deux cents hommes , tant Anglais que Portugais. Les Espagnols"prirent peu de part à cette bataille livrée sur leur territoire et pour leur cause.
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L’armée alliée continua sa marche en suivant les Français, dont les forces se divisèrent: une partie passa le Duero à Puente de Duero , le 27; et l’autre se porta au pont de Tudela , sur cette même rivière. Le roi Joseph avait quitté Madrid, le 21, avec l’armée du centre, dirigeant sa marche par l’Escurial sur Alba de Tormès; mais à la nouvelle qu’il reçut le 25 de la perte de la bataille de Salamanque, il se retira vers Ségovie. L’arrière-garde des Français se maintint sur la rive gauche du Duero, pendant les journées du 28 et du 29 ; mais à l’approche de la cavalerie des alliés, elle traversa la rivière et suivit les mouvements du gros de l’armée, abandonnant Valladolid, où elle laissa 17 pièces de canon. Des partis de l’armée alliée entrèrent dans cette ville le 3 o juillet.
Pendant ce temps , l’armée du centre était arrivée à Ségovie, avec l’intention apparente d’opérer sa jonction sur le haut Duero avec celle du maréchal Marmont. Pour empêcher cette réunion , lord Wellington se porta à Cuellar. Le roi Joseph se retira de Ségovie et repassa la montagne et le défilé de Guadarama , après avoir pris toutes leà mesures propres à arrêter la marche des alliés.
Le moment du dénoûment approchait; les immenses apprêts de la campagne de Russie avaient consumé toutes les réserves de Napoléon , en hommes , en matériel , en argent. Les pertes faites en Espagne ne pouvaient être assez promptement ré-
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parées pour y relever la fortune des armes. Le courage des troupes françaises était admirable, mais leurs efforts devenaient de jour en jour plus impuissants; les obstacles, les embarras et les dangers de leur position allaient croissant.
Lord Wellington informé que l’armée du maréchal Marmont qui continuait sa retraite sur Burgos, n’était pas, du moins pour quelque temps, en état de tenir la campagne, se détermina à forcer le roi Joseph , soit à en venir à une action décisive , soit à quitter la capitale. 11 marcha, le 6 août, de Cuellar sur Ségovie, et arriva le lendemain à Saint -IIdephonse. L’avant-garde de sa cavalerie , après avoir passé le Guadarama , se porta en avant , et poussant devant elle un corps d’environ deux mille hommes de cavalerie française, s’établit à Majalahorda.
Le brigadier- général Durban, qui commandait cette avant-garde , voyant revenir sur lui la cavalerie française, ordonna aux Portugais de charger les escadrons qui étaient en tête; mais les Portugais, malgré les efforts de leurs officiers, lâchèrent pied même avant d’avoir atteint les Français. Ils abandonnèrent leur canon et s’enfuirent à travers le village de Majalahorda, vers un corps de dragons de la légion allemande; celle-ci chargea les Français, qui la voyant soutenue par d’autres troupes, se retirèrent en bon ordre. Les alliés éprouvèrent dans cette affaire une perte assez considérable; leur armée continua de marcher en avant, et le 1 f, deux de
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ses divisions entrèrent à Madrid. Le roi Joseph avec l’année du centre avait pris la route de Tolède, laissant une garnison dans le fort de Lachina, au Retiro.
Dans la soirée du i 3 , le Retiro fut investi, et l’on faisait des préparatifs pour attaquer les ouvrages, lorsque le commandant du fort la China demanda à capituler. On lui accorda les honneurs de la guerre , à condition que la garnison et toutes les personnes qui se trouvaient dans le fort seraient prisonnières, et que les magasins et l’artillerie seraient remis aux alliés. Le nombre total de prisonniers s’éleva à deux mille cinq cents hommes. On trouva au Retiro cent quatre-vingt-neuf pièces d’artillerie , avec une grande quantité de munitions de guerre et de bouche, et d’effets d'habillement. Telles furent , dans le nord et au cœur de l’Espagne , les conséquences de la bataille de Salamanque. Du côté de l’est , la cause des alliés éprouva un revers. Le général O’Donnel , à la tête de l’armée de Murcie, ayant attaqué, le 21 juillet, les postes du général Harispe à Castalla et à Ibi dans le royaume de Valence, fut défait et perdit trois mille hommes. Sa retraite fut couverte par le général Roche, qui setait avancé d’Alicante pour coopérer à cette entreprise.
Le 10 août, le général anglais Maitland, avec une expédition envoyée de la Sicile , après avoir louvoyé durant plusieurs jours le long des côtes de la Catalogne et de Valence, et fait des démonstrations sur différents points , débarqua enfin à Alicante.
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Astorga , qui avait été long-temps assiégée par les Espagnols , capitula le 1 8 août ; sa garnison , composée de trois bataillons, se rendit prisonnière de guerre, à condition d’être échangée, aussitôt que les circonstances le permettraient, contre des prisonniers espagnols. Le général Foi qui s’avancait de Valladolid avec un fort détachement pour secourir et dégager cette place, ne put arriver à temps, mais il débloqua Toro et Zamora.
Comme nous l’avons dit plus haut , les Français s’affaiblissaient par les combats, par les fatigues et les maladies; au lieu des renforts ardemment sollicités par le roi Joseph et par les généraux en chef, plusieurs corps de vieilles troupes avaient été retirés des armées d’Espagne pour rejoindre la grande armée en Russie; il n’était plus possible de continuer, sur des points si éloignés les uns des autres , des opérations qui ne pouvaient plus se lier et concourir rfü but commun. Il n’y avait plus de sûreté dans cette divergence , plus de système général dans ce mélange d’offensive et de défensive ; il fallut donc se concentrer, et d’abord renoncer à l’espoir de forcer la reddition de Cadix. Cette ville, privée de toute communication par terre, souffrait beaucoup sans doute; sa situation était aggravée par les dangers d’un bombardement qui, bien qu’effectué d’un point trop éloigné pour pouvoir y causer de grands dommages, donnait pourtant de sérieuses alarmes aux habitants et pouvait lasser leur constance. Toutes les tentatives
faites par les Espagnols pour faire lever le blocus avaient échoué , et même quand les Français avaient retiré la plus grande partie des troupes qui y étaient employées, la force des ouvrages qu’ils avaient construits avait dissuadé les assiégés de faire aucun effort pour les enlever. Mais après la perte de la bataille de Salamanque et l’évacuation de Madrid, la levée du blocus fut résolue. Dans la nuit du aA et la matinée du 2 5 août, les Français abandonnèrent leurs ouvrages devant Cadix et l’île de Léon , à l’exception de la ville de Port-Sainte-Marie, où un corps de troupes resta jusqu’au milieu du jour. Les assiégeants, avant leur départ, détruisirent tous les forts et les batteries élevés dans leurs lignes, et donnèrent ainsi à Cadix le spectacle de feux immenses et d’explosions successives. Ils laissèrent derrière eux un grand nombre de pièces d’artillerie qu’ils avaient mises hors d’état de servir, ainsi qu’une grande quantité de munitions de guerre.
Après l’évacuation des lignes de Cadix, les Français se retirèrent aussi de Séville. Le 27 août, un corps de troupes anglaises et espagnoles entra dans cette ville, où se trouvaient encore quelques bataillons d’infanterie et deux régiments de cavalerie; un combat tumultueux s’engagea dans les rues, sur les ponts, et dans les faubourgs. Les habitans se montrèrent si zélés pour la cause de leur pays, qu’ils se précipitèrent au milieu du feu de la mousqueterie pour placer des madriers sur le pont rompu , et faciliter le
passage des troupes alliées. La ville et le château d’Arcos en Andalousie, et toute la ligne de Guadaleteà Ronda, furent immédiatement abandonnés par les Français ; ils firent partout sauter les fortifications, enclouèrent les canons et détruisirent les munitions.
Le maréchal Masséna était alors attendu de retour de France, pour reprendre le commandement de l’armée de Portugal , de sorte qu’il devint nécessaire que lord Wellington veillât de près aux mouvements de cette armée. Il quitta en conséquence Madrid le I er septembre, après avoir préalablement ordonné que ses troupes se rassemblassent à Aravelo. L’armée anglaise se mit en mouvement de cette place le 4? et I e 6, elle traversa le Duero. Elle s’avança jusqu’à Valladolid; les Français, se retirant devant l’armée anglaise , passèrent la Praiserga.
Le roi Joseph avait opéré sa jonction avec le maréchal Suchet, à Valence. Ce maréchal était posté sur le Xucar, observant les troupes aux ordres du général Maitland, qui, après s etre avancé d’Alicante, avait rétrogradé et fait cantonner ses troupes aux environs de cette ville. Le maréchal Soult se trouvait à Grenade; il avait été suivi par Ballesteros qui avait harcelé son arrière-garde. Le général anglais Hill était à Truxillo , d’où il devait marcher sur Oropesa.
Lord Wellington continuait de suivre les Français qui se retiraient sur Burgos ; il fut joint et renforcé par trois divisions d’infanterie et un corps de
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cavalerie de l’armée de Galice , sous le commandement du général Castanos. Iæ 17 septembre, les Français furent repoussés jusque sur les hauteurs de Burgos , et dans la nuit ils se retirèrent au travers de cette ville et prirent position à Pan-Corbo et Miranda sur l’Ebre, ayant leurs avant-postes à Briviesca. Ils laissèrent dans le fort de Burgos une garnison suffisante sous le commandement du général Dubreton, des munitions de guerre et une grande quantité de vivres.
L’ancien château de Burgos , que l’empereur Napoléon avait quatre ans auparavant fait mettre à la hâte en état de défense , à peine à l’abri d’un coup . de main , était devenu une espèce de citadelle : on avait tiré le meilleur parti possible de ce plateau trèsétroit qui domine la ville , mais qui est lui-même dominé par la hauteur appelée le Mont-Saint-Michel , à la distance de cent cinquante toises. On avait construit sur le Mont-Saint-Michel un ouvrage à cornes avec une communication. Mais cet ouvrage était encore très- imparfait à peine tracé dans quelques parties. Autour de la vieille enceinte du château qu’on avait réparée, on avait élevé une première enceinte pour étendre la défense des dehors et saisir les points les plus avantageux des escarpements; ce n’était pas une forteresse, mais un très-bon poste tant qu’on resterait maître du plateau supérieur du Mont-Saint-Michel. Aussi, dès l’instant de son arrivée devant Burgos, le 19 septembre 1812, lord Wol-
lington fit attaquer les ouvrages avancés , de ce côté, qui était aussi le plus accessible. Ils furent enlevés rapidement par l’infanterie anglaise , et la nuit suivante l’ouvrage à cornes du Mont -Saint- Michel , quoique vaillamment défendu, fut emporté d’assaut et coûta cher aux assiégeants.
Lord Wellington , pressé de surmonter l’obstacle qui l’arrêtait, voulut profiter de l’ardeur qu’un premier succès inspirait à ses soldats, et tenter d’enlever d’assaut, dans la nuit du 22 septembre, la première enceinte du fort. Il ordonna aux détachements de troupes portugaises qui avaient formé l’investissement , d’attaquer brusquement du côté du midi , de manière à attirer sur ce point toute l’attention de la garnison , tandis que les troupes anglaises escaladeraient le mur d’enceinte du côté de la ville. Les Portugais furent vivement repoussés , et la vigilance du général français ne laissa aucune possibilité de tenter l’escalade.
La nature du terrain et les feux plongeants de la citadelle ne permettaient guère d’ouvrir des tranchées, et lord Wellington n’ayant pas d’artillerie de siège, prit le parti d’attacher le mineur, d’abord à l’enceinte extérieure. Une première explosion y ouvrit une brèche dans la nuit du 29 septembre ; les assaillants s’y précipitèrent, mais ils furent repoussés. Une seconde mine joua le 4 octobre, avec plus de succès; la brèche étant mieux ouverte, les Anglais montèrent à l’assaut et parvinrent .à s’établir sur la première enceinte.
d’espagive.
L’attaque et la défense du château de Burgos sont très-remarquables , non-seulement par la valeur et l’obstination que montrèrent les assiégeants et les assiégés dans des assauts réitérés , et qui furent autant de combats corps à corps , dans un espace très-resserré, mais encore par les conséquences de ce fait de guerre. Lord Wellington, qui pouvait, en bloquant seulement ce fort , continuer à poursuivre l’armée française, perdit beaucoup de temps dans une opération au moins inutile.
La garnison fit, les 6 et 10 octobre, des sorties dans lesquelles elle causa beaucoup, de dommages aux alliés , et leur occasiona une grande perte d’hommes. Cependant les assiégeants ouvrirent une nouvelle brèche à l’enceinte extérieure , et logèrent quelques troupes très-près de cette enceinte : les choses restèrent dans le même état jusqu’au 18; lord Wellington ayant reçu alors un secours en munitions, et ayant achevé de pratiquer une troisième mine sous la seconde enceinte , se détermina à livrer un furieux assaut aussitôt 'après que l’explosion de cette mine aurait renversé la muraille: la brèche fut en effet ouverte, et l’assaut fut tenté avec beaucoup de résolution : mais le feu des Français sur le point menacé était. si foudroyant, que les Anglais furent obligés de se retirer avec une perte considérable. Les espérances d’un succès définitif devenaient plus faibles; l’armée française, qui, retirée sur l’Èbr<?, n’avait pas, durant trois semaines, troublé les opérations des