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tion populaire; mais le comité à qui la proposition fut renvoyée omit , dans son rapport, l’avis qu’il n’y avait pas nécessité de suspendre, même pour un instant, aucun des articles de la constitution; ce qui fut approuvé.
Pendant ce débat , germe des dissensions qui perdirent en Espagne la cause de la liberté, les Français cantonnés vers la haute Tormès, ouvrirent la campagne, le 19 février, en attaquant à Béjar une division anglaise , sous les ordres du général Hill. Il 11’y eut ni de part ni d’autre aucun avantage réel. Les Anglais quittèrent Coria pour occuper Placentia. C’est à cette époque , que le contre - coup de la funeste campagne de Russie se fit le plus vivement sentir aux armées françaises en Espagne. Lord Wellington mit, le 24 mars, à l’ordre du jour, que les troupes françaises se retiraient de la Manche, et que l’armée du midi s’était concentrée entre Falgayra, Madrid, et Tolède. Dans le même temps , une division de l’armée française de Portugal , qui avait été réunie à Valladolid , s’avança sur Burgos, la garnison de Léon fut diminuée , et Bilbao fut fortifié. Ces mouvements indiquaient assez, de la part des Français , la nécessité où iis étaient d’évacuer les provinces du centre et de prendre dans le nord et le nordest , de fortes positions , plus en rapport avec la diminution de leurs forces.
Le général anglais , sir John Murray , qui commandait les troupes anglaises à Alicante , attaqua ,
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le a4 mars , avec des forces supérieures, la position des Français à Alcoy; et après un court et vif engagement , il se porta sur Castella. Le maréchal Suchet , pour s’opposer à la marche du général anglais, quitta Valence , et s’établit sur la rive droite du Xucar.
L’armée.franeaise du Portugal fit, au mois d’avril, un mouvement pour se porter du Tage sur le Duero , mais non plus pour prendre l’offensive. Napoléon , qui organisait alors la nouvelle armée, avec laquelle il remporta, bientôt après, les victoires de Lutzen, et de Bautzen , avait, depuis peu , retiré d’Espagne de vieux cadres , presque tout ce qui y restait encore de la garde impériale , et un grand nombre d’officiers : l’arrivée de quelques conscrits ne pouvait remplir un tel vide dans les corps; mais, quoique numériquement affaiblie, cettearmée, si braveet si aguerrie, réduite à la défensive, était redoutable. Lord Wellington crut devoir temporiser jusqu’à ce qu’il eût reçu tous les renforts qui lui étaient annoncés. Il n’y eut dans le nord, jusques au mois de mai, que très peu de mouvements. Le maréchal Suchet entreprit seul dans l’est quelques opérations offensives; il battit et culbuta un corps espagnol , commandé par le général Ellio à Jecla : il marcha sur Villena, et s’empara de la garnison et de la citadelle de cette ville : il tomba ensuite sur l’avant-garde de l’armée alliée, qu’il mit en déroute : enfin, le 16 avril, il atteignit le groç de cette armée, qui occupait une forte position, dont le front était couvert de batteries avantageusement
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placées : malgré la supériorité des alliés, le maréchal les fit attaquer, et, ne pouvant, avec si peu de troupes, forcer ni déborder leurs lignes, retranchées et très étendues sur les montagnes, il se retira en bon ordre sur Yillena, après leur avoir fait éprouver une perte considérable.
Persuadés que le terme de leur délivrance approchait, les Espagnols montraient plus d’obstination dans les combats ; les Français furent deux fois repoussés devant les murs de Castro de Urdialès, petit port de la Biscaye, qu’ils investirent de nouveau le a 4 avril et qu’ils emportèrent d’assaut le 1 1 mai.
A peu près vers le même temps, lord Wellington ayant reçu de l’Angleterre, du Portugal, et de l’Espagne, tous les renforts qu’il avait demandés, organisait la grande armée alliée : il la mit en mouvement le 26 mai ; se dirigeant sur Salamanque. A son approche cette ville fut évacuée par une division d’infanterie française et quelques détachements de cavalerie; les troupes aux ordres du général Hill y arrivèrent les deux jours suivants, et furent établies entre la Tonnés et le Duéro; et lord Wellington se rendit près des troupes commandées par le général Graham sur l’Esla , au-delà du Duéro. L’armée alliée continua d’avancer par Zamora sur Toro : en avant de cette dernière place , il y eut , le 2 juin , un vif engagement de cavalerie , entre les hussards anglais et un corps français.
Déjà le roi Joseph avait, pour la dernière fois, éva-
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eue Madrid, après avoir fait replier les détachements qu’il avait portés sur le Tage ; tout le corps du centre, son état-major, ses ministres, avaient passé avec lui le Duéro, évacué même Valladolid , et s’étaient retirés sur Burgos, où toutes les divisions françaises se rallièrent sous le commandement du roi , secondé par son major général le maréchal Jourdan.
L’armée anglo - portugaise passa le Carrion , le 7 juin, et suivit, dans les journées des 8, 9, et 10, les Français au-delà de Pisuerga Le 11 , lord Wellington fit avancer son aile droite sous les ordres du générai Hill, pour reconnaître leur position et leurs forces près de Burgos, et les obliger soit à abandonner la citadelle, soit à recevoir la bataille.
Ne pouvant aborder de front la forte position qu’occupait l’armée française sur les hauteurs, le général anglais prit avantage de la supériorité de ses forces. Il fit à la fois tourner la droite de la position, et menacer la gauche, qui couvrait le point de retraite. Alors les Français se retirèrent en très bon ordre à travers la ville de Burgos, après avoir détruit les ouvrages de la citadelle , et se dirigèrent sur l’Ebre , par la route de Miranda : le i 4 et le i 5 , l’armée, alliée traversa l’Ebre, et continua sa marche sur Vittoria. Les Français réunirent à Espéio un corps assez considérable, qui se porta sur Osma, où il rencontra et attaqua le général anglais Grahani ; mais sans succès.
T , 'armée française, composée de la totalité des
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armées du centre et du midi, formant quatre corps, de toute la cavalerie de l’armée de Portugal , et de quelques régiments de l'armée du nord, avait pris position , dans la nuit du ig juin, en avant de Vit* toria ; la gauche s’appuyait aux hauteurs qui se terminent à Puebla , et s’étendait à travers la vallée de Zadora; le centre occupait une hauteur qui commande cette vallée; et la droite était près de Vittoria , à portée de défendre les passages de la Zadora. L’armée alliée fit halte le 20 , pour former ses colonnes d’attaque et reconnaître les positions des Français.
Le lendemain, 21 juin, lord Wellington livra et gagna, sur le roi Joseph, la bataille de Vittoria qui décida du sort de la péninsule. Nous n’entreprendrons pas d’en donner une relation détaillée; nous nous bornons à rappeler les principales circonstances de ce mémorable évènement.
Les attaques commencèrent à la gauche des Français, sur les hauteurs de la Puebla. Le général Hill y dirigea d’abord une brigade espagnole commandée par le général Morillo. Les Français, connaissant l’importance de cette position , firent avancer des renforts afin s’y maintenir; des bataillons anglais furent successivement envoyés pour soutenir l’attaque, de sorte qu’il s’engagea sur ce point un combat opiniâtre. C’était la clef de la position et le point le plus fort de la ligne française. Après l’avoir à tout prix emportée, le général Hill passa la Zadora et le
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défilé qui est au-delà , et s’empara d’un village. Les difficultés du terrain retardèrent quelque temps la marche des colonnes anglaises ; cependant elles parvinrent à traverser la Zadora sur différents points. Les divisions formant le centre des alliés se mirent aussi en mouvement pour attaquer les hauteurs au centre de l’armée française. Affaiblie par les détachements envoyés au soutien de l’aile gauche , au commencement de l’action , cette partie de la ligne n’attendit pas, sur les hauteurs, une attaque qu’elle n’aurait pu repousser, et commença sa retraite en assez bon ordre sur Vittoria. Les alliés continuèrent d’avancer dans cette direction. Le général Graham , qui commandait l’aîle gauche , se porta sur Vittoria par la route de Bilbao. Une partie de ses troupes tourna la droite des Français, et s’empara des hauteurs qui couvraient le village de Gamarra-Major. Ce village fut emporté à la baïonnette , sous un feu foudroyant d’artillerie et de mousquetterie ; tous les efforts des Français pour le reprendre, furent inutiles. Un autre village avait de même été enlevé , la retraite par la grande route de France se trouva coupée, et les troupes françaises , dépostées successivement, furent obligées de se jeter sur la route de Pampelune. Cette retraite précipitée fut couverte par deux divisions restées en réserve sur les hauteurs à la gauche de la Zadora, et qui ne pouvaient être atteintes qu’après que les alliés auraient occupé Vittoria. Aussitôt qu’ils en furent maîtres ils poursuivirent vivement, jusqu’à