‹ Histoire D'EspagneChapitre 5 sur 46 · II ISTOIRE · texte numérisé non relu

II ISTOIRE

appareillé pour le Portugal : l’esprit de patriotisme s était communiqué à cette partie de la Péninsule , et une insurrection’presque générale avait obligé le général en chef des Français à concentrer ses forces aux environs de Lisbonne. Les troupes anglaises, sous les ordres du général Wellesley, ayant opéré leur débarquement, attaquèrent et défirent le général Laborde sous les murs de Rolein; cette action n’était que le prélude de la bataille de Vimiera où l’armée britannique remporta, le r ai août, une victoire complète sur les troupes françaises, commandées par le général Junot. Après cette action décisive, les commandants en chef des deux armées conclurent une convention , en vertu de laquelle les Français devaient évacuer le Portugal.

Les brillants exploits des troupes britanniques à Vimiera, et ceux des patriotes espagnols, ne suffisaient pas pour le succès de la cause commune. L’Espagne, au milieu de ses triomphes , était presque perdue par le mauvais gouvernement de ses affaires : chacune des différentes juntes continuait d’exercer une autorité indépendante , et ce défaut d’union dans leurs conseils, et de concert dans leurs opérations, portait le ministère britannique à différer la marche de l’armée anglaise de Lisbonne en Espagne (i). Une suite de succès im-

(i) Voyez le discours prononcé le 19 janvier 1809, par M. Canning, ainsi que ceux de lord Haukcberg, Castelreagh.

B ESPA.GWE.

portants, obtenus pendant les mois de juin et de juillet, avait rempli les Espagnols d’une confiance téméraire ; ils semblaient n’avoir aucun doute de pouvoir par eux seuls effectuer l’expulsion des Français, et maintenir l’indépendance nationale; mais leur vues étaient de pures illusions : la lutte était à peine commencée ; ils avaient battu des corps détachés, mais leurs forces ne s’étaient pas encore mesurées avec la grande armée française. Le succès qui avait , jusque là , accompagné leurs armes, les avait plongés dans une trompeuse sécurité, et les avait entraînés dans une négligence fatale; le peuple et les gouvernants croyaient être en état, sans aucuns secours étranger, de résister efficacement à la puissance formidable de la France (i). Des proclamations pompeuses, des relations exagérées çle leurs victoires , contribuèrent à tromper le peuple et ses alliés, de sorte que l’état réel dqs affaires d’Espagne était peu connu en Angleterre jusqu’au moment où les armées britanniques s’ayancèrent dans le pays. La retraite des Français sur les rives de l’Ebre avait fourni aux

(t) Lord W. Bentinck dit, dans une de scs lettres datée du commencement d’octobre : « Je suis à chaque moment de « plus en plus convaincu qu’uue confiance aveugle dans leurs «'propres fofçcs, jointe à fine lenteur naturelle, sont les « écueils contre lesquels ce bon vaisseau risque de faire « naufrage. »

Espagnols une belle occasion de former des armées et de préparer les provinces à résister à une invasion future ; mais dans le moment du triomphe , les mesures de sûreté avaient été complètement négligées. La retraite des Français , comme on l’a déjà indiqué, eut lieu le 27 juillet , et il paraît qu’ils ne commencèrent à recevoir des renforts de Bayonne que vers le milieu du mois d’octobre : ces trois mois s’étaient par conséquent écoulés depuis que les Français avaient cessé leurs opérations actives: cet intervalle de loisir eût été précieux pour l’Espagne, si ceux qui exerçaient le pouvoir eussent employé ce temps à lever, équiper, discipliner des armées qui pussent se trouver en mesure de s’opposer aux nouveaux efforts de l’ennemi.

Cependant il faut juger avec indulgence la conduite des Espagnols dans ces dures circonstances: leur gouvernement fut tout à coup dissous , au moment où l’ennemi , déjà en possession des principales places, inondait le pays de ses légions; on ne pouvait méditer et mûrir aucun plan de défense. Le temps et l’expérience étaient les seuls maîtres qui pussent donner aux patriotes des leçons de prudence; tant que les différentes juntes provinciales s’obstinèrent à rester indépendantes, et presque sans rapport entre elles, réciproquement jalouses de leurs privilèges et du choix de leurs généraux , il eût été déraisonnable d’exiger que l’harmonie régnât dans

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leurs conseils et qu’elles se concertassent pour les opérations de leurs armées.

Toutefois, on adopta un parti très-sage et qui semblait promettre de remédier à ces inconvénients. Vers le mois de septembre , on forma une junte centrale suprême dont l’autorité s’étendait sur tout le royaume : on^'s’attendait que cette unité dans le pouvoir produirait à la fois l’itnion et la vigueur nécessaires dans les mesures politiques et militaires; mais en résultat, ce nouvel arrangement fat de peu d’avantage à l'Espagne. f La junte centrale était composée de quarante-deux membres, et si l’on peut ajouter foi à l’historien de la campagne de sir J.Moore,les intérêts particuliers, la jalousie mutuelle, les haines individuelles, présidèrent à leurs conseils. Ce général , en effet , présente sous un jour trèsdéfavorable les talents et le patriotisme de cette assemblée. a La junte , dit-il , jalouse de ses généraux» « ne leur donna aucun pouvoir, les tenant chacun à « la tête de corps séparés. C’est ainsi qu elle a em- « pêché toute unité d’action.... » D’après la con-

duite de cette assemblée , on a toujours soupçonné

que quelques-uns de ses membres étaient en secret

partisans de la France (i).

L’établissement d’une junte centrale ayant donné, j j

(i) Quelque nécessaires que fussent à la junte centrale les secours de l’Angleterre, Us n’étaient acceptés par une partie de ses membres qu’avec répugnance. L’alliance uatu

du moins en apparence, au gouvernement une meilleure organisation, l’armée anglaise, après un séjour de deux mois à Lisbonne, se mit en marche pour l’Espagne, sous le commandement de sir J. Moore (t); mais la difficulté de se procurer des

relie de l’Espagne avec la France était rompue de fait par les actes violents de Napoléon; niais les vieilles haines des temps de Charles Y et de Philippe II n'étaient pas assez ranimées pour effacer les habitudes prises, et les relations contractées entre les deux peuples depuis la paix des Pyrénées : c’était, à proprement parler, une guerre civile que la France entière blâmait et déplorait aussi bien que l’Espagne, et que Napoléon eût pu terminer d’une manière honorable et profitable, même après l’avoir injustement engagée, s’il n’avait considéré que l’honneur de ses armes y était compromis. Ce fut le seul motif de son obstination : il négligea les dispositions secrètes des hommes lès plus influents vers la pacification, dont les moyens et le gage étaient entre ses mains. Il ne commit jamais une plus grande faute politique que celle de laisser prévaloir dans la péninsule les intérêts de l’Angleterre , de donner à la puissance maritime prépondérante l’avantage d’opérer avec une faible armée, et à si peu de frais en comparaison de l’importance de l’objet, une diversion continentale si considérable. De quoi lui servait d’éteindre en Espagne la dynastie des Bourbons? N’était-eo pas faire plus que la détruire, n’était-ce pas l’effacer que de l’allier avec la sienne ?

(i) Il paraît que la totalité de l’armée anglaise destinée à agir en Espagne et en Portugal était, y compris le corps de douze mille hommes aux ordres dn général Baird, d’environ quarante mille hommes. Sur ces forces, dix mille hommes restèrent en Portugal; de sorte que le nombre de celles qui

d’esfaghe. 3g

subsistances obligea le général anglais à partager son armée en plusieurs colonnes. Le général Hope , à la tête de six mille hommes et de toute l’artillerie , s’avança par la route d’Elvas vers Madrid (ï). Les autres colonnes marchèrent par différentes routes à travers le Portugal. Le gouvernement Espagnol avait indiqué Burgos comme le point de réunion des troupes britanniques : Madrid et Valladolid étaient désignés pour y établir les magasins ; et sir J. Moore s’attendait à être joint par soixante à soixante-dix mille hommes venant des Asturies et de la Galice, sous les ordres des généraux Blake et la Romana; mais à son arrivée à Salamanque , le J 3 novembre, Burgos et Valladolid étaient au pouvoir des Français. L’armée d’Estramadure était en complète déroute, et celle du général Blake presque anéantie. L’armée d’Estramadure, composée de douze mille hommes de recrues indisciplinées , sous le commandement d’un jeune officier, le comte de Betveder , s’était avancée jusqu’à Burgos où, ayaut été attaquée le 1 1 novembre par des forces supérieures , elle fut

s’avancèrent de Lisbonne était de dix-huit mille hommes. Cependant lord Castelrcagh, dans une lettre où il évalue un peu différemment le nombre de la cavalerie, porte la totalité de t’armée à environ quarante-un inille hommes.

( 1 ) Le commissaire-général espagnol calcula que , si toute l’armée anglaise marchait par la route d’Elvas, dans trois mois tous les bœufs seraient consommés, et qu'il n? resterait dans le pays que très- peu de cochons.

Campagne d'Espagne, page 33.

complètement défaite. Dans le même temps, le général Blake avait essuyé, du (i au 10 novembre, plusieurs attaques successives à Zoroso , entre Durango et Bilbao, à Valmasida et à Espinosa de Las- Montunas où son armée avait été entièrement miseen déroute. Le 1 3 novembre environ , sept mille fuyards se réunirent à Reynosa ; mais ils ne présentaient que le spectacle d’une multitude en désordre, dans la situation la plus misérable.

Ces malheurs furent immédiatement suivis d’un nouveau désastre qui laissa Madrid ouvert «à l’ennemi. Les armées du centre et de droite, sous les ordres des généraux Castanos et de Palafox , dont on avait, dans les rapports, prodigieusement exagéré les forces, ne s’élevaient pas à plus de quarante mille hommes. Le quartier-général de Castanos se trouvait à Cintruenijo, lorsqu’on vit paraître l’avant-garde de l’armée française. Les Espagnols se retirèrent dans la nuit vers Tudela , et les colonnes françaises s’avancèrent par Soria et Lerona. Castanos, incertain de l’issue d’une action, était dans l’intention de continuer sa retraite; mais le commissaire de la junte et le capitaine-général de l’Aragon, considérant la petite chaîne de hauteurs située en arrière de Tudela comme une bonne position, Castanos, malgré qu’il jugeât qu’il y avait de la témérité à risquer un engagement, fut forcé d’y attendre l’approche de l’armée ennemie. H forma son principal corps au centre de la position , et

masquant ainsi sa réserve à l’ennemi , il fit avancer ses deux ailes sur les mamelons situés près de Tudela. Les Français commandés par le maréchal Lannes attaquèrent ces deux points (le 11 novembre), et Castanos les soutint avec le centre de sa ligne de bataille. L’ennemi fut d’abord repoussé à la gauche; mais ayant fait avancer une forte colonne de Tudela , il renouvela l’attaque et jeta la confusion parmi les Espagnols. Dans un instant le désordre fut au comble. L’armée espagnole fut entièrement défaite ; une partie de cette armée se dispersa dans la direction de Saragosse et le reste vers Calatayud (i).

Ces désastres successifs étaient le résultat nécessaire des plans absurdes adoptés par la junte, et doivent être plutôt attribués à cette cause qu’au défaut d’habileté dans les généraux espagnols, ou de valeur et de patriotisme parmi les troupes. Rien assurément ne pouvait être plus mal avisé que les ordres expédiés par la junte au général Blake de combattre les Français , au lieu de lui ordonner de se retirer, afin de se réunir à l’armée anglaise. Le petit nombre et le mauvais état de ses troupes (a)

(i) Les rapports officiels représentent la bataille de Tudela comme extrêmement sanglante, et assurent qnc les Français, de leur propre aveu, y perdirent quatre mille hommes. Mais on doit ajouter peu de confiance aux rapports exagérés publiés en Espagne.

(a) « Jamais on ne s’-est jeté, et l’on n’a persisté daus un

HISTOIIt F.

forent cause de l’inaction de ce général pendant les mois d’août et de septembre. D’après le système d’exagération adopté en Espagne, il est difficile de savoir quel fut , dans aucun temps donné , le nombre de ses troupes; mais il est certain que ce nombre ne fut jamais considérable; car, après l’arrivée de la Romana, avec plus de huit mille hommes, il paraît que la totalité de l’armée qui combattit les Français ne montait pas à seize mille liommes. D’ailleurs , indépendamment de sa faiblesse sous le rapport numérique, l’état de cette armée était tel qu’il la rendait incapable de lutter avec des troupes régulières. Les soldats, qui arrivèrent avec le marquis de la Romana, étaient bien disciplinés et se battaient avec utie bravoure distinguée; mais ils furent accablés par le nombre : le reste consistait en de malheureux paysans qui avaient souffert, avec constance , durant l’espace de quatre mois, des privations telles qu’elles eussent suffi pour anéantir une armée anglaise. Indépendamment des fatigues excessives qu’ils eurent à supporter, ils restèrent sans souliers et presque sans vêtements, exposés au froid sur des montagnes

système aussi peu sensé et aussi ruineux que celui qui a conduit aux désastres du moment présent. Le marquis de la Romana, qui est ici, est de cette opinion. »

(Lettre du général Lcith à sir J. Moore , datée du 1 5 novembre. Page 68. )

couvertes de neige, dépourvus d’approvisionnements et passant plusieurs jours sans pain. Les troupes aux ordres de Castanos et de Palafox étaient à peu près dans la même situation; et il paraît, en effet, que tel était l’état de toutes les armées espagnoles (i). On ne saurait donc s’étonner que des soldats réduits à une situation semblable aient été défaits, et ce n’est pas une petite preuve de leur patriotisme qu’on ait pu les mener en face de l’ennemi.

L’impéritie des gouvernants ne saurait porter

(i) «Je laisse à Y. Ex. à concevoir la situation critique d’une armée qu’on ne saurait faire mouvoir en raison de son peu de ressources; d’une armée dont la plus grande partie est composée de nouvelles levées, mal habillées et mal approvisionnées. » ( Dépêches du général Castanos au secrétaire de la junte centrale. )

Un officier anglais, parlant de la même armée, dit : Mais pour se former une idée de sa composition, il est absolument nécessaire de l’avoir vue : c’est une masse complète de paysans sans vêtement, sans organisation.

Un autre officier anglais, décrivant l’état de l’armée aux ordres du marquis de la Romana, qu’il venait de voir passer en revue par ce général à Léon, dit que les troupes étaient rangées sur trois colonnes, chacune d’environ deux mille cinq cents hommes. L’aile droite était mal armée et plus mal vêtue : l’aile gauche était mieux, la plupart des soldats étant pourvus de fusils anglais. En parlant d’uu corps de quatre mille hommes à Orbigo, il le représente comme composé de jeunes gens vigoureux, mais sans ordre ni discipline; leur habillement était bigarré, et quelques-

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atteinte au caractère' national. Tout le cours de leur histoire représente les Espagnols comme une nation distinguée par le patriotisme et le courage; mais cette histoire montre aussi que, durant quelques siècles, leur génie entreprenant et leurs qualités martiales furent mal guidés ou paralysés par la tyrannie et par la faiblesse de leur gouvernement : telle a été la source d’où sont encore provenus les malheurs de cette nation magnanime an commencement de cette guerre ; l’incapacité des hommes devenus les chefs provisoires du gouvernement exposa la nation comme une proie à la France, et la plongea dans l’anarchie. Une flamme patriotique s’éleva et se répandit d’une manière dont les temps modernes n’avaient pas fourni d’exemple; mais l’ardeur nationale fut ralentie par la mauvaise gestion des affaires. Sir J. Moore, qui . nous a donné les vues les plus exactes sur l’état des choses en Espagne, s’est plaint dans plusieurs de ses lettres du défaut d’enthousiasme dans le peuple et dans les armées; toutefois il attribuait ce

uns d’eux étaient à demi nus. Leurs armes étaient entièrement mauvaises ; la plupart de leurs fusils n’avaient pas de bayonnettes , et celles qu’il vit étaient courtes et mauvaises : il remarqua aussi qu’au moins un tiers des fusils espagnols ne faisaient pas explosion.

(Lettre du lieutenant-colonel Syme à sir David Baird, datée de Léon le 14 décembre. Camp, en Espagne, p. 21a.)

d’f.SP A.GNE.

défaut non pas aux sentiments de la nation , mais aux erreurs de ses conseils et à la mauvaise administration de ses ressources : ce général et les autres officiers anglais, qui ont eu toute facilité de bien observer, rendent une entière justice au caractère espagnol (i).

Le mauvais état des armées explique suffisamment, l’affaiblissement de l’ardeur martiale après le premier mouvement d’enthousiasme. Des proclamations pompeuses peuvent , pour un moment , amuser

(i) «L’imbécillité du gouvernement espagnol passe toute croyance: la bonne volonté des habitants, quelle qu’elle puisse être, est de peu d’usage quand il n’existe pas d’habileté pour la mettre en action. >- (Lettre de S. J. Moore à S. E. I. H. son frère.)

M. Neale peint le peuple espagnol comme brave et bien disposé, lajunte comme indolente, apathique et sans volonté. (Lettres d’Espagne et de Portugal.)

« Les malheureux espagnols méritent un meilleur sort, car ils me semblent un beau peuple; mais ils sont tombés dans des mains qui les ont perdus par nn excès d’indolence et d’indifférence.» (Lettre de S. J. Moore à son frère, datée du a6 novembre.)

«11 est évident que la junte est sans aucun plan : toutes les branches de l'administration sont paralysées par l’organisation vicieuse du gouvernement. » (Lettre du général Hope à S. J. Moore , datée de Madrid le ao novembre.)

Ces passages et d’autres semblables dévoilent la cause réelle, qui tout à coup arrêta les progrès des armes espa-

une multitude ignorante; mais il faut quelque chose de plus substantiel pour nourrir et vêtir des soldats dans la plus affreuse détresse.

La junte devait probablement compter dans son sein plusieurs hommes doués de talent, d’intégrité et de patriotisme; mais leur jugement paraît avoir été maîtrisé par quelques-uns de ses membres qui ne possédaient pas sous ces rapports les qualités nécessaires. Les mesures ruineuses de don F. Morla ont été regardées comme la cause des désastres éprouvés par l’armée espagnole. Ce général s’étant distingué à Cadix par son patriotisme, fut nommé président du bureau des affaires militaires ; et comme il passait pour un homme du premier talent en Espagne, la junte s’abandonna à sa direction. Avant son intervention dans les affaires, Castanos et Blake s’étaient tenus sur la défensive ; mais aussitôt qu’il fut placé à la tête du département de la guerre, ce système fut abandonné,' et les généraux, contre leur propre jugement, furent forcés de prendre l’offensive. Une telle conduite a donné quelque raison de soupçonner que ce ministre, prévoyant le succès probable de l’empereur des Français, s’était entendu avec lui, et avait trompé la junte, l’ambassadeur et les généraux anglais, afin de faire détruire à la fois les armées anglaise et espagnole, et cela avec tant d’adresse qu’il fut impossible de pénétrer son dessein (i).

(i) Cette supposition est purement gratuite; et l’on recon.

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