‹ Histoire D'EspagneChapitre 8 sur 46 · Tome III. S · texte numérisé non relu

Tome III. S

plus de vingt mille de ses braves défenseurs se furent ensevelis sous ses ruines. La postérité paiera à leur patriotisme et à leur valeur un juste tribut d’admiration :erie remarquera avec étonnement que les vieilles légions de la France, commandées par l’un de leurs plus habiles généraux, furent, durant les-' pace de vingt-quatre jours , employées dans les murs de cette place aux plus terribles moyens d’attaque que le génie de la guerre ait inventés, avant d’être en état de compléter sa reddition, circonstance qui rendra la défense de Sarragosse mémorable et glorieuse aussi long-temps qu’on lira l’histoire et qu’on applaudira au couruge.

Les victoires successives des Français , la soumission de Madrid où Joseph Bonaparte fut reçu une seconde fois comme roi , la retraite de l’armée anglaise et la réduction do Sarragosse , semblaient avoir décidé du sort de l’Espagne. L’avantage obtenu par le due d’Albuquerque sur un corps français de onze mille hommes d’infanterie et de trois mille de cavalerie , qu’il repoussa dans line attaque que ceux-ci firent sur sa position à Consevcgra, le 2a février, fut la seule et bien faible compensation de tant de malheurs. Vers le commencement de mars, l’armée française en Catalogne attaqua l’année des patriotes, commandée par le général Beding qui occupait une excellente position : deux engagements eurent lieu, sans que les patriotes perdissent leur terrain : mais les Français ayant reçu un renfort de

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huit mille hommes , commencèrent une troisième attaque , et après une action des plus sanglantes , le général espagnol , qui avait été grièvement blessé , fut obligé de se retirer sur Tarragone : vers le même temps , le général Cuesta , ayant été attaqué par une division de l’armée française, fut forcé d’abandonner la position qu’il occupait près du Tage , et de se retirer à Marahete : les Français ayant ensuite passé le Tage au pont de l’Arzo-Bispo , Cuesta se retira à Truxillo, et de là à Santa-Cruz. Après ces mouvements rétrogrades , le général espagnol , recevant l’avis que l’ennemi avait détaché une partie de ses troupes de Miadajee, résolut d« s’avancer et de lui offrir le combat. L’armée française , composée de vingt mille hommes d’infanterie et de trois mille chevaux, se rangea en bataille en avant de Medellin ; l’infanterie espagnole marcha bravement à l’ennemi ; mais la lâcheté de la cavalerie jeta la confusion dans l’aile gauche : le général , après avoir perdu cent soixantedix officiers tués, blessés ou faits prisonniers, et un nombre considérable de soldats , fut contraint de se retirer à Monastério : vers le même temps , les patriotes reprirent Yigo ; mais d’un autre côté, différentes divisions de l’armée française s’avancèrent dans le royaume de Valence et dans l’Estiamadure ; l’on s’attendait aussi à voir incessamment paraître les Français en Andalousie , et la destinée de la Péninsule semblait être définitivement fixée.

Dans ce moment de crise , la Providence parut

s’interposer en faveur de la nation espagnole. L’Autriche, dont les forces avaient été plusieurs fois écrasées et les possessions envahies par l’empereur des Français, entreprit encore une fois de s’opposer à la terrible puissance et aux usurpations du conquérant. Les causes de cette nouvelle guerre n’ont pas été clairement expliquées: selon l’usage , on s’accusa mutuellement d’agression. Toute l’Europe était menacée par l’ambition de l’empereur des Français : son usurpation de la couronne d’Espagne devait exciter la cour de Vienne à prendre les armes pour la défense de la cause des rois et des nations; et le moment où Napoléon était engagé dans une guerre contre tout un peuple, pouvait être considéré par l’Autriche comme présentant une occasion favorable de se relever de l’état de dégradation auquel elle avait été réduite par la bataille d’Austerlitz.

Quels que fussent les motifs de cette conduite, ou les circonstances qui déterminèrent François II à tenter encore une fois la fortune des armes , cet événement était entièrement favorable aux patriotes espagnols, qui semblaient être à la veille de leur ruine. L’empereur des Français fut obligé dequitter la Péninsule, et se hâta de se rendre en Allemagne pour diriger lui-même les opérations militaires contre l’Autriche, tandis qu’il laissait la conduite de la guerre d’Espagne a ses generaux , dont les armées ne pourraient plus , comme par le passé , être constamment alimentées par la France , aussi long-temps quelle de-

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vrait porter ses plus grands efforts sur les rives du Danube.

Ces circonstances ranimèrent les patriotes , et la balance des succès ne tarda pas à pencher de leur côté. Après la retraite des Anglais et leur embarquement à la Corogne, le duc de Dahnatie avait pénétré par la Galice en Portugal : il avait pris Oporto; mais une autre expédition formidable étant arrivée d’Angleterre à Lisbonne, les généraux Wellesley et Béresford s’avancèrent contre le corps d’armée français et le défirent avec une perte considérable (1) ( 1 i-ia mai 1809). Le duc de Dahnatie fut obligé non-seulement d’évacuer la ville d’Oporto, mais encore de se retirer du Portugal ; et son armée souffrit dans sa retraite à peu près les memes fatigues et les mêmes calamités que les Anglais avaient éprouvées environ cinq mois avant , en se retirant à la Corogne. Ainsi, en Espagne comme en Portugal , les Français commençaient à perdre du terrain : l’esprit patriotique se ranimait en Galice ; les armées furent renforcées par de nombreux corps de paysans armés, et le marquis de la Romana parvint à organiser

(1) Le corps du duc de Dahnatie ne fut point défait en Portugal ; il fit sa retraite à temps et en bon ordre devant des forces très-supérieures , secondées par les habitants , ayant et du pays et de la mer les ressources qui manquaient aux Français.

( Note du traducteur. )

un corps d’arinée. Le 9 juin , les patriotes s’emparèrent en Biscaye du port de Saint- Ander; la plus grande partie de la garnison française fut passée au fil de l’épée, et le reste, cherchant à s’échapper, fut pris par les vaisseaux de guerre anglais qui croisaient à la hauteur du port. Plusieurs autres villes et forteresses furent également reprises par les Espagnols.

La défaite de l’empereur Napoléon à la bataille d’Aspern sur les rives du Danube(i) avait , en effet, ôté aux Français l’espoir d’étendre leurs conquêtes

(1) La bataille d’Aspern ou plutôt d'Esslingen , où quarante-cinq mille Français combattirent toute une journée contre cent mille Autrichiens, sans espoir d’être soutenus, le pont sur le grand Danube ayant été emporté, cette sanglante bataille ne fut certes point une défaite. L’armée française, tant que le feu dura, ne perdit pas une toise de son champ de bataille ; elle l’évacua sans y laisser une seule pièce de canon, et rentra dans l’île de Lobau par un seul pont, sans que les Autrichiens, auxquels elle avait causé une perte énorme, osassent inquiéter même la retraite de l’arrière-garde effectuée en plein jour.

Sans doute après les victoires de Napoléon en Bavière, après la prise de Vienne, Cette bataille douteuse put relever les espérances des patriotes espagnols; mais peut-on dire que Napoléon fut défait à Esslingcn, quand, sur le terrain même où il se maintint contre des forces si supérieures, il prépara dès le lendemain la victoire décisive de fVagrwn ?

■ '■ • ( Note du traducteur. )

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en Espagne. De tous côtés, leurs mouvements devinrent rétrogrades, et commencèrent à indiquer un dessein de concentrer leurs forces dans les environs de Burgos et sur les rives de l’Èbre, afin d’assurer la communication entre Madrid et la France.

Mais l’horizon politique de l’Espagne fut tout à coup obscurci par la tournure défavorable des affaires en Allemagne. La défaite des Autrichiens à la bataille de Wagram les obligea à conclure un armistice qui fut suivi par un traité de paix; et l’empereur des Français se vit encore une fois en mesure de diriger toutes ses forces contre l’Espagne. Joseph Bonaparte s’était déjà mis en marche de Madrid dans l’intention d’attaquer le général Vénégas, avant que ce général pût opérer sa jonction avec l’armée anglaise aux ordres du général Wellesley : mais Vénégas s’étant retiré sur la Sierra-Moréna , les Français repassèrent le Tage et sc concentrèrent à Talaveyra sur l’Alberche, au nombre d’environ vingt -cinq mille hommes. Le corps de Vénégas s’avança de nouveau : le général Cuesta , dont l’armée était forte de trente-huit mille hommes, avait son quartier-général à Almaraz, où le général Wellesley et lui concertèrent un plan d’opérations contre l’ennemi. L’armée anglaise quitta Placentia les 17 et 18 juillet, et arriva à Oropésa, le 20, où elle opéra sa jonction avec l’armée de Cuesta. Le aa, les années combinées se mirent en mouvement d’üropésa , et

les avant-gardes anglaise et espagnole, sous les ordres du général Anson, du lieutenant -général Péryne, du général-major Mackenzie, du général Sagas et du duc d’Albuquerque, attaquèrent et repoussèrent les avant-postes ennemis à Talaveyra.

Le a 4 juillet fut fixé pour une attaque générale; mais les Français s’étaient retirés dans la nuit à Santa-Ollala, et de là vers Torrijos.

Dans la matinée, le général Cuesta suivit l'ennemi à Santa-Ollala et poussa son avant-garde jusqu’à Torrijos ; mais le défaut de moyens de transport empêcha le général Wellesley de s’avancer avec une égale célérité : ce général anglais ne put, en conséquence, faire mouvoir que deux divisions, afin d’entretenir sa communication avec l’armée espagnole et le corps de sir Robert Wilson qui se trouvait à Escala. Dans le cours des journées des 24, a 5 et 26, les Français avaient réuni toutes les forces disponibles qu’ils avaient dans cette partie de l’Espagne, et leur armée était commandée par Joseph Bonaparte en personne , secondé par les maréchaux Jourdan et Victor et le général Sébastiani. Le 26, l’avant - garde du général Cuesta ayant été attaquée , fut obligée de reculer, et le général espagnol , avec toute son armée , se retira sur la rive gauche de l’Alberche. Comme il était évident que l’intention des Français était de tenter le sort d’une bataille, le général Cuesta se réunit à l’armée anglaise à Talaveyra, et il fut résolu qu’on attendrait

l’approche de l’ennemi. La position prise par l’armée combinée avait un peu plus de deux milles d’étendue; le terrain était ouvert sur la gauche, où étaient postées les troupes anglaises, et il était dominé par une hauteur qu’occupait le général-major Hill avec une division d’infanterie. L’armée espagnole se trouvait à la droite, s’étendant immédiatement en avant de la ville de Talaveyra, le long du Tage, et occupant un terrain couvert d’oliviers, et entrecoupé de digues et de fossés. Le grand chemin qui conduit du pont sur l’Alberche était défendu par une forte batterie placé en face d’une église qui était occupée par l’infanterie espagnole, et toutes les avenues qui mènent à la ville étaient occupées et défendues d’une manière semblable. Le 27 juillet, vers deux heures après midi, une des divisions , celle du général Mackenzie, qui était à un poste avancé dans le bois sur la droite de l’Alberche, futattaquée et se retira en bon ordre. A mesure que le jour avançait, les Français se montrèrent en plus grand nombre sur la rive droite de l’Alberche, et à la nuit tombante ils commencèrent une attaque générale par une vive canonnade sur la gauche, et par une tentative pour renverser , au moyen de leur cavalerie , l’infanterie espagnole à la droite. Cette tentative n’eut aucun succès; l’ennemi renouvela ses attaques deux fois dans la nuit , les recommença à la pointe du jour du a8 , et toujours infructueusement. Il paraît que les Français se trouvant hors

d’état d’entamer l’armée espagnole , dirigèrent tous leurs efforts contre les Anglais. Vers midi , ils firent une attaque générale avec la totalité de leurs forces sur la position qu’occupait l’armée anglaise : le combat fut sanglant , et l’issue quelque temps douteuse ; mais les Français ayant été enfin repoussés opérèrent leur retraite en traversant l’Alberche, et laissant dernière eux seize pièces de canon , deux caissons, et quelques prisonniers. On estime que leur perte en tués et blessés s’éleva à dix mille hommes. La perte des Anglais fut portée dans les relevés officiels à cinq mille trois cent soixante-sept hommes, parmi lesquels étaient deux généraux tués et trois blessés , indépendamment d’un grand nombre d’autres officiers distingués (i). Les Français eurent aussi deux généraux tués et deux blessés (a). La perte des Espagnols ne fut pas considérable. Après la première attaque, quelques-uus de leurs corps, tant d’infanterie que de cavalerie , se trouvèrent engagés et déployèrent un grand courage; mais la position de l’armée espagnole était trop importante pour être abandonnée; et c’est cette circonstance seule qui

(i) Le général major Mackenzie et le brigadier Langwort furent tués; le général major Hill et le brigadier Campbell furent blessés.

(a) Le général Lapisse et le général Morlot, tués; le général Boulet et le général Sébastiani , blessés.

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empêcha le général Cuesta de faire aucun mouvement pour soutenir l’armée anglaise.

Les Français font un récit tout différent de cette action : ils assurent même que l’avantage fut de leur côté; mais il est évident qu’ils manquèrent d’atteindre leur but et qu’ils furent repoussés dans toutes leurs attaques : cependant, jamais victoire ne produisit moins d’avantages (1) : la fatigue des trou-

(1) En laissant aux historiens à venir (si par leur impartialité ils méritent la confiance des deux partis) le soin de discuter contradictoirement les deux rapports officiels sur cette action , on se contentera de fixer l’attention du lecteur sur son résultat tel qu’il est ici présenté : »

Le général Wellesley avait pris une excellente position défensive; mais si, par la vigueur des attaques des Français, sa gauche , qui était accessible et où se trouvait l’élite de l’armée anglaise, eût été forcée et rejetée sur le centre et sur l’aile droite, le sort de l’Espagne était décidé à Talaveyra , en faveur du roi Joseph , comme il le fut à Almanza en faveur de Philippe V. Les Anglais n’avaient pas une troisième armée à consumer pour la cause des patriotes espagnols , dont ils étaient déjà très-mécontents ; c’était sans doute un puissant motif pour le roi et les généraux qui commandaient sous lui, d’attaquer l’armée alliée. On leur a reproché de n’avoir pas attendu que le maréchal Soult qui descendait vers le Tage avec un corps de vingt à vingt-cinq mille hommes, fut en mesure de coopérer avec eux , et de ne s’étre pas bornes à manœuvrer sur la rive gauche de l’Alberche jusques à l’arrivée de ce renfort. S’il est vrai qu’ils eussent pu se concerter ét attendre l’armée alliée avant qu’elle eût passé le fleuve, le général Wellesley dut beaucoup à

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pes , le défaut de provisions , le nombre des blessés, empêchèrent les Anglais de faire aucun mouvement, quoique l’arrière-garde de l’ennemi, consistant en dix mille hommes, restât sur les hauteurs à la gauche de l’Alberche jusqu’à la nuit du 3i juillet, moment où elle fut retirée et où toute leur armée marcha vers St-Ollala. Enfin , le général Wellesley, maintenant lord Wellington ( 1 ), se mit, le 3 août, en mouvement de Talaveyra , (jpns le dessein d’attaquer le duc de Dalmatie, avant qu’il pût opérer sa jonction avec le maréchal Victor. L’armée espagnole , sous les ordres du général Cuesta , fut laissée à Talaveyra afin de tenir occupé le maréchal Victor,

l’impatience française, et beaucoup à la fortune, car, dans ce cas, il se battait dans une position désespérée : ce fut l’opinion de Napoléon; mais 011 sait que loin de lui surtout, il 11’admettait aucune excuse pour le manque de succès. — La retraite précipitée du général Wellesley et du général Cuesta, et l’abandon des blessés à Talaveyra, à l’approche du maréchal Soult, donnèrent une grande force à cette opinion : toutefois, la difficulté de s’entendre à de si grandes distances, au milieu d’une population toute ennemie; le malheureux enlèvement du général Franceschi, chargé d'instructions verbales du maréchal, et qui possédait également la confiance îles généraux des deux armées, mirent beaucoup d’obstacles à ce concert qui pouvait terminer la guerre. — L’étoile de Wellesley prévalut.

( Note du traducteur. J

(1) Le général sir A. Wellesley fut créé lord Wellington en récompense de sa brillante conduite à Talaveyra.

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et pour défendre la place s’il devenait nécessaire : mais Cuesta ayant reçu avis que le duc de Dalmatie avait une armée supérieure à celle des Anglais, abandonna sa position, et se réunit à lord Wellington. Le général Victor étant dans le même temps en mouvement sur les derrières des Espagnols, le général anglais prit le parti de traverser le Tage pour ne point se laisser environner par deux armées ennemies. Le passage fut effectué à Arzo-Bispo , et le 5 août, l'armée prit une position défensive sur les rives de cette rivière : les blessés avaient été laissés à Talaveyra , et tombèrent en conséquence dans les mains des Français.

La rareté de vivres , et l’augmentation des forces de l’armée française, décidèrent lord Wellington «à se retirer à Badajoz sur la frontière du Portugal , où les maladies et d’autres causes particulières retinrent, durant l’automne , l’armée anglaise dans l’inactivité. Le duc del Parque remporta à Tanarès une victoire complète sur les Français, qui y perdirent en tués, blessés ou prisonniers environ trois mille hommes. Ce général , après cette bataille , s’avança jusqu’à Salamanque , et les Français s’étant entièrement retirés, il prit le a 5 octobre possession de cette ville, qu’il fut cependant obligé d’abandonner bientôt après.

Durant toute cette campagne, la forteresse de Gironne avait résisté à tous les efforts des Français ; et ceux-ci avaient tenu dans Barcelone contre les

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patriotes qui l’avaient constamment bloquée. Une escadre , sortie de Toulon avec des approvisionnements pour cette place, fut battue le i cr novembre par une division de la flotte anglaise dans la Méditerranée, et le général Blake , par une suite d’habiles manœuvres, parvint à secourir et ravitailler Gironne ; mais ces avantages dans le nord étaient plus que contre-balancés par de terribles événements au centre de l’Espagne.

Le général Arrizaga, à la tête de l’armée de la Manche, ayant témérairement pris le parti de marcher sur Madrid, fut attaqué près d’Occana par toutes les forces françaises rassemblées des environs de cette capitale. Ce combat opiniâtre se termina par la défaite et la dispersion totale des Espagnols, dont la perte en prisonniers seulement, fut évaluée à treize mille hommes. L’armée du duc del Parque fut aussi défaite le 28 novembre, et les Espagnols perdirent dans cette dernière affaire quatre mille hommes tués, deux mille prisonniers , quinze pièces de canon, dix mille fusils, dix drapeaux et un nombre considérable de caissons(i).

(1) Ici se termine le récit abrégé des événements dont l’auteur, qui publia son ouvrage en 1810, avait pu avoir connaissance à la fin de 180g. Nous avons supprimé un dernier paragraphe dans lequel il n’exprime que ses conjectures sur l’issue de la lutte, d’après les circonstances de cette époque, les forces des deux partis, et leurs positions res-

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pectives. En continuant cet abrégé dans les chapitres suivants, nous n’avons pas plus que M. Biglaud prétendu écrire meme un fragment de l'histoire d’Espagne, mais en tracer un cadre tel, que les écrivains politiques ou militaires puissent s’en servir comme d'une table chronologique des principaux faits. Sous ce rapport seulement, nous .espérons qu’on en reconnaîtra l’utilité , A cause de la complication des opérations; elle est telle en raison du genre de guerre et de la nature du pays , que malgré le soin que nous y avons apporté, nous n’osons nous flatter de n’avoir pas fait quelque omission, ou commis quelques erreurs.

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