GARCIE U. S
La Castille fut la première eiposée aux ooops do terrible Almaozor; presqilë toutes les villes tombèrent au pouvoir du vainqueur* Bientôt le royaume de Léon est attaqué; Simancas est enlevé d^assaut et une multitude de chrétiens sont emmenés en esclavage. Bientôt Almanior attaque de tous côtés à la fois les puissances cbrétiennes. Une victoire décisive sur les Catalans le rend maître de Barcelone; cette ville est livrée aux flammes , tous ses citoyens sont faits esclaves et vendus à Gordoue. En même temps Sepulvda , la plus forie et presque Tunique place qui reste aux chrétiens en Gaspille, est presque détruke ( 988 à 992). Afmanzor envahit ensuite le royaume de Léon; il gagne une bataille longtemps disputée, sous les murs même de la capitale, et force Bermude à fuir dans les Asturies. Les Sarrasins, à qui la victc^e avait coûté trop cher pour entreprendre ie ttége de Léon, le remettent à un autre temps et se retirent à Gordoue avec im inunense butin.
Almanzor reparait bientôt devant Léon. Bermude avait en le temps d^en enlever les reliques, les vases sacrés et les ossements des rois ses prédécesseurs. Suivi d'une multitude de femmes , d'enfants et de vieillards qui poussaient des cris lamentables , il transporte ce dépôt précieux dans les Asturies, ancien asile delà liberté espagnole. La ville de Léon fut emportée d'assaut et détruite ; Almanzor n'y laissa qu'une tour pour attester qu^elle avait existé et péri. Astorga , effrayée du sort de la capitale , ouvrit ses portes et fut épargnée. U ne manquait plus pour achever la ruine des chrétiens, que d'entrer dans les Asturies et de se saisir de Bermude. Almanzor s'avança en effet à travers ces rochers ; mais les descendants des compagnons de Pelage semblèrent , comme leurs ancêtres , y avoir rétrempé leur courage et ils en rendirent l'entrée impraticable. Après quelques tentatives infructueuses, les Sarrasins tournèrent leurs
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armes cootre le Portugal , où ils s'emparèrent rapidement de Ck)Tmbre, Viseu, Lamé^o et Bragae; de là ils passèrent en Galice, prirent Tuy et entrèrent dans Gompostelle. L'église de Saint-Jacques , remplie de richesses, fat pillée; Almanzor fit transporter à Ck>rdoue, sur les épaules des chrétiens esclaves, jusqu^ux cloches et aux portes de cette église. Heureusement pour les chrétiens que la dyssenterie se répandit dans Fermée musulmane et arrêta le cours de ses conquêtes ; la piété des Espagnols attribua à la vengeance de saint Jacques ce fléau qui les délivra d'un joug certain. Almanzor, dans sa retraite, fut harcelé et battu par les chrétiens, qui pro- (itèrent avec avantage de la connaissance qu'ils avaient du pays (992 à 996).
Tant de revers apprirent enfin aux chrétiens le prix de l'union. Bermude et le comte de Gastille , vaincus tour-à-tour par les Sarrasins , oublièrent leurs anciennes querelles et se joignirent pour sauver leurs états. Le roi de Navarre, Sanche ii , leur amena ses troupes ; une multitude de chevaliers de l'Aquitaine et des autres provinces de France accoururent aussi à leur secours. La France était pour les rois chrétiens d'Espagne ce que l'Afrique était pour les souverains de Cordoue , c'est-àdire une pépinière de guerriers. A cette nouvelle, Almanzor se mit en marche avec une armée encore plus nombreuse que celle des chrétiens. On en vint aux mains près de Galatagnasor en Gastille. De part et d'autre l'acharnement fut incroyable , puisqu'on se battit dès la pointe du jour et que la nuit seule mit fin à l'action. Les chrétiens se préparaient le lendemain à recommencer le combat, quand on s'aperçut que l'ennemi avait décampé. On dit qu'Almanzor, effrayé de sa perte, que les historiens font monter à cent mille hommes , perdit la tête, licencia le reste de son armée et se sauva seul à Médina-Céli, où, accablé de chagrin, il refusa de prendre
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toute espèce de nourriture et se laissa mourir de faim.
Depuis Musa, àucua prince sarrasin n^avait fait plus de mai aux clirétiens qu'Almanzor ; cependant tous les historiens espagnols s'accordent 'à rendre justice aux vertus, aux talents, au courage et à Fliabileté de cet homme célèbre. Sujet aussi fidèle que grand capitaine , il refusa la couronne de Cordoue que les Sarrasins, enchantés de ses succès et de sa grandeur d'âme lui offrirent plus d'une fois. 11 sut attirer par ses libéralités une foule de chrétiens qui venaient avec empressement s^enrôler sous ses étendards; loin de partager Hntolérance des autres musulmans, il ne mettait aucune différence, dans la distribution de la justice, entre un chrétien, un juif et un mahométan. Jamais ministre ne rechercha avec plus d'empressement et ne récompensa avec plus de générosité le mérite et les talents ; aussi , 8008 son administration , l'empire de Cordoue , loin de descendre du haut rang où l'avait placé Abdérame m , 8embla s'élever encore; mais il devait bientôt toml)er avec éclat, et sa chute allait préparer la ruine de la puissance musulmane en Espagne. Abdelmélic, fils atné d'Almanzor, héritier de ses emplois, de sa faveur, de son courage, mais^non pas de ses vertus , porta des coups mortels à la domination des Sarrasins, par la manière dont il gouverna le jeune souverain de Cordoue. Son plus grand soin fut de l'écarter des affaires et de le plonger dans les plaisirs. Hissem devenu, par là, faible, indolent, lâche, inappliqué et voluptueux, s'attira dans la suite le mépris de ses sujets ; de là les guerres civiles qui ébranlèrent , divisèrent et ruinèrent enfin le beau royaume de Cordoue.
Après un règne de dix -sept ans, pendant lesquels il avait éprouvé toutes les vicissitudes de la fortune , Bermude u mourut, laissant le trône à son fils Alphonse, à peine âgé de cinq ans (099).
ALPBOHSB T« ROI OB liOEI. 999-1027.
«ISSEH A CORDOOC. FUH 0B LA DYHASTXB DES OMMIADËS ET DU ROTAUMB DE CORDOUIS.
OARCIE 11, ROI DE NAVARRE, meoit en iOOO.
^ SANCIHE III , SDRROMaiÉ LE GRAND, LUI SOCCÈDfi.
La régence du royaume et la tutelle du jeune roi Alphonse v furent confiées au comte Menende Gonçalez, conjointement avec la reine douairière. Le régent se distingiia par sa clémence, son équité et par ime pefi* tique heureuse ; il envoya de puissants secours au comte de Castille, sur qui venait fondre Abdehnélic, qeà artit tout à la fois la honte de son maître et la mort de son père à veuger. Abdelmélic est vaincu ; pour combler son désastre il fut abandonné de cette multitude de chrétiens qu'Almanzor avait attirés à son service. Le régent de Léon , attribuant les malheurs du règne précédent à leur défection et à leurs conseils, les rappela et leur rendit leurs biens ; le comte de Castille en fit autant à son temple.
Cependant Abdelmélic reprit bientôt son avantage contre les Castillans; il remporta une victoire complète à Herlange, où le comte de Castille fut fait prisonnier et mourut deux jours après de ses blessures. Cette province paraissait perdue sans ressources; mais une révolution survenue à Cordoue la préserva du joug.
Abdelmélic était mort et avait eu pour successeur au ministère son frère Abdérame, incapable d^exercer un pareil emploi. Cet homme, qui n''avait rien de remarquable que sa débauche et son orgueil, est poignardé par les grands de sa cour , som les yenx mêm^s du sou-
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▼erain. Le volo^tiieux Hissem , depuis longteoips Tobjet da mépris de la nation, devena odieux par les vices de son ministre, est arrêté et confiné dans une étroite prison. Mahomet Al-Maiiadi , le chef des conjurés, s'empara do trône.
Le nouveau comte de Castille, Sanche , à qui ces trouilles avaient donné le temps de respirer, rachette le cadavre de son père et porte le ravage dans la nouvelle Castille. Mahomet Al-Mahadi veut marcher à sa rencontre ; mais à peine a-t-il quitté Cordoue qu'une rév(^Ce y éclate et le force à revenir sur ses pas. Un parti poissant s'était formé contre lui et voulait rétablir Uissem. L'usurpateur triomphe de ses ennemis et se venge par des torrents de sang. L*horreur publique augmente ; il se forme un nouveau parti en faveur de la famille des Ûmmiades; les chefs ^'adressent aux Berbères , venus en foole d'Afrique pour servir sons le grand Almanzor, et restés en Espagne. Cette soldatesque inquiète , remuante «t^ séditieuse était toujours prête à vendre ses services à <|ai voulait les payer ; on Teut bientôt achetée. Avant de combattre Tusurpateur, on s'assemble pour Télection dHm sooverahi; l'esprit de discorde se répand dans, rassemblée et on élit deux rois , Zuléma et Marban , tons deux parents d'Hissem.Les deux rivaux, ne pouvant s'accorder, en viennent aux mains; Marban, vaincu et pris, laisse enfin son concurrent disputer seul la couronne à Al-Mahadi. Zulema parvient à intéresser à sa querelle les rois de Léon, de Navarre et le comte de Castille; le tyran de son côté achette les secours des comtes de Barcelone et dlJrgel ; ainsi tonte l'Espagne chrétienne et musolmane s'ébranle pour donner un roi à Cordoue. Zulima , vainqueur dans une première victoire , en perd me seconde et s'enfuit en Afrique. Al-Mahadi, déUvré de son redoutable antagoniste , est livré à ses ennemis, pu k perfidie de son ministre. On lui tranche la tête
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sur la place publique de Cordoue ; on ouvre les portes de la prison d'Hîssem et on lui rend le trône avec la liberté ( 1011 ). Mais le royaume n'en est pas moins en proie aux guerres civiles. Les Berbères, partisans de Zuléma , parcourent la campagne , font des ravages affreux et réduisent Cordoue à une horrible famine. Pendant ce temps-là , Abdallah , fils de Tusurpateur Al-Mahàdi, se faisait proclamer roi de Tolède, et d'un antre côté Zuléma, de retour d'Afrique, venait se remettre à la tête des Berbère;}.
Uissem, pour combattre tant d'ennemis, fait alliance avec le comte de Castille, à qui il rend toute la partie de ses états conquise par Almanzor. Avec le secours de cet allié, il parvint à recouvrer Tolède et à prendre Abdallah à qui il fit couper la tête. Ce succès passager est balancé par des revers constants; les Berbères continuent leurs ravages; Cordoue, réduite à la dernière extrémité , est emportée d'assaut par Zuléma et inondée du sang de ses citoyens. Le lâche Hissem trouve le moyen d'échapper au carnage et de se sauver en Afrique, où il mourut après avoir langui quelque temps dans la misère et l'obscurité. Tel fut le sort du dernier émir Al-Mouménim, de la famille d'Abdérame, fondateur de l'empire de Cordoue. Cette famille avait occupé le trône deux cent cinquante-quatre ans, avec plus d'éclat et de gloire qu'aucune des familles régnantes alors en Europe et en Asie.
Longtemps encore , après la mort d'Hissem , la guerre civile et l'anarcliie désolèrent les belles contrées occupées par les musulmans en Espagne. Le trône de Cordoue fut successivement occupé par une foule de tyrans qui se succédèrent les uns aux autres et périrent tous de mort violente. A la fin les grands, fatigués de combattre si longtemps pour une monarchie livrée à l'ambition du premier venu, s'emparèrent de la souveraineté
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dans leçon gooveroements; et au lica d*im seul toaveraiQ , le royaume de Gordoue en eftt bientôt autant qu'il se trouve de grandes villes dans son étendue. On vit paraître tout d'un coup des rois à Saragosse , à Tolède , à Valence, à Orihuela et à Sévilie. Celui qui resta maître de Gordoue, de Grenade, et d'Almérie était sans contredit le plus pidssant.
La monarchie musulmane se trouvant ainsi démem«brée, offrait aux monarques chrétiens une proie facile à saisir : mais ils ne surent pas profiter de cette occasion pour agir de concert , et chacun d'eux , n'étant pas en particulier plus puissant que les princes sarrasins, ne pouvait former que des entreprises peu importantes. Le seul roi de Navarre réunit à sa couronne tout ce qui était au pied des Pyrénées et qui reconnaissait encore la souveraineté des musulmans. Alphonse v, dont le royaume se ressentait encore des maux que lui avait fait souffrir Almanzor, rebâtit sa ville capitale de Léon détruite depuis plus de vingt ans et s'appliqua à adoucir les moeurs de ses sujets. Après plusieurs années consacrées au rétablissement des lois, de l'ordre et de la discipline , le roi de Léon se lassa d'être spectateur oisif des scènes tragiques qui se suivaient si rapidement à Gordoue. Il voulut tenter de recouvrer les places du Portugal quMl avait perdues dans la dernière guerre et commença par mettre le siège devant Viseu. Mais cette entreprise, la première qu'il fit, fut aussi la dernière; il fut tué dans une sortie et laissa le trône à son fils Bermude m. Alphonse v se fit remarquer entre tous les monarques de son temps par son amour pour la justice, sa douceur, sa piété, sa générosité, et si, comme on Ta remarqué, il ne lui manqua que la gloire militaire poAr. en faire un grand roi, il eut toutes les qualités bien plus précieuses d'un bon roi (1027).
BERMimB U, OERKUR ROI DE LÉON. 1027-1037.
SANCHB III, ROI ne NAVARRE, meuTt en 103£L
ÉRECnON DBS ROYAUMES DE CASTZLLE ET D*ARA60N EN FAVEUR DES FILS DE SANCHE.
Bermade m monta sans obstacle sar le trâne de Léoiu Sa sœur était sur le point d'épouser le comte de Gastille Garde, quand celui-ci fut assassiné par trois seigneurs, ses vassaux. Cette mort amena de grands changemeots dans la situation des royaumes chrétiens d'Espagne. Jusqu'ici le royaume de Léon , comprenant les Asturies « la Galice et une partie du Portugal, tenait le premier rang par son étendue et par son ancienneté. Mais, par la mort du comte Garde , Sanche ui , roi de Navarre , se trouva héritier de la Gastille, par sa femme Munie-Maier„ sceur de ce comte, et devint ainsi le plus puissant roî d'Espagne.
Le roi de Léon ne voyait qu'avec chagrin l'accroissement de puissance du roi de Navarre ; il saisit la première occasion qui s'offrit de lui déclarer la guerre; mais Sanche, plus actif que son rival, entre dans le royaume de Léon où il fait de rapides conquêtes. Bermude s'enfuit en Galice; Astorga, la plus forte place de ses états, tombe entre les mains des Navarrais. Bermude rassemble enfin ses troupes et vient pour combattre son ennemi. Tandis que les deux armées, ran« gées en bataille , n'attendaient que le signal , les évéques qui avaient suivi les deux rois proposent un accom-^ modement et ont le bonheur de réussir. On signa un traité sur les bases suivantes : Ferdinand, fils de Sanche» devait épouser la soeur de Bermude; en faveur de ce mariage, la Gastille fut érigée en royaume et cédée à
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Ferdinand. Enfin Bermiide donnait pour dot à sa sceur les conquêtes qu'on venait de faire sur lui pendant la présente guerre. On voit combien ce traité était avan* tageux à la maison de Navarre ( 1031 ). L'Espagne avait alors huit rois , dont trois chrétiens et cinq infidèles , sans parler des comtes de Barcelone et de Gironne.
La mort de Sancbe m, arrivée quelques années après (1035), multiplia encore les couronnes; son testament, qui partageait ses états entre ses quatre fils, a fait répandre des torrents de sang. Garcie, l'ainé, eut la Navarre, qui comprenait alors la Biscaye et la Rioja ; Ferdinand resta maître de la Gastille et des portions détachées du royaume de Léoii; Gonçalez, le troisième, eut les comtés de Sobrarve et de Ribagorce , avec le titre pompeux de roi , enfin Ramire , qui n'était qu'enfant naturel, eut TAragon. Le troisième de ces royaumes ne subsista pas longtemps; TAragon s'agrandit à ses déj>ens et devint dans la suite le second royaume d'Espagne , par sa puissance et par son étendue.
Bermude crut pouvoir profiter de la mort de Sanche m pour reprendre tout ce qu'il avait cédé a^dPaMftiJjstilIe. Déjà il s'était rendu maître de Palei^>.À*ae ^Iq^ues autres places ,^ quand il futattaquéMT'Ies detJX rois de' Gastille et de Navarre. Dans une t^taillc livrée sous les murs de Gariori, Bermude fut tué, 'et son armée, quoique plus forte de moitié que celle c(è -ses adversaires, fut vaincue sans peine et dissipée. Ce prince ne laissait point d'enfants; en lui s'éteignit la postérité masculine de la seconde race des rois goths , issue de Pelage et d'Alphonse le Gatholique. Il y avait trois cent vingt ans qu'elle occupait le trône des Asturies et travaillait à délivrer l'Espagne du joug des infidèles ; cependant elle avait à peine recouvré la moitié de ce que les Maures avaient conquis en trois ans; les Maures possédaient encore des provinces considérables , dont le territoire
s>tendait le Utag de la MéditerraDée , dépota les P;rénën Jnaqn*» rocher de Gibraltar, eioOloyail l'Atlandque, deptUa la pointe de Tarif jtnqu'i l'emboocbcre du Tage; ao-delà de ce fleuve, jusqu'au Daero, Ils canser*aleni anul des places [mportanlea. Tolède el mie partie de la nouvetle Caitille licaieDt encore occnp^es par les Manrea, et Barcelone (d>éi9uit i on émir sarrasla (1037). KerdinaDd, roi de Castllle, se troiiTa taMUer do trOoe de Léon , do chef de sa femme.
Bepub la première réunion des royaumes de Castille et de Léon, jusqu'à leur réunion définitive sous le règne de Saint -Ferdinand.
PÉRIODE DE CKÎIT QUATRE - VWGT - QUINZE AÎÏS ,
DE tOSa A 1830.