PIERRE I
les Anglids , ne yiTaient qne de brigandages depuis la paix. Grêlaient des hommes detoas les pays, Français, Anglais, Flamands, Gascons, Bretons, Allemands, hahitnés à se battre pour qui les payait le mienx; on les nommait malandrins, marcadiers on tardvenns. Depuis la paix de Bretigny, ils désolaient la France, et le roi Charles y saisit avec empressement l'occasion d'en débarrasser son royaume, en les offrant à Transtamare pour conquérir le sien. Bertrand Dugnesclin, seul capable de se faire obéir de tels hommes, les conduisit en Gastille. Pierre, en voyant approcher Torage qui le menaçait, perdit complètement la tête. U n'opposa pas le DU^ttdre obstacle aux progrès de son ennemi. Transtamare entre dans Galahora où , d'après TaYis de Dugnesclin, il se fait proclamer roi de Gastille. Pierre, au lien de combattre, fuit à Séville, et de là en Portugal a?ec ses enfants et ses trésors. Le comte est encore proclamé à Burgos sous le nom de Henri n. Il est étonné ayec toute l'Europe de ses succès et de son bonheur. En moins de vingt -cinq jours, sans avoir livré im seul combat, il se trouve maître du royaume. Se croyant désormais paisible possesseur de la couronne , il récom^ pense magnifiquement ceux qui l'avaient secondé dans cette entreprise, et congédie les grandes compagnies avec des présents considérables, qui surpassaient ce qu'on leur avait promis.
Le roi de Portugal ne voulut pas recevoir Pierre et lui donna ordre de sortir de ses états. Ce prince rentra dans la Galice, qui prenait part à son infortune; mais blentdt de nouveaux crimes changèrent la compassion en horreur. Il massacra l'archevêque de Saint-Jacques dans son église, enleva tous les trésors de cette cathédrale et disparut comme un voleur. Après cette infâme action , il se rendit à Bordeaux où il implora la protection du prince de Galles, connu sous le nom de prince noir. Ce prince, dis-
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tingaé par ses bomeft qualités, fini touché deampassioii àla Toe «Ton loi détrOné , et résolatde le rétablir, espérant que nDfortiuie aurait changé son cœur. Bientôt il se mit en route avec son année, composée de ces Yieilles bandes, Télite des Anglais et des Gascons, avec lesqaels il avait remporté tant de victimes. Transtamare reconnut la faute qu'il avait faite de s^étre tn^ hâté de renvoyer les grandes conqiagnies ; il marcha néanmoins avec résolution à la rencontre de son rival , et lui livra bataiUe, contre Taris de Duguesdin, près de Navarette(6 avril 1367). Les Castillans forent complètement défaits ; Henri parvint à s^échapper, mais Duguesdin fut fait prisonnier. Pierre le Cruel remonta sur le trône par une révolution plus rapide encore que celle qui Ten avait renversé.
Son premier soin fut de faire dressar des échaCauds dans tontes les villes. Le prince de Galles le quitta, indigné de sa cruauté non moins que des injures personnel* les qu'U en avait reçues. Le sang ruisselle en Espagne. La France fait de nouveaux efforte en foveur de Henri de Transtamare. Il part avec de nouvelles troupes, passe VEr bre à Azagra, et entre sur les terres de Gastille. En ce moment il saute de cheval en présence de son armée, baise la terre et jure de ne jamais j^us quitter cette terre, vainqueur ou vaincu. Burgos lui ouvre ses portes. Pierre se défendait mieux qu'à la première révolution , à Taide de quarante mille Maures que lui avait amenés le roi de Grenade , son allié. Kentôt Tarrivée de Duguesdin, avec six cents chevaliers français , rappdie la victoire sous les drapeaux de Transtamare. Duguesdin et Henri mardient à la rencontre de Pierre jusqu'à MontieL On en tint aux mains le i/i mars 1309; Tarmée de Pierre ne se défendit pour ainsi dire pas et prit la fuite dès le premier choc. Pierre, au lieu de suivre ou de rallier les Itayards, se jette dansle château de Montiel; son rival nnvestit snr-Je<hamp et lui ferme toute retraite.
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Dans cette perplexité , Pierre offre des sommes immenses à un officier français pour le laisser échapper, ( les historiens espagnols dirent Daguesclin ; mais la loyauté cheiraleresqne de ce héros nous permet de douter de leur récit , contredit d'ailleurs par Froissard, écrivain contemporain ). Cet officier, feignant d'entrer dans les vues du prince , l'attira dans sa tente à la faveur des ombres de la nuit. Aussitôt qu'il y fut arrivé, Henri de Transtamare, prévenu de ce qui se passait, accourut: « Où est le roi de Gastille? demanda-t-il. A ces mots Pierre, qui n'avait pas été reconnu de son frère , s'avançant avec fierté? Me voici , lui dit-il. » Henri l'accabla de sanglantes invectives , et en même temps s'élançant sur lui avec fureur, il le blessa de sa dague au visage. Une lutte féroce s'engagea entre les deux frères ; mais bientôt Pierre tomba frappé de plusieurs coups de poignard. Ainsi périt, à i'age de trente-cinq ans , un des princes les plus cruels dont Thistoire d'Espagne fasse mention. Il ne manquait ni d'esprit, ni de courage , ni â*appHcation, et Ton pense que si l'on eût soigné d'avantage son éducation, au lieu d'un tyran et d'un monstre on en eût fait im prince aimable et vertueux.
HEURI n , DIT TRANSTAMARE. 1369-1379.