‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 61 sur 84 · ARAGON : PIERRE IV , DIT LE CÉRÉMONIEUX · texte numérisé non relu

ARAGON : PIERRE IV , DIT LE CÉRÉMONIEUX

havarre : Charles u , dit i£ mauvais

PORTLGAL : FERDINAND !•*.

€ Les états de Gastille, dit un historien, pensant moins à avoir un roi légitime qu'à en avoir un i)on, s'empressèrent de baiser la main de leur lîliérateur, et pas-

ISO JEAN I.

sèrent également Téponge sur le vice de sa naissance , snr son fratricide et sur son usurpation. »

Des vertus réelles firent d*ailieurs excuser, oublier du moins , et le défaut d*un titre légitime , et le meurtre d'un médiant frère. Henri u se montra généreux et reconnaissant , vertus que Ton ne rencontre pas toujours sur le tr6ne. Duguesdin fut fait connétable de Gastille , seigneur des villes de Soria , d'Almazan , d*Atiença , de Séron,et reçut cent mille écusd'or; tous les chevaliers qui l'avaient accompagné furent également comblés de richesses et d'honneurs, et les partisans de Henri, Castillans et Aragonais, n'eurent pas lieu de porter envie aux Français.

Ce prince ne se vit pas d'abord paisible possesseur du trdne qui lui avait coûté tant de travaux. Le roi de Portugal, ligué avec PAragon , le roi de Grenade et la Navarre, voulut faire valoir ses droits à la couronne de Gastille , comme seul légitime héritier , en qualité d'arrière-petit-fils de Sanche le Brave. D'un autre côté, le duc de Lancastre , fils d'Edouard m , se mit sur les rangs, à l'instigation du roi d'Aragon, en vertu desdrdtsde Constance , son épouse , fille de Pierre le Cruel et de Marie Padilla ; il prit même le nom et les armes de Gastille. Henri, dans cette double lutte, déploya un courage invincible et une politique admirable, qui le firent triompher de ses adversaires , et assurer le trône à ses descendants; mais la mort ne lui permit pas de jouir longtemps de ses triomphes. Il mourut à l'âge de quarante-six ans, étouffé par une goutte remontée ( 29 mai 1379 ).

JCAK ou JEAN i*\ 1379-1390.

ARAGO!! : PlEBRE LE CÉrÉmonieitx , jusqu'en 1387.

GHABLES m, DIT LE llOIU£.

JIAK 1. 181

POKTOGAL : FEKDllf AKD I*' , jusqu'en 1383.

JUAN ou JEAN I*'.

A la mort de Henri ii , les mêmes prétentions se réveillèrent de la part da roi de Portugal et du duc de Lancastre » qui cette fois se lignèrent ensemble pour conquérir et se partager la Gastille. Jean ne donne pas le temps à ses ennemis de Tattaquer. Il entre dans le Portugal « s^empare d'Alméida et de Badajoz, et réduit le roi Ferdinand à faire la paix. Elle est conclue au moyen du mariage de Jean, veuf depuis peu de temps de Léonore d^Aragon , avec Béatrix , infante de Portugal. Les états de Portugal assemblés à Estremos approuvent ce mariage ; mais ils stipulent que le premier fils qui en naîtrait serait roi de Portugal à Page de quatorze ans; que la régence appartiendrait à la veuve de Ferdinand, et qu'enfin le nri de Gastille ne pourrait jamais entrer en Portugal avec des troupes. Ferdinand meurt ( 1383 ). Au mépris de ce récent traité, Jean s'avance pour prendre possession du royaume de Portugal. Les Portugais ne veulent pas le reconnaître et nomment pour régent le grand - maître d'Avis, fils naturel de Pierre le Justicier. Jean fait le siège de Lisbonne ; la peste le force à le lever, après avoir détruit la plus grande partie de son armée (1^^).

Les états de Portugal assemblés à Coîmbre déclarent le trône vacant, fondés sur une loi fondamentale rendue sous Alphonse i, qui porte textuellement que, «si la fille du roi épouse un prince on un seigneur d'une nation étrangère, elle ne sera pas reconnue pour reine. » En conséquence, on cassa comme nulles et forcées les décisions des états d'Estremos , qui appelaient à la couronne Béatrix, reine de Gastille; ensuite, sur la proposition d'Alvarez Pereyra , on élut pour roi le grand-maltre d'Avis , sous le nom de Jean i ( 1386}. Le roi de Gas-

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tille rentre aussitôt en Portugal avec une armée de quarante mille hommes, tandis que sa flotte pénètre dans le Tage et s'avance sm* Lisbonne. Son intrépide rival s''a- ▼ance avec dix mille hommes jusques à Aljubarotta , où on en vint aux mains. Les Castillans, quoique fatigués par une longue marche et par des chaleurs excessives, dé* daignèrent de se reposer avant d'attaquer un ennemi si faible et qu'ils regardaient d'avance'comme vaincu. Mais cet ennemi était frais , avantageusement posté , et animé contre les Castillans d'une fureur qui doublait ses forces» Si au lieu d'attaquer les Portugais , on se fut contenté de les cerner et de leur couper les vivres, on les forçait à se rendre , et la conquête du Portugal était infaillible t mais les Castillans firent la même faute que les Français avaient faite à Crécy et à Poitiers, et qu'ils devaient bientôt renouveler à Azincourt; ils combattirent avec précipitation et en désordre , et furent enfoncés de toutes parts par les Portugais ; à peine la bataille dura-t-dle nne demi-heure. Les Castillans, poursuivis avec Yigaeui dans leur déroute, perdirent plus de dix mille homnesi au nombre desquels se trouvaient trois princes da sang et l'élite de la noblesse.

La bataille d'Aljubarotta est regardée par les Portugais comme ayant assuré à jamais leur indépendance, et chaque année , le l/li août, ils célèbrent l'anniversaire de cette glorieuse journée.

Le duc de Lancastre, suivi de six mille anglais, passe en Galice où le peuple et la noblesse se déclarent pour lui.Il est proclamé roi de Castille , à Saint-Jacques (1386). tandis que le monarque portugais s'emparait de Cbaves, Cependant l'armée anglo-portugaise, quoique formidable , fit peu de progrès , arrêtée qu'elle fut bientôt par la peste et la disette. Deux mille lances françaises, commandées par le duc de Bourbon, font changer la face des choses. L'Anglais effrayé offre la paix ; elle est ac-

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