DE LA PATRIE
Henri m est proclamé à Tolède. Ce prince n'avait que onze ans. Sa minorité fut agitée par les débats des différents seigneurs qui prétendaient à la régence , et ne fut pas moins orageuse que toutes celles qui l'avaient précédées. La guerre civile semblait l'élément naturel de cette noblesse Castillane , si fière et si turbulente > veillant autour du trOne de ses rois avec une inquiète jalousie, et limitant, par la rébellion, la prérogative royale qui tendait à s'agrandir. A la faveur de ces troubles , le Portugal reprit une attitude menaçante , et les Maures
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de Grenade essayèrent une irruption. Henri , que la nature avait dédommagé , par le don d'une âme forte , de la faiblesse de son corps « voulut remédier aux maux intérieurs et extérieurs qui désolaient sa patrie , en se saisissant des rOnes du gouvernement, quoiqu'il n'eût pas encore quatorze ans , âge fixé pour la majorité des rois eu Espagne. Il commença dès<-loi*s à faire ies délices de ses sujets par ses excellentes qualités. SVtant fait rendre compte des revenus de Tétat et de leur etnploi , il n'épargna pas «tes proches aix modéra les pensions trop fortes qu'ils s'étaient fait adjuger. Il résulta de là des cabales et des révoltes qu'il vint à bout d'étouffer, non sans beaucoup de peine. Le (Portugal, en 1396 , ayant rompu la paix avec la Castille , Henri lui fait face , et soutient une guerre de trois ans , qui n'offrit aucun événement remarquable. Les pirates d'Afrique étant venus ensuite insulter les côtes de Castille , Henri , Tan 1^00 , envoya contre eux ses flottes qui firent la conquête de Tétuan. Un impôt, appelé moneda^ qui frappait princi* paiement les paysans, faisait déserter les campagnes. Henri, dans les états qu'il tint, l'an 1401, à Tordésilas le supprima , et fk plusieurs règlements pour mettre un frein à l'avarice des juges et des receveurs des revenus de la couronne. Frappé de la réputation du fameux Timour-Bey, plus connu sous le nom de Tamerlan, Henri lui envoya des ambassadeurs qui furent témoins de la bataille où ce conquérant fit prisonnier le sultan Bajazet. Tamerlan , sensible à la démarche du roi de Castille, lui envoya à son tour , en lZi02, une ambassade chargée de magnifiques présents. Les Maures de Grenade ayant fait, l'an 1406, une irruption subite dans le royaume de Jaén, Henri leur déclara la guerre, et convoqua les états à Tolède pour en obtenir des subsides ; ïnais il ne put y assister à cause des infirmités qui l'accablaient depuis quelque temps. Elles' le conduisirent
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au tombeau, le 28 dcScembre i/||06, à Tage de 27 ans. Dans un corps frêle et ruiné , ce prince portait la plus belle âme de son siècle ; ses soins toujours tournés vers la paix, la justice, la gloire et le bonheur de ses sujets, le firent craindre , chérir et respecter des Castillans et des étrangers. Les larmes que tous ses sujets , et surtout le peuple qui Taimait comme un père , répandirent à sa mort , font son plus bel éloge.
Nous devons remarquer que, sous ce règne, la Péninsule offrit un contraste parfait avec ce que nous avons dit au commencement de Pierre le Cruel. En effet, les quatre royaumes chrétiens furent alors plus heureux qu^ls ne Pavaient été depuis bien longtemps. Henri n en Castille, Martin en Aragon , Jean i en Portugal, et Charles m en Navarre, jouissaient tous en même temps du bonheur d'être aimés, et de faire goûter à leurs sujets les fruits de la paix et de Tabondance.
JEAN n. ili%-mti.
ARAGON : MARTIN , jusqu'en 1410; anarchie de deux ans.
FERDINAND , DIT LE JUSTE, depuiS l/jll2 jusqu'à 1/^16. ALPHONSE V, DIT LE SAGE ET LE MAGNANIME.
HAVARRE : CHARLES lU, jusqu'en l/i25. JEAN n.
PORTUGAL JEAN P' , jusqu'eu l/jl33.
EDOUARD , jusqu'en 1/138.