JEAN IL
d'estime qa'on avait pour la reine douairière, Catlierine de Lancattre, et la haute réputation dont jouissait liniant Ferdinand, oncle du jeune roi, déterminèrent les états à offrir le couronne û ce dernier. Mais il la refusa avec indignation, et ordonna sur-le-champ au connétable de Gastille de déployer les étendards de la couronne pour don Jean ii. Ferdinand consentit seulement , selon le vœu qu'en avait manifesté le roi, son frère , à partager avec la reine mère le fardeau de Tadmlnistration. Il fut déclaré co-tuteur et régent avec cette princesse ; Catherine et Ferdinand se divisèrent Tadministration du royaume. La reine eut la Galice , le royaume de Léon , la Biscaye et la vieille Gastille ; le régent se réserva la nouvelle Gastille, Murcie et TAndalousie, qui étaient pins exposées aux armes des Maures. Le royaume dut son jepos à la sagesse et à la modération de Ferdinand. Pendant six ans qu'il exerça la régence , il remporta •des avantages immenses sur les Maures de Grenade , entre autres la fameuse bataille ô^Àntequerra ( liilO } , qui mit Grenade à deux doigts de sa perte. La conquête de Grenade paraissait certaine et réservée à l'infant Ferdinand, mais déplus grands intérêts rappelaient ailleurs; il accorda une trêve de dix-sept mois aux vaincus.
Le roi d'Aragon, Martin , mourut cette même année , le 31 mai , sans laisser d'enfants et sans avoir désigné d'héritier. En lui s'éteignait la postérité masculine des anciens comtes de Barcelone , qui avaient régné dans TAragon pendant 273 ans , depuis que Petronille, fille de Ramire n, roi d'Aragon , mit le sceptre de ce royaume entre les mains de Raymond Bérenger iv, comte de Barcelone , son mari. Après la mort de Martin , le comte dUrgel, le duc d'Anjou, Ferdinand de Gastille, et plusieurs autres, prétendirent à la couronne d'Aragon, ce qui causa de grands troubles, des guerres sanglantes, nue anarchie de deux ans. Enfin , on convint de nommer