‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 65 sur 84 · JEAN U · texte numérisé non relu

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trois juges de chaque royaume de la monarchie aragonaise (Aragoo, Catalogne et Valence), pour prononcer souverainement sur les droits des prétendants. Après quatre mois de conférences , le tribunal souverain, assemblé à Gaspé , défère la couronne d'Aragon à Tlnfant Ferdinand de Gastille. Sur les neuf juges qui composaient le tribunal , il en avait eu six , à la tête desquels était saint Vincent-Ferrier , qui publia solennellement la sentence , le 28 juin 1Z|12. Ferdinand se rendit aussitôt à Saragosse , où il fut proclamé et couronné. Le comte dTrgel seul protesta, les armes à la main, contre Téiection de Ferdinand ; mais il fut vaincu , fait prisonnier et enfermé dans le château d'Uruena.

Quoique devenu roi d'Aragon, Ferdinand conservait toujours le titre et le pouvoir de co-ré^ent de Gastille. Pour serrer plus étroitement les nœuds qui unissaient sa nouvelle à son ancienne patrie, il maria son fils aine Alphonse , avec Tinfante dona Maria , soeur du roi de Gastille. Peu de temps après la célébration de ce mariage , Ferdinand se disposait à aller visiter la reine, sa belle-sœur, quand il fut attaqué d'une maladie qui le mit au tombeau le 2 avril 1^6. Son fils aine loi succéda sious le nom d'Alphonse v.

Par la mort du roi d'Aragon , prince dont la bravoure et la prudence avaient préservé la Gastille des maux auxquels l'exposaient ordinairement les minorités, la régence fut dévolue à la reine seule. Elle ne l'exerça pas longtemps ; on la trouva morte dans son lit le 18 juin 1Z|18. Les cortès, assemblées à Madrid le 7 mars de l'année suivante, déclarèrent le roi majeur; mais on prévoyait bien qu'il n'aurait pas la force de gouverner , comme l'avait fait son père à son âge. Le jeune roi avait été mal élevé par sa mère , femme paresseuse et indolente , qui se laissait gouverner par ses ^Omestîc|iies ; il avait la même faiblesse de caractère, et il devait être

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li?ré à la dominatkm des faroris. Ce prince ayant épousé, en £420, Marie d*Aragon, sa oousltte, fille du roi Ferdinand, les infants d*Aragon, don Juan et don Henri, frères de Marie , vinrent s'établir à la cour de Castiile , dans Tespérance de s'emparer de toute l'autorité , sous un monarque fait pour être gouverné. Mais don Alvare de Lune était déjà maître de Tesprit du roi, ou plutôt il était roi lui-même sous le nom de son maître. Les entreprises de rinfant don Henri n'aboutirent qu'à le faire jeter en prison, où il resta trois ans et d'où il ne sortit que sur les instances et les menaces de son frère , le roi d'Aragon (1/125 ). Une ligue puissante parvint cependant à éloigner le favori de la cour ; mais l'ambition de ceux qui voulaient le remplacer auprès du roi mit bientôt tout en combustion. Jean n rappela Alvare de Lune pour rétablir l'ordre ( i/i28). Ce fut le moment de la plus grande puissance du favori, qui força au silence et à l'inaction tous ses adversaires , même l'infant don Henri, aidé des rois d'Aragon et de Navarre , ses frères.

Pour occuper les esprits et empêcher les révoltes de se renouveler, Alvare engagea son maître à faire k guerre aux Maures. Ce projet réunissait toujours les suffrages de tous les Castillans. L'occasion paraissait favorable, car le royaume de Grenade était plus que jamais divisé par les factions. Le roi entra dans ce royaume avec ime armée de cinquante mille hommes , et pénétra jusqu'à la vue de la capitale. Il gagna la célèbre bataille de Figuières, où les Grenadins perdirent plus de vingt mille hommes ; mais, au Heu de profiter de son avantage pour assiéger Grenade, il se retira dans ses états {l/i3i]. La guerre continua avec les Maures pendant plusieurs années avec des succès variés , et les mécontentements des ennemis d'Alvare de Lune ne cessèrent de troubler le royaume. En lZi39, l'orage qui s'éleva contre le favori devint si violent, qu'il fut obligé

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de se retirer de la cour. On cabala pour empêcher son retour, et Taimée suivante, nnfant don Henri, prince des Asturies, que le roi Jean n son père venait de marier arec Blandie de Navarre, entra dans le complot. Le monarque, s'étant mis en marche pour réduire les mécontents, tomba entre leurs mains à Médine del Gampo, et ne s'en retira qu'après avoir signé un traité par lequd il bannissait son favori pour six ans. Cet exil, aussi pénible au roi qu'à Alvare, fut bien abrégé à la demande même du prince des Asturies, qui se laissait gouverner par Pacheco , comme soa père par le connétable de Lune. La reine Marie étant morte en iM5, Alvare de Lune négocia, à Tinsu de son maître, son mariage avec Isabelle, fille de Jean, roi de PorOigal. Le mariage fut célébré en iM7 ; mais le favori se trouva mal de son choix. La jeune reine, fatiguée du despotisme de ce ministre , excite le roi à se délivrer de l'esclavage oà il les tenait l'un et l'auUre. On lui suppose plus de crimes qu'il n'en fallait pour le perdre. Il est arrêté et décapité sur un échafaud à Valladolid en 1^53. Le faible monarque se repentit ensuite d'avoir sacrifié ce favori à sa femme, et s'en repentit jusqu'à sa mort, arrivée le 21 juillet mu.

De son pi*emier mariage avec Marie d'Aragon , il laissa Henri, prince des Asturies, qui lui succéda; du second mariage il eut Isabelle, que nous verrons plus tard régner en Gastilie, et un fils nommé Alplmnse.

HENBI IV. iUbtfWà^ arâG0!« : ALPHONSE V, jusqu'en lili58.

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